Congo Brazzaville. Caisse d’Assurance Maladie Universelle(Camu), entre espoirs et incertitudes

Même si le gouvernement, en partenariat avec Yao Corp, une structure privée, semble vouloir donner un coup d’accélérateur au projet, le lancement de la Camu, prévu en juillet prochain, suscite des inquiétudes auprès des privés et autres acteurs de l’écosystème sanitaire. Pourquoi? Explications. Quelle est la nature du contrat qui lie le gouvernement à Yao Corp dans le cadre de la mise en œuvre de la Camu au Congo? Le secteur privé congolais, principal acteur de l’écosystème de la Camu, qui fournit à lui seul 70% des soins de santé, a t-il été impliqué? Les cotisations patronales, de l’ordre de 4,55 % du salaire brut et salariales (2,27%), à partir du mois d’avril, ne constituent-elles pas un surcoût pour des entreprises privées qui supportent déjà l’essentiel des factures de l’assurance maladie pour le compte de leurs travailleurs et ayant-droits? Des questions sans réponses en cette fin du mois de mars 2023. Selon nos sources, à 3 mois du lancement effectif de la Camu au Congo, le secteur paramédical( centres de santé, pharmacies, laboratoires et autres) n’a pas encore, pour l’essentiel, été consulté. Il en est de même des syndicats des employés, assureurs et courtiers, etc. Bref, le secteur privé, dans son ensemble, se contente de quelques rares communications dans la presse et réseaux sociaux. » Nous ignorons tout du fonctionnement et de la pratique de la Camu au Congo », affirme, sans sourciller, un chef d’entreprise de type européen. Une situation de mise en œuvre du projet qui donne des crises d’urticaire au patronat. Lequel redoute des mouvements sociaux d’envergure dès les premiers prélèvements de la cotisation. Selon nos sources, des syndicats du secteur pétrolier devraient se fendre d’un « mémorandum », c’est un euphémisme, pour s’en plaindre. Des inquiétudes aussi chez l’ordre des médecins du Congo et l’ordre des pharmaciens du Congo, qui ne sont ni informés ni impliqués en leur qualité de « membres du comité technique de pilotage conformément au décret 2019- 255 portant création de la Camu. Une inquiétude d’autant plus grandissante que l’absence de texte d’application pose problème. » Les textes d’application qui doivent définir les modalités d’affiliation, les modalités de prise en charge, les arrêtés listant les spécialités et actes médicaux et paramédicaux, des médicaments, de l’appareillage, prise en charge et leur tarif de référence ne sont pas promulgués », regrettent les milieux d’affaires interrogés. Selon certaines indiscrétions, Yao Corp, cheville ouvrière du projet, qui aurait financé les études de faisabilité à hauteur d’une dizaine de milliards de FCFA, se serait heurtée, dans un premier temps, aux impedimenta de l’administration publique, qui aurait produit une première étude surfaite s’élevant à une cinquantaine de milliards de FCFA. « Pourquoi Yao Corp a t-il préfinancé la CAMU alors que des ressources financières existent à travers les 0,5% prélevés aux travailleurs du privés qui ont des salaires supérieurs à 500 mille fcfa ? S’interroge un acteur de l’écosystème de la Camu? Si cette information est vraie, est-ce qui explique la gestion de la Camu par la Primature, en lieu et place du ministère de tutelle? Quoique les termes contractuels entre le gouvernement et Yao Corp soient sous le sceau du secret, » L’ enrolement des travailleurs( véritable inquiétude) du secteur public et privé s’effectuera successivement via les bases de données du ministère des finances pour les fonctionnaires publics et la Cnss pour ceux du secteur privé », croît savoir, sous couvert d’anonymat, un proche du dossier. « Yao Corp, renchérit-il, veut donner un coup d’accélérateur à ce dossier dans lequel il a engagé d’importantes ressources financières en termes de préfinancement, souhaite que la Camu démarre le plutôt possible, surtout que le volet informatisation dont elle s’occupe est en phase de mise en œuvre « . La Camu est-elle exitante pour le secteur privé congolais ? La plus grande crainte est que la Camu offre moins davantages performants en termes de soins médicaux aux affiliés du secteur privé. Un exemple, les Brasseries du Congo consacrent 1,1 milliard de FCFA pour la gestion de leur centre de santé qui administre des soins de qualité à ses travailleurs et ayant-droits. La Camu ne prend en charge que le cotisant, son conjoint et ses 5 enfants. Si l’on tient compte du fait que le nombre d’enfants par femme est de 4,5 en milieu urbain et de 6,5 en milieu rural, d’après la récente enquête démographique et de santé du centre national et de la statistique, il y a lieu de se demander si ces critères sélectifs des ayant-droits ne constituent pas un obstacle majeur tout comme la qualité du plateau technique des structures sanitaires publiques dans la ville de Pointe-Noire, capitale économique et siège social de grandes entreprises. Il est évident que les sociétés offrent des prestations et prises en charges bien au-delà de la Camu. Si une réflexion approfondie n’est pas menée, il faut surtout redouter que les sociétés réduisent la couverture sanitaire du salarié et ayant-droits alors qu’elles opèrent des prélèvements additionnels destinés à la Camu, de l’ordre de 2, 27%, sur les salaires mensuels de leurs travailleurs. Les salariés accepteront-ils cette mesure, le cou perclus d’humilité comme des enfants de chœur de l’église catholique? Rien n’est moins sûr. Un autre obstacle, les tarifs conventionnés qui seront imposés aux prestataires des services de santé posent un problème de catégorisation des établissements de santé au Congo: les grands centres de santé auront de la peine à admettre les affiliés de la Camu. Conséquence, chaque centre sanitaire pourra appliquer des dépassements d’horaires (ticket modérateur) à la charge des bénéficiaires ou sociétés. Le mode de financement de la Camu débouchera t-il sur un budget équilibre voire excédentaire? Le climat des affaires, à travers le respect de la « clause de stabilité fiscale », a t-il été pris en compte par la la Camu? Nous tenterons de répondre à ces deux questions dans nos prochaines publications. NB: crédits photos: Google. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier.
Microfinance : l’Unoc pour la relance du groupe Charden Farell

Les membres de l’Union nationale des opérateurs économiques du Congo (Unoc), conduits par leur président, Jean Daniel Ovaga, ont discuté avec les responsables du Groupe Charden Farell, le 26 avril 2022 à Brazzaville, dans la perspective de trouver des solutions de redynamisation de cet établissement de microfinance Au cours de cette rencontre, les deux parties ont abordé plusieurs points portant sur les différents axes stratégiques de développement pouvant repermettre au groupe Charden Farell de se remettre an selles. Pour le vice-président de l’UNOC, M. Emmanuel Sitou, ils sont allés réfléchir aux solutions de financement à apporter au segment des très petites et des petites et moyennes entreprises.Pour lui, cette structure a eu des difficultés avec l’avènement du numérique.Il s’agit donc de la faire revivre. Créé en 2003, le groupe Charden Farell est une microfinance qui s’occupe du transfert des fonds et est présente dans toutes les localités du pays. Florent Sogni Zaou
Congo. Dr Ovaga prend provisoirement la tête de l’UNOC après la mort de Bopaka

Après la mort de Gabriel El Hadj Djibril Bopaka des suites de Covid-19, Dr Jean Daniel Ovaga a été désigné le 11 novembre 2021, à l’unanimité, pour présider aux destinées de l’Union nationale des opérateurs économiques du Congo (UNOC), une organisation patronale locale. Dr Ovaga, directeur général de la clinique SECUREX, une entreprise médicale privée, est entre autres chargé de préparer l’assemblée générale qui mettra place les instances définitives de cette plateforme patronale du Congo. Mais, il devra fortement travailler et batailler pour faire passer le message que le président Bopaka n’a pas emporté l’UNOC dans sa tombe. L’UNOC existe. Ancien député d’Okoyo, dans la Cuvette Ouest, Dr Ovaga est membre de l’UNOC. Sa clinique subit actuellement une grande mue, car c’est un bâtiment R+3 qui abritera bientôt SECUREX à Brazzaville. Par Arsène SEVERIN