
Certains sont prêts à tout, même tenter l’aventure de la traversée de l’Alima, sur le dos d’une vipère ou d’un crocodile, pour s’introduire au saint au saint. D’autres avalent des couleuvres, les yeux larmoyants, en attendant que le Chef s’attache à nouveau leurs services. Le jamais un sans deux ou le deux sans trois est-il possible pour ces anciens ministres? Enquête.
Le simple mot remaniement ou toilettage de l’équipe gouvernementale les excite ou leur dresse les oreilles à la manière des chiens de chasse batéké. Certains jouent au fou du roi, sollicitent les pouvoirs surnaturels des marmiteurs, comme le cas de cet ancien ministre réputé proche d’un certain Issanga, un « nganga » qui lui aurait prédit sa première entrée au gouvernement. Son féticheur n’en avait, malheureusement, pas vu sa sortie prématurée et peu glorieuse.
D’autres, font la ronde des faiseurs de roi à Brazzaville(inutile de me demander leurs noms tant ils sont connus) à la recherche d’un strapontin, quand ils n’affichent pas ostensiblement leur signature de frère trois. Preuve qu’ils sont francs-maçons plus par opportunisme que par conviction. La course effrénée vers les postes politiques au Congo rend parfois fou.
Faut-il noter que depuis le retour aux affaires de Denis Sassou Nguesso en 1997, seuls 6 ministres ont effectué leur come-back au gouvernement: Rodolphe Adada, François Ibovi, Léon Alfred Opimbat,Alain Akouala, Rigobert Roger Andely et Inès Ingani. Une tendance moins jeune.
Il est certes très tôt pour tenter de dresser, voire même d’esquisser, un bilan de l’action de ces jeunes lors de leur passage au gouvernement. Mais l’on peut cependant identifier comme griefs: le faux et usage de faux, l’excès de zèle, le manque de maturité politique, le manque de respect du bien public, et, surtout, le manque de respect dû aux aînés…
Sur le dernier point, des jeunes ministres feignent d’ignorer que Denis Sassou Nguesso, qui s’est fait initier Mwéné à l’âge de 10 ans, reste attaché aux us et coutumes qui consacrent le respect dû aux aînés. Ce que des jeunes ministres ne donnent pas l’impression d’appliquer. » Ils veulent tout avoir en un jour: biens matériels, argents, belles caisses, belles créatures… », fait constater un ancien du landernau politique national.
Un autre point sombre, 3 sur 5 de ces jeunes ministres ont produit un cursus académique faux! Confie une haute autorité de la République ayant requis l’anonymat. Les recherches effectuées en France, notamment pour un ancien ministre, qui avait présenté l’université de Nancy comme lieu d’obtention de son diplôme, et l’Enas (École nationale des Assurances),où un autre jeune et ancien ministre dit avoir obtenu son Master en Assurance, sont restées infructueuses. Toutes nos tentatives d’en savoir davantage auprès des intéressés sont lettre morte. Peut-être, les 2 ministres cherchent-ils à tuer l’infox par le silence. Erreur. On tue l’infox en présentant des preuves irréfutables.
Autant d’impedimenta qui rendent bien étroite la route qui pourrait ramener ces jeunes et anciens ministres au gouvernement, à l’exception, peut-être, de Bienvenu Okiemi, croît savoir notre source.
Par A.Ndongo