Renforcement de la coopération militaire : Bangui et Paris signent un accord de formation

La République centrafricaine et la France ont signé, jeudi 10 juillet dernier à Bangui, un nouvel accord de formation des militaires centrafricains, rapporte Radio Ndeke Luka. Selon cette station de radio de la République centrafricaine, « l’acte a été posé par Claude Rameaux Bireau, ministre centrafricain de la Défense et le général de division Pascal Ianni, chef du commandement pour l’Afrique ». Citant Claude Rameaux Biro, la même source indique que « cette démarche qui va renforcer un partenariat constructif entre les deux pays, s’inscrit dans le cadre de la feuille de route signée le 24 avril 2024 entre les présidents français et centrafricain », apprend-on. Patricia Engali
Centrafrique : l’UPC et le 3R officialisent la dissolution de leurs mouvements armés

Le gouvernement centrafricain a officialisé ce 10 juillet, à Bangui, la dissolution des groupes armés UPC et 3R. Cette décision découle de l’accord de cessez-le-feu signé le 19 avril sous médiation tchadienne. Elle marque l’entrée en vigueur des principales clauses, dont la fin des activités de ces groupes dans le pays. La cérémonie s’est ouverte par l’engagement des deux chefs de groupes armés, avec la remise symbolique de deux armes de guerre, marquant leur volonté de renouer avec la paix. Cette rencontre, d’intérêt stratégique et national pour le gouvernement, est l’occasion de célébrer et de concrétiser l’accord du 19 avril à N’Djamena, au Tchad. « Nous sommes ici pour répondre à l’appel de la République. Il y a un adage qui dit qu’il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix. Aujourd’hui, nous répondons à l’appel de la paix. En tant que leader du mouvement 3R, je vous assure que je respecterai tous les engagements pris », a déclaré Abdel Kader Sembé Bobo, chef du groupe 3R. De son côté, Ali Darassa, chef de l’UPC, affirme qu’il n’y aura pas d’autre accord, signe de son engagement réel pour une paix durable. Selon lui, la paix n’a pas de prix : « Je déclare devant vous et devant toutes les opinions nationales et internationales que nos engagements pour la paix sont sincères et totaux. Il n’y a pas de retour en arrière possible. » Des engagements forts, fruits d’un long processus soutenu par le président tchadien et ses partenaires. Témoin du processus, Valentine Rugwabiza, cheffe de la Mission des Nations unies en Centrafrique, salue cette résolution. « Votre décision de déposer les armes et d’embrasser la paix est un acte de courage. C’est un renoncement à la confrontation armée, un choix en faveur de la reconstruction et de la réconciliation, pour bâtir un avenir commun dans la prospérité et la paix, qui doit désormais se consolider », s’est-elle félicitée. Présidant cette cérémonie, le Chef de l’État, Faustin Archange Touadéra, a réaffirmé sa détermination à pacifier le pays : « Les réengagements de l’UPC et des 3R, liés à l’APPR, concernent notamment l’unité nationale, le respect des valeurs républicaines, la cessation immédiate des hostilités, la renonciation définitive aux armes, et la remise de celles-ci au gouvernement dans le cadre du processus de DDRR, … cela redonne espoir au peuple centrafricain. » Les dirigeants des groupes 3R et UPC ont exprimé le souhait d’une prise en charge sérieuse de leurs membres après le désarmement. Les autorités ont assuré que le processus de désarmement débutera dans les jours à venir dans la Ouaka, où les hommes de l’UPC seront désarmés. Radio Ndeke Luka
Centrafrique : le BRDC pose encore ses conditions pour participer aux prochaines élections

À l’approche des élections, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC) réclame un dialogue avec le président Touadéra. Cette plateforme de l’opposition prévient qu’elle ne participera à aucun scrutin sans réformes et met en garde contre un vide constitutionnel. À quelques mois des échéances électorales prévues avant la fin de l’année en République centrafricaine, le BRDC a appelé à la tenue d’un dialogue politique avec le président Faustin-Archange Touadéra. Pour cette plateforme, ce dialogue constitue un préalable incontournable à toute perspective électorale, dans un contexte marqué par des retards et une crise de confiance autour de l’Autorité nationale des élections (ANE). Des retards jugés critiques dans les préparatifs électoraux Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 4 juillet 2025 à Bangui, le BRDC a dressé un tableau préoccupant de l’état d’avancement du processus électoral. « Nous en sommes aujourd’hui à plus de cinq changements successifs du calendrier électoral, et le dernier en date prévoyant les élections locales le 31 aout 2025, n’est plus d’actualité », a critiqué Martin Ziguélé, porte-parole du BRDC. Cette plateforme de l’opposition démocratique a aussi dénoncé le retard dans la publication des listes électorales provisoires : « Les listes électorales, dont les opérations de lancement ont commencé en septembre 2024 ne sont pas encore disponibles à ce jour même à titre provisoire, malgré plus de 6 milliards de francs CFA injectés pour leur établissement », dit-il. Les membres du BRDC s’inquiètent aussi de l’absence de données provenant de 717 centres de recensement, non intégrées dans les systèmes de l’Autorité nationale des élections (ANE). Pour eux, ces lacunes techniques et logistiques compromettent la qualité, la fiabilité et l’intégrité du fichier électoral, rendant la tenue d’élections crédibles impossible dans les délais constitutionnels. Refonte de l’ANE et du Conseil constitutionnel Le BRDC met en cause « l’incapacité » de l’Autorité nationale des élections à organiser des scrutins « démocratiques, transparents et acceptables », et appelle à une réforme profonde de l’institution devenue, selon lui, « structurellement défaillante ». Le collectif plaide également pour une réforme du Conseil constitutionnel, qu’il accuse de fonctionner sous l’influence du pouvoir exécutif. Le BRDC considère que les institutions en charge du processus électoral sont, dans leur état actuel, inféodées au régime en place, et incapables d’assurer un scrutin démocratique, transparent et accepté de tous. « Face à un constat d’échec désormais partagé, faisant état de l’impossibilité de la tenue des élections en décembre prochain, le BRDC réitère ses exigences suivantes : la profonde réforme de l’ANE en tirant toutes leçons des dysfonctionnements constatés et la réforme du Conseil constitutionnel ». Le BRDC affirme que ses inquiétudes sont partagées par des partenaires internationaux. Il cite notamment l’expert indépendant des Nations Unies, Yao Agbetse, ainsi que les États-Unis, qui lors d’un briefing du Conseil de sécurité de l’ONU le 30 juin dernier, ont appelé à un dialogue politique inclusif en Centrafrique et exprimé des doutes sur la capacité de l’ANE à organiser les élections. Un dialogue politique avec le président Touadéra comme condition Dans ce climat de méfiance et de tensions, le BRDC annonce qu’il ne participera à aucun scrutin sans la tenue d’un dialogue politique avec le président Touadéra. Le collectif estime que ce dialogue est la seule voie de sortie de crise, susceptible de permettre des ajustements consensuels du chronogramme électoral et d’éviter le vide constitutionnel. « Ce dialogue doit permettre de trouver des solutions aux blocages actuels et de restaurer les fondements de la démocratie en Centrafrique », a martelé Martin Ziguélé. Selon lui, il est déjà clair que les élections générales ne pourront pas se tenir dans les délais, et toute tentative de les maintenir sans réforme mènerait à une crise institutionnelle. Le gouvernement doit démissionner En ouverture de leur déclaration, les responsables du BRDC ont observé une minute de silence en mémoire des élèves morts lors du drame du lycée Barthélémy Boganda, survenu le mercredi 25 juin 2025 à Bangui. Sans attendre les conclusions d’une enquête, le collectif tient le gouvernement pour responsable de ce qu’il qualifie de « cynisme criminel » et exige sa démission immédiate. Le BRDC dénonce également les violences et arrestations contre des leaders de la société civile dans les jours qui ont suivi ce drame. Pour eux, ces actes sont révélateurs d’une dérive autoritaire du régime en place. Radio Ndeke Luka
Banque mondiale : des réformes sont nécessaires pour stimuler la croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté dans la CEMAC

La région de la CEMAC a connu une croissance économique plus forte en 2024, avec un taux de 3,0 % contre 2,0 % en 2023. La huitième édition du Baromètre économique de la CEMAC souligne cependant que la croissance régionale reste modeste et fortement dépendante du secteur pétrolier et des autres matières premières. Ces secteurs ne créant pas suffisamment d’emplois pour la population en croissance rapide au sein de la région, de nombreux jeunes sont en situation de chômage. Selon le rapport, en 2024, les réserves, la situation budgétaire et la balance commerciale de la région se sont détériorées en raison de la baisse des prix du pétrole, ce qui souligne la forte exposition de la CEMAC à la volatilité des marchés des hydrocarbures, le pétrole représentant plus des deux tiers du total des biens exportés par la région. Les pressions inflationnistes ont continué à diminuer progressivement, mais le niveau élevé de chômage et le manque de croissance et d’opportunités économiques continuent d’aggraver la pauvreté. Selon les estimations de la Banque mondiale, un tiers de la population de la CEMAC était en situation d’extrême pauvreté en 2024, soit environ 22 millions de personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2017). La croissance régionale devrait rester modérée, à 2,9 % sur 2025-2027. La CEMAC est riche en ressources minérales, en hydrocarbures, en bois et possède un grand potentiel agricole. Conjugués à une population jeune et à un niveau élevé d’urbanisation, ces facteurs pourraient constituer la base d’une croissance économique accélérée et d’une création plus forte d’emplois si des réformes étaient adoptées et mises en œuvre pour renforcer les infrastructures et créer un environnement plus attrayant pour les investissements du secteur privé. Les pays de la région sont confrontés à des risques importants, notamment des chocs commerciaux mondiaux, une demande atone de produits de base, des coupes dans l’aide au développement, des coûts élevés du service de la dette et d’autres fortes pressions sur les dépenses publiques. « Pour favoriser une croissance plus robuste, créer plus d’emplois, développer le commerce intrarégional et mondial et sortir davantage de personnes de la pauvreté, les pays de la CEMAC doivent créer de meilleures conditions pour que les entreprises locales puissent se développer, investir et embaucher davantage de personnes, ainsi que développer leurs exportations », déclare Robert Utz, économiste principal pour la CEMAC à la Banque mondiale et auteur principal du rapport. « Il serait essentiel que les pays de la CEMAC accélèrent les réformes prévues dans les plans économiques régionaux, y compris le Programme de réformes économiques et financières de la CEMAC (PREF-CEMAC II) et le prochain Programme économique régional », explique Cheick Fantamady Kanté, directeur de division pour le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale à la Banque mondiale. Alors que la CEMAC fait face aux incertitudes qui pèsent sur l’environnement commercial et financier mondial, il serait essentiel d’accélérer les réformes pour tirer le meilleur parti possible des ressources naturelles, renforcer la gestion des finances publiques, créer de meilleures conditions pour les entreprises et soutenir les plus vulnérables pour s’engager sur une trajectoire de développement plus solide, bénéficiant à l’ensemble des populations de la région. BM
République Centrafricaine : Le FMI approuve un décaissement de 58 millions de dollars, malgré des « résultats mitigés »

Le Fonds monétaire international (FMI) annonce avoir approuvé mercredi 4 juin un décaissement de 58 millions de dollars en faveur de la République Centrafricaine, malgré des « résultats mitigés » et des « risques baissiers considérables ». Pour l’institution financière internationale, ce décaissement vise à « l’aider à répondre à ses besoins persistants de financement de la balance des paiements tout en maintenant les dépenses prioritaires consacrées aux services publics de base ». Selon les projections du FMI, l’activité économique devrait croître de 3 % en 2025, contre 1,9 % en 2024, sous l’effet de la hausse de la consommation d’énergie, du redressement des activités minières, des projets d’infrastructures et de l’amélioration de la sécurité. L’inflation devrait de son côté reculer d’ici à fin 2025, en partie grâce à la baisse des prix à la pompe intervenue en mai 2025. L’institution juge cependant important « de resserrer la politique budgétaire pour adresser l’accentuation de la vulnérabilité liée à la dette publique », estimant que le déficit primaire intérieur serait ramené à 2,1 % du PIB en 2025, contre 4,9 % en 2024, en supposant un soutien politique fort en faveur des mesures convenues en matière d’administration fiscale et la conformité des obligations fiscales. Elle estime en outre essentiel de mieux maîtriser les dépenses dans un contexte d’élections et de réductions de l’aide humanitaire. L’autre recommandation concerne la réforme du marché des carburants qui demeure essentielle pour la stabilisation macroéconomique et la croissance à la fois durable et inclusive de la RCA. De l’avis du FMI, Bangui devrait accélérer l’audit de l’approvisionnement de carburants pour étayer les réformes des prix et remédier aux inefficiences persistantes. D’après l’organisation, en dépit des récentes hausses de l’offre et baisses de prix, « les prix à la pompe restent élevés en raison des importations coûteuses et opaques. Une utilisation transparente du don récent de diesel et un audit approfondi des coûts et des marges pourraient contribuer à renforcer la concurrence, à améliorer l’efficience de l’offre et à accroître les recettes fiscales ». « La République centrafricaine a réaffirmé sa détermination à mettre en œuvre les réformes structurelles dans le cadre de l’accord au titre de la FEC, malgré une fragilité profondément enracinée et une grande incertitude. Le soutien financier et technique des partenaires au développement reste essentiel pour que le programme soit un succès, ce qui permettra de surmonter les capacités faibles et la volatilité des recettes, ainsi que d’atténuer les besoins humanitaires », a déclaré M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim. Pour ce dernier, » il est essentiel de renforcer le respect des obligations fiscales et les contrôles fiscaux pour accroître les recettes, mais il faut un fort soutien politique. Il est également essentiel d’accélérer l’audit de l’approvisionnement de carburants pour remédier aux inefficiences et permettre de nouvelles réductions des prix à la pompe », ajoutant par ailleurs que le bon fonctionnement du marché des carburants est essentiel à la stabilité budgétaire et macroéconomique. Il estime, enfin, que « l’amélioration de la gouvernance renforcera les efforts de gestion des finances publiques » et appelle à « mettre en service rapidement le système de déclaration de patrimoine pour maintenir l’aide des donateurs ». Martin Kam
Centrafrique : le diocèse de Bangassou s’inquiète de la situation sécuritaire dans le Haut-Mbomou

Dans une lettre publiée le 5 juin, les évêques de Bangassou alertent sur la situation critique dans le Haut-Mbomou. Depuis fin avril, cette région du sud-est centrafricain est en proie à de violents affrontements, opposant la milice A Zandé Ani Kpi Gbé aux Forces armées centrafricaines (FACA), soutenues par leurs alliés russes. Les combats, qui ont particulièrement touché les localités de Zémio, Mboki et Djemah, ont fait réagir les évêques qui, dans leur message, évoquent « des dizaines de morts » parmi les civils et les forces de sécurité. Plusieurs villages ont été incendiés. « Des cas de tortures, d’exécutions sommaires et de violences extrêmes ont également été signalés », déplorent les évêques. Face à cette escalade, des milliers de personnes ont été contraintes de fuir. Une partie a trouvé refuge en République Démocratique du Congo (RDC), tandis que d’autres se sont installés dans des missions catholiques de Zémio, de Mboki et de Obo. Les responsables religieux dénoncent une spirale de violences dans une région historiquement marginalisée, livrée aux groupes armés depuis des décennies. « Le Sud-Est pleure depuis des décennies », écrivent-ils, rappelant les exactions successives de la LRA, de la Séléka, puis aujourd’hui de la milice A Zandé Ani Kpi Gbé. Ce groupe, pourtant créé pour défendre les populations contre les groupes armés comme l’UPC, « risque aujourd’hui de devenir un danger pour la population elle-même », avertissent les évêques. Dans leur lettre, les évêques lancent un appel solennel à toutes les parties prenantes, miliciens, forces régulières, étrangères et population locale, à mettre fin aux violences et à s’engager dans un processus de paix. « Ce n’est pas avec la violence que la violence cessera », tempêtent-ils, redoutant un cycle de haine, de méfiance et de vengeance. L’Église catholique réaffirme enfin sa disponibilité à accompagner le dialogue. « Nous sommes prêts à accueillir tous ceux qui ont de la bonne volonté autour d’une table de discussion, pour œuvrer ensemble à la paix, à la réconciliation et au développement », conclut la lettre signée par les évêques de Bangassou. Radio Ndeke Luka
Centrafrique : une nouvelle relance pour la Commission vérité

Après onze mois de break pour limogeage des anciens commissaires, la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR) relance ses activités. Après leur désignation, les onze nouveaux commissaires ont prêté serment, jeudi 10 avril à la Cour d’appel de Bangui. La cérémonie a débuté par la lecture faite par le greffier, du décret entérinant la désignation des onze nouveaux membres de la CVJRR. En présence du ministre d’État à la Justice et sa collègue de l’Action humanitaire, les nouveaux commissaires ont prêté serment, officialisant ainsi leur prise de fonction. Occasion pour le 2ème avocat général près la Cour d’appel de Bangui de les appeler à plus de responsabilité. « Ne vous laissez pas emporter par des intérêts égoïstes » « Vous embrassez, par cette occasion, le début d’une nouvelle carrière. C’est pourquoi vous devez, dès ce début, soigner votre image ; vous faire distinguer par le travail dans la rigueur et l’assiduité. N’oubliez jamais que la carrière professionnelle se gère. Ne vous laissez pas emporter par des intérêts égoïstes au point de la briser prématurément comme vos devanciers », a appelé Donatien Maïssemo, 2ème avocat général près la Cour d’appel de Bangui. Arnaud Yaliki, un des nouveaux membres de la CVJRR, mesure déjà le poids de la mission qui leur est confiée. « Le 1er défit est lié aux mandats de toutes les commissions vérité à travers le monde. Le 2nd défi est que la population, les autorités, les organisations de la société civile et les partenaires attendent beaucoup de nous ; vu les zones d’ombre qui ont entouré la 1ère équipe » a-t-il indiqué. Pour le gouvernement, la mission assignée à cette commission est de raffermir la paix et la stabilité. « Poursuivre l’œuvre » « C’est un plaisir pour nous de prendre part à la prestation de serment des nouveaux membres de la CVJRR. Ils vont bientôt entrer en fonction afin de poursuivre l’œuvre de la réconciliation et de la justice dans notre pays. Il s’agit d’une mission très importante pour la paix et la stabilité en République centrafricaine », a indiquéArnaud Djoubaye Abazène ministre d’État en charge de la Justice. Nommés par décret présidentiel, le 21 mars dernier, ces nouveaux commissaires remplacent les anciens membres, destitués le 3 mai 2024 pour « mauvaise gestion, déficit de management et manque de professionnalisme ». Ces nouveaux membres, issus de la société civile, du barreau de Centrafrique, des organisations de victimes et de la jeunesse, termineront le mandat de l’équipe sortante qui restait deux ans, et continueront leurs missions, celles d’enquêter, d’établir la vérité et de situer les responsabilités sur les crises politico-militaires qui secoué la République centrafricaine entre 1959 et 2019. Radio Ndeke Luka
Afrique : La législation américaine cherche à réviser les politiques de change de la Banque des États d’Afrique centrale qui réduisent les investissements de la Central African Economic and Monetary Community de 45 milliards de dollars

La Chambre africaine de l’énergie soutient la loi américaine CEMAC, qu’elle considère comme une étape cruciale pour forcer la Banque des États d’Afrique centrale à réformer ses politiques de change L’AEC a toujours adopté une position ferme contre les réglementations de change imposées par la BEAC, qualifiant ces politiques d’« absurdes », d’« hostiles aux investisseurs étrangers » et d’incompatibles avec les normes financières mondiales. En restreignant les flux de devises étrangères dans la région, ces réglementations sapent la confiance des investisseurs, retardent les paiements aux entrepreneurs, empêchent le rapatriement des capitaux et introduisent des risques inutiles dans les projets énergétiques. La réglementation devrait réduire les investissements étrangers dans la région de la CEMAC de 45 milliards de dollars d’ici 2050, tout en réduisant les recettes publiques des pays de la CEMAC de 86 milliards de dollars. Les conséquences de cette situation ne peuvent être surestimées. Riche en pétrole et en gaz, la région de la CEMAC a le potentiel d’exploiter ses ressources naturelles pour une croissance économique à grande échelle et à long terme. Les opérateurs américains, forts de leur expertise et de leur forte présence dans la région, joueraient un rôle déterminant dans la réalisation de cet objectif. Il s’agit notamment de grandes entreprises du secteur de l’énergie telles que Chevron, ExxonMobil, Vaalco Energy et bien d’autres. Outre les entreprises américaines, d’autres acteurs majeurs tels que TotalEnergies, Trident Energy, BW Offshore, Eni et Perenco pourraient freiner les investissements, ce qui aurait un impact significatif sur l’avenir énergétique de la région. Sans ces entreprises, la région risque de perdre des projets majeurs. Le méga-hub gazier de Guinée équatoriale, par exemple, permettra de monétiser les ressources gazières de la région. Dirigé par Chevron et Marathon Oil, le projet traite le gaz du champ d’Alba dans l’usine de GNL de Punta Europa. L’accord pour la deuxième phase, qui relierait le champ d’Aseng, a déjà été signé, tandis que des accords d’importation de gaz avec le Cameroun et le Nigeria voisins sont en place. Le Cameroun fait des progrès pour valoriser ses ressources gazières sous-développées, tandis que le Gabon fait avancer un projet de FLNG qui produirait 700 000 tonnes par an de GNL et 25 000 tonnes de GPL. Développé par Perenco, le projet devrait démarrer en 2026. La République du Congo augmente sa capacité de GNL dans le cadre du projet Congo LNG dirigé par Eni. La société vise 3 millions de tonnes par an en 2025. Parallèlement, conformément aux objectifs nationaux visant à porter la production de pétrole à 500 000 barils par jour, TotalEnergies investit 600 millions de dollars dans le champ pétrolifère de Moho Nord. Toutefois, ces efforts ne porteront leurs fruits que si la BEAC crée un environnement monétaire plus transparent et plus stable. L’introduction de la loi CEMAC marque un changement significatif dans la façon dont la communauté internationale perçoit les politiques de la BEAC. Les législateurs américains, reflétant les points de vue de l’AEC et de nombreux chefs d’entreprise africains, prennent des mesures décisives là où les gouvernements africains auraient dû agir depuis longtemps. Les entreprises africaines soutiennent massivement cette législation car elle tient la BEAC pour responsable et impose des réformes indispensables. Depuis des années, l’AEC appelle les dirigeants africains à pousser la BEAC à adopter des politiques plus transparentes et plus favorables aux investisseurs. Maintenant que les États-Unis interviennent, la BEAC est sous pression. En refusant de soutenir les actions du FMI, le projet de loi signale que ces politiques monétaires ont sapé la confiance mondiale et présentent désormais un risque pour le système financier international, ce qui pourrait avoir un effet domino sur le financement du développement, les efforts de restructuration de la dette et les futurs programmes du FMI. « Nous avons toujours appelé la BEAC à se comporter de manière raisonnable et à rechercher ce qui est dans le meilleur intérêt des Africains, et non à subir les pressions du FMI qui détruisent l’emploi et les investissements, dissuadent les investisseurs et conduisent les pays de la CEMAC à des sanctions ou à des restrictions commerciales qui plongent leurs citoyens dans une pauvreté encore plus grande. La BEAC doit mieux agir et c’est un signal d’alarme pour nous faire comprendre que les investisseurs qui investissent dans la région ne peuvent plus être traités d’une manière qui ne soit pas dans l’intérêt des citoyens et des investisseurs. Ils ont une nouvelle occasion de revenir à la table des négociations et de faire ce qu’il faut en se débarrassant de ces réglementations qui maintiennent notre région à la traîne. À l’AEC, nous comprenons la position du Congrès américain et, en tant que personnes qui ont toujours appelé à une approche pragmatique et sensée de ces questions, nous pensons que nous avons l’obligation de protéger les investisseurs tout en encourageant la croissance, l’emploi et les opportunités pour les pays de la CEMAC », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC. L’AEC s’engage à soutenir le dialogue et la collaboration entre les acteurs des secteurs public et privé afin de garantir que ces changements essentiels soient apportés. C’est clair : les politiques de change obsolètes de la BEAC ne sont plus acceptables et une réforme est urgente. L’adoption potentielle de la loi CEMAC est un signal d’alarme, et l’AEC exhorte la BEAC et les décideurs politiques d’Afrique centrale à y voir une opportunité de créer un écosystème financier plus juste et plus fonctionnel qui attirera les capitaux internationaux et soutiendra les ambitions industrielles de la région. La transition énergétique de l’Afrique centrale, son avenir économique et sa capacité à être compétitive sur la scène mondiale sont en jeu. En réformant le mandat de la BEAC et en alignant ses politiques sur les normes mondiales, la région peut instaurer la confiance et la stabilité dont elle a besoin pour attirer les investissements essentiels à sa prospérité à long terme. African Energy Chamber.