Recul attendu de la production mondiale de blé cette année

ECONOMIE. « Les dernières prévisions au sujet de la production mondiale de blé en 2023 sont restées quasiment inchangées par rapport aux chiffres précédents publiés en avril », a annoncé récemment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon les prévisions de l’agence onusienne, la production mondiale en 2023 devrait se situer autour de 785 millions de tonnes, atteignant ainsi son deuxième plus haut niveau jamais enregistré. « En Afrique du Nord, la sécheresse a restreint les potentiels de rendements du blé en Algérie, en Tunisie et au Maroc et l’on s’attend à des récoltes en dessous de la moyenne en 2023 », a estimé l’organisation internationale. Au Maroc, la production céréalière devrait atteindre 55,1 millions de quintaux au cours de la campagne 2022/2023 contre 34 millions pendant la campagne précédente, selon les prévisions du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. « La production prévisionnelle des trois céréales principales au titre de la campagne agricole 2022/23 est estimée à près de 55,1 millions de quintaux contre 34 millions de quintaux en 2021/22 », a en effet indiqué le Département de l’agriculture. Bien qu’en dessous des 75 millions de quintaux envisagés dans le projet de loi de Finances pour 2023, il s’agit d’une hausse considérable de l’ordre de 62% par rapport à la campagne précédente, a-t-il toutefois fait savoir. D’après la même source, « cette production est issue d’une superficie semée en céréales principales de 3,67 millions d’hectares contre 3,57 millions hectares en 2021/22, soit une hausse de 2,8% ». Par espèce, la production du blé tendre devrait atteindre 29,8 millions de quintaux, celle du blé dur s’établirait à 11,8 millions de quintaux tandis que l’orge se situerait à 13,5 millions de quintaux. Il est à noter que l’Indice FAO des prix des céréales a affiché une valeur moyenne de 136,1 points en avril, à l’échelle mondiale, a indiqué l’Organisation des Nations unies dans son dernier rapport. Ce qui marque « une baisse de 2,4 points (1,7%) depuis mars et un niveau inférieur de 33,5 points (19,8%) à sa valeur d’il y a un an », a indiqué l’agence onusienne. L’organisation internationale affirme toutefois qu’« une baisse mensuelle des prix mondiaux de toutes les principales céréales a compensé une hausse des prix du riz sur la même période ». S’agissant des prix internationaux du blé, la FAO annonce qu’ils ont cédé 2,3% en avril et sont tombés à leur niveau le plus bas depuis juillet 2021, principalement sous l’effet de l’abondance des disponibilités exportables en Fédération de Russie et en Australie. Selon les explications de l’organisation, « les conditions de culture favorables en Europe, ainsi que la conclusion, fin avril, d’un accord permettant aux céréales ukrainiennes de transiter par les pays de l’Union européenne qui avaient imposé des restrictions à l’importation de céréales en provenance d’Ukraine au début du mois, ont également contribué à l’assouplissement général des marchés ». D’après le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, les prix mondiaux du maïs ont également accusé une baisse en avril dernier, de 3,2%. Ce recul s’explique, en grande partie, par « la hausse saisonnière des disponibilités en Amérique du Sud, où les récoltes se sont poursuivies et les perspectives favorables laissent envisager une production record au Brésil », a indiqué l’agence. Quant aux autres céréales secondaires, les données recueillies montrent que « les prix mondiaux de l’orge et du sorgho ont eux aussi fléchi, respectivement de 4,3 et 0,3%, du fait d’une demande mondiale en berne et des répercussions de la faiblesse des marchés internationaux du maïs et du blé », peut-on lire. Dans son rapport, il ressort que les ventes aux acheteurs asiatiques ont fait remonter en revanche les prix internationaux du riz au mois d’avril, « inversant ainsi la tendance à la baisse des cours du riz à l’exportation enregistrée en mars 2023 ». A titre de rappel, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a enregistré un léger rebond en avril dernier. Il s’est établi en moyenne à 127,2 points, soit 0,8 point (0,6%) de plus qu’en mars et 31,2 points (19,7%) de moins que sa valeur enregistrée au même mois l’année dernière. Selon les explications de la FAO, ce léger rebond « est dû en premier lieu à une nette hausse de l’indice des prix du sucre, ainsi qu’à une remontée de l’indice des prix de la viande, tandis que les indices des prix des céréales, des produits laitiers et des huiles végétales ont continué à reculer ». Alain Bouithy
La production mondiale de lait et de céréales se révèle résiliente face à la crise pandémique

En raison de la pandémie du coronavirus (Covid-19), les marchés mondiaux des produits alimentaires devraient demeurer dans l’incertitude pour plusieurs mois encore, a prévenu l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un récent rapport intitulé « Perspectives de l’alimentation ». Malgré les perturbations causées par la crise sanitaire sur les marchés mondiaux, il apparaît toutefois que, «d’un point de vue mondial, les marchés des produits de l’agriculture se montrent plus résilients que d’autres secteurs face à la pandémie », a constaté le directeur de la Division du commerce et des marchés de la FAO, Boubaker Ben-Belhassen, invitant néanmoins à la vigilance. C’est le cas du lait dont la production mondiale pourrait même connaître une hausse de 0,8% en 2020, selon les prévisions de la FAO qui prévient néanmoins que “les exportations mondiales des produits laitiers devraient subir une contraction de 4%, et la demande d’importations connaître des difficultés”. Comme pour le lait, les premières prévisions des marchés mondiaux pour les céréales sur la période 2020/21 font état d’une situation confortable pour l’offre et la demande. En dépit des incertitudes liées à la pandémie, l’organisation table sur un accroissement de la production mondiale de céréales en 2020 qui “pourrait dépasser de 2,6% le niveau record de l’année dernière”, a estimé l’agence onusienne. Toujours selon les prévisions de l’organisation, “le commerce mondial de céréales en 2020/21 devrait atteindre les 433 millions de tonnes, soit une augmentation de 2,2% (9,4 millions de tonnes) par rapport à 2019/20”. Stimulée par une croissance attendue dans le commerce des principales céréales, la hausse attendue de ce produit alimentaire représenterait un nouveau record, selon la FAO. Concernant le reste des produits alimentaires, il ressort des prévisions de l’agence onusienne qu’ils verront en revanche leur production baisser au cours de la période 2020/21. Ainsi, “la production totale de viande dans le monde devrait diminuer de 1,7% en 2020, à cause des maladies animales, des perturbations sur les marchés dues au Covid-19, et des effets persistants des sécheresses”, a-t-elle annoncé dans un communiqué soulignant toutefois que le commerce international de cette denrée devrait enregistrer une croissance modérée mais nettement plus lente qu’en 2019. Comme l’a souligné la FAO de même source, rappelons que “les cours internationaux de la viande ont chuté de 8,6% depuis janvier 2020 – avec une baisse record pour la viande ovine, suivie par la volaille, le porc et les viandes bovines”. Précisons que ce repli est attribué aux effets des mesures de lutte anti-Covid-19, à la forte baisse de la demande mondiale d’importations et à d’importants volumes invendus de viande. Concernant le poisson, les données analysées montrent que les marchés des produits de la pêche continueront à subir les effets de la pandémie de Covid-19 tout au long de l’année en cours. Les produits frais et les espèces couramment utilisées dans la restauration seront particulièrement touchés par la crise, d’après l’agence relevant que la pandémie devrait affaiblir tout particulièrement la production de crevettes et de saumon. Dans son rapport, la FAO a en outre fait remarquer que “la demande mondiale de crevettes fraîches et surgelées a enregistré une forte baisse tandis que pour la demande de saumon, une baisse d’au moins 15% est prévue en 2020”. S’agissant du sucre, il ressort des prévisions que sa production mondiale en 2019-2020 devrait accuser une baisse “pour la deuxième année consécutive et descendre en dessous du niveau de la consommation mondiale qui avait été prévu”. Si l’on en croit l’organisation, le commerce du sucre devrait connaître une croissance au cours de la même période qui serait soutenue par des prix bas et par la reconstruction des stocks dans certains pays traditionnellement importateurs, a-t-elle fait savoir relevant toutefois que les prévisions d’un déficit de la production mondiale de sucre pour la période 2019/20 n’ont pas fait grand-chose pour aider les cours internationaux du sucre en baisse depuis mi-2017. Quant aux huiles végétales et produits dérivés, l’organisation rappelle que les dernières prévisions 2019/20 de la FAO faisaient état d’“une situation mondiale marquée par une baisse de l’offre et la demande, à cause d’une forte diminution de la production”. Pour ce qui est des prévisions (provisoires) pour 2020/21, il apparaît que “l’offre pourrait rester trop faible par rapport à la demande”, a prévenu la FAO. Alain Bouithy
La production mondiale des produits dérivés du bois atteint sa plus forte hausse depuis 1947

Selon les dernières statistiques forestières publiées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production mondiale des produits dérivés du bois a enregistré sa plus forte hausse en 70 ans. En effet, le volume de produits à base de bois réalisés et commercialisés dans le monde en 2018 a atteint son niveau record, a indiqué l’agence onusienne précisant que la hausse du niveau du commerce international a été de 11% par rapport à 2017. « La production et le commerce des principaux produits dérivés du bois, à l’échelle mondiale, comme le bois rond, le bois scié et les panneaux à base de bois, ont atteint leur niveau le plus élevé depuis le début de l’enregistrement des statistiques forestières en 1947 », a fait savoir l’organisation dans un rapport publié récemment. Selon Sven Walter, fonctionnaire principal chargé des forêts et responsable de l’équipe FAO des produits forestiers et des statistiques, la production accrue de produits forestiers renouvelables est plutôt une bonne nouvelle. En ce sens qu’elle « permet de remplacer les produits d’origine fossile, qui ont une empreinte carbone plus élevée, contribuant ainsi aux Objectifs de développement durable ». Soulignons que la hausse, considérée comme la plus rapide jamais observée dans la région Amérique du Nord, Europe et Asie-Pacifique, s’explique en grande partie par la croissance économique positive. Concernant la production de bois scié dans le monde en 2018, les statistiques analysées par la FAO font état d’un accroissement de 2% alors que le volume de bois scié et de panneaux à base de bois a atteint une hausse record. S’agissant de la production et du commerce de pâte de bois à l’échelle mondiale, il ressort des données recueillies qu’ils ont également connu une augmentation de 2%, atteignant ainsi de nouveaux volumes en 2018 – respectivement 188 millions et 66 millions de tonnes. Considérée comme un important producteur et consommateur de produits forestiers, la Chine a récemment surpassé la production de bois scié des Etats-Unis. «Le pays est de loin le premier producteur et consommateur de panneaux et de papier à base de bois», a indiqué l’organisation. Toujours selon les données fournies par la FAO, « en 2018, les importations de bois rond ont augmenté de 8% en Chine, simultanément sa production et sa consommation de bois scié et de panneaux à base de bois ont continué à croître plus rapidement que dans le reste du monde ». Soulignant la forte croissance des panneaux d’aggloméré et des panneaux à copeaux orientés (OSB), la FOA a relevé dans son rapport que la production mondiale de ces produits (habituellement utilisés comme matériaux destinés à la construction et à l’ameublement) a connu la croissance la plus rapide de toutes les catégories de produits dérivés du bois. En effet, ces produits dont la hausse est essentiellement venue d’Europe de l’Est, y compris la Fédération de Russie, ont enregistré une progression respectivement de 25% et de 13% de 2014 à 2018. A noter également la hausse de la production industrielle de bois rond de 5% avec un volume record de 2,03 milliards de mètres cubes. « Le commerce mondial a connu une hausse record de 7%, atteignant 138 millions de mètres cubes, la Chine ayant représenté 25% des importations. En 2018, la Nouvelle-Zélande a dépassé la Fédération de Russie et est devenue le premier pays exportateur de bois rond industriel ». Quant à la production mondiale de papier et de carton, elle a connu une baisse de 2% au cours de la même période, alors que celle de papier d’impression et d’écriture a chuté de 4%, son niveau le plus bas depuis 1996. Enfin, l’essor des granulés de bois s’est confirmé avec « une hausse vertigineuse ces dernières années, principalement due à la demande croissante suscitée par les objectifs fixés par la Commission européenne en matière de bioénergie », a noté la FAO. Selon elle, en 2018, la production mondiale a ultérieurement augmenté d’environ 11%, atteignant un volume de 37 millions de tonnes, soutenant que cette évolution offre des possibilités de réduction de l’utilisation des énergies fossiles. Alain Bouithy