Idriss Aarabi : TMSA représente une création de 75.000 postes d’emploi

Situé sur le détroit de Gibraltar, un point de passage névralgique pour le commerce mondial, le complexe portuaire Tanger Med constitue une plateforme industrielle importante pour plus d’un millier d’entreprises opérant dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, de la logistique, du textile et du commerce, entre autres. Des entreprises dont le volume d’affaires annuel est estimé à 7.300 millions d’euros. Cette infrastructure de rang mondial, connectée à 186 ports et 77 pays, s’est élargie dernièrement avec l’inauguration du port Tanger Med II. Il s’agit du troisième maillon du complexe portuaire, après Tanger Med I et le port passagers et rouliers. Dotée d’installations de dernière génération, la nouvelle infrastructure comporte deux nouveaux terminaux d’une capacité additionnelle de 6 millions de conteneurs EVP, faisant ainsi passer les capacités totales du complexe portuaire à plus de 9 millions de conteneurs EVP. Entretien. Pagesafrik/Libe: L’inauguration de la plateforme Tanger Med II a eu un large écho dans les médias du monde entier. Vous qui êtes au cœur de la nouvelle infrastructure, comment interprétez-vous cet intérêt? Idriss Aarabi : Tanger Med II est l’un des projets phares du Maroc et l’une des infrastructures de premier ordre au niveau africain et en Méditerranée. Il est le fruit de la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui voulait mettre en place une infrastructure portuaire de premier rang au niveau du Détroit de Gibraltar et profiter de cet emplacement géostratégique afin de favoriser l’interconnexion commerciale entre le Maroc et le reste du monde. Grâce à ses deux terminaux à conteneurs, la nouvelle plateforme va permettre au complexe portuaire Tanger Med de tripler ses capacités qui passeront de 3 à 9 millions de conteneurs par an. L’autre particularité de la nouvelle plateforme réside dans le travail accompli pour respecter les engagements vis-à-vis des investisseurs et des concessionnaires et développer progressivement les différentes étapes de ce projet. Evidemment, on est fier de faire partie du projet qui s’est concrétisé avec l’engagement de tout le monde, depuis la pose de la première pierre, le démarrage de Tanger Med I, du port passager et roulier, jusqu’à la mise en place du dernier maillon qu’est Tanger Med II. L’emplacement actuel n’était pas celui qui avait été choisi au départ pour ce port… Effectivement, les premières études prévoyaient de l’installer au niveau de la façade atlantique de Tanger. Avec du recul, on peut dire que ca aurait été une erreur de tourner le dos au Détroit de Gibraltar, qui est le deuxième point de passage le plus important au monde après le Détroit de Malacca en termes de trafic maritime et que plus de 100.000 navires l’empruntent chaque année. C’est une issue naturelle pour tous les flux venant du canal de Suez, via la Méditerranée, et partant vers le Nord ou l’Ouest. L’importance de cet emplacement réside aussi dans sa proximité avec l’Europe. On est au point le plus proche du Vieux Continent, soit 14 km. Autre avantage : on est à zéro déviation des grandes lignes maritimes, ce qui permet aux grands navires venant, par exemple, de l’Est, de la Chine ou d’autres pays de la région, de faire escale au niveau du Détroit sans vraiment se détourner de leur itinéraire. Le gain de temps est-il énorme pour les grands porte-conteneurs ? La décision de faire escale dans un port se calcule de manière précise, parce que toute déviation constitue une perte de temps pouvant se chiffrer en centaines de milliers d’euros. C’est donc un gain de temps énorme surtout pour les navires-mères de 400 mètres et d’une capacité de 22.000 conteneurs. Le fait d’avoir bâti cette infrastructure en plein Détroit de Gibraltar participait donc d’une vision Royale pertinente. Tanger Med II se distingue aussi bien par son envergure que par la modernité de ses installations qui intègrent des équipements de dernière génération. Quels ont été les défis les plus difficiles que vous avez relevés pour le réaliser ? Les infrastructures portuaires, on en voit partout et les techniques de construction sont nombreuses à travers le monde. Je pense que la principale difficulté a été de respecter nos engagements vis-à-vis des investisseurs, de mettre en place les premiers schémas de concession et de réaliser un premier port de transbordement au niveau du Maroc, sachant qu’on avait en face des investisseurs et des opérateurs de rang mondial comme Maersk-APM, Eurogate, etc. La présence d’investisseurs et opérateurs de premier rang était donc un atout… Certes, mais le plus dur a été de gagner leur confiance et de pouvoir rendre le livrable en 2007, d’autant que tout retard se serait traduit par une perte d’argent pour l’investisseur. Le plus important, c’est qu’on a pu édifier un port de dimension internationale en respectant les délais et qu’on a réussi à gagner la confiance des investisseurs qui vont en attirer d’autres. D’importants moyens ont été mobilisés pour faire du complexe une plateforme à la hauteur des meilleurs standards internationaux. Qu’en est-il des ressources humaines? Le projet, dans sa globalité, représente une création de 75.000 postes d’emploi dont 5.000 exclusivement au niveau du port. Les 70.000 autres l’ont été hors du complexe, dans l’arrière-pays, vu qu’il s’agit d’un projet intégré qui comprend également des zones franches industrielles, logistiques et commerciales. On compte ainsi six zones d’activités qui contribuent à la création de la richesse et de postes d’emploi, dépendent de l’Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), et suscitent une émulation derrière le complexe portuaire. Car, c’est là où se passent véritablement les success story comme celle de Renault Tanger Med qui est un exemple très édifiant. La présence du port a eu des retombées économiques. Pouvez-vous nous en donner une idée? Les retombées sont perceptibles aussi bien à Tanger qu’à Tétouan qui est considérée comme la deuxième grande métropole du Nord. Le projet étant situé à mi-chemin entre les deux villes, TMSA a créé des zones d’activités dans chacune d’entre elles : Tanger Free Zone, Renault Tanger Med et Tanger Automotine City pour Tanger. Tétouan Park, Tétouan Shore, qui est une zone industrielle classique, et Tétouan-shore pour tout
Le Coréen Hands lance la construction de son usine de production de jantes en aluminium à Tanger

Mardi 10 avril, l’équipementier sud-coréen, Hands, a procédé au lancement des travaux de sa nouvelle usine, à Tanger, spécialisée dans la production de jantes en aluminium. La cérémonie a eu lieu en présence du Ministre marocain de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, Moulay Hafid Elalamy; du Président de Hands Corporation, Seung Hyun Chang; et du Président du Conseil de surveillance de TMSA, Fouad Brini. Implantée à Tanger Automotive City, sur une superficie de 23 Ha, l’unité de production nécessite un investissement de 4,33 milliards de dirhams et permettra la création de 1.300 emplois, selon un communiqué du ministère de l’Industrie précisant que l’usine de Hands produira des jantes en aluminium avec une capacité de 8 millions d’unités par an, destinés principalement à l’export. « Hands introduit de nouveaux procédés de production à haute valeur ajoutée et opère ainsi une intégration poussée de la chaine de valeur de l’automobile », a indiqué Moulay Hafid Elalamy. Le Groupe dispose de six usines de production d’une capacité de 13,5 millions d’unités par an et d’un Centre de R&D établis en Corée et en Chine. Il fournit les principaux constructeurs automobiles dont Hyundai Motors, Renault, Ford et Volkswagen et réalise, en 2016, avec ses 2.360 employés, un chiffre d’affaires de 542 millions d’euros. Pour rappel, le projet de Hands compte parmi les 29 investissements lancés dans l’automobile, en décembre dernier, sous la présidence effective de S.M le Roi Mohamed VI. D’un montant global de 13,78 milliards de dhs, ces investissements créent 11.568 nouveaux emplois directs dans le secteur. L’industrie automobile, qui change de dimension et se positionne sur des technologies nouvelles et des activités à forte valeur ajoutée, occupe le premier poste d’exportation du Royaume avec 70 milliards de dhs de chiffre d’affaires à l’export en 2017 (44,5% des exportations industrielles) et emploie 130.000 personnes.