Peinture moderne et contemporaine : Brahim El Haissan signe son nouvel ouvrage à Rabat

Le critique d’art Brahim El Haissanretrouve la scène littéraire avec un nouvel ouvrage « Des visages qui nous voient- Le portrait dans la peinture moderne et contemporaine» fraîchement paru aux Editions KhoutoutwaDhilal en Jordanie. Cette nouveauté a été signée et présentée récemment dans le cadre du Salon International de l’Edition et du Livre (SIEL) de Rabat, en présence d’une pléiade d’artistes, de critiques, d’intellectuels, de professionnels des médias et d’étudiants, entre autres. Ce livre, de 364 pages avec des illustrations artistiques, dont la peinture de la couverture est un détail d’une création de l’artiste japonais contemporain Takahiro Kimura, comporte un texte introductif intitulé «Un tourisme libre dans l’histoire du portrait », écrit par l’artiste et critique égyptienne Amal Nasr. Dans sa première partie, le livre traite de l’expérience du portrait et de la peinture faciale à travers l’histoire de l’art ancien, moderne et contemporain. Un sacré voyage qui nous introduit à l’émergence des visages funéraires et des peintures du Fayoum, caractéristiques de l’art égyptien ancien avec son extension humaniste, ainsi que l’émergence du portrait à travers les premières expérimentations artistiques. Tout en restant ancrés dans la pratique picturale antique, les portraits médiévaux -les portraits du Moyen Âge- représentent néanmoins des saints ou des symboles religieux.Etce n’est qu’à la Renaissance, caractérisée par l’émergence de l’humanisme, mouvement philosophique centré sur l’individu, que l’art du portrait se développe et s’épanouit, notamment avec les peintures de Sandro Botticelli, Raphaël, Michel-Ange, Greco, Jan van Eyck, Piero della Francesca, Leonardo da Vinci, et plus tard Peter Paul Rubens, Rembrandt, Francisco Goya et Diego Velázquez. Ces artistes ont contribué à faire du portrait un genre stable pratiqué par la plupart des peintres d’Europe occidentale en particulier, à placer le portrait au centre des préoccupations artistiques et à l’établir comme un genre créatif et esthétique indépendant. Au cours des siècles suivants, et plus particulièrement au XVIII ème siècle, le portrait s’est développé et a été traité avec une créativité sans précédent, chacun voulant avoir son propre portrait pour témoigner de son appartenance sociale ou pour exprimer ses sentiments à une certaine époque. Cette partie du livre évoque également les beautés de Raphaël et le regard de Dürer, la Joconde qui a suscité la curiosité de grands peintres et photographes qui l’ont reproduite dans une variété de styles picturaux personnels basés sur l’ironie et la parodie, ainsi que quelques portraits peints par des artistes étrangers qui ont séjourné au Maroc pendant la période orientaliste. Ces derniers ont donné naissance à de nombreux portraits, cartographies et scènes de la vie quotidienne, qui sont nombreux et multiples. Quant à la deuxième partie de cet ouvrage, elle retrace l’évolution créative du portrait et de l’autoportrait chez un large éventail d’artistes modernes et contemporains, notamment Édouard Manet, Claude Monet, Vincent van Gogh, Paul Cézanne, Pablo Picasso, Vincent Seruff, Pablo Picasso, Vincent Seruff, Salvador Dali, René Magritte, Amedeo Modigliani, Gustav Klimt, Edvard Munch, Francis Bacon, Frida Kahlo, Andy Warhol, Memo Rotella, Marlene Dumas, Amy Wirtnitz, AfrinSajdi, Robyn Eli, Iris Schlock et bien d’autres encore. Dans cette partie, Brahim El Haissantraite également de l’expérience du portrait dans le domaine des graffitis et des peintures murales, où les portraits et les visages de personnalités influentes de nombreux mondes et domaines politiques et artistiques inspirent les jeunes, comme Che Guevara, Bob Marley, Diego Maradona… L’auteur nous décrit l’entrée du portrait dans le domaine de la technologie et de la photographie numérique, avec des artistes contemporains comme OdwinRensen, Ben Heine, Alexander Beim et HediKarimi. Outre les autoportraits et les portraits d’artistes par leurs amis, le livre aborde également le portrait, l’autoportrait et le portrait chez les dessinateurs, sa présence dans les récits, les bandes dessinées et les couvertures d’œuvres littéraires, ainsi que sa relation avec le collage et les affiches. Ensuite, la troisième partie du livre se veut une approche descriptive et analytique des expériences des peintres et photographes arabes qui ont travaillé sur le visage humain et en ont fait un thème majeur, à la fois expressif et symbolique, qui a longtemps hanté leurs toiles et leurs papiers. Ils ont varié les méthodes artistiques et les formules de traitement plastique et graphique en utilisant de nombreux pigments, encres et matières colorantes, le plus souvent inspirés de l’environnement local, ainsi que des expositions de visages et de portraits basées principalement sur le dessin à l’huile, à l’acrylique, au crayon, à l’aquarelle et au pastel. l’ouvrage de Brahim El Haissan se démarque une synthèse et un corpus bibliographique qui renferme de solides références et des lectures complémentaires, ainsi qu’une annexe de référence visuelle qui comprend les couvertures de publications et d’ouvrages d’art qui concernent le sujet du livre dans ses aspects créatifs, culturels et historiques.