La conférence TED2024 sous le signe de la lutte contre le paludisme : le Professeur Diabaté dénonce le « prix de la pauvreté »

Abdoulaye Diabaté, chef du service d’Entomologie Médicale et de Parasitologie à l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, et chercheur principal de Target Malaria Burkina Faso, a partagé son expérience du paludisme et sa détermination acharnée à l’éliminer. L’intervention du Professeur Diabaté a mis en exergue les effets dévastateurs du paludisme, singulièrement en Afrique, mettant ainsi l’accent sur le besoin urgent de solutions novatrices. “Le paludisme est intrinsèquement lié à la pauvreté. De ce fait, c’est vraiment lamentable d’être pauvre”, a déclaré le Professeur Diabaté, tout en évoquant ainsi la bataille qu’il mène contre cette maladie depuis son enfance. « Chaque année, 200 millions de cas sont enregistrés dans le monde et environ 600 000 personnes en meurent. Pour beaucoup, il est simplement question de statistiques, mais pour moi, c’est une histoire personnelle et tragique. La plupart de ces décès surviennent en Afrique, où les enfants et les femmes enceintes paient le plus lourd tribut.” Le professeur Diabaté a vécu une expérience sans précédent qui met en évidence l’impact profond du paludisme sur les individus et les familles, suscitant ainsi ses efforts inlassables pour éliminer la maladie. Target Malaria est un consortium international de recherche composé de scientifiques, d’équipes d’engagement des parties prenantes, de spécialistes de l’évaluation des risques et d’experts en communication et en réglementation. Ceux-ci sont basés en Afrique, en Amérique du Nord et en Europe et sont tous dévoués à la lutte contre le paludisme. En sa qualité de chercheur principal de Target Malaria au Burkina Faso, le Professeur Diabaté s’est appesanti sur les efforts de collaboration du consortium avec les pays gravement touchés par le paludisme en Afrique et leurs partenaires aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Italie. Il a mis en avant le potentiel de la technologie de l’impulsion génétique pour révolutionner la lutte contre le paludisme, tout en offrant une approche durable et économique dans la prévention de la maladie. Reconnaissant les défis et le scepticisme entourant la technologie de l’impulsion génétique, en Afrique, le Professeur Diabaté a souligné l’engagement de Target Malaria en faveur d’une participation transparente des parties prenantes et du renforcement des capacités, permettant ainsi aux scientifiques africains de jouer un rôle clé dans la lutte contre le paludisme. Target Malaria accorde la priorité à l’engagement du public tout au long du processus de recherche, en veillant à ce que les membres de la communauté jouent un rôle actif dans la conception, la mise en œuvre et les résultats de la recherche. Le consortium accorde une grande importance aux perspectives inestimables que les communautés et leurs dirigeants apportent à la table des négociations. “Nous ne séparons pas la recherche de la société. Une grande partie de notre travail consiste à favoriser une collaboration significative à chaque étape. Ce sont les personnes les plus touchées par la maladie et leurs opinions sont essentielles à la réussite de notre travail », ajoute-t-il. La stratégie d’engagement des parties prenantes fait appel à des spécialistes en sciences sociales, à des experts en communication et à des praticiens de l’engagement qui œuvrent à promouvoir le dialogue à tous les niveaux des parties prenantes. « En nous appuyant sur ces connaissances, nous adaptons une gamme d’outils de communication visant à transmettre efficacement des informations sur notre projet et sur les méthodes de prévention du paludisme. Notre approche garantit que les informations destinées à chaque public sont accessibles et pertinentes. Ce qui favorise par voie de conséquence, une prise de décision éclairée et une action concertée en vue de notre objectif commun d’élimination du paludisme », a-t-il déclaré. Revenant sur son expérience à TED2024, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme (25 avril), le Professeur Diabaté a exprimé toute sa gratitude pour la reconnaissance de ses actions sur la scène internationale. « Participer à la conférence TED a été une expérience très enrichissante. Cela témoigne de l’importance des efforts collectifs visant à se servir de l’ingéniosité humaine afin d’éliminer le paludisme et d’améliorer la santé mondiale. » Sa détermination à contribuer à une Afrique exempte du paludisme a été encore plus poignante. Le discours du Professeur Diabaté a mis en avant les compétences et l’expertise des scientifiques africains sur la scène internationale. Sa vision est porteuse d’espoir et son discours a suscité des conversations, inspirant le soutien à la technologie de l’impulsion génétique de Target Malaria et au développement d’une nouvelle génération de scientifiques africains.
Niyel : Un engagement sans faille pour la vaccination en Afrique
Chaque année, en avril, l’Afrique célèbre la Semaine Africaine de la Vaccination, un moment crucial pour sensibiliser à l’importance de la vaccination et pour souligner son rôle essentiel dans la protection de la santé publique. Le thème de cette année 2024 « Humainement possible » vise à rappeler aux dirigeants et populations qu’il est vital de préserver les résultats engrangés et d’intensifier le financement en faveur de la vaccination afin d’éviter la résurgence de certaines maladies évitables. Au cours des 50 dernières années, les vaccins ont sauvé près de 154 millions de vies, soit plus de 3 millions de vies en un an ou encore six personnes chaque minute pendant cinq décennies. Dans la même période, la vaccination a réduit la mortalité infantile de 40%, selon les chiffres de l’OMS. « La vaccination est l’une des interventions de santé publique les plus efficaces, les plus sûres et les plus accessibles au monde” déclare Dr. Rachel Tanou à l’occasion de la cérémonie de lancement de la série d’activités de l’OSC Here Zaka, en marge de la Semaine Africaine de la Vaccination 2024. “Elle a permis de sauver des millions de vies et d’éradiquer des maladies dévastatrices comme la variole. Les vaccins protègent non seulement les individus, mais aussi les communautés entières en créant une immunité collective qui empêche les maladies de se propager. » Depuis son lancement en 1974, le Programme Élargi de Vaccination (PEV) a permis d’introduire avec succès plusieurs vaccins, contribuant ainsi à prévenir des maladies très graves. Au moins 13 pathologies sont aujourd’hui évitables grâce à l’adoption du PEV, notamment la tuberculose, la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, l’hépatite B, la coqueluche, les infections à Hib entraînant la méningite, les infections à pneumocoque, la rubéole et la rougeole, les diarrhées à rotavirus et le cancer du col de l’utérus. L’introduction récente des vaccins contre le paludisme et le VPH représente une avancée majeure pour la santé publique en Afrique. Ces nouveaux vaccins offrent une protection importante contre des maladies qui touchent de manière disproportionnée les populations africaines. Le paludisme est la première cause de mortalité infantile en Afrique subsaharienne, tandis que le VPH est responsable d’un nombre important de cancers du col de l’utérus sur le continent. Cependant, il est important de rappeler que des défis persistent, comme les disparités d’accès aux vaccins et la méfiance dans certaines communautés. La Semaine Africaine de la Vaccination est donc un moment de mobilisation pour renouveler l’engagement à vacciner tous les enfants et à faire en sorte que la vaccination reste un outil accessible et efficace pour sauver des vies et améliorer la santé des populations africaines. Dans cette logique, Niyel, à travers sa campagne “Sain et Sûr”, mène un plaidoyer factuel sur les bénéfices des vaccins, en s’appuyant sur des données scientifiques et des témoignages. L’objectif est de changer le narratif sur la vaccination et de contrer la désinformation qui circule. “S’assurer d’un capital humain bien portant est le meilleur investissement que l’on puisse octroyer à une communauté, à une nation » affirme Laetitia Badolo, Directrice du Plaidoyer et de l’Impact à Niyel. « La vaccination est l’un des outils les plus efficaces de santé publique que nous ayons à notre disposition. C’est un investissement crucial pour la santé des enfants et des communautés. » « Avec la vaccination de mes enfants, je suis plus sereine. Je pense qu’ils sont protégés contre de graves maladies et ont de meilleures chances de grandir en bonne santé. Cela m’enlève un poids à la fois psychologique et financier quand on sait ce que représentent les coûts exorbitants des frais de soins dans nos hôpitaux.. » témoigne Mme Bara, vendeuse dans le secteur informel et mère de 4 enfants. Pour Niyel et ses partenaires, l’occasion est donnée de célébrer les progrès réalisés et d’appeler à une remobilisation des États, y compris ceux des pays à revenus intermédiaires, pour un financement accru des vaccins. « Aujourd’hui, l’occasion nous est donnée de rappeler à l’humanité qu’elle a un rôle à jouer dans la préservation des vies » a ajouté Mme Badolo. La Semaine Africaine de Vaccination est un événement annuel qui se déroule parallèlement à d’autres initiatives liées à la Semaine de la vaccination dans d’autres Régions OMS et à la Semaine Mondiale de Vaccination prévue au cours de la dernière semaine du mois d’avril (24-30 avril). Le vaccin est l’un des outils les plus efficaces de la médecine moderne pour prévenir les maladies infectieuses. Il fonctionne en exposant le système immunitaire à une forme affaiblie ou inactive d’un agent pathogène, ce qui permet à l’organisme de développer une immunité contre la maladie réelle.
Santé : 50 ans de Vaccination dans le monde : les régions de l’Afrique de l’Ouest et Centrale sont encore éloignées de l’objectif de taux de couverture

Dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire de la vaccination à l’échelle mondiale, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Rémapsen) a organisé, le mercredi 17 avril 2024 un webinaire animé par Docteur Célestin Traoré, Conseiller régional, chargé de la Vaccination des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre à l’UNICEF. Pour débuter, le Docteur Célestin Traoré a souligné que la célébration du 50ème anniversaire de la vaccination dans le monde est une occasion propice pour examiner le chemin parcouru, les réalisations, les enjeux et les défis actuels.À cette fin, il a mis l’accent sur la disponibilité de plus de vingt (20) vaccins ciblant vingt (20) maladies, dont la fièvre jaune, la poliomyélite, la Covid-19 et le paludisme, pour les enfants et les femmes enceintes, afin de renforcer leur immunité face à certaines pathologies. « Bien que le vaccin contre le paludisme soit en cours d’essais cliniques depuis déjà cinq ans dans le monde, il n’a été introduit au Cameroun qu’en décembre 2023 et au Burkina Faso qu’en février 2024 », a rappelé le Dr Célestin Traoré« Dix (10) autres pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre s’y engageront au cours des prochains mois », a-t-il ajouté. Toujours, selon le Docteur Traoré, dans le domaine de la vaccination, il y a toujours un retour de l’investissement par exemple 1 dollar investi est susceptible de rapporter 40 dollars USD plus tard. D’après les déclarations du Dr Célestin Traoré, la couverture vaccinale en Afrique de l’Ouest et du Centre est toujours de 70%, loin de l’objectif escompté de 90%. Selon lui, l’UNICEF s’efforce actuellement de rendre accessibles les vaccins en collaborant avec les gouvernements des zones d’Afrique de l’Ouest et du Centre, dans le but d’acquérir et de distribuer des vaccins pour les pays de ces régions. A ce titre, l’UNICEF intervient dans le renforcement des capacités nationales et promeut l’approche holistique que sectorielle dans l’achat et l’approvisionnement des vaccins jusqu’au niveau des communautés à la base tout en déplorant la persistance des conflits et crises sociales dans ces pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre entravant parfois l’acheminement des vaccins jusqu’au niveau de la base. Au niveau du marché mondial des vaccins, Docteur Traoré a soutenu que la synergie de l’UNICEF et ses divers partenaires permet d’assurer l’accès aux vaccins à un coût abordable en faveur de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.Néanmoins, il a également déploré les lourdeurs administratives dans les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui ralentissent le déblocage de fonds malgré la détermination politique affichée par les dirigeants de ces États. Quant à la conservation de l’efficacité des vaccins, il a soutenu que l’UNICEF conseille l’utilisation des frigos solaires par rapport aux frigos électriques et à pétrole en vue de promouvoir et défendre ses engagements internationaux en matière de l’environnement. Aussi, suscité la demande nationale en matière de vaccination par la dissémination et vulgarisation de l’information relative aux avantages liés à la vaccination dans le but de lutter contre les stéréotypes allégués contre la vaccination en Afrique de l’Ouest et du Centre.Docteur Traoré a révélé que l’UNICEF privilégie l’écoute sociale comme stratégie par la conception des outils et des mécanismes à cet effet.Planification, mobilisation et budgétisation sont aussi les axes de cette stratégie pour que la vaccination soit performante dans ces deux (2) zones du continent africain. Au niveau mondial, les effets induits de cette stratégie sont aujourd’hui par exemple la réduction de plus de 25% des décès liés à la rougeole, l’éradication de la poliomyélite et la méningite.Malgré ce succès mondial, Docteur Traoré a déploré le fait qu’il y ait encore plus de six (6) millions d’enfants qui n’aient pas complété leur statut vaccinal. Plus de la moitié de ceux-ci sont d’ailleurs à zéro dose. Il s’agit actuellement d’élaborer le plan de rattrapage de ces enfants qui sont à zéro dose. Il a conclu son exposé liminaire en plaidant pour le renforcement des capacités des systèmes de santé dans ces pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre par la formation, appui technique et financier à travers une approche holistique.Au cours de cet échange, les journalistes se sont planchés sur des thématiques telles que les enfants à zéro dose, le rôle des journalistes dans la promotion de la vaccination en Afrique et la disponibilité des vaccins en Afrique. D’après les dires du docteur Célestin Traoré, l’achat de vaccins est rendu possible grâce à un partenariat fructueux entre les États africains et les bailleurs de fonds. Malheureusement, la chaîne d’approvisionnement en vaccins pour l’Afrique est souvent fragilisée par les États africains eux-mêmes. Il s’est penché sur le plan de l’UNICEF pour atteindre les enfants n’ayant pas été vaccinés, et a terminé son discours en insistant sur la nécessité de tenir compte des besoins et des préoccupations de la société dans la conception des outils et des mécanismes d’achat et de fourniture régulière de vaccins sur le continent. Wilfrid Lawilla D.
Congo. Santé publique/hôpital général de Djiri : un plateau technique pour des soins de santé de qualité

L’hôpital général de Djiri se positionne parmi les établissements sanitaires qui offrent aux patients, des soins médicaux de qualité au Congo. Son plateau technique lui permet de concrétiser l’ambition « santé pour tous » et facilite ce que son directeur général appelle « la mutualisation des équipements pour soigner et sauver les malades ». Mis en service il y a trois ans, l’hôpital général de Djiri fait partie des 12 hôpitaux généraux construits ou en construction dans tout le Congo. Ils s’inscrivent dans la vision du chef de l’Etat congolais consistant à offrir les soins de santé de qualité à tous autant que cette politique vise à rapprocher ces soins de santé de qualité du plus grand nombre de Congolais. Des infrastructures lourdes et coûteuses Le plateau technique de l’hôpital général de Djiri est un ensemble d’infrastructures lourdes et coûteuses qui réunit les principaux équipements, dont les blocs opératoires, la réanimation, l’imagerie et l’endoscopie.Selon le directeur général de cet hôpital, Michel Sapoulou, en dehors du service d’accueil, on trouve également les urgences, le service d’imagerie, la radiographie, le scanner et un appareil de radio conventionnelle qui s’occupe des os et poumons. A tout ce dispositif s’ajoute « un service ‘’performant’’ de laboratoire avec beaucoup d’appareils bien équipés très sophistiqué », a précisé Michel Sapoulou qui a ajouté : « Nous avons un bloc d’accouchement, un bloc opératoire qui a deux salles d’intervention. » Le Congo modernise son système sanitaire et se dote des moyens de traiter les patients, a renchéri le directeur général de cet établissement sanitaire. Pour lui, ce centre hospitalier de niveau supérieur et ceux qui sont en cours de construction sont la preuve de cette modernisation qui se traduit aussi au niveau de l’hôpital général de Djiri par le « service de réanimation bien équipé avec des respirateurs ». Hôpital général de Djiri, des commodités d’un CHU Tout a été mis en œuvre pour cet hôpital offre aux patients les soins dont ils ont réellement besoin. En effet, Michel Sapoulou compte aussi sur le « service de stérilisation du matériel, alimenté par une chaudière qui fournit de l’eau chaude » et sur d’autres « services cliniques tels que la médecine, la chirurgie, la pédiatrie et la maternité ». L’hôpital général de Djiri a beaucoup d’autres atouts. En effet, sans être un centre hospitalier et universitaire il est doté de services techniques essentiels à la vie d’un établissement sanitaire de son rang. On y trouve un forage d’eau qui rend l’hôpital indépendant face à la Congolaise des eaux, une centrale électrique, avec six groupes électrogènes et un système de relais automatique en cas de coupure d’électricité. Ce groupe fonctionne de façon alternative avec le transformateur de la société énergie électrique du Congo (E2C). L’hôpital possède, également, une centrale de production d’oxygène et une centrale de traitement de l’air. C’est dire que l’air respiré, en ces lieux, est traité et régulièrement renouvelé, selon le directeur général qui a déclaré que le système de climatisation de l’hôpital fonctionne 24h sur 24.Cet hôpital, comme celui de Ngoyo à Pointe-Noire, est doté des compresseurs produisant de l’oxygène. « Nous sommes totalement indépendants concernant la fourniture d’oxygène », se félicite Michel Sapoulou. Avec un plateau technique pointu, l’hôpital général de Djiri est une réponse au besoin d’optimisation et de mutualisation des moyens, de gestion et de traitement du flux des patients. Disposant des commodités permettant la prise en charge des patients, il répondant à toutes les détresses des citoyens, quels que soient leur âge et leurs revenus. Wilfrid Lawilla D.
Congo/Santé : La modernisation des infrastructures sanitaires et l’augmentation de l’offre des soins de santé

Le gouvernement congolais s’est engagé à doter le pays en infrastructures sanitaires de qualité, ainsi pour matérialiser cette ambition, le Gouvernement a résolu d’accroitre l’offre de soins de santé et de rapprocher davantage les structures de santé des populations pour faciliter l’accès du plus grand nombre aux soins de santé de qualité. La modernisation des infrastructures sanitaires et l’augmentation de l’offre des soins de santé est l’une des priorités du programme de gouvernement du président de la république, Denis Sassou-N’Guesso. La mise en œuvre du projet « santé pour tous » s’inscrit dans cette optique. L’accès aux soins de qualité, une réalité Le projet « santé pour tous », rappelons-le, a été mis en place en 2012 pour doter les douze départements du pays en 12 hôpitaux généraux répondant aux normes internationales. La crise financière qu’a connue le Congo a ralenti l’élan gouvernemental dans ma mise en œuvre de ce projet. Ainsi, sur ces 12 hôpitaux attendus, deux sont fonctionnels depuis 2021. Il s’agit de l’hôpital général de Djiri dans le 9ème arrondissement de Brazzaville et de celui de Ngoyo dans le 6ème arrondissement de Pointe-Noire. Les populations qui fréquentent ces hôpitaux saluent la qualité des soins qui y sont prodigués. En effet, depuis leur mise en service, les hôpitaux généraux de Djiri et de Ngoyo ont sensiblement rapproché les populations des services de santé, améliorant ainsi l’offre de santé au profit des populations, atténuant leurs peines quotidiennes liées à l’accès aux soins de santé.Les hôpitaux généraux de Sibiti (Lékoumou) et de Ouesso (Sangha), pourront être mis en service courant 2024, si la situation financière du pays n’entrave pas la volonté du président de la République et du gouvernement. Un grand effort de réhabilitation et de renforcement des capacités sanitaires Outre la construction des nouveaux hôpitaux dans le cadre de projet « Santé pour tous », l’ambition présidentielle d’augmenter et améliorer l’offre des soins de santé se traduit aussi par la réhabilitation des structures sanitaires existantes. Les travaux actuellement en cours au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B), obéissent à cette politique. Au sujet de ce plan de réhabilitation, deux accords ont été signés en 2020 entre le gouvernement congolais et la banque de développement des Etats d’Afrique centrale (BDEAC), pour renforcer les plateaux techniques du CHU de Brazzaville et mettre à niveau le laboratoire national de santé publique, ainsi que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS). Dans le cadre de son ambition de modernisation des infrastructures sanitaires et d’augmentation de l’offre de santé, le gouvernement s’emploie par ailleurs à revitaliser les districts sanitaires et équiper les centres de santé intégrés (CSI), à travers le pays. Il crée également des unités mobiles de santé destinées à offrir des soins de santé aux populations des zones les plus enclavées ou dépourvues de toutes structures sanitaires. Les modes alternatifs de financement du système sanitaire sont développés, dans le but de renforcer les capacités nationales. C’est dans cette optique, par exemple, qu’un un nouvel entrepôt de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels et des Produits de Santé (CAMEPS) a été mis en service en décembre 2023. Avec ses 3000 m2 d’espace de stockage, le CAMEPS, répond ainsi aux problèmes de disponibilité des médicaments essentiels génériques à moindre coût sur l’ensemble du territoire national. En 2021, s’est ajouté la construction de la première unité d’oxygène au sein du CHU de Brazzaville. Cette unité d’oxygène a une capacité de production moyenne de 200 obus d’oxygène par jour. Il s’agit pour le gouvernement de contribuer à l’amélioration des plateaux techniques des structures et services de santé. Wilfrid Lawilla D.
Des chercheuses africaines engagées à mettre fin au paludisme

En dépit des défis liés à la menace persistante du paludisme à l’échelle mondiale, Target Malaria est résolument engagé à explorer l’innovation scientifique afin de lutter contre cette maladie mortelle, en mettant en évidence les contributions inestimables des femmes africaines dans le domaine scientifique pour éradiquer le paludisme en Afrique. On ne saurait trop insister sur la nécessité d’encourager davantage de jeunes filles africaines à poursuivre des carrières dans le domaine de la science. Un rapport de l’UNESCO révèle que seulement 35 % des étudiants en STEM (Science, Technologie, Ingénierie, Mathématiques) dans l’enseignement supérieur au niveau mondial sont des femmes. Lea Pare Toe, Responsable de l’Engagement des Parties Prenantes pour Target Malaria Burkina Faso, souligne l’urgence d’intégrer davantage de femmes dans le domaine scientifique. « Les recherches démontrent que les femmes reçoivent généralement des subventions de recherche moins importantes, ont des carrières plus courtes et moins rémunérées, et sont sous-représentées dans les revues de haut niveau ainsi qu’aux postes de direction », explique-t-elle. Elle met en avant les défis auxquels sont confrontées les jeunes filles africaines, qu’il s’agisse de stéréotypes sexistes bien enracinés ou d’un manque de modèles à suivre. « Les domaines de la science et de la recherche ont besoin de davantage de femmes, et cela est particulièrement vrai en Afrique, où existent de nombreux jeunes talents. » Target Malaria s’affiche comme précurseur dans l’utilisation de l’impulsion génétique, un mécanisme génétique naturel, qui propage une modification génétique chez les moustiques vecteurs du paludisme afin d’altérer le taux d’hérédité et affecter leur capacité à se reproduire. Cette approche novatrice a le potentiel de devenir une méthode durable et économique pour réduire la population de moustiques vecteurs du paludisme et, en fin de compte, mettre un terme à la transmission de la maladie. Target Malaria veille également à ce que les voix et l’expertise africaines jouent un rôle central dans le développement et l’évaluation de ces technologies. « On ne peut mener des recherches axées sur les communautés dans un domaine scientifique spécifique, dans un pays, sans posséder de connaissances dans ce domaine. Mon rôle est principalement axé sur les communautés, en impliquant tous les membres dans les phases de science, de recherche et de déploiement. Des domaines comme la biologie synthétique offrent des voies d’innovation prometteuses, susceptibles de révolutionner notre lutte contre les maladies à transmission vectorielle de manière durable. L’éducation des communautés et le partage des connaissances constituent des éléments essentiels de ce projet, et j’espère ainsi encourager davantage de jeunes femmes à embrasser des carrières scientifiques », ajoute Para Toe. A en croire Krystal Birungi, Coordinatrice de l’Entomologie de terrain chez Target Malaria Ouganda, le paludisme continue de causer un nombre considérable de victimes en Afrique. En 2022, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a rapporté que la région abritait 94 % des cas de paludisme (233 millions) et 95 % (580 000) des décès liés à cette maladie. Les enfants de moins de cinq ans représentaient environ 80 % de l’ensemble des décès dus au paludisme. « Originaire de l’Ouganda, je suis témoin de l’impact dévastateur du paludisme. Aujourd’hui, en tant qu’adulte résidant dans l’un des pays où le poids de cette maladie est parmi les plus élevés au monde, je consacre ma carrière à la recherche de solutions pour combattre cette menace mortelle », déclare Mme Birungi. La montée de la résistance aux interventions disponibles, comme les médicaments et les insecticides, compromet les efforts de lutte contre la maladie. Avec l’avancement du changement climatique, des millions de personnes risquent d’être de plus en plus exposées au paludisme. Parallèlement, la récente augmentation de l’incidence d’autres maladies à transmission vectorielle — comme la dengue — souligne de manière encore plus pressante la nécessité d’adopter des approches novatrices pour faire face à ces menaces convergentes. Grâce à des efforts de collaboration et à des approches novatrices, telles que les technologies d’impulsion génétique, Target Malaria a le potentiel d’avoir un impact transformateur. « Nos équipes en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord tracent la voie vers une Afrique sans paludisme, où chaque enfant aura la possibilité de s’épanouir », explique Mme Birungi. Lors de la récente conférence ministérielle sur le paludisme qui s’est tenue au Cameroun, Krystal a représenté le Global Fund Advocates Network (GFAN) en tant qu’observatrice, plaidant en faveur d’une action décisive contre le paludisme. L’engagement récent pris par les ministres africains de la santé à Yaoundé pour mettre fin aux décès dus au paludisme est un exemple fort pour le Pacte des Nations unies pour l’avenir. « Il y a encore des communautés en Afrique qui discutent du nombre d’enfants qu’elles devraient avoir parce qu’elles prévoient d’en perdre certains à cause du paludisme », déclare-t-elle. « Je veux contribuer à construire un monde où mes enfants n’auront pas à prendre cette décision. » La mission de Target Malaria va au-delà de l’innovation scientifique ; elle est le symbole d’un engagement en faveur du co-développement, de l’excellence et de la responsabilité scientifique, tout en reconnaissant les contributions inestimables des femmes africaines dans la lutte contre le paludisme.
Guinée-Bissau : inauguration du premier centre de télémédecine du pays
Le Premier ministre bissau-guinéen Rui Duarte Barros a présidé mercredi à Bissau la cérémonie d’inauguration du premier centre de télémédecine de la Guinée-Bissau, qui a été créé grâce à un financement de l’Union européenne. Construit dans l’enceinte de l’hôpital militaire de l’amitié sino-bissau-guinéenne dans la capitale du pays, le centre de télémédecine prévoit de prodiguer des traitements à distance liés à la pédiatrie, à la maternité et à l’échographie durant sa première phase de fonctionnement. Tout en remerciant l’Union européenne pour le soutien constant qu’elle avait apporté à la Guinée-Bissau, le Premier ministre bissau-guinéen a invité « les techniciens du centre de télémédecine à utiliser les appareils avec une grande responsabilité et beaucoup de professionnalisme ». De son côté, le représentant-résident de l’Union européenne, Artis Bertulis, a indiqué que le centre de télémédecine de Bissau travaillerait en partenariat avec l’Université de Porto du Portugal dans le but de renforcer le programme intégré de réduction de la mortalité maternelle et infantile dans le pays d’Afrique de l’Ouest.
Des dirigeants régionaux et internationaux du secteur privé, des gouvernements et du monde universitaire sont réunis à Addis-Abeba pour s’attaquer aux obstacles qui empêchent l’Afrique de fabriquer ses propres médicaments et vaccins
Une centaine de dirigeants du continent africain et d’autres régions, notamment des États-Unis et d’Europe, sont réunis, aujourd’hui et demain (lundi 25 et mardi 2, Dnr) à Addis-Abeba, pour une conférence axée sur la résolution des principaux défis en matière d’innovation et de transfert de technologie afin de renforcer le secteur pharmaceutique en Afrique. Les thèmes abordés vont de la sécurité de l’approvisionnement régional aux lacunes technologiques dans le développement du secteur privé et la recherche et développement du secteur public, en passant par la quête d’un juste équilibre entre les droits de propriété intellectuelle et l’accès pendant et après les pandémies. Les panélistes examinent également de nouveaux modèles de financement pour stimuler l’investissement dans le secteur. « Cette conférence est la première du genre en Afrique à examiner les obstacles à la fabrication et à la production nationales de produits de santé essentiels pour le continent », a déclaré Padmashree Gehl Sampath, la directrice générale de la nouvelle Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique (APTF). Présentant la vision de l’APTF, Mme Gehl Sampath a déclaré que l’agence souhaitait « une industrie pharmaceutique africaine dynamique, capable de fabriquer des produits pharmaceutiques et d’innover en la matière en Afrique, pour le peuple africain ». Elle a ajouté que la fondation aspirait à « passer de 400 sociétés à au moins 800 sociétés pharmaceutiques dans la région d’ici à 2040 ». Les débats des sept sessions, qui se déroulent aujourd’hui et demain, sont ouverts par des discours liminaires de Mekdas Daba Feyssa, ministre éthiopien de la Santé, Monique Nsanzabaganwe, présidente de la Commission de l’Union africaine, Ahmed Ogwell Ouma, directeur général adjoint d’Africa CDC, Edward Kwakwa, sous-directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, Michel Sidibé, envoyé spécial de l’Union africaine auprès de l’Agence africaine de médicaments, et Oyebanji Oyelaran-Oyeyinka, conseiller spécial principal du président de la Banque africaine de développement. Le premier jour a débuté par la diffusion d’enregistrements vidéo d’allocutions de bienvenue de la part du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, de la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, et du président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina(le lien est externe), apportant leur soutien aux discussions. « L’accès aux produits de santé est une composante essentielle de la couverture sanitaire universelle et de la sécurité sanitaire, a souligné le Dr. Tedros de l’OMS. Merci pour votre engagement en faveur d’un secteur pharmaceutique plus fort sur le continent ». « De multiples étoiles s’alignent dans le paysage mondial afin que le continent attire des investissements nationaux et internationaux pour construire des chaînes de valeur et une base manufacturière solide dans ce secteur », a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala. Les entreprises devraient essayer de prendre une longueur d’avance… établir des partenariats et travailler sur des licences volontaires… [qui] s’accompagnent d’un véritable transfert de technologie. L’APTF a un rôle important à jouer dans tout cela ». L’Afrique importe plus de 70 % de ses besoins en matière de santé, ce qui représente un coût annuel de près de 14 milliards de dollars. Le continent ne mène que 2 % de la recherche mondiale sur les nouvelles infections, bien qu’il supporte un quart du fardeau mondial des maladies. Pour inverser cette tendance, l’Afrique devra, entre autres mesures nécessaires, surmonter les obstacles à l’accès aux technologies dans les secteurs public et privé du continent. Parmi les organisations présentes à la conférence figurent la Fondation Science pour l’Afrique, la Communauté des brevets sur les médicaments, le National Vaccine Institute du Ghana, l’African Vaccine Manufacturing Initiative, les Partenariats pour la fabrication de vaccins en Afrique, l’initiative Médicaments contre les maladies négligées, le Centre d’excellence africain pour la génomique des maladies infectieuses, l’institut de recherche sur les virus de l’Ouganda, le Regionalized Vaccine Manufacturing Collaborative, la Zone de libre-échange continentale africaine, Unitaid et la Fédération internationale des fabricants et associations pharmaceutiques. Des cadres dirigeants de sociétés africaines pharmaceutiques, biotechnologiques et de vaccins, ainsi que des universitaires de renommée mondiale, participent également à la conférence. « L’Afrique doit changer son environnement technologique […] et construire un écosystème de recherche et développement pharmaceutique et biomédical capable de soutenir des industries pharmaceutiques locales de classe mondiale », a appelé Akinwumi Adesina. « Nous étions convaincus que cela ne pourrait se faire qu’avec une institution dédiée, œuvrant à promouvoir le changement et à faciliter l’accès à la technologie. C’est pourquoi la Banque africaine de développement a créé l’APTF avec le soutien de l’Union africaine », a-t-il expliqué. Créée en 2022 en tant qu’agence régionale indépendante, l’APTF s’efforce d’améliorer l’accès de l’Afrique aux technologies nécessaires à la découverte, au développement et à la fabrication de médicaments, de vaccins et de diagnostics. La Fondation aide les entreprises africaines à s’engager dans des transactions technologiques, à commercialiser la propriété intellectuelle et à diversifier les porteuilles de produits, les instituts de recherche à devenir des centres d’excellence et les gouvernements à façonner des marchés de produits sains, entre autres initiatives. Devex, une plateforme médiatique pour la communauté mondiale du développement, a récemment désigné la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique comme l’une des 24 agences à suivre dans le monde en 2024. « L’APTF va changer la donne, a affirmé Oyebanji Oyelaran-Oyeyinka, conseiller spécial principal du président de la Banque africaine de développement. Son objectif est de changer la manière dont les entreprises internationales établissent des relations et des partenariats avec les entreprises africaines. La Fondation facilitera l’entrée dans la région et éliminera les barrières structurelles, réglementaires et institutionnelles de manière à accélérer les projets de production nationale en collaboration. » La conférence internationale sur l’innovation, la propriété intellectuelle et le transfert de technologie dans le secteur pharmaceutique en Afrique est soutenue par le ministère allemand de la Coopération et du Développement.