Ouverture du sommet du Commonwealth en présence du Premier ministre togolais

Le 27è Sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM) s’est ouvert ce vendredi 25 octobre 2024 à Apia aux Îles Samoa en Océanie sous le thème « Un avenir commun résilient : transformer notre richesse commune ». La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Roi Charles III d’Angleterre en présence de Mme le Premier ministre, Victoire Dogbé représentant le chef de l’État Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé. L’esclavage et la menace du changement climatique étaient au cœur des discussions entre les dirigeants des 56 États membres. L’institution doit également se trouver un nouveau secrétaire général après la fin de mandat de Patricia Scotland. Mme le Premier ministre des Samoa, l’honorable Fiamē Naomi Mata’afa s’est réjouie de la présence du Roi Charles III et des autres dirigeants du Commonwealth. Pour elle, « il s’agit d’une première historique organisée par un petit État insulaire du continent bleu du Pacifique, et c’est également la première réunion sous la direction de Sa Majesté le Roi Charles III en tant que chef de la famille du Commonwealth. Nous nous réunissons également à Samoa au moment où nous célébrons les 75 ans du Commonwealth moderne. » Le Roi Charles III d’Angleterre pour sa première participation à ce rendez-vous de haut niveau en tant que monarque, a réitéré son engagement en faveur de la paix, de la démocratie, de l’égalité et de la prospérité des États membres. Sur le dossier de l’esclavage, le Roi Charles III a souligné l’importance de reconnaître le passé du Commonwealth, en particulier ses inégalités. « En écoutant les gens du Commonwealth, je comprends à quel point les aspects les plus douloureux de notre passé continuent de résonner. Il est donc essentiel que nous comprenions notre histoire pour nous guider et faire les bons choix à l’avenir. », a dit le Roi d’Angleterre pour qui, « aucun d’entre nous ne peut changer le passé, mais nous pouvons nous engager de tout notre cœur à en tirer les leçons et à trouver des moyens créatifs de corriger les inégalités qui perdurent ». Il a réitéré sa confiance de longue date dans le Commonwealth en tant que plate-forme offrant de véritables opportunités, en particulier pour les jeunes et les voix marginalisées. Dans un appel à l’action, Charles III a annoncé le lancement d’un nouveau programme de bourses du Commonwealth visant à améliorer l’accès à l’éducation des étudiants des petits États insulaires. Cette initiative, a-t-il souligné, se concentrerait sur les compétences essentielles à un avenir résilient, notamment les soins infirmiers, l’enseignement, l’ingénierie et les technologies vertes. À l’issue des travaux, les chefs de gouvernement du Commonwealth ont choisi la ministre des affaires étrangères et de l’intégration régionale du Ghana, l’honorable Shirley Ayokor Botchwey comme nouvelle Secrétaire générale du Commonwealth.
OPINION. Afrique, terre d’exceptions

RDC/RWANDA. Cette semaine se tient à Kigali le sommet du Commonwealth, organisation regroupant une cinquantaine de pays autour de la Grande Bretagne. Boris Johnson et le prince Charles (qui la préside pour la première fois) y sont présents, apportant indirectement leur soutien diplomatique à un Rwanda, qui alimente les troubles dans la région des grands lacs, alors que la RDC avait annoncé vouloir s’appuyer sur la médiation britannique justement, au sujet du conflit qui les oppose avec le turbulent voisin rwandais. Pourquoi donc le champion de l’intégrité territoriale ukrainienne joue-t-il ce jeu en Afrique, choisissant l’agresseur au détriment de l’agressé? Certes, ce sommet avait été programmé bien avant et repoussé à cause du Covid, tout comme l’accord (illégal en droit international) sur le transfert des demandeurs d’asile du territoire Britannique vers le Rwanda, mais est-il possible de continuer à refuser de voir que le Rwanda est un des plus grands Etats voyous des 30 dernières années dont les dégâts sur le population et la stabilité régionale sont considérables? Les britanniques doivent se foutre de cette guerre à l’est de la RDC. Oh oui! La thèse de plus en plus partagée sur ses causes est c’est avant tout le résultat de l’affairisme des colonels et généraux, gouverneurs, députés et ministres congolais d’abord, qui profitent de l’ingouvernabilité de l’est pour s’enrichir à travers des trafics (d’or, de coltan, de diamant, de café…) dont le Rwanda n’est qu’une porte de sortie et de blanchiment en entente cordiale avec ces mêmes puissants congolais. J’ai laissé trainer l’oreille et l’œil là où l’on disait que l’état d’urgence lancé par Tshisekedi, il y a quelques mois, a permis au pouvoir actuel de placer de nouveaux rentiers, de nouveaux intermédiaires et de nouveaux circuits d’évacuation passant notamment par l’Ouganda sous couvert du droit de pourchasser des rebelles en territoire congolais qui lui a été accordé, et que de ce fait, en représailles, le Rwanda a réactivé le M23 pour pour ne pas perdre ses positions d’exploitation qui représentent une part importante de ses revenus. Si bien que les occidentaux rigolent à voir les congolais jouer les vierges effarouchées de leur souveraineté violée alors que ce sont des jeux d’argent qui se jouent là dessus dont les puissants congolais sont acteurs, incitateurs et bénéficiaires de premier plan. Mais à l’un comme à l’autre, au Rwanda comme au Congo, en passant d’ailleurs par l’Ouganda, il faudra tenir un jour le langage de vérité (par une mission d’enquête honnête par exemple), et cesser de jouer à ce jeu qui affaiblit la puissance diplomatique de l’ONU et de grandes nations comme la Grande Bretagne qui fait comme si rien n’était, laisse les populations dans un désarroi qui n’a que trop duré et décrédibilise des Etats comme la RDC. Il parait ainsi difficile pour une nation occidentale d’avoir la même position sur l’Afrique qu’elle ne tiendra face au reste du monde. Le fourvoiement de la Grande Bretagne va au-delà de cette guerre congolo-rwandaise. Alors que le Commonwealth se veut une rassemblement de peuples qui regroupent des valeurs comme la démocratie et la liberté, les opposants disparaissent, sont assassinés ou croupissent en prison dans ce pays où Boris Johnson et le prince Charles vont célébrer les libertés politiques. La presse est muselée, le peuple est tétanisé à vue d’œil. C’est triste. Par Hervé Mahicka