La crise des déchets menace la croissance et le tourisme dans la région MENA

Le fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement La production de déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) s’élève actuellement à plus de 155 millions de tonnes par an, selon la Banque mondiale qui prévient que ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. « La hausse de la production de déchets menace de plus en plus la santé publique, l’environnement et l’industrie touristique », souligne l’institution financière internationale dans un nouveau rapport s’appuyant sur de nouvelles données issues de 19 pays et 26 villes. La région génère davantage de déchets par habitant que la moyenne mondiale Selon le document, intitulé «Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord», la région MENA génère plus de déchets par personne que la moyenne mondiale et ce fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement. Quand bien même les taux de collecte des déchets sont relativement élevés (près de 80% en moyenne), l’organisme international juge la situation assez préoccupante d’autant plus que«le recyclage et le traitement restent nettement à la traîne». La Banque mondiale appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire Il faut dire que «moins de 10% des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, ce qui favorise la pollution de l’air, du sol et de l’eau et la prolifération des déchets marins, tout en entraînant de graves risques pour la santé», explique la Banque mondiale dans son rapport. La même source indique que la région présente également le plus grand volume par habitant de rejets plastiques en mer, la Méditerranée comptant parmi les mers les plus polluées au monde. Ce qui n’est pas pour améliorer les choses. Pour Almud Weitz, directrice régionale dans la division Infrastructures de la Banque mondiale, « l’amélioration des services de gestion des déchets est indispensable pour réduire la pollution, protéger les populations et garantir que les villes restent des moteurs de croissance et d’opportunités», insiste-t-elle rappelant que les centres urbains de la région MENA sont en première ligne face au défi des déchets. Convaincue qu’un changement modeste peut faire une grande différence, la directrice régionale dans la division Planète de la Banque mondiale, Mesky Brhane, affirme pour sa part qu’«une réduction de 1% de la production de déchets pourrait permettre à la région d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars par an». Selon elle, «la modernisation des systèmes de gestion des déchets et l’adoption de solutions d’économie circulaire peuvent protéger la santé publique, renforcer le tourisme et bâtir des villes plus écologiques». Le rapport, qui appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire, plaide pour des actions différenciées selon les économies. D’après le document, les économies à revenu élevé peuvent réduire considérablement la mise en décharge et déployer des solutions circulaires pour traiter les déchets en amont ; tandis que celles à revenu intermédiaire peuvent parvenir à une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation des déchets. Quant aux Etats fragiles et touchés par un conflit, la Banque mondiale estime qu’ils « peuvent privilégier des approches techniquement simples et peu coûteuses, en s’appuyant en particulier sur la communauté ». Dans son rapport, l’institution assure que 83% des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie et que « la transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, en particulier dans les services de gestion des déchets et le recyclage, tout en transformant la crise actuelle en un moteur de croissance durable », conclut-il. Alain Bouithy Chiffres clés, impacts et leviers de transformation · La région MENA génère plus de déchets par personne et par jour que la moyenne mondiale (0,9 contre 0,79 kg/personne/jour). · La production de déchets dans la région s’élève actuellement à 155 millions de tonnes par an, et ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. · La mauvaise gestion des déchets entraîne des coûts de dégradation de l’environnement estimés à 7,2 milliards de dollars par an. · À lui seul, le gaspillage alimentaire cause chaque année 60 milliards de dollars de pertes économiques. · La crise des déchets menace la santé, la croissance et le secteur du tourisme. · Actuellement : · Le passage à un modèle d’économie circulaire pourrait permettre à la région MENA de récupérer 83 % des déchets qu’elle produit, tout en créant des emplois de meilleure qualité. · Une réduction de 1 % de la production de déchets permettrait d’économiser 150 millions de dollars par an. · Dans l’ensemble de la région, le secteur de la gestion des déchets solides emploie environ 400 000 personnes dans l’économie formelle et compte autant de travailleurs informels. (Source Banque mondiale)
Maroc : La Ministre Nadia FETTAH reçoit Ousmane DIONE, Vice-Président de la Banque mondiale pour la région MENA

Madame Nadia FETTAH, Ministre de l’Economie et des Finances, a reçu, le mardi 25 février 2025 au siège du Ministère de l’Economie et des Finances, Monsieur Ousmane DIONE, Vice-Président de la Banque Mondiale pour la région MENA. Lors de cette rencontre, Madame FETTAH et Monsieur DIONE ont passé en revue les différents axes de coopération entre le Maroc et le Groupe de la Banque Mondiale, en se félicitant de la qualité du partenariat exemplaire entre les deux parties et des perspectives prometteuses de coopération, notamment dans le sillage des grands chantiers de réforme engagés par le Royaume, indique le ministèere dans un communiqué. A cette occasion, souligne la même source, la Ministre de l’Economie et des Finances a souligné que les réformes structurelles lancées par le Royaume au cours des dernières années, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste, ont permis de réaliser des progrès significatifs, notamment en termes de renforcement des équilibres macroéconomiques, de consolidation des fondements de l’Etat social et de modernisation du secteur des établissements et entreprises publics. Madame Fettah a souligné, par ailleurs, la priorité accordée par le Gouvernement marocain, conformément aux Hautes Orientations Royales, aux secteurs de l’Eau, dans un contexte de stress hydrique chronique, et de l’emploi, en tant que vecteur essentiel d’inclusion économique des femmes et des jeunes en particulier. Pour sa part, le Vice-Président de la Banque Mondiale pour la région MENA s’est félicité de l’excellence des relations liant le Groupe de la Banque mondiale et le Maroc, reflétées par un portefeuille de projets solide et diversifié, tout en saluant les efforts déployés par le Royaume, notamment dans les domaines de la protection sociale, de la réforme du secteur public et de la transition climatique. M. Dione a exprimé, par ailleurs, la ferme volonté du Groupe de la Banque mondiale d’accompagner le Maroc dans les préparatifs pour l’organisation de la Coupe du monde de football 2030, en vue d’optimiser les retombées économiques de cet événement d’envergure mondiale dans les domaines de l’emploi des jeunes et des femmes, de l’entreprenariat, du tourisme et du transport.
TOD dévoile des offres exclusives de streaming de l’AFC et de l’AFCON pour le public de la région MENA

TOD, la plateforme de streaming sportif et de divertissement dans la région MENA, a annoncé des packages exclusifs pour les tournois très attendus de la Coupe d’Asie AFC Qatar 2024™ et de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Côte d’Ivoire 2023™. Les passionnés de football de toute la région pourront plonger dans l’action, AFC débutant du 12 Janvier au 10 Février, et AFCON se déroulant du 13 Janvier au 11 Février. Le Football Asiatique de haut niveau : Lors de la très attendue AFC, 24 équipes, dont le Qatar, pays hôte et champion en titre, et les grandes puissances du football que sont le Japon, la Corée du Sud, l’Iran et l’Arabie saoudite, sont prêtes à s’affronter pour la gloire. TOD présentera les matchs de l’AFC en arabe et en anglais, avec des studios dédiés à chaque langue, garantissant ainsi une expérience personnalisée et immersive pour tous les passionnés de football. La passion de l’AFCON : TOD est prête à diffuser la compétition féroce et le football captivant de AFCON 2023, organisée par la Côte d’Ivoire, avec 24 équipes, y compris les favoris notables comme l’Égypte, la Tunisie, le Maroc, le Sénégal et le Nigéria. AFCON 2023 s’enorgueillit également d’une liste de stars du football, les yeux rivés sur les joueurs favoris comme Vincent Aboubakar, l’attaquant camerounais, l’attaquant nigérian Victor Osimhen, le meilleur buteur sénégalais Sadio Mane, la star algérienne Riyad Mehrez, et le favori de la région, Mohamad Salah, qui représente l’Égypte. En diffusant les matches sur TOD, les téléspectateurs bénéficient des avantages suivants: Le vice-président marketing et ventes de TOD, John Paul Mckerlie, a souligné: « TOD continue d’établir la norme en matière de streaming sportif dans la région MENA, en veillant à ce que ses abonnés bénéficient d’une expérience de visionnage du football à la pointe de la technologie, immersive et interactive. Notre offre spécifique axée sur les tournois offre aux fans de football la possibilité de regarder leurs équipes préférées, dans une expérience de visionnage HD de qualité supérieure, sur l’appareil de leur choix – sans avoir à dépendre de canaux non sécurisés, qui peuvent compromettre les données et la sécurité des téléspectateurs ». Pour découvrir ces offres de streaming passionnantes, les amateurs de football peuvent visiter le site web de TOD.
OIM 2022 : Le nombre de décès le long des routes migratoires dans la région MENA au plus haut depuis 2017

Près de 3 800 personnes ont péri le long des routes migratoires à l’intérieur et en provenance de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) l’an dernier (janvier-décembre 2022), le nombre le plus élevé depuis 2017 lorsque 4 255 décès avaient été enregistrés, selon les données récemment publiées par le Projet « Migrants Disparus » de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les 3 789 décès enregistrés en 2022 sont en hausse de 11 pour cent par rapport à l’année précédente. La région MENA représente plus de la moitié des 6 877 décès enregistrés dans le monde par le Projet « Migrant disparus », selon le nouveau rapport. Le long des routes terrestres d’Afrique du Nord, en particulier lors de la dangereuse traversée du désert du Sahara, 203 décès ont été enregistrés, tandis que 825 autres décès ont eu lieu sur les routes terrestres du Moyen-Orient. La Libye a enregistré le plus grand nombre de décès sur les routes terrestres d’Afrique du Nord, avec 117 morts, suivie de l’Algérie (54), du Maroc (13), de la Tunisie (10) et de l’Égypte (9). La rareté des données officielles et l’accès limité aux routes terrestres pour les organismes internationaux et les organisations de la société civile suggèrent que le nombre réel de décès le long des routes migratoires à l’intérieur et au départ de la région MENA est probablement beaucoup plus élevé qu’indiqué. « Nos données montrent que 92 pour cent des personnes qui périssent le long de cet itinéraire ne sont pas identifiées », a déclaré Koko Warner, Directrice de l’Institut mondial des données qui héberge le Projet « Migrants disparus ». « Les pertes tragiques de vies humaines le long de routes migratoires dangereuses soulignent l’importance des données et de l’analyse dans la conduite de l’action ». La plupart des décès sur les routes terrestres de la région l’année dernière se sont produits au Yémen, où la violence ciblée contre les migrants s’est intensifiée. Sur les 867 décès enregistrés sur la route reliant la Corne de l’Afrique au Yémen, au moins 795 personnes, dont la plupart seraient des Éthiopiens, ont perdu la vie entre le Yémen et l’Arabie saoudite, principalement dans le gouvernorat de Sa’dah, à la frontière nord du Yémen. « Ce nombre alarmant de décès le long des routes migratoires à l’intérieur et en provenance de la région MENA nécessite une attention immédiate et des efforts concertés pour renforcer la sécurité et la protection des migrants », a déclaré Othman Belbeisi, Directeur régional de l’OIM pour la région MENA. « L’OIM demande instamment un renforcement de la coopération internationale et régionale ainsi que des ressources pour faire face à cette crise humanitaire et prévenir de nouvelles pertes de vies humaines, conformément à l’objectif 8 du Pacte mondial sur les migrations. En 2022, le long des routes maritimes depuis la région MENA vers l’Europe, un nombre croissant d’incidents mortels ont eu lieu après le départ de bateaux du Liban, à destination de la Grèce et de l’Italie. Au moins 174 décès ont été enregistrés suite à ces tentatives, ce qui représente près de la moitié du nombre total de décès sur la route de la Méditerranée orientale l’an dernier. Non moins de 84 pour cent des personnes qui ont péri le long des routes maritimes n’ont toujours pas été identifiées, laissant des familles désespérées en quête de réponses. Dans le but de combler les lacunes persistantes en matière de données, la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM en Libye a lancé fin 2021 un système de suivi des incidents signalés par des informateurs clés dans des zones isolées le long des principales routes migratoires et des frontières de la Libye. Cette collaboration avec le Projet « Migrants disparus » a permis d’ajouter 52 incidents survenus pendant la dangereuse traversée du désert du Sahara dans la base de données du Projet. L’outil DTM est essentiel pour pallier le manque de données dans les zones reculées où les signalements des témoins oculaires sont la seule trace du décès d’un migrant. OIM
La Banque mondiale préconise de profondes réformes des politiques foncières

La mauvaise gouvernance aggrave la crise foncière dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), selon un nouveau rapport de la Banque mondiale. Les défaillances de gouvernance exacerbent l’ampleur de la crise foncière dans cette partie du monde, affirment les auteurs du rapport rendu public récemment et qui montre comment la détérioration continue des terres dans une région qui compte 84% de déserts aggrave les problèmes de manque d’eau qui menacent la sécurité alimentaire et le développement économique. D’après les informations tirées d’images satellitaires, la superficie des terres cultivées par les pays de la région MENA a diminué de 2,4% en 15 ans, sur la période 2003-2018, a constaté le rapport intitulé « La terre en question : une meilleure gouvernance foncière et une meilleure gestion de la pénurie de terres peuvent-elles éviter la crise qui s’annonce dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord? ». Comme le relève la Banque mondiale dans un communiqué, « il s’agit de la plus forte baisse au monde, dans une région où la surface des terres cultivées par habitant est déjà la plus faible et la marge d’expansion agricole limitée ». Il est à noter également qu’« au cours de la même période, la population de la région a fait un bond de 35%, et les projections indiquent qu’elle devrait encore augmenter de 40% d’ici à 2050, pour atteindre 650 millions d’habitants », a souligné la même source. Corrélation entre dégradation des sols et mauvaise gouvernance foncière Par ailleurs, après avoir analysé et comparé les données sur la couverture terrestre aux statistiques sur les inégalités de richesse et d’autres indicateurs, les auteurs dudit rapport ont mis en évidence une corrélation entre la dégradation des sols et la mauvaise gouvernance foncière. Il faut dire que dans une région où la proportion de terres appartenant à l’Etat est extrêmement élevée, tout laisse croire que « les gouvernements ne réussissent pas à gérer leurs actifs fonciers de manière à générer des recettes publiques, alors même que 23% des entreprises des secteurs manufacturier et tertiaire éprouvent les plus grandes difficultés à accéder à la terre», a déploré le rapport. Autre constat relevé dans ce rapport : l’accès au foncier est également entravé par des normes sociales et des lois relatives à la propriété qui sont plus défavorables aux femmes dans la région MENA que dans d’autres parties du monde. Ainsi, et selon la Banque mondiale, «ces dernières subissent de fortes pressions sociales pour renoncer à leurs droits à l’héritage de biens fonciers, souvent sans compensation équitable ». Améliorer l’accès aux terres et leur utilisation La situation est telle que le rapport préconise de profondes réformes pour améliorer l’accès aux terres et leur utilisation, dans un contexte de tensions accrues liées au changement climatique et à la croissance démographique. Ainsi, pour le vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Ferid Belhaj, «le moment est venu d’examiner l’impact des questions foncières qui pèsent lourd dans de nombreuses décisions de politique publique, mais ne sont pas toujours explicitement reconnues». Car, s’il est convenu que la terre a de l’importance, il est nécessaire de relever ici un fait : «La croissance démographique de la région MENA et l’impact du changement climatique rendent encore plus urgente la résolution de la crise foncière», a-t-il estimé. D’autant plus que, comme le souligne Harris Selod, économiste senior à la Banque mondiale et co-auteur du rapport, «il est impossible de parvenir à un développement économique et social durable tant que les personnes et les entreprises n’ont pas un accès correct à la terre». Revenant sur les réformes préconisées par le rapport, la Banque mondiale explique que celles-ci portent sur la mise en place de processus transparents fondés sur les principes du marché pour l’évaluation et la cession des terres, ainsi que sur le recensement exhaustif des terres domaniales et l’amélioration de l’enregistrement des droits fonciers. Selon ses explications, « ces mesures sont nécessaires pour favoriser des décisions plus efficaces en matière d’utilisation et de gestion des terres et pour garantir que celles-ci remplissent des fonctions sociales, économiques et budgétaires dans une région où les impôts fonciers représentent moins de 1% du PIB ». Les auteurs du rapport sont, par ailleurs, persuadés que les politiques foncières peuvent également contribuer à réduire les inégalités entre les sexes. A ce propos, le document suggère, « par exemple, en cas de renonciation par les femmes à leurs droits de succession, que soit introduite une taxe pour les bénéficiaires masculins qui permettrait, grâce à l’argent collecté, de financer des initiatives favorisant l’autonomisation des femmes ». Spécialiste senior de l’administration foncière à la Banque mondiale et coauteure du rapport, Anna Corsi constate que l’approche globale indispensable pour traiter les enjeux fondamentaux de développement liés aux politiques foncières fait cruellement défaut dans la région MENA. Elle est, en outre, persuadée que «la raréfaction des terres conduit à des arbitrages stratégiques sur la meilleure manière d’utiliser cette ressource pour répondre à des objectifs économiques, sociaux et de durabilité concurrents». Quoi qu’on en pense, «la résolution urgente de la crise foncière dans la région MENA est essentielle pour le développement économique et social durable de la région, a affirmé le rapport. Alain Bouithy
Le secteur privé doit concurrencer à armes égales les entreprises publiques afin de créer des emplois dans les pays de la région MENA

Les marchés du travail de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) ont besoin de conditions de concurrence équitables, a souligné la Banque mondiale dans un récent rapport offrant un nouvel éclairage sur les difficultés auxquelles se heurte le développement du secteur privé. «Il est essentiel que les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) permettent au secteur privé d’accéder aux marchés et de concurrencer à armes égales les entreprises publiques», a estimé l’institution financière internationale affirmant que cela permettrait de créer des emplois dans une région où le chômage des jeunes est le plus élevé du monde. La Banque mondiale exhorte ainsi les gouvernements de la région à prendre des mesures à même de remédier au marasme du marché du travail qui, dix ans après le Printemps arabe, fait-elle remarquer, continue de saper le développement économique et le progrès social. Selon le document intitulé «Le défi de l’emploi : Repenser le rôle des pouvoirs publics envers les marchés et les travailleurs dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord», la lutte contre le fléau du chômage, en particulier chez les jeunes et les femmes de la région, passe par un secteur privé plus développé et dynamique, ainsi que par des réformes réglementaires sur les marchés du travail et des produits. Citant ledit rapport, le vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Ferid Belhaj, explique : «Les gouvernements se doivent de redéfinir leurs relations avec le secteur privé, les travailleurs et surtout avec les femmes, un facteur d’une importance égale». Ce dernier estime que, «plutôt que d’intervenir dans les secteurs économiques, l’Etat doit créer les conditions pour un secteur privé concurrentiel et réglementé. Plutôt que de se reposer sur un code du travail obsolète, l’Etat doit repenser ses programmes de protection sociale et son approche au marché de l’emploi. Enfin, plutôt que de chercher à préserver l’héritage de certaines normes historiques et sociales, l’Etat se doit d’être le gardien de l’équité entre les genres dans la région MENA». Afin de rendre leurs marchés plus fluides, les auteurs dudit rapport soutiennent que les gouvernements doivent réduire la domination des entreprises publiques, par exemple en éliminant les exclusions et les exceptions aux lois sur la concurrence, les marchés publics et la fiscalité qui sont appliquées aux opérateurs privés. Le rapport préconise pour un certain nombre de pays «l’adoption de réformes en vue de lever les restrictions qui sont imposées à l’activité des femmes dans des secteurs spécifiques et sur le plan des horaires de travail, de remédier à l’inégalité des salaires par rapport aux hommes et de mettre fin à l’obligation de requérir l’autorisation du conjoint pour obtenir un emploi». Il est à noter qu’en plus d’offrir un nouvel éclairage sur les difficultés auxquelles se heurte le développement du secteur privé, pourtant crucial pour la création d’emplois, cette publication montre en particulier comment le nombre et la qualité des emplois dans l’économie sont tributaires de la fluidité (ou «contestabilité») des marchés, a souligné l’institution internationale dans un communiqué. La Banque rappelle, à ce propos, qu’«un marché est considéré comme contestable lorsqu’il est facile pour les entreprises d’y entrer et d’en sortir et que s’y exerce en permanence la pression de la concurrence potentielle». Partant de cette définition, la Banque mondiale affirme que les marchés de la plupart des pays de la région ne sont pas contestables. Et pour cause : «Les entreprises publiques jouent un rôle prépondérant et bénéficient d’un traitement préférentiel en matière de taxes, de financements et de subventions». Le rapport explique en outre que «de nombreux pays de la région MENA disposent d’entités qui font à la fois office d’organismes de réglementation et d’opérateurs au sein des entreprises publiques, ce qui affaiblit la concurrence, tandis que les contrôles des prix et les subventions réduisent les incitations à la participation du secteur privé». Ce n’est pas tout. La publication relève, par ailleurs, que «les pays de la région MENA continuent de se caractériser par le poids des professions moyennement qualifiées, lui-même probablement lié à l’importance de leur secteur public, les travailleurs effectuant nettement moins de tâches nécessitant des compétences essentielles pour les emplois de demain, telles que des compétences cognitives (techniques) et socio-comportementales de niveau supérieur». Selon une analyse de la Banque mondiale, l’emploi dans les pays de la région MENA a progressé de 1% par an en moyenne dans les entreprises du secteur privé, bien loin des 5% enregistrés parmi les autres économies à revenu intermédiaire. L’organisme international estime en outre qu’«avec un taux d’activité féminine de 20% seulement, la participation des femmes sur le marché du travail est la plus faible au monde, tandis que le taux de chômage chez les jeunes est élevé et estimé à 26%». Il est à préciser que le rapport de la Banque mondiale examine de nouvelles données sur la réglementation des marchés de produits, qui rendent compte notamment des politiques favorisant ou entravant la fluidité des marchés, en Arabie Saoudite, en Egypte, en Jordanie, au Koweït, au Maroc, en Tunisie, aux Emirats arabes unis et en Cisjordanie et a Gaza. Ainsi, pour la première fois, l’organisme international a pu établir des comparaisons au sein de la région MENA et avec 51 pays ailleurs dans le monde. Alain Bouithy
La région MENA devrait enregistrer cette année le taux de croissance le plus rapide des six dernières années

Le PIB des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait progresser de 5,2% d’ici la fin de l’année 2022, selon les récentes prévisions de la Banque mondiale. Grâce à la manne des prix dont bénéficient les pays exportateurs de pétrole de la région, le taux de croissance devrait être le plus rapide depuis 2016, a indiqué l’institution internationale dans son dernier bulletin d’information économique pour la région MENA. Dans ce document, intitulé « Confrontation avec la réalité : prévisions de croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en période d’incertitude», la Banque mondiale a cependant estimé que le PIB par habitant (l’indicateur du niveau de vie des populations) dépassera à peine les taux d’avant la pandémie en raison de performances généralement médiocres en 2020 et 2021. Stimulé par la hausse des prix du pétrole, le PIB par habitant dans les pays du Conseil de coopération du Golfe devrait augmenter de 4,5% en 2022,sans toutefois retrouver son niveau d’avant la pandémie avant 2023, a-t-elle indiqué. Toujours selon les prévisions de l’organisme international, le PIB par habitant des pays exportateurs de pétrole à revenu intermédiaire devrait en revanche augmenter cette année «de 3%, et de 2,4% pour les pays importateurs de pétrole de la région, ce qui ne suffira pas à ramener les conditions de vie des populations à ce qu’elles étaient avant la pandémie». Si ces prévisions se réalisent, la Banque mondiale s’attend à ce que 11 des 17 pays de la région MENA ne retrouvent leur niveau d’avant la pandémie qu’avant la fin de 2022. A propos du taux de croissance annoncé à 5,2%, la Banque mondiale a toutefois fait état, dans son analyse, d’une incertitude accrue entourant cette prévision en raison de la guerre en Ukraine et de la menace continue que représentent les variants de la Covid-19.L’organisme international dit ainsi s’attendre à « une reprise inégale, les moyennes régionales masquant de grandes différences ». Dans son analyse, l’institution financière a prévu que les pays producteurs de pétrole bénéficieront de la hausse des prix du pétrole et des taux de vaccination alors que les pays fragiles sont à la traîne. La Banque mondiale a cependant ajouté qu’elle s’attend à ce que « le resserrement de la politique monétaire mondiale, l’imprévisibilité de l’évolution de la pandémie, les perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement et les hausses des prix des produits alimentaires augmentent les risques d’inflation pour l’ensemble de la région ». «Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines », a ainsi prévenu le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, Ferid Belhaj, persuadé que « les variants de la Covid-19 restent une menace ». Sur l’incertitude liée à la pandémie, notons que seul un tiers des pays à revenu intermédiaire de la région MENA ont des taux de vaccination plus élevés que d’autres pays de niveau de revenu comparable. Selon la Banque mondiale, « en date du 4 avril 2022, avec une moyenne de 75,7%, les pays du Golfe – à l’exception d’Oman qui affiche un taux de vaccination de 57,8% – font nettement mieux que les autres pays dans la même catégorie de revenu ». En revanche, des pays comme l’Algérie et l’Irak n’ont vacciné qu’environ 13 à 17% de leur population, tandis que le Yémen et la Syrie présentent pour leur part « des taux de vaccination à un chiffre, les laissant ainsi plus exposés aux conséquences économiques et sanitaires de la pandémie de Covid-19 dans un futur proche ». Mais ce n’est pas tout. Selon le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, « les risques sont (aussi) exacerbés par la guerre en Ukraine, notamment pour les personnes pauvres qui subissent de plein fouet la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie ». Ferid Belhaj estime ainsi qu’« en ces temps d’incertitude, nous devons faire preuve de réalisme quant aux perspectives de croissance de la région. Pour le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, « gérer cette vague d’incertitude est un défi majeur pour les décideurs, et la Banque mondiale est déterminée à travailler avec les gouvernements de la région MENA en cette période de risques aggravés». Alain Bouithy
Le passage à une économie plus numérique aurait d’immenses retombées positives pour la région MENA

L’économie numérique pourrait avoir d’immenses retombées positives dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), souligne la Banque mondiale dans un nouveau rapport sur « Les avantages du numérique pour les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : L’adoption des technologies numériques peut accélérer la croissance et créer des emplois ». Selon le document rendu public récemment, l’adoption universelle des technologies numériques dans les pays de la région MENA pourrait procurer d’immenses bénéfices socioéconomiques, avec à la clé plusieurs centaines de milliards de dollars chaque année et la création de nombreux emplois qui font aujourd’hui défaut. «Les bénéfices du passage à une économie plus numérique sont exponentiels », affirme Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord qui appelle ainsi les gouvernements à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éliminer les obstacles qui freinent cette transition. Et d’ajouter : « Les gains seront d’autant plus importants que la transition est rapide ». Comme le soutiennent les auteurs dudit rapport, l’utilisation généralisée de services numériques tels que l’argent mobile et les paiements dématérialisés est susceptible de stimuler fortement la croissance économique. D’après les explications de la Banque mondiale, cet effet d’expansion est dû principalement au fait que « les technologies numériques réduisent les coûts d’information qui entravent les transactions économiques ». Comme le fait remarquer l’institution de Bretton Woods dans un communiqué, « ces coûts sont d’autant plus faibles que les utilisateurs sont nombreux ». D’après les projections des auteurs du rapport, la numérisation complète de l’économie pourrait entraîner une augmentation du PIB par habitant d’au moins 46% sur 30 ans. Ce qui, soutiennent-ils, représenterait à long terme un gain estimé à au moins 1.600 milliards de dollars pour la région. Il ressort ainsi de ces projections que le gain de PIB par habitant s’élèverait à près de 300 milliards de dollars dès la première année, selon la Banque mondiale. L’institution financière internationale précise que « les gains de croissance seraient plus marqués dans les pays à faible revenu, où ils atteindraient au moins 71%, sachant qu’ils découlent de la réduction de la fracture numérique et que celle-ci est moins prononcée dans les pays à revenu élevé ». La Banque mondiale indique en outre que l’adoption universelle des technologies numériques permettrait de doubler le taux d’activité des femmes, avec une hausse d’environ 20 points de pourcentage sur une période de 30 ans. Ce qui devrait se traduire par une progression du nombre de femmes actives de 40 à 80 millions. L’autre bénéfice du passage à une économie plus numérique est qu’«une transformation numérique créerait des emplois dans une région où le taux de chômage atteint un niveau inacceptable, en particulier chez les jeunes et les femmes », selon Ferid Belhaj. Le rapport note à ce propos que l’emploi dans le secteur manufacturier augmenterait d’au moins 5% sur 30 ans, avec à la clé 1,5 million d’emplois supplémentaires sur cette période, soit une moyenne de 50.000 nouveaux emplois chaque année. Selon les projections, le chômage frictionnel, ou chômage «naturel», pourrait passer de 10 à 7% sur une période de six ans (ce qui correspond à une diminution du nombre de chômeurs de 12 à environ 8 millions), et disparaître dans 16 ans. La Banque mondiale estime que « le temps requis pour concilier les offres et les demandeurs d’emploi est considérablement réduit par l’utilisation des technologies comme le courrier électronique, les plateformes de recherche d’emploi ou de réseau professionnel, qui facilitent la recherche d’emploi et le processus de candidature ». Abordant la question de la réticence envers le recours aux technologies numériques pour les transactions financières observée dans la région, la Banque mondiale soutient que cela « est probablement imputable au manque de confiance de la société à l’égard de l’administration publique et des sociétés commerciales » et aux réglementations qui compliquent la transformation numérique. Pour accroître l’offre et l’utilisation de l’argent mobile et des paiements numériques, à titre d’exemple, l’organisme international préconise notamment d’ouvrir davantage le marché des télécommunications à la concurrence ». Ce qui aurait l’avantage d’améliorer l’inclusion financière en élargissant l’accès aux comptes courants. Autre mesure suggérée : « Mettre en place un cadre réglementaire plus solide et propice au développement de l’e-commerce, notamment en ce qui concerne les systèmes de signature électronique, la protection de la confidentialité des données et la cybersécurité ». Enfin, plus généralement, la Banque mondiale estime qu’il « est essentiel de prioriser les réformes indispensables à la généralisation des paiements dématérialisés pour accélérer la transformation digitale de l’économie dans la région MENA ». Alain Bouithy