Afrique subsaharienne : l’or, les métaux précieux et le café dopent la croissance en 2025

Afrique subsaharienne : l’or, les métaux précieux et le café dopent la croissance en 2025

Selon les récentes perspectives économiques mondiales, la croissance économique en Afrique subsaharienne s’est accélérée pour atteindre un taux estimé à 4 % en 2025, contre 3,7 % en 2024. La Banque mondiale explique ce dynamisme par « la modération de l’inflation, tandis que des prix plus élevés qu’attendu pour des produits de base comme l’or, d’autres métaux précieux et le café, notamment, ont dopé les recettes budgétaires dans plusieurs pays ». Elle juge cependant mitigée les performances des économies d’Afrique subsaharienne relevant que la croissance a ralenti dans les pays exportateurs de produits de base industriels, mais s’est renforcée ailleurs. D’après l’organisme international, les trois plus grandes économies de la région ont notamment enregistré des tendances divergentes, avec un raffermissement de la croissance au Nigéria et en Afrique du Sud et un ralentissement de l’expansion de l’activité en Éthiopie. Dans un communiqué, l’institution précise que la croissance de l’Afrique du Sud a progressé pour atteindre 1,3 %, grâce à un approvisionnement en électricité plus fiable, des récoltes exceptionnelles et un regain de confiance des entreprises. Elle s’est légèrement accélérée à 4,2 % au Nigéria, suite à l’expansion des services (en particulier dans les secteurs de la finance et des technologies de l’information et de la communication) et à une reprise modeste de l’agriculture. En revanche, en Éthiopie, où la croissance s’était élevée à 8,1 % en 2024, la progression de l’activité a ralenti à 7,2 %, tout en restant soutenue. La même source annonce que l’inflation globale régionale a poursuivi son reflux en 2025, dans un contexte de baisse des prix mondiaux de l’énergie et de l’alimentation et de récoltes abondantes, constatant toutefois que l’inflation de base a progressé pour la première fois depuis deux ans. Selon la Banque mondiale, cette évolution « a incité plusieurs banques centrales à suspendre leur politique d’assouplissement monétaire, tandis que d’autres ont relevé leurs taux directeurs à la suite de la réapparition de pressions inflationnistes sous-jacentes ». Enfin, les conditions financières se sont globalement améliorées. Bm fait notamment état de la baisse des rendements des obligations d’État, du rétrécissement des écarts de taux souverains, de l’appréciation des monnaies par rapport au dollar et de la réouverture de l’accès aux marchés financiers internationaux pour plusieurs économies : Angola, République du Congo, Kenya et Nigéria. Martin Kam

L’économie mondiale fait preuve de résilience dans un contexte commercial et politique historiquement incertain

L’économie mondiale fait preuve de résilience dans un contexte commercial et politique historiquement incertain

Une économie en développement sur quatre reste néanmoins plus pauvre qu’elle ne l’était en 2019 Selon les dernière Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale, l’économie mondiale résiste mieux qu’anticipé, malgré la persistance des tensions commerciales et les incertitudes politiques. La croissance devrait légèrement fléchir à 2,6 % en 2026, avant de remonter à 2,7 % en 2027, marquant une stabilisation sur les deux prochaines années. Il s’agit donc d’une révision à la hausse par rapport aux projections publiées au mois de juin. Cela s’explique en grande partie par une croissance plus forte qu’anticipé aux États-Unis, ce pays contribuant environ aux deux tiers de la révision à la hausse pour 2026. Néanmoins, si ces prévisions se confirment, les années 2020 sont en passe d’être la décennie qui aura connu la croissance mondiale la plus faible depuis les années 1960. Ce manque de dynamisme a pour conséquence de creuser les écarts entre niveaux de vie dans le monde, souligne le rapport. À la fin de l’année 2025, les revenus par habitant dépassaient leurs niveaux de 2019 dans la quasi-totalité des économies avancées, mais demeuraient en deçà dans une économie en développement sur quatre. En 2025, la croissance a été portée à la fois par une intensification des échanges, en prévision de futurs changements dans les politiques commerciales, et par une réorganisation rapide des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cet élan devrait toutefois s’atténuer en 2026, avec le ralentissement progressif du commerce et de la demande intérieure. Le ralentissement qui en résultera devrait cependant être atténué par l’assouplissement des conditions financières mondiales et par l’expansion budgétaire de plusieurs grandes économies.  L’inflation mondiale devrait légèrement diminuer pour atteindre un taux de 2,6 % en 2026, dans un contexte de baisse des tensions sur les marchés du travail et des prix de l’énergie. La croissance devrait reprendre de la vigueur en 2027, tirée par l’ajustement des flux commerciaux et un climat politique moins incertain.  « Année après année, la capacité de l’économie mondiale à générer de la croissance s’érode, alors que sa résilience face à l’incertitude des politiques publiques semble se renforcer, analyse Inderjit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Mais, avec le temps, cette divergence entre dynamisme et résilience économiques ne pourra que fracturer les finances publiques et les marchés du crédit.  Au cours des prochaines années, la croissance de l’économie mondiale devrait être plus faible que celle observée pendant les années 1990 — une décennie déjà marquée par des difficultés —, tandis que les niveaux d’endettement public et privé atteignent des records historiques. Afin de conjurer la stagnation et le chômage, les gouvernements des économies émergentes et avancées doivent s’employer vigoureusement à libéraliser l’investissement privé et le commerce, maîtriser la consommation publique et investir dans les nouvelles technologies et l’éducation. » En 2026, la croissance dans les économies en développement devrait ralentir à 4 %, contre un taux de 4,2 % l’année dernière, avant de remonter légèrement à 4,1 % en 2027, à la faveur de l’apaisement des tensions commerciales, de la stabilisation des prix des produits de base, de l’amélioration des conditions financières et du renforcement des flux d’investissement. Les projections sont plus favorables pour les pays à faible revenu, où la croissance devrait atteindre 5,6 % en moyenne sur la période 2026-2027, portée par le raffermissement de la demande intérieure, la reprise des exportations et la modération de l’inflation. Toutefois, cela ne suffira pas à réduire l’écart de revenu entre les économies en développement et les économies avancées. Le revenu par habitant dans les économies en développement ne devrait progresser que de 3 % en 2026, soit un point de pourcentage de moins que la moyenne enregistrée entre 2000 et 2019. À ce rythme, il représentera l’équivalent de 12 % seulement de celui des économies avancées.  Ces tendances pourraient accentuer encore le défi de la création d’emplois auquel sont confrontées les économies en développement, où 1,2 milliard de jeunes atteindront l’âge de travailler au cours de la prochaine décennie. Afin de relever ce défi, il faudra déployer un ensemble complet de mesures articulé autour de trois grands axes. D’abord, renforcer le capital physique, numérique et humain pour accroître la productivité et l’employabilité. Ensuite, améliorer l’environnement des affaires en renforçant la crédibilité de l’action publique et la certitude réglementaire, afin que les entreprises puissent se développer. Enfin, mobiliser des capitaux privés à grande échelle pour soutenir l’investissement. Toutes ces actions conjuguées peuvent contribuer à réorienter la création d’emplois vers des activités plus productives et formelles, soutenant ainsi la croissance des revenus et la réduction de la pauvreté. Les économies en développement doivent en outre renforcer la viabilité de leurs finances publiques, mise à mal ces dernières années par une conjonction de chocs, par des besoins de développement croissants et par le renchérissement du service de la dette. Dans un chapitre spécial, le rapport présente une analyse détaillée de l’utilisation des règles budgétaires par les économies en développement. Ces dispositions consistent à fixer des limites chiffrées sur les emprunts et les dépenses publiques afin de mieux gérer les deniers de l’État. Elles sont généralement corrélées à une croissance plus forte, à des investissements privés plus élevés, à des secteurs financiers plus stables, et à une plus grande capacité à faire face aux chocs extérieurs.  « Avec une dette publique à son plus haut niveau en plus de 50 ans, les économies émergentes et en développement doivent restaurer de toute urgence leur crédibilité budgétaire, explique Ayhan Kose, économiste en chef adjoint du Groupe de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Des règles budgétaires bien conçues peuvent aider les gouvernements à stabiliser la dette, à reconstituer des marges de manœuvre et à répondre plus efficacement aux chocs. Mais il ne suffit pas de les adopter pour qu’elles se traduisent en plus de stabilité et de croissance. Tout l’enjeu est d’assurer aussi leur crédibilité, leur application et l’engagement politique qui va avec. » Qu’il s’agisse de l’imposition de limites sur le déficit, la dette, les dépenses ou les recettes, plus de la moitié des économies en développement ont désormais instauré au moins une règle budgétaire. Elles voient généralement leur solde budgétaire s’améliorer de 1,4 point de pourcentage du PIB au bout de cinq ans (après neutralisation des

La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,6% en 2025 et de 3,5% en 2026 pour le Maroc

La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,6% en 2025 et de 3,5% en 2026 pour le Maroc

Mise à jour des «Perspectives économiques mondiales» La croissance économique du Maroc devrait s’accélérer au cours de l’année 2025, selon les récentes projections de la Banque mondiale.  Elle devrait « atteindre 3,6% en 2025, sous réserve d’une amélioration des conditions climatiques permettant une reprise de la production agricole », indique une mise à jour de ses « Perspectives économiques mondiales ». Selon l’institution financière internationale, l’économie marocaine devrait ralentir à 3,5% en 2026 avant de se redresser en 2027 pour s’établir à 3,6%. Cette année, poursuit-elle, «l’activité industrielle devrait faiblir, en partie en raison de la baisse des prix du phosphate dans un contexte de demande extérieure réduite». Par ailleurs, d’après toujours ses projections, les politiques budgétaires des pays importateurs de pétrole dont le Maroc devraient être restrictives cette année. Alors que la reprise du tourisme devrait contribuer à la réduction des déficits courants dans plusieurs pays importateurs de pétrole, les experts de la Banque mondiale s’attendent, en revanche, à ce que la hausse de la demande intérieure contribue à creuser le déficit au Maroc.S’agissant des perspectives dans la région MENA, l’institution de Bretton Woods indique que la croissance devrait s’établir à 2,7% en 2025 puis bondir à 3,7% en 2006 et à 4,1% en 2027. «Cette dynamique s’explique en grande partie par une expansion progressive de la production pétrolière qui fait plus que compenser les effets de la baisse des prix du pétrole, et ce malgré les contraintes qui pèsent sur les exportations du fait de l’augmentation des barrières commerciales », selon la BM. En raison principalement des effets de la hausse des restrictions commerciales et des incertitudes sur les investissements et les activités d’exportation, l’institution précise que ses prévisions de croissance ont été revues à la baisse par rapport au mois de janvier. A noter que la croissance dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devrait se renforcer progressivement pour atteindre 3,2% en 2025, 4,5% en 2026 et 4,8% en 2027. En dépit de la baisse prévue des prix pétroliers dans un contexte d’affaiblissement de la demande mondiale,  la Banque mondiale s’attend à ce que l’assouplissement des quotas entraîne une augmentation de la production pétrolière, ajoutant que l’expansion de l’activité non pétrolière devrait en outre continuer de tirer la croissance. De l’avis de l’institution, l’activité devrait être freinée dans plusieurs pays exportateurs de pétrole non membres du CCG, par la baisse des prix du pétrole et le recul de la demande extérieure. Dans les pays importateurs de pétrole, les prévisions anticipent une accélération de la croissance à 3,6% en 2025, 3,9% en 2026 et 4,3% en 2027. Ce qui « s’explique principalement par le renforcement de la consommation privée à la faveur du ralentissement de l’inflation, par la reprise de la production agricole et par l’hypothèse d’une atténuation des tensions géopolitiques », indique-t-on. Des projections de la Banque mondiale, il ressort que la croissance de l’économie égyptienne devrait progresser en raison « du déploiement de l’accord d’investissement conclu avec les Emirats arabes unis », ajoutant qu’elle devrait se raffermir au Maroc et en Tunisie avec l’amélioration attendue des conditions météorologiques. Au niveau de l’Afrique subsaharienne, les données montrent que la croissance devrait se renforcer pour atteindre 3,7% en 2025 et s’établir en moyenne à 4,2% en 2026-2027. Ces projections restent dépendantes de l’environnement extérieur, de l’évolution de l’inflation et des conflits régionaux. Il n’empêche que «dans un contexte général de perte de vitesse des économies émergentes et en développement, l’Afrique subsaharienne est l’une des deux régions du monde qui devraient voir sa croissance s’accélérer au cours de la période de prévision », fait savoir la BM. Alain Bouithy

L’économie mondiale est en passe de réaliser sa plus faible performance sur cinq années depuis 30 ans

L’économie mondiale est en passe de réaliser sa plus faible performance sur cinq années depuis 30 ans

Alors que le monde est à mi-parcours de ce qui devait être une décennie décisive pour le développement, son économie devrait enregistrer un triste record d’ici fin 2024 : la plus faible croissance du PIB sur une demi-décennie depuis 30 ans, ainsi que le révèlent les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par la Banque mondiale. À certains égards, l’économie mondiale est en meilleure posture qu’il y a un an car le risque d’une récession globale s’est éloigné, en grande partie grâce à la vigueur de l’économie américaine. Néanmoins, les tensions géopolitiques croissantes pourraient engendrer de nouveaux risques à court terme. Par ailleurs, les perspectives à moyen terme se sont assombries pour de nombreux pays en développement, en raison du ralentissement de la croissance dans la plupart des grandes économies, de l’atonie du commerce mondial et des conditions financières les plus restrictives depuis des décennies. Ainsi, la progression des échanges mondiaux en 2024 ne devrait représenter que la moitié de la moyenne enregistrée pendant les dix années ayant précédé la pandémie. En outre, les coûts d’emprunt pour les économies en développement — en particulier celles dont la note de crédit est médiocre — devraient rester élevés, les taux d’intérêt mondiaux étant bloqués à des niveaux record depuis quatre décennies (en termes corrigés de l’inflation). La croissance mondiale devrait ralentir pour la troisième année consécutive, passant de 2,6 % l’an dernier à 2,4 % en 2024, soit près de trois quarts de point de pourcentage en dessous de la moyenne des années 2010. Les économies en développement ne devraient croître que de 3,9 %, soit plus d’un point de pourcentage de moins que la moyenne de la décennie précédente. Après une performance décevante l’année dernière, les pays à faible revenu devraient connaître une croissance de 5,5 %, plus médiocre que prévu. À la fin de 2024, les habitants d’environ un pays en développement sur quatre et d’environ 40 % des pays à faible revenu seront toujours plus pauvres qu’ils ne l’étaient à la veille de la pandémie de COVID en 2019. Et les économies avancées devraient voir leur croissance ralentir à 1,2 % cette année, contre 1,5 % l’année dernière. « Faute d’un changement de cap majeur, les années 2020 resteront dans les annales comme une décennie d’opportunités gâchées, souligne Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale. À court terme, la croissance restera faible et laissera de nombreux pays en développement — en particulier les plus pauvres — en butte à des niveaux de dette paralysants et avec près d’une personne sur trois en situation de précarité alimentaire. Un tel scénario entraverait les progrès accomplis dans la réalisation de nombreuses priorités mondiales. Cependant, il est encore possible d’inverser la tendance. Le rapport préconise une trajectoire claire pour ce faire, et décrit la transformation possible si les gouvernements agissent dès maintenant pour accélérer l’investissement et renforcer leurs cadres de politique budgétaire. » Pour lutter contre le changement climatique et réaliser d’autres objectifs clés du développement mondial d’ici 2030, les pays en développement devront augmenter considérablement leurs investissements, jusqu’à environ 2 400 milliards de dollars par an. Mais en l’absence d’un véritable train de mesures, les probabilités d’une telle progression sont minces. La hausse de l’investissement par habitant dans les économies en développement entre 2023 et 2024 ne devrait être que de 3,7 % en moyenne, soit un peu plus de la moitié du taux des deux décennies précédentes. Le rapport propose la première analyse globale de ce qu’il faudra faire pour générer un essor durable de l’investissement, en s’appuyant sur l’expérience de 35 économies avancées et de 69 économies en développement au cours des 70 dernières années. Il constate que les pays en développement récoltent souvent un dividende économique lorsqu’elles accélèrent la croissance de l’investissement par habitant à au moins 4 % et la maintiennent pendant six ans ou plus. Dans ce cas, le rythme de convergence avec les niveaux de revenu des économies avancées s’accélère, le taux de pauvreté diminue plus rapidement et la croissance de la productivité est multipliée par quatre. D’autres avantages se matérialisent également pendant ces périodes d’essor, entre autres la baisse de l’inflation, l’amélioration de la position budgétaire et extérieure et une accélération de l’accès des habitants à internet. « Les phases d’essor de l’investissement peuvent transformer les économies en développement et les aider à accélérer la transition énergétique et à atteindre un large éventail d’objectifs de développement, déclare Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives.Pour déclencher de tels cycles, les pays en développement doivent mettre en œuvre des trains de mesures visant à améliorer les cadres budgétaires et monétaires, à développer les échanges commerciaux et les flux financiers internationaux, à améliorer le climat d’investissement et à renforcer la qualité des institutions. La tâche est difficile, mais nombre d’entre eux ont déjà réussi à le faire. Renouveler ces efforts contribuera à atténuer le ralentissement prévu de la croissance potentielle au cours du reste de la décennie. » Les dernières Perspectives économiques mondiales se penchent également sur le cas des pays exportateurs de produits de base, qui représentent les deux tiers des pays en développement, en décrivant comment ils pourraient éviter les alternances d’expansion et de ralentissement. Le rapport constate que les gouvernements de ces pays adoptent souvent des politiques budgétaires qui intensifient ces cycles. Par exemple, lorsque l’augmentation des prix des matières premières stimule la croissance d’un point de pourcentage, les gouvernements augmentent les dépenses, avec à la clé 0,2 point de croissance supplémentaire. En général, en période de prospérité, la politique budgétaire tend à surchauffer l’économie, et dans les moments difficiles, elle aggrave le marasme. Cette « procyclicité » est 30 % plus forte dans les pays exportateurs de produits de base que dans les autres économies en développement. En outre, les politiques budgétaires sont souvent 40 % plus volatiles dans ces pays que dans les autres économies en développement. L’instabilité associée à la procyclicité et à la volatilité accrues de la politique budgétaire pèse de manière chronique sur les perspectives de croissance des économies en développement exportatrices de matières premières. Ce frein peut être réduit en mettant en place un cadre budgétaire qui discipline les dépenses publiques, en

Bank Al-Maghrib: Les perspectives économiques mondiales restent globalement défavorables

Bank Al-Maghrib: Les perspectives économiques mondiales restent globalement défavorables

INTERNATIONAL. Selon une analyse de Bank Al-Maghrib (BAM), la banque centrale du Maroc, les perspectives économiques mondiales restent globalement défavorables. D’après les prévisions de l’institution, « au niveau des grandes économies avancées, la croissance ressortirait à 2,4% aux Etats-Unis cette année », a-t-elle estimé lors de son dernier Conseil trimestriel de l’année 2023. A en croire les experts de BAM, la croissance « devrait décélérer à mesure que l’effet de l’impulsion budgétaire s’estompe et que celui des conditions monétaires et financières restrictives se diffuse, revenant à 1,1% en 2024 avant de s’améliorer légèrement à 1,7% en 2025 ». En ce qui concerne la zone euro, l’organisme prévoit que « la croissance se limiterait à 1% en 2023 et à 0,9% en 2024, puis s’accélérerait à 1,9% en 2025 », en raison notamment de la reprise de la consommation et de l’investissement avec l’assouplissement monétaire prévu. Dans les principaux pays émergents, poursuit l’institution, l’économie chinoise croitrait de 5,2% en 2023 et à un rythme en deçà de 5% à moyen terme, alors qu’en Inde, le PIB progresserait de 6,7% en volume cette année, de 5,9% en 2024 et de 6,3% en 2025, porté par les investissements publics et la demande intérieure. Martin Kam

Maroc. La croissance économique devrait s’établir à 2,5% en 2023

Maroc. La croissance économique devrait s’établir à 2,5% en 2023

Selon les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par la Banque mondiale, mardi 6 juin, la croissance économique du Maroc devrait s’établir à 2,5% au terme de l’année 2023 contre 1,1% en 2022. «Au Maroc, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,5 % en 2023 contre 1,1% l’année précédente, grâce à la résilience du tourisme et de l’industrie automobile», a en effet indiqué l’institution financière internationale, estimant qu’elle devrait atteindre 3,3% en 2024 voire 3,5% en 2025. La Banque mondiale note, en revanche, que les «conditions météorologiques défavorables retarderont la normalisation de la production agricole après plusieurs années consécutives de sécheresse». Par ailleurs, constate l’organisme, «au Maroc, la sécheresse persistante et l’inflation élevée fragilisent la croissance, le chômage ayant dépassé son pic pandémique en mars 2023». Au niveau de la région  MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), la Banque mondiale note que cette partie du monde a entamé l’année 2023 sur une dynamique de croissance solide, mais constate qu’elle «marque le pas». Bien qu’ayant bénéficié d’une croissance élevée pendant dix ans et d’un faible taux de chômage l’année dernière, les pays exportateurs de pétrole ont annoncé des réductions de leur production pétrolière, a indiqué l’institution de Bretton Woods. Poursuivant son analyse, elle note également que les économies importatrices de pétrole sont pour leur part « en butte à plusieurs difficultés, en particulier une inflation élevée et leur croissance s’est nettement ralentie en 2023». La Banque mondiale table ainsi sur un ralentissement de la croissance à 2,2% en 2023, avec des révisions à la baisse par rapport aux projections de janvier, tant pour les pays exportateurs qu’importateurs de pétrole. L’institution estime toutefois que «le niveau de production devrait rebondir en 2024 pour atteindre 3,3%», pourvu que l’inflation et les turbulences mondiales s’atténuent et que la production de pétrole augmente. Avant de rebondir à 3,2% en 2024, «la croissance des pays exportateurs de pétrole devrait ralentir à 2,0% en 2023», a-t-elle aussi indiqué, expliquant que cela traduit une baisse significative par rapport aux prévisions d’il y a seulement six mois. Selon ses explications, les baisses de production pétrolière annoncées en 2023 et qui devraient être progressivement supprimées en 2024 justifient en grande partie cette révision. A noter que la croissance mondiale devrait marquer le pas en 2023, pour tomber à 2,1 %, contre 3,1 % en 2022, selon les projections de l’organisme international. «En excluant la Chine, les économies émergentes et en développement devraient voir leur croissance ralentir à 2,9% cette année, contre 4,1% l’année dernière», a-t-il expliqué précisant que ces anticipations font état d’une révision à la baisse généralisée. Alain Bouithy    

Une économie mondiale fragilisée dans un contexte de taux d’intérêt élevés

Une économie mondiale fragilisée dans un contexte de taux d’intérêt élevés

Selon les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par la Banque mondiale, la croissance a nettement ralenti et le risque de tensions financières dans les économies de marché émergentes et en développement s’intensifie dans un contexte de taux d’intérêt élevés. La croissance mondiale devrait marquer le pas en 2023, pour tomber à 2,1 %, contre 3,1 % en 2022. En excluant la Chine, les économies émergentes et en développement devraient voir leur croissance ralentir à 2,9 % cette année, contre 4,1 % l’année dernière. Ces anticipations font état d’une révision à la baisse généralisée. « Le moyen le plus sûr de faire reculer la pauvreté et de favoriser la prospérité est l’emploi, et le ralentissement de la croissance rend la création d’emplois beaucoup plus difficile, souligne le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga. Il est important de garder à l’esprit que les prévisions de croissance ne sont pas une fatalité. Nous avons la possibilité d’inverser la tendance, à condition d’y œuvrer tous ensemble. » Jusqu’à présent, la plupart des économies émergentes et en développement n’ont été que peu affectées par les turbulences bancaires récentes dans les économies avancées, mais elles évoluent désormais dans des eaux dangereuses. Avec le durcissement croissant des conditions de crédit au niveau mondial, 25 % d’entre elles ne peuvent plus accéder aux marchés obligataires internationaux. La situation est particulièrement critique pour celles qui présentent des vulnérabilités sous-jacentes telles qu’une faible solvabilité. Les projections de croissance pour 2023 sont inférieures de moitié à celles d’il y a un an, ce qui rend ces économies très vulnérables à de nouveaux chocs. « L’économie mondiale est dans une position précaire, indique Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale. En dehors de l’Asie de l’Est et de l’Asie du Sud, elle est loin du dynamisme nécessaire pour éliminer la pauvreté, lutter contre le changement climatique et reconstituer le capital humain. En 2023, le commerce progressera à moins d’un tiers du rythme observé dans les années précédant la pandémie. Dans les marchés émergents et en développement, la pression de la dette s’accroît sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt. La faiblesse des finances publiques a déjà fait basculer de nombreux pays à faible revenu dans une situation de surendettement. Dans le même temps, les financements nécessaires pour atteindre les objectifs de développement durable dépassent largement les projections les plus optimistes en matière d’investissement privé. » Selon les dernières prévisions, les chocs simultanés causés par la pandémie, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le ralentissement économique brutal dans un contexte de resserrement des conditions financières mondiales constituent un sérieux revers pour le développement, qui persistera dans un avenir prévisible. D’ici à la fin de 2024, l’activité économique dans les pays émergents et en développement devrait en effet être inférieure d’environ 5 % aux projections établies à la veille de la pandémie. Dans les pays à faible revenu, en particulier les plus pauvres, les dégâts sont considérables : dans plus d’un tiers de ces pays, le revenu par habitant à l’horizon 2024 sera encore inférieur aux niveaux de 2019. La faiblesse de la croissance des revenus aggravera l’extrême pauvreté dans nombre d’entre eux. « De nombreuses économies en développement sont déjà aux prises avec une croissance faible, à la persistance d’une inflation élevée et à des niveaux d’endettement record. Or de nouveaux risques pourraient encore aggraver leur situation, dont notamment l’éventualité et les répercussions plus étendues d’un regain de tensions financières dans les économies avancées, explique Ayhan Kose, économiste en chef adjoint au Groupe de la Banque mondiale. Les responsables politiques de ces économies doivent agir rapidement pour prévenir la contagion financière et réduire les vulnérabilités intérieures à court terme. » Toujours selon le rapport, dans les économies avancées, la croissance devrait chuter de 2,6 % en 2022 à 0,7 % cette année, et rester faible en 2024. Après une croissance de 1,1 % en 2023, l’économie des États-Unis devrait ralentir à 0,8 % en 2024, principalement sous l’effet de l’impact persistant de la forte hausse des taux d’intérêt enregistrée ces dix-huit derniers mois. Dans la zone euro, la croissance devrait tomber de 3,5 % en 2022 à 0,4 % en 2023, en raison de l’effet différé du durcissement de la politique monétaire et de l’augmentation des prix de l’énergie. Le rapport analyse en outre les conséquences de l’augmentation des taux d’intérêt américains sur les économies émergentes et en développement. La hausse des rendements des bons du Trésor à deux ans depuis un an et demi s’explique en grande partie par le fait que les investisseurs s’attendent à ce que les États-Unis durcissent leur politique monétaire pour juguler l’inflation. Ce qui se traduit par des effets financiers particulièrement néfastes dans les économies émergentes et en développement, avec notamment une probabilité plus élevée de crise financière. En outre, ces effets sont plus prononcés dans les pays plus vulnérables sur le plan économique. En particulier, sur les marchés naissants (caractérisés par des marchés financiers moins développés et un accès plus limité aux capitaux internationaux), les coûts d’emprunt ont tendance à s’accroître de manière disproportionnée. Les écarts de risque sur les obligations d’État peuvent ainsi y augmenter plus de trois fois plus que dans les autres économies émergentes et en développement. Par ailleurs, le rapport fournit une évaluation complète des enjeux de politique budgétaire auxquels sont confrontées les économies à faible revenu. Ces pays sont en grande difficulté. La hausse des taux d’intérêt a aggravé la détérioration de leur situation budgétaire au cours de la dernière décennie. La dette publique y représente aujourd’hui en moyenne 70 % du produit intérieur brut (PIB). Les paiements d’intérêts absorbent une part croissante de recettes publiques déjà limitées. Quatorze pays à faible revenu sont déjà surendettés ou fortement menacés de l’être. Les pressions sur les dépenses s’accentuent dans ces économies. Les chocs négatifs comme les évènements climatiques extrêmes et les conflits sont plus susceptibles de faire basculer les ménages dans la précarité dans les pays à faible revenu que partout ailleurs, en raison de l’insuffisance des filets de protection sociale. En moyenne, ces pays ne consacrent que 3 % de leur PIB à leurs populations les plus vulnérables, ce

Les perspectives de croissance s’assombrissent pour l’Afrique

Les perspectives de croissance s’assombrissent pour l’Afrique

Les récentes projections de la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne s’assombrissent. L’analyse des dernières données de l’institution financière internationale montre que la croissance s’est ralentie cette année, après un rebond de 4,2 % en 2021. Dans ses nouvelles prévisions, il ressort que la croissance en Afrique subsaharienne devrait atteindre 3,7% en 2022 et 3,8% en 2023. Les experts de l’institution de Betton Woods attribuent ce ralentissement aux tensions intérieures sur les prix en partie dues aux perturbations de l’approvisionnement consécutives à la guerre en Ukraine. Ce qui, expliquent-ils, réduit l’accessibilité financière des denrées alimentaires et les revenus réels, en particulier dans les pays à faible revenu. La crainte est que «le ralentissement de la croissance régionale pourrait aussi amplifier les pertes de revenu par habitant entraînées par la pandémie», a relevé la Banque mondiale dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales publiées mardi dernier. Pour l’institution basée à Washington, aux Etats-Unis, les tendances récentes   montrent que l’Afrique subsaharienne restera la seule région émergente et en développement où les revenus par habitant ne retrouveront pas leur niveau de 2019, même en 2023. Après analyse des données, il ressort en effet que «l’année prochaine, dans environ 45% des économies de la région et dans la moitié de ses pays fragiles et touchés par des conflits, le revenu par habitant devrait rester inférieur aux niveaux constatés avant la pandémie», a indiqué la Banque mondiale dans son rapport. Selon la même source, «le renchérissement des factures d’importation de denrées alimentaires et de carburant pourrait en outre réduire à néant les récents progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté dans la région, en particulier dans les pays où les populations vulnérables sont nombreuses (République démocratique du Congo, Nigeria) et dans ceux qui sont fortement dépendants des importations de produits alimentaires (Bénin, Comores, Gambie, Mozambique). Evoquant les risques pesant sur ces prévisions, l’institution financière a estimé que ceux-ci sont essentiellement orientés à la baisse. Mais qu’«une perturbation prolongée du commerce mondial des céréales et des engrais à la suite de la guerre en Ukraine dégraderait considérablement l’accessibilité financière et la disponibilité des aliments de base dans toute la région». La Banque mondiale a, en outre, prévenu que «l’insécurité et la violence pourraient également assombrir les perspectives de croissance, en particulier dans les pays à faible revenu, tandis que l’augmentation rapide du coût de la vie risque d’envenimer les troubles sociaux». A cela, il faut ajouter qu’«un ralentissement plus rapide que prévu de l’économie mondiale, qui pourrait être provoqué par l’accélération du durcissement des politiques monétaires dans les économies avancées et la résurgence de la COVID-19 dans le monde, nuirait à de nombreux pays exportateurs de produits de base d’Afrique subsaharienne». Explications : le resserrement significatif des conditions financières dans les économies émergentes et en développement augmenterait les coûts d’emprunt, donc le risque de surendettement. Déjà limitée par les niveaux élevés de la dette publique, «la marge de manœuvre budgétaire pourrait encore se réduire si les pressions sur les dépenses visant à limiter l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants continuent de s’intensifier», a poursuivi l’institution. Avant de conclure : la persistance de l’inflation intérieure pourrait accélérer le durcissement de la politique monétaire et accroître les risques de stagflation dans la région. A titre de rappel, la croissance dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) devrait s’accélérer pour atteindre 5,3% en 2022 avant de ralentir à 3,6% en 2023. Alain Bouithy