À Gaza, un cessez-le-feu de plus en plus fragile

À Gaza, un cessez-le-feu de plus en plus fragile

L’ONU a prévenu mardi que le cessez-le-feu à Gaza apparaît de plus en plus fragile, alors que se poursuivent les frappes israéliennes ainsi que les activités armées menées par le Hamas et d’autres groupes. « Loin des projecteurs, la situation à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ne cesse de se dégrader », a dit le Sous-Secrétaire général des Nations Unies chargé du Moyen-Orient, de l’Asie et du Pacifique, Khaled Khiari, lors d’un débat au Conseil de sécurité consacré à la question palestinienne, dans un contexte de fortes tensions régionales.  Bien que des efforts diplomatiques soient en cours afin de consolider le cessez-le-feu à Gaza et mettre en œuvre la phase II du Plan d’ensemble du Président américain Donald Trump visant à mettre fin au conflit dans l’enclave palestinienne, les pourparlers relatifs au désarmement du Hamas et des autres groupes armés n’ont, à ce jour, abouti à aucun accord, s’est-il inquiété, évoquant des craintes quant à un éventuel retour à des hostilités généralisées. Violence des colons en Cisjordanie Le haut responsable onusien a également signalé qu’en Cisjordanie, la fréquence et la gravité des agressions perpétrées par les colons continuent de s’intensifier.  Des communautés palestiniennes entières sont désormais régulièrement confrontées à des actes de violence meurtrière, de vandalisme et de harcèlement, souvent en présence de soldats israéliens, voire avec leur participation, a-t-il dénoncé, exhortant dans la foulée les autorités israéliennes à prendre des mesures immédiates pour y mettre un terme. Il a également indiqué que la situation dans les camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie demeure alarmante. Les opérations militaires israéliennes et les restrictions d’accès ont entraîné le déplacement prolongé de plus de 33 000 résidents issus des camps de réfugiés de Jénine, de Tulkarem et de Nour Chams.  Ces camps demeurent en grande partie désertés, marquant ainsi la crise de déplacement la plus vaste et la plus durable qu’ait connue la Cisjordanie depuis plusieurs décennies. Tony Blair met en avant des progrès L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, est intervenu en sa qualité de membre du Conseil exécutif du Conseil de la paix dans le cadre du Plan d’ensemble américain visant à mettre fin au conflit à Gaza.  Il a exhorté les membres du Conseil de sécurité de l’ONU à apporter un soutien politique « clair et constant » à la mise en œuvre du Plan d’ensemble, et à mobiliser des contributions financières en faveur de la réponse humanitaire et du relèvement à Gaza. « L’espoir réside dans les progrès substantiels réalisés dans la mise en œuvre du plan du Président [Trump] », a-t-il affirmé. Ces avancées se traduisent notamment par la création du Comité national pour l’administration de Gaza et par le déploiement progressif de la force internationale de stabilisation, qui a déjà achevé sa mission d’évaluation préalable.  L’ancien Premier ministre britannique a également mis en avant les efforts de mobilisation financière, indiquant que plus de 7 milliards de dollars d’engagements fermes avaient été réunis pour soutenir Gaza.  Opération dans le camp de Qalandiya De son côté, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a exprimé, mardi la préoccupation de l’ONU concernant des informations selon lesquelles l’armée israélienne a mené lundi une opération de 18 heures à l’intérieur et aux abords du camp de Qalandiya, situé dans le gouvernorat de Jérusalem, en Cisjordanie. « Cette opération a impliqué des fouilles à grande échelle, des détentions et des restrictions de mouvement, entraînant des blessures, des dégâts matériels et le déplacement temporaire de Palestiniens », a-t-il noté. Les forces israéliennes ont également fermé des barrages routiers existants et érigé des monticules de terre dans les zones avoisinantes, provoquant la fermeture temporaire d’écoles et de cliniques, tout en entravant l’accès des ambulances. Le porte-parole a souligné que cette opération s’inscrit « dans une tendance récurrente ayant entraîné des pertes humaines, des déplacements de population, des dommages aux biens civils et des restrictions d’accès, en particulier dans les camps de réfugiés ».  ONU

Gaza : 71 milliards pour survivre et reconstruire

Gaza : 71 milliards pour survivre et reconstruire

Après deux ans de guerre à Gaza, l’addition est vertigineuse : 71,4 milliards de dollars seront nécessaires sur dix ans pour relever l’enclave palestinienne, selon un rapport de l’Union européenne, de l’ONU et de la Banque mondiale.  L’urgence est immédiate : 26,3 milliards doivent être mobilisés dès les 18 prochains mois pour remettre en marche les services vitaux, rebâtir des infrastructures dévastées et relancer une économie à l’arrêt. Un chantier colossal, à la mesure de l’ampleur des destructions et de la crise humanitaire. Au-delà de l’estimation globale des besoins de reconstruction, le rapport détaille également l’ampleur des destructions causées par le conflit et qui sont estimées à 35,2 milliards de dollars. Les pertes économiques sont évaluées à 22,7 milliards de dollars, ce qui porte le montant total estimé des effets du conflit sur les biens matériels à 57,9 milliards de dollars. Le rapport ne se limite pas aux seules pertes financières globales et précise également les secteurs les plus gravement touchés, notamment le logement, la santé, l’éducation, le commerce et l’agriculture. Près de 372 000 logements ont été détruits ou endommagés, plus de la moitié des hôpitaux sont hors service, la quasi-totalité des écoles ont été détruites ou endommagées, et l’économie à Gaza s’est contractée de 85 %. Logement en tête des priorités de reconstruction Au-delà du constat des destructions, le rapport hiérarchise les besoins de reconstruction par secteur. Le logement arrive en tête avec 16,2 milliards de dollars. Suivent l’agriculture et le système alimentaire (10,5 milliards de dollars), la santé (10 milliards de dollars) ainsi que le commerce et l’industrie (9 milliards de dollars). Ces secteurs représentent ensemble près des trois tiers des besoins totaux de reconstruction et constituent les « priorités les plus urgentes », selon le document. Sur le plan géographique, ce sont les gouvernorats de Gaza et du Nord de Gaza qui ont subi les dégâts les plus importants. Par rapport aux conflits de 2014 et 2021, le niveau de destruction dans la bande de Gaza est d’une ampleur tout à fait différente. Emploi, sécurité alimentaire et services sociaux Si les destructions se concentrent dans certaines zones, le rapport élargit le constat aux effets humains dans l’ensemble de la bande de Gaza. Il met en évidence l’impact catastrophique sur le développement humain dans toute l’enclave palestinienne, dont le retard est estimé à 77 ans. Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises, et plus de 60 % de la population a perdu son logement. Près des trois quarts de la population active de Gaza avant le conflit ont perdu leur emploi, ce qui a entraîné un taux d’emploi de 9,3 %. Cette situation, combinée aux pertes d’emploi en Cisjordanie, a entraîné une baisse de treize points de pourcentage du taux combiné pour la Cisjordanie et Gaza, le plaçant parmi les plus bas de la base de données de la Banque mondiale. Face à l’effondrement de l’emploi, le document détaille les priorités immédiates de relèvement. La lutte contre l’insécurité alimentaire, les besoins en matière de protection sociale, les questions d’accès au logement, la reprise de l’éducation, ainsi que le soutien en santé mentale et psychosocial aux populations font ainsi partie des besoins à court terme. Nécessité d’un accès humanitaire sans entrave Le rapport identifie aussi plusieurs autres urgences immédiates, notamment la reprise des services de base tels que la santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) et le déblaiement des décombres. Les coûts de déblaiement et de gestion de plus de 68 millions de tonnes de débris s’élèvent à eux seuls à plus de 1,7 milliard de dollars. Ces priorités opérationnelles immédiates supposent toutefois des conditions sécuritaires et humanitaires minimales. Selon l’ONU et ses partenaires, un cessez-le-feu durable et une sécurité adéquate constituent des conditions minimales. « Un accès humanitaire sans entrave doit être le fondement du relèvement », insiste le rapport, relevant que la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur et entre Gaza et la Cisjordanie sont essentiels.  « La communauté internationale doit mobiliser des ressources de manière ciblée, séquentielle et coordonnée, et tous les obstacles au déploiement de l’expertise et des équipements doivent être levés rapidement », conclut le rapport. ONU

Le chef de l’ONU appelle à préserver la solution à deux Etats, Israël et Palestine

Le chef de l’ONU appelle à préserver la solution à deux Etats, Israël et Palestine

Au lendemain du veto des Etats-Unis à un projet de résolution au Conseil de sécurité réclamant notamment un cessez-le-feu immédiat à Gaza, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a estimé qu’il était « absolument essentiel de préserver la perspective de la solution à deux États, compte tenu des terribles événements dont nous sommes témoins à Gaza et en Cisjordanie ». « Et à ceux qui doutent de la solution à deux États (Israël et Palestine), je demande : quelle est l’alternative ? S’agit-il d’une solution à un seul État, où les Palestiniens seraient expulsés ou contraints de vivre sur leur terre sans aucun droit ? Ce serait totalement inacceptable. Je suis fermement convaincu qu’il est du devoir de la communauté internationale de préserver la solution à deux États et de concrétiser les conditions nécessaires à sa réalisation », a-t-il ajouté en réponse à une question d’un journaliste lors d’un point de presse consacré aux employés de l’ONU décédés au service de l’Organisation. Echec au Conseil de sécurité Le chef de l’ONU a tenu ces propos au lendemain du vote au Conseil de sécurité. Le projet de résolution a reçu quatorze votes pour et un vote contre (Etats-Unis). Le texte exigeait un cessez-le-feu « immédiat, inconditionnel et permanent » à Gaza, ainsi que la levée immédiate et inconditionnelle de toutes les restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire et sa distribution en toute sécurité et sans entrave à grande échelle, y compris par les entités des Nations Unies et les partenaires humanitaires, dans toute la bande de Gaza. Interrogé sur ce que peuvent faire les Nations Unies pour aider la population à Gaza, le Secrétaire général a estimé que « nous ne pourrons soutenir efficacement la population de Gaza que s’il existe un cessez-le-feu permanent, la libération inconditionnelle et immédiate de tous les otages et un accès illimité à l’aide humanitaire ». « Nous avons vu, lors des précédentes pauses et des précédents cessez-le-feu, comment il a été possible de mobiliser une aide humanitaire massive pour la population de Gaza. Nous devons faire en sorte que cela se reproduise, et que cela soit permanent », a-t-il souligné. A un journaliste qui lui a demandé si Israël devait rendre des comptes sur ce qui passe à Gaza, le Secrétaire général a noté que « malheureusement, aujourd’hui, dans le monde, l’impunité règne partout ». « Le fait que les divisions géopolitiques maintiennent le Conseil de sécurité paralysé dans des situations comme celles-ci fait que l’impunité perdure, entraînant une immense frustration pour tous ceux qui croient au droit international », a-t-il dit. Malnutrition aiguë à Gaza Alors que les restrictions humanitaires et les hostilités ont rendu les livraisons d’aide humanitaire « nettement insuffisantes, dangereuses et inefficaces » à Gaza, les jeunes enfants de l’enclave palestinienne sont de plus en plus touchés par la malnutrition aiguë, ont alerté jeudi des agences humanitaires de l’ONU. Plus de 2.700 enfants de moins de cinq ans ont été diagnostiqués comme souffrant de malnutrition aiguë au cours de la seconde moitié du mois de mai, ce qui témoigne d’une forte détérioration, selon le groupe sectoriel de la nutrition des Nations Unies. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 4,7 % de la première quinzaine de mai et représente presque le triple de la proportion d’enfants diagnostiqués comme souffrant de malnutrition par rapport à ceux dépistés en février 2025, pendant le cessez-le-feu. Dans l’ensemble, plus de 16.500 enfants de moins de cinq ans ont été diagnostiqués depuis le début de l’année pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère, y compris 141 cas avec des complications qui ont dû être hospitalisés. La malnutrition aiguë a été également détectée chez 17 % des femmes enceintes et allaitantes examinées dans le gouvernorat de Gaza et chez 18 % des femmes enceintes et allaitantes examinées à Deir al Balah, contre moins de 10 % dans ces deux gouvernorats en février et mars dernier. Espace humanitaire rétréci Cette aggravation de la situation nutritionnelle intervient dans un contexte de rétrécissement de l’espace humanitaire. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’environnement opérationnel « extrêmement difficile » a rendu les livraisons d’aide humanitaire vers et à travers Gaza peu sûres, « imprévisibles et inefficaces ». Dans de vastes zones de l’enclave palestinienne, les équipes humanitaires doivent coordonner leurs mouvements avec les autorités israéliennes. Entre le 28 mai et le 3 juin, sur 75 tentatives de coordination des mouvements d’aide planifiés dans la bande de Gaza, près de 59 % (44) ont été catégoriquement refusées par les autorités israéliennes. Depuis le 19 mai, seules des quantités très limitées de certaines denrées alimentaires, de produits nutritionnels, de certains produits de santé et d’articles de purification de l’eau sont autorisées. L’entrée d’autres fournitures d’aide, telles que les matériaux pour les abris, les produits d’hygiène et l’équipement médical, reste bloquée. En outre, le blocus des carburants, qui entre dans son quatrième mois, menace gravement les services vitaux, notamment les installations de santé et d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). 640.000 personnes déplacées au cours des 3 derniers mois Alors que plus de 640.000 personnes ont été à nouveau déplacées au cours des trois derniers mois, les autorités israéliennes n’ont autorisé l’entrée d’aucune fourniture d’abris. Dans ces conditions, des familles cherchent à s’abriter dans n’importe quel espace disponible, y compris dans des endroits peu sûrs ou inadaptés. Le groupe sectoriel Abris estime que 1,1 million de personnes à Gaza ont besoin d’une aide d’urgence en matière d’abris. Dans la ville de Gaza, la surpopulation extrême a forcé de nombreuses familles à fuir vers l’ouest, dans la zone du port maritime, ou à dormir sur les trottoirs, dans les rues ou dans tout autre espace ouvert accessible, souvent sans accès à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène propres. De nombreux toits, y compris ceux dont la structure n’est pas solide, servent d’abris. Certaines familles ont été ainsi contraintes de se sont réfugier dans des bâtiments abandonnés ou endommagés, dans des structures inachevées, déblayant les décombres pour créer des espaces de vie improvisés. Une seule structure de santé fonctionnelle au nord de Gaza

Gaza : le chef de l’ONU juge essentiel d’éviter toute forme de nettoyage ethnique

Gaza : le chef de l’ONU juge essentiel d’éviter toute forme de nettoyage ethnique

S’exprimant devant le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, le Secrétaire général de l’ONU a affirmé mercredi qu’il fallait éviter « toute forme de nettoyage ethnique » et a plaidé une nouvelle fois pour la solution à deux Etats, Israël et Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. « Dans la recherche de solutions, il ne faut pas aggraver le problème. Il est essentiel de rester fidèle aux fondements du droit international. Il est essentiel d’éviter toute forme de nettoyage ethnique », a dit le chef de l’ONU, António Guterres, dans un discours à l’ouverture de la nouvelle session du comité. Ces propos du Secrétaire général interviennent au lendemain de l’annonce du Président américain Donald Trump, qui envisage une prise de contrôle de la bande de Gaza par les Etats-Unis et l’éviction de la population palestinienne pour la reconstruire. Déshumanisation et diabolisation Le Secrétaire général de l’ONU a rappelé mercredi que « l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien concerne le droit des Palestiniens à vivre simplement en tant qu’êtres humains sur leur propre terre ». « Nous avons vu la réalisation de ces droits s’éloigner de plus en plus. Nous avons assisté à une déshumanisation et une diabolisation systématique et effrayante de tout un peuple », a-t-il dénoncé. Il a rappelé que « rien ne justifie les horribles attaques du Hamas du 7 octobre » et que « rien ne justifie ce que nous avons vu se dérouler à Gaza au cours des derniers mois ». Dans le contexte du cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier dans la bande de Gaza, il a jugé nécessaire « d’être très clair sur les objectifs à atteindre ». « Nous devons continuer à faire pression pour un cessez-le-feu permanent et la libération de tous les otages sans délai. Nous ne pouvons pas revenir à davantage de morts et de destructions », a-t-il dit, plaidant également pour « un accès humanitaire rapide, sûr, sans entrave, élargi et durable ». Réaffirmer la solution à deux Etats Le chef de l’ONU a aussi estimé qu’il fallait réaffirmer la solution à deux États : « toute paix durable nécessitera des progrès tangibles, irréversibles et permanents vers la solution à deux États, la fin de l’occupation et la création d’un État palestinien indépendant, dont Gaza fera partie intégrante ». Selon lui, « un État palestinien viable et souverain vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël est la seule solution durable pour la stabilité au Moyen-Orient ». Au-delà de Gaza, le Secrétaire général s’est dit inquiet de la dégradation de la situation en Cisjordanie occupée et notamment de la violence des colons israéliens. « La violence doit cesser. Comme l’a affirmé la Cour internationale de justice, l’occupation du territoire palestinien par Israël doit cesser. Le droit international doit être respecté et la reddition des comptes doit être assurée », a déclaré M. Guterres, pour qui il faut préserver « l’unité, la contiguïté et l’intégrité du territoire palestinien occupé ». Il a plaidé pour « une gouvernance palestinienne forte et unifiée », affirmant que la communauté internationale doit soutenir l’Autorité palestinienne à cette fin. ONU

L’Arabie saoudite réaffirme qu’elle n’entretiendra pas de liens avec Israël en l’absence d’un Etat palestinien

L’Arabie saoudite réaffirme qu’elle n’entretiendra pas de liens avec Israël en l’absence d’un Etat palestinien

L’Arabie saoudite a renouvelé mercredi sa position de ne pas avoir de liens avec Israël sans l’existence d’un Etat palestinien. La position inébranlable de l’Arabie saoudite sur la création d’un Etat palestinien n’est pas négociable et n’est pas sujette à des compromis, a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué. Le pays poursuivra ses efforts sans relâche pour établir un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, et n’établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela, a-t-il ajouté. L’Arabie saoudite réaffirme également son rejet sans équivoque de toute atteinte aux droits légitimes du peuple palestinien, que ce soit par le biais des politiques de colonisation israéliennes, de l’annexion de terres ou de tentatives visant à déplacer le peuple palestinien de ses terres. « Il est impossible de parvenir à une paix durable et juste si le peuple palestinien n’obtient pas ses droits légitimes conformément aux résolutions internationales, comme cela a déjà été expliqué à l’ancienne et à l’actuelle administration américaine », ajoute le communiqué. Cette déclaration saoudienne fait suite aux remarques du président américain Donald Trump mardi lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre israélien en visite, Benyamin Nétanyahou, affirmant que les Etats-Unis prendraient possession de la bande de Gaza et la redévelopperaient après que les Palestiniens auront été relogés ailleurs. Xnhua

Les hôpitaux de Gaza sont devenus des « pièges mortels », selon un rapport de l’ONU

Les hôpitaux de Gaza sont devenus des « pièges mortels », selon un rapport de l’ONU

Les hôpitaux de la bande de Gaza sont devenus un « piège mortel » pour les Palestiniens, a indiqué mardi le chef des droits de l’homme de l’ONU, relevant que dans certaines circonstances, la destruction délibérée d’installations de soins de santé peut s’apparenter à une forme de punition collective, qui constituerait également un crime de guerre. Selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), les attaques israéliennes systématiques contre les hôpitaux de Gaza soulèvent de graves préoccupations quant aux crimes graves au regard du droit international. « Comme si les bombardements incessants et la situation humanitaire désastreuse à Gaza ne suffisaient pas, le seul sanctuaire où les Palestiniens auraient dû se sentir en sécurité est en fait devenu un piège mortel », a déploré dans un communiqué, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Le système de santé de Gaza est « au bord de l’effondrement total » à cause des attaques israéliennes incessantes depuis le début de la guerre en octobre 2023. Les attaques, documentées entre le 12 octobre 2023 et le 30 juin 2024, soulèvent de sérieuses préoccupations quant au respect du droit international par Israël, indique le rapport. Les hôpitaux « au bord de l’effondrement total » Le rapport note que plusieurs de ces actes, s’ils sont commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile, à la suite d’une politique d’un État ou, dans le cas d’un acteur non étatique, d’une organisation, peuvent également constituer des crimes contre l’humanité. « La protection des hôpitaux en temps de guerre est primordiale et doit être respectée par toutes les parties, à tout moment », a déclaré Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Le document décrit en détail la destruction du système de santé à Gaza et l’ampleur des meurtres de patients, de personnel et d’autres civils lors de ces attaques, « au mépris flagrant du droit international humanitaire et des droits de l’homme ». Au cours de la période couverte par le rapport, il y a eu au moins 136 frappes sur au moins 27 hôpitaux et 12 autres installations médicales, faisant de nombreuses victimes parmi les médecins, les infirmières, et d’autres civils, et causant des dommages importants, voire la destruction complète des infrastructures civiles. Le rapport constate que les opérations menées par l’armée israélienne à l’intérieur et autour des hôpitaux, ainsi que les combats qui y sont associés, ont des conséquences qui vont bien au-delà des structures physiques.  Le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies a reçu des rapports indiquant que des nouveau-nés étaient morts parce que leurs mères n’avaient pas pu se rendre à des examens postnatals ou dans des établissements médicaux pour accoucher. Allégations « vagues » sur les hôpitaux utilisés à des fins militaires Le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies rappelle que le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des hôpitaux, à condition qu’ils ne soient pas des objectifs militaires, de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile, et de lancer intentionnellement des attaques disproportionnées, constitue également un crime de guerre, détaille le rapport. Or dans la plupart des cas, Israël affirme que les hôpitaux sont utilisés de manière inappropriée à des fins militaires par des groupes armés palestiniens. Toutefois, les informations disponibles à ce jour sont insuffisantes pour étayer ces allégations, qui restent vagues et générales et qui, dans certains cas, semblent contredites par les informations publiquement disponibles. « Si ces allégations étaient vérifiées, il y aurait lieu de craindre que les groupes armés palestiniens utilisent la présence de civils pour se protéger intentionnellement des attaques, ce qui constituerait un crime de guerre », soulignent néanmoins les services du Haut-Commissaire Türk. Le système de santé de plus en plus limité a empêché de nombreuses personnes ayant subi des traumatismes de recevoir à temps un traitement qui aurait pu leur sauver la vie. À la fin du mois d’avril 2024, selon le ministère de la Santé de l’État de Palestine, 77.700 Palestiniens avaient été blessés. Nombreux patients décédés alors qu’ils attendaient d’être hospitalisés De nombreux blessés seraient décédés alors qu’ils attendaient d’être hospitalisés ou soignés. Selon le ministère palestinien de la Santé, à la fin du mois de juin 2024, plus de 500 professionnels de la santé avaient été tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023. L’effroyable destruction causée par les attaques de l’armée israélienne contre l’hôpital Kamal Adwan vendredi dernier – qui a laissé la population du nord de Gaza presque sans accès à des soins de santé adéquats – reflète le modèle d’attaques documenté dans le rapport. Le personnel et les patients ont été contraints de fuir ou ont été placés en détention, et de nombreux cas de torture et de mauvais traitements ont été signalés. Le directeur de l’hôpital a été placé en détention et on ignore ce qu’il est advenu de lui et où il se trouve. La première opération d’envergure menée par l’armée israélienne contre un hôpital a concerné le complexe médical d’Al Shifa en novembre 2023. Elle a mené un deuxième raid contre l’établissement en mars 2024, le laissant complètement en ruine le 1er avril. Après le retrait de l’armée israélienne, trois fosses communes auraient été découvertes à l’hôpital, avec au moins 80 cadavres récupérés, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à la possibilité que des crimes au regard du droit international aient été commis. L’ONU demande des enquêtes indépendantes et transparentes Certains de ces corps auraient été retrouvés avec des cathéters et des canules encore attachés, ce qui suggère qu’il s’agissait de patients. Dans certaines des attaques, l’armée israélienne a probablement utilisé à la fois des armes lourdes et des munitions larguées par avion ayant des effets sur une large zone, selon le rapport, relevant que « l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’action dans une zone densément peuplée soulève de sérieuses inquiétudes quant à la possibilité d’une attaque aveugle ». Le rapport constate qu’une autre caractéristique de ces attaques a

Plus de 40.000 morts à Gaza : l’ONU déplore une « étape sombre pour le monde »

Plus de 40.000 morts à Gaza : l’ONU déplore une « étape sombre pour le monde »

Alors que des discussions devaient avoir lieu ce jeudi au Qatar en vue d’une trêve entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le chef des droits de l’homme de l’ONU a déploré les derniers chiffres des autorités gazaouies indiquant que plus de 40.000 Palestiniens ont été tués en dix mois de guerre. « Aujourd’hui marque une étape sombre pour le monde », a dit le Haut-Commissaire Volker Türk dans un communiqué de presse. « La population de Gaza pleure aujourd’hui 40.000 Palestiniens morts, selon le ministère de la Santé de Gaza », a-t-il ajouté, notant qu’en moyenne, « environ 130 personnes ont été tuées chaque jour à Gaza au cours des dix derniers mois  ». La plupart des morts sont des femmes et des enfants. « Cette situation inimaginable est due en grande partie aux manquements récurrents des forces de défense israéliennes aux règles de la guerre », a déploré M. Türk. Graves abus commis par l’armée israélienne et la branche armée du Hamas Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé un nouveau bilan de 40.005 morts dans le territoire palestinien depuis le début de la guerre avec Israël, entrée dans son onzième mois. L’ampleur des destructions de maisons, d’hôpitaux, d’écoles et de lieux de culte par l’armée israélienne est profondément choquante. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) indique avoir documenté de graves violations du droit international humanitaire tant par l’armée israélienne que par les groupes armés palestiniens, y compris la branche armée du Hamas. « Alors que le monde réfléchit et considère son incapacité à empêcher ce carnage », le chef des droits de l’homme demande instamment à toutes les parties d’accepter un cessez-le-feu immédiat, de déposer les armes et d’arrêter le massacre une fois pour toutes. « Les otages doivent être libérés. Les Palestiniens détenus arbitrairement doivent être libérés. L’occupation illégale d’Israël doit cesser et la solution des deux États convenue au niveau international doit devenir une réalité », a insisté M. Türk. Remise en état d’un puits Apportant une note d’espoir, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a indiqué avoir remis en état un important puits d’eau à Khan Younis, qui avait été détruit il y a plusieurs mois par des opérations militaires israéliennes. Le puits constitue désormais la principale source d’eau potable pour environ 100.000 personnes déplacées dans la région, pompant quotidiennement plus de 500 mètres cubes d’eau par jour, a déclaré l’agence, précisant que ce point d’eau fonctionne 8 heures par jour. Huit robinets ont été installés pour permettre aux familles déplacées de remplir leurs récipients d’eau portables, dont deux sont réservés aux camions-citernes pour desservir les personnes qui ne peuvent pas atteindre le puits à pied. « La dernière fois que j’ai visité ce puits, c’était à la fin du mois d’avril. Il était détruit, entouré d’éclats d’obus et de munitions non explosées potentielles, et ne fonctionnait plus », a rappelé sur le réseau social X, Louise Wateridge, porte-parole de l’UNRWA. Boire au prix d’énormes distances sous des températures étouffantes À cette époque, Khan Younis était une ville « fantôme ». Les habitants avaient fui les opérations militaires et s’étaient réfugiés à Rafah. « Après le retrait des opérations militaires de cette zone, l’UNRWA a immédiatement commencé à réhabiliter le puits d’eau », a-t-elle ajouté, relevant que les équipes onusiennes ont travaillé jour et nuit pour réparer et remplacer les pièces endommagées et manquantes. Malgré son impact « considérable », l’accès à l’eau dans la majeure partie de l’enclave palestinienne reste limité. Avec « si peu de sources d’eau » dans la bande de Gaza, de nombreuses familles sont « obligées de parcourir d’énormes distances sous des températures étouffantes pour satisfaire un besoin aussi élémentaire ». « D’autres ne sont pas en mesure d’accéder à l’eau potable, ce qui les oblige à survivre avec de l’eau sale », a ajouté Mme Wateridge. De nouveaux ordres d’évacuation Cette bonne nouvelle intervient alors que les rapports des médias font état de nouveaux ordres d’évacuation. Sont à nouveau sommés de quitter leurs maisons et leurs abris, « tous les résidents des blocs 38, 39, 41, 42 des quartiers Al-Qarara 3 et Al-Sathar », dans le sud-est de la bande de Gaza, selon les forces israéliennes. Ces dernières semaines, Israël a émis de nombreux ordres d’évacuation pour les zones situées à l’intérieur et aux alentours de Khan Younis. Mardi déjà, l’armée israélienne avait lancé un ordre d’évacuer dans deux zones de l’est de Khan Younis, à savoir les quartiers de Makhta et de Beni Suhaila, ordonnant aux gens de partir immédiatement vers la prétendue « zone sûre ». Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’ordre a eu un impact sur les services essentiels, dont huit stations d’eau et d’assainissement ainsi que deux centres de soins de santé primaires, perturbant ainsi les services médicaux dans la zone. Des enfants se rafraîchissent et jouent sous l’eau Alors que des centaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir une fois de plus, cette zone située à l’intérieur de l’actuelle zone humanitaire désignée par Israël est « bondée de familles forcées de vivre les unes sur les autres dans des abris naturels adossés ou parmi les décombres de bâtiments squelettiques », a regretté pour sa part l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). A Khan Younis, les équipes de l’UNRWA indiquent avoir vu de nombreux enfants non seulement aller chercher de l’eau potable pour leur famille, mais aussi se rafraîchir et jouer sous l’eau qui déborde des grands réservoirs. « Il s’agit là d’une joie élémentaire qui n’est accessible qu’à très peu de personnes ici », a déclaré Mme Wateridge. Sur le terrain, en dépit des rapports des médias faisant état d’une reprise des pourparlers sur le cessez-le-feu, les bombardements et les hostilités continuent de tuer et de faire fuir les Palestiniens. Des femmes restent des mois sans prendre de douche Dans ce climat d’interminables mouvements de populations, le chef de l’UNRWA

Le Monastère de Saint Hilarion/Tell Umm Amer (Palestine) inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Le Monastère de Saint Hilarion/Tell Umm Amer (Palestine) inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, réuni à New Delhi (Inde), a décidé d’inscrire le site « Le Monastère de Saint Hilarion/ Tell Umm Amer (Palestine) » simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Cette décision vient reconnaître à la fois la Valeur Universelle Exceptionnelle de ce site et le devoir de le protéger face aux dangers imminents. Compte tenu des menaces imminentes qui pèsent sur ce patrimoine dans le contexte du conflit en cours dans la bande de Gaza, le Comité du patrimoine mondial a eu recours à la procédure d’urgence prévue dans les procédures de la Convention du patrimoine mondial. Conformément aux termes de la Convention, ses 195 États parties s’engagent à ne prendre délibérément aucune mesure susceptible d’endommager directement ou indirectement ce site désormais inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et à apporter leur concours à sa protection. L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril ouvre droit à des mécanismes renforcés d’assistance internationale, techniques et financiers  afin de garantir la protection du bien et le cas échéant d’aider à sa réhabilitation. Le monastère de Saint Hilarion/Tell Umm Amer, l’un sites des plus anciens du Moyen-Orient, fut fondé par Saint Hilarion et a accueilli la première communauté monastique en terre sainte. Situé au carrefour des principales routes de commerce et d’échanges entre l’Asie et l’Afrique, il constitua un centre d’échanges religieux, culturels et économiques, illustrant la prospérité des sites monastiques désertiques de la période byzantine. En décembre 2023, lors de sa 18e session, le Comité intergouvernemental de l’UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé avait déjà décidé d’accorder une « protection renforcée provisoire » au monastère, au titre de la Convention de La Haye de 1954 et son Deuxième Protocole.