
TRIBUNE. L’Armée congolaise, pilier de la République et garante de l’intégrité nationale, voit aujourd’hui son image gravement mise à mal par l’affaire impliquant l’ex-colonel Aline Lonzoniabeka, rétrogradée pour manquement présumé à son devoir de réserve. Les déclarations publiques de cette officier supérieure ont profondément choqué l’opinion nationale et internationale, jetant un trouble sérieux sur le fonctionnement de la hiérarchie militaire.
L’ex-colonel accuse nommément les généraux Nianga Mbouala et Okoï, (dit le Saint-Cyrien ) de faits d’une extrême gravité : agressions physiques, harcèlements sexuels, abus d’autorité, fausses accusations, entraves à la carrière, tentatives de corruption. Si ces faits sont avérés, ils constituent non seulement une violation flagrante de la déontologie militaire, mais également une atteinte grave aux droits fondamentaux de la femme, en totale contradiction avec les lois de la République.
Ce calvaire, qui durerait depuis près de dix ans, interroge lourdement. L’armée est une institution respectée, fondée sur la discipline, l’honneur et le respect de la hiérarchie. Le harcèlement sexuel d’une subordonnée, encore plus lorsqu’elle est une femme en uniforme, est strictement interdit par les règlements militaires et sévèrement réprimé par la loi. Le silence ou l’inaction face à de tels actes ne saurait être toléré.
L’opinion publique s’interroge légitimement : où étaient le ministre de la Défense et la ministre de la Promotion de la femme, Mme Inès Ingani, censés protéger l’institution militaire et les droits des femmes ? Ce mutisme institutionnel fragilise davantage la crédibilité de l’État.
À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, cette affaire éclabousse l’ensemble de la force publique, donnant l’image d’une armée minée par l’indiscipline et l’impunité, en rupture avec l’État de droit. La loi doit s’appliquer à tous, sans distinction de grade ni de fonction.
En sa qualité de Commandant suprême des forces armées, le Président Denis Sassou Nguesso est interpellé par l’histoire. Toute la lumière doit être faite sur cette affaire et des sanctions exemplaires doivent être prises si les faits sont établis. L’impunité n’a pas sa place dans une armée républicaine.
Les Congolais exigent la fin des abus, le respect strict de la déontologie militaire, la protection des femmes en uniforme et une réforme profonde et courageuse de la force publique. L’honneur de l’armée et la crédibilité de l’État en dépendent.
“L’honneur doit être un éperon pour la vertu, et non pas un étrier pour l’orgueil.” Charles Cahier
“Si l’Administration militaire faisait correctement son travail, il n’y aurait pas de Soldat inconnu.” François Cavana.
“Mourir en combattant sied mieux au soldat qu’être libre dans la fuite.” Miguel de Cervantes
Fait à Brive, le 5 Février 2026
Evrard NANGHO
Le Patriote Engagé