Casablanca: Les gouvernements et les parties prenantes réaffirment leur engagement à coopérer dans toute l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale et de l’Ouest pour mettre fin à la traite des êtres humains et aider les victimes

Casablanca: Les gouvernements et les parties prenantes réaffirment leur engagement à coopérer dans toute l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale et de l’Ouest pour mettre fin à la traite des êtres humains et aider les victimes

Les gouvernements des principales routes migratoires d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ont réaffirmé leur engagement à renforcer leur coopération dans la lutte contre la traite des êtres humains et à consolider les mécanismes de protection des victimes lors d’un Forum interrégional de haut niveau organisé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) les 7 et 8 avril à Casablanca dans le cadre du Programme régional de développement et de protection (RDPP). Pendant deux jours, les acteurs politiques et opérationnels ont échangé les meilleures pratiques, les défis émergents, et ont exploré des pistes pour une coopération inter et intra-régionale plus efficace sur l’identification, l’assistance aux victimes et les solutions à long terme – ainsi que l’intersectionnalité de la traite des enfants et l’analyse des données étant les principaux thèmes transversaux. Le forum a favorisé avec succès les synergies entre les pays d’origine, de transit et de destination, en promouvant la coopération interrégionale sur l’identification, la protection et les mécanismes d’orientation des victimes. L’événement a permis de présenter le protocole d’accord signé entre le gouvernement du Maroc et le gouvernement de la Côte d’Ivoire, ainsi que le plan d’action bilatéral signé, d’une durée de deux ans renouvelable, pour favoriser la coopération transfrontalière en matière de lutte contre la traite des êtres humains entre les deux pays. Le plan d’action signé le 8 avril au ministère de la justice du Maroc et en présence de la délégation de la Côte d’Ivoire se concentre sur le renforcement de la coopération dans la lutte contre la traite des êtres humains par le biais d’activités conjointes de renforcement des capacités, d’échanges juridiques et d’une mise en œuvre coordonnée. De 2025 à 2026, les deux pays organiseront des ateliers techniques et des visites d’étude afin de partager leurs expériences en matière de collecte de données, de soutien aux victimes, de mécanismes d’orientation et de procédures normalisées. Ils échangeront également des législations nationales, des accords bilatéraux, des décisions de justice et du matériel de sensibilisation pour soutenir les droits des victimes. « Nous considérons les travaux de ce forum comme une opportunité de concertation commune afin d’établir un réseau régional et une coopération bilatérale entre nos pays, nous permettant d’adopter des partenariats pratiques et d’échanger diverses expériences pour optimiser la protection des victimes dans les parcours migratoires et élaborer des recommandations », a déclaré M. Hicham Mellati, directeur des affaires pénales, des grâces et du suivi de la criminalité, et coordinateur de la Commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention de la traite des êtres humains au Maroc. « L’Union européenne reste fermement engagée dans la lutte contre la traite des êtres humains sous toutes ses formes », a déclaré Mme Isabelle Wahedova, chargée de programme “Migration” à la délégation de l’Union européenne au Maroc. « Dans le cadre de notre travail au sein de l’UE et de nos actions extérieures, nous soutenons les approches centrées sur les victimes qui placent la dignité, la sécurité et les besoins des victimes au cœur de toutes les interventions. Nous croyons au renforcement des cadres juridiques et institutionnels, à l’amélioration de la coopération transfrontalière et au développement des capacités des acteurs de première ligne.» « La traite des êtres humains est une violation profonde de la dignité et des droits de l’homme. Ce forum nous rappelle que derrière chaque statistique se cache une personne, souvent isolée, ignorée et ayant besoin d’une protection coordonnée. En renforçant la coopération régionale et les voies d’orientation, nous ne construisons pas seulement des systèmes, nous réaffirmons notre responsabilité collective de veiller à ce qu’aucune victime ne soit laissée pour compte », a déclaré M. Johann Barbé, chargé de programmes et chef adjoint de la mission de l’OIM au Maroc. Le forum a réuni 45 participants représentant les gouvernements d’Egypte, de Libye, de Mauritanie, du Maroc, du Niger, de Tunisie, de Côte d’Ivoire, des représentants de l’UE, de l’Union africaine, des organisations de la société civile et des organisations internationales, notamment le Fonds international d’urgence pour les enfants des Nations Unies (UNICEF), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Les recommandations concrètes issues de l’événement seront mises en œuvre dans le cadre du RDPP afin de poursuivre et d’optimiser les efforts à long terme pour une coopération collective et interrégionale visant à mettre fin à la traite des êtres humains et à aider les victimes le long des routes migratoires d’Afrique du Nord. Le forum a été rendu possible grâce à la phase VI du RDPP NA, financée par l’Union européenne, via la Direction générale des migrations et des affaires intérieures et le ministère italien de l’Intérieur – Département des libertés civiles et de l’immigration. OIM

OIM 2022 : Le nombre de décès le long des routes migratoires dans la région MENA au plus haut depuis 2017

OIM 2022 : Le nombre de décès le long des routes migratoires dans la région MENA au plus haut depuis 2017

Près de 3 800 personnes ont péri le long des routes migratoires à l’intérieur et en provenance de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) l’an dernier (janvier-décembre 2022), le nombre le plus élevé depuis 2017 lorsque 4 255 décès avaient été enregistrés, selon les données récemment publiées par le Projet « Migrants Disparus » de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).  Les 3 789 décès enregistrés en 2022 sont en hausse de 11 pour cent par rapport à l’année précédente.  La région MENA représente plus de la moitié des 6 877 décès enregistrés dans le monde par le Projet « Migrant disparus », selon le nouveau rapport.  Le long des routes terrestres d’Afrique du Nord, en particulier lors de la dangereuse traversée du désert du Sahara, 203 décès ont été enregistrés, tandis que 825 autres décès ont eu lieu sur les routes terrestres du Moyen-Orient. La Libye a enregistré le plus grand nombre de décès sur les routes terrestres d’Afrique du Nord, avec 117 morts, suivie de l’Algérie (54), du Maroc (13), de la Tunisie (10) et de l’Égypte (9).  La rareté des données officielles et l’accès limité aux routes terrestres pour les organismes internationaux et les organisations de la société civile suggèrent que le nombre réel de décès le long des routes migratoires à l’intérieur et au départ de la région MENA est probablement beaucoup plus élevé qu’indiqué.  « Nos données montrent que 92 pour cent des personnes qui périssent le long de cet itinéraire ne sont pas identifiées », a déclaré Koko Warner, Directrice de l’Institut mondial des données qui héberge le Projet « Migrants disparus ». « Les pertes tragiques de vies humaines le long de routes migratoires dangereuses soulignent l’importance des données et de l’analyse dans la conduite de l’action ».  La plupart des décès sur les routes terrestres de la région l’année dernière se sont produits au Yémen, où la violence ciblée contre les migrants s’est intensifiée. Sur les 867 décès enregistrés sur la route reliant la Corne de l’Afrique au Yémen, au moins 795 personnes, dont la plupart seraient des Éthiopiens, ont perdu la vie entre le Yémen et l’Arabie saoudite, principalement dans le gouvernorat de Sa’dah, à la frontière nord du Yémen.  « Ce nombre alarmant de décès le long des routes migratoires à l’intérieur et en provenance de la région MENA nécessite une attention immédiate et des efforts concertés pour renforcer la sécurité et la protection des migrants », a déclaré Othman Belbeisi, Directeur régional de l’OIM pour la région MENA.  « L’OIM demande instamment un renforcement de la coopération internationale et régionale ainsi que des ressources pour faire face à cette crise humanitaire et prévenir de nouvelles pertes de vies humaines, conformément à l’objectif 8 du Pacte mondial sur les migrations.  En 2022, le long des routes maritimes depuis la région MENA vers l’Europe, un nombre croissant d’incidents mortels ont eu lieu après le départ de bateaux du Liban, à destination de la Grèce et de l’Italie. Au moins 174 décès ont été enregistrés suite à ces tentatives, ce qui représente près de la moitié du nombre total de décès sur la route de la Méditerranée orientale l’an dernier. Non moins de 84 pour cent des personnes qui ont péri le long des routes maritimes n’ont toujours pas été identifiées, laissant des familles désespérées en quête de réponses.  Dans le but de combler les lacunes persistantes en matière de données, la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM en Libye a lancé fin 2021 un système de suivi des incidents signalés par des informateurs clés dans des zones isolées le long des principales routes migratoires et des frontières de la Libye. Cette collaboration avec le Projet « Migrants disparus » a permis d’ajouter 52 incidents survenus pendant la dangereuse traversée du désert du Sahara dans la base de données du Projet. L’outil DTM est essentiel pour pallier le manque de données dans les zones reculées où les signalements des témoins oculaires sont la seule trace du décès d’un migrant.  OIM