
DISPARITION. Depuis l’annonce de sa disparition, il m’a été difficile de trouver les mots justes pour rendre hommage à ce grand frère et ami que j’ai eu le privilège de côtoyer depuis le début des années 2000. J’ai rencontré Mathias Loggan Ngoumba grâce à ma carrière de journaliste, alors qu’il était déjà profondément ancré dans l’univers musical depuis plus d’une décennie.
Une vie consacrée à la musique
On se souviendra des mélodies instrumentales créées par Freddy Kebano, qui reprenaient les classiques de la musique congolaise et qui résonnaient régulièrement sur les ondes de la radio nationale dans les années 80 et 90. Mathias était le producteur derrière ces œuvres mémorables. Tombé amoureux de la musique dès son jeune âge, il produisait déjà des groupes et des artistes en solo à peine dans la vingtaine, tout en étant agent chez AGIP Congo (devenue plus tard ENI Congo).
Mathias Loggan Ngoumba était un homme affable, et sa maison était un véritable sanctuaire pour les artistes. Beaucoup y trouvaient refuge, et d’autres bénéficiaient de son hospitalité quotidienne. Pour de nombreux jeunes artistes de Pointe-Noire, il était bien plus qu’un simple producteur ; il était un mentor et un père spirituel. Visionnaire, il croyait fermement que la musique n’avait pas de frontières et que chaque artiste méritait une chance de briller. Son initiative « Carrefour des artistes » avait pour but de rassembler les musiciens de Pointe-Noire, toutes générations et genres confondus, créant ainsi une dynamique nouvelle et solidaire.
Homme de dialogue et d’échanges culturels
Je me remémore nos échanges interminables qui pouvaient se prolonger jusqu’à minuit. En homme de culture, Mathias distribuait également au Congo le magazine agricole camerounais, « La Voix du paysan ».
Le monde de la musique congolaise vient de perdre un producteur et mécène d’une trempe rare. Président fondateur du label Padiex Production( Paclof Didi Express), il s’est éteint le 10 février 2025 à Pointe-Noire, des suites d’un arrêt cardiaque. Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage musical du Congo, où il a marqué les esprits par son dévouement et sa passion.
Mathias Loggan Ngoumba a consacré sa vie à la musique, révélant de nombreux talents et produisant des œuvres mémorables. Il a également soutenu des artistes de Pointe-Noire pour se produire dans des festivals tels que le Fespam ou sur la scène Bouregreg lors de la neuvième édition du festival Mawazine à Rabat, au Maroc, le 29 mai 2010. Padiex SP Musica y était le seul orchestre congolais parmi une centaine de groupes et artistes invités, un moment de fierté pour Mathias et pour tout le Congo.
Que de souvenirs musicaux !
Il a produit plusieurs albums marquants avec Padiex SP Musica, dont « Motion de censure », « Dérogation », et « Qui fait quoi ? ». Son label, Padiex Production, a également lancé les carrières de nombreux artistes et groupes, parmi lesquels l’artiste Nathan Bamsey et le groupe Les Pacifiques de la paroisse Saint-François de Tié-Tié ou le groupe « Holy Seed » de Mpaka dont les musiciens se trouvent aujourd’hui à travers le monde.
Mathias Ngoumba a écrit des pages entières de l’histoire musicale congolaise, non pas avec de l’encre, mais avec des mélodies, des voix et des âmes qu’il a révélées. Son héritage perdurera à travers les artistes qu’il a produits et les spectacles qu’il a organisés.
La veillée funèbre se tient à son domicile, situé à M’Paka 120, à l’arrêt JBZ. L’inhumation aura lieu le samedi 22 février 2025 à Pointe-Noire.
Mathias Loggan Ngoumba, ta passion et ton dévouement resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Repose en paix ! Adieu, cher ami de la musique et dans la vie.
Journaliste/Manager à RADIO MUCODEC et Présentateur Evénements,
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