Ouabari Mariotti : les Congolais attendent du prochain président un changement profond pour réparer la République

TRIBUNE. Le véritable enjeu de l’élection présidentielle, prévue les 12 et 15 mars 2026 en République du Congo, n’est pas seulement de désigner un vainqueur, mais d’engager le changement profond dont la République a besoin, analyse l’ancien ministre de la Justice Ouabari Mariotti dans la tribune ci-dessous. « République du Congo Présidentielles congolaises des 12 et 15 mars 2026. De l’élu des sept candidats en lice, quel qu’en soit son camp, les Congolais voudraient un changement profond pour réparer la République. La campagne électorale pour le scrutin présidentiel des 12 et 15 mars 2026, en République du Congo, lancée le 28 février 2026, tire à sa fin. Des sept candidats dans la course, MM. Vivien Romain Manangou, Mabio Mavoungou Zinga, Denis Sassou Nguesso, Anguios Nganguia Engambe, Dave Mafoula, Melaine Destin Gavet Elengo et Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, celui de la majorité présidentielle, M. Denis Sassou Nguesso mène une campagne à l’américaine. Celle-ci est marquée par l’épaisseur et la splendeur de ses manifestations à chaque étape du candidat Denis Sassou Nguesso, sur le territoire national pour délivrer son message. Un style de campagne très médiatisé, axé sur la communication. Il va sans dire qu’il est coûteux. Le candidat Denis Sassou Nguesso ayant misé sur les grands meetings pour toucher le maximun de Congolais. Dans les villes que sillonne le candidat Denis Sassou Nguesso, son équipe de campagne a mis en avant sa personnalité, ses réalisations, au cours des mandats précédents du Président sortant qu’il est, ainsi que les valeurs nationales partagées que le candidat défendrait pour créer un lien émotionnel entre les électeurs et lui. Les réseaux sociaux sont utilisés pour diffuser des messages qui ont fini par devenir viraux. Il découle de cette stratégie de campagne de M. Denis Sassou Nguesso, à la fois candidat à un nouveau mandat et candidat à sa propre succession, que celui-ci y a lourdement investi. N’en reste pas moins vrai que vit dans des conditions précaires, avec leur cohorte d’indices de dénuement, voire de pauvreté, la majorité des Congolais qui voient se dérouler, sous leurs yeux cette campagne fastueuse. D’où le côté interrogateur de cette campagne. Cela, dans la mesure où l’on se demande si M. Denis Sassou Nguesso, probable prochain locataire du Palais Présidentiel du Plateau, à Brazzaville, saura se donner les moyens moraux et politiques pour se défaire des mécanismes, procédés, méthodes ou autres pratiques précédentes sur lesquelles il s’est appuyé pour diriger jusqu’ici le pays. Et c’est là un gros défi pour le Président Denis Sassou Nguesso. C’est dire qu’en cas de victoire de M. Denis Sassou Nguesso, l’exigence qui s’impose à lui de se remettre en cause aux fins de sortir des blocages de mauvaise gouvernance qui l’ont enfermé pour diverses causes et autres intérêts particuliers qui se bousculent, sans cesse, autour de lui. En clair, si le Président Denis Sassou Nguesso l’emporte, il aura une responsabilité énorme pour répondre aux attentes des Congolais. Devant vraiment se pencher sur les problèmes de gouvernance et de développement pour insuffisances du passé. La question n’est pas juste de gagner les élections, mais de les légitimer et de rétablir la confiance entre le Président réélu et son peuple. Et la solution résiderait dans un plan à deux versants. D’une part, la totale et sans réserve compréhension des difficultés que vivent les populations, aussi bien des villes que de l’arrière pays. De l’autre, la mise à jour d’un vrai plan pour améliorer les choses, en replaçant l’Etat dans ses droits et sa légitimité. Tel en finir avec toutes ces incohérences administratives et financières qui rendent opaque la gouvernance du pays. Que reviennent, sans exception, les bulletins de paie pour les travailleurs de toutes les institutions de la République aux fins de les fiscaliser. Terminer avec l’archaique paiement des salaires en espèces d’autant qu’il comporte des risques de fraude. Que les fonds publics n’aient qu’une trésorerie, le Trésor Public, et non les banques privées. Réinstituer la plaque minéralogique jaune pour les véhicules d’Etat, non militaires, et rouge pour la force publique. Tant de véhicules, propriété de l’Etat circulent en mode banalisée. Et encore, et encore, bien d’autres réformes urgentes. Telles celles de l’ex SNE et SNDE, la CRF aux fins de fluidifier la paiement des pensions, ECAIR. Tant d’autres, aussi bien sans incidence financière que financière si la nécessité s’en fait sentir. Parallèlement à ces reformes qui ne sont que des mesures visant le rétablissement en bon état de l’existant, il conviendrait de renforcer les institutions et les mécanismes de contrôle pour garantir une vraie transparence et une alternance pacifique au pouvoir le moment venu. Cela, tout en veillant à l’affirmation de l’importance de la responsabilité du gouvernement envers les citoyens. Egalement renforcer les médias indépendants et la société civile pour qu’ils puissent continuer à faire entendre la voix des Congolais et pousser pour des changements positifs. Tout ceci dit, au soir du 15 mars 2026, tout devra être mis en place pour le que candidat élu soit dans l’obligation morale et politique de donner du crédit et légitimer sa victoire. Dans le cas du candidat Denis Sassou Nguesso, il sera de son intérêt de se réinventer pour répondre au mieux aux défis actuels du pays. Nul dirigeant qui aime son pays ne peut l’aider à progresser s’il ose négliger le moindre de ses compatriotes. Ce n’est point d’aimer son pays qu’il convient de se glorifier. C’est de créer les conditions optimales pour que ses compatriotes vivent convenablement. Paris 11 mars 2026 Ouabari Mariotti Ancien Ministre de la Justice République du Congo »
Ouabari Mariotti au ministre Mboulou : les services de sécurité du Congo ne peuvent se limiter à la seule répression

Réagissant à l’arrestation du jeune activiste congolais Fred Makita, l’ancien garde des Sceaux et ministre de la Justice, Ouabari Mariotti, a adressé une lettre au ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphyrin Mboulou, pour dénoncer une approche sécuritaire fondée uniquement sur la répression. Ci-dessous, l’intégralité de ladite lettre. « Lettre Ouverte A M. Raymond Zéphyrin Mboulou Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Brazzaville République du Congo. M. Le Ministre En toute humilité, je viens, par la présente, avec respect, solliciter auprès de votre bienveillance, votre intervention en faveur de M. Fred Makita pour sa remise en liberté. Jeune activiste congolais, militant des causes justes, en service à la Mairie de Dolisie, M. Fred Makita a été placé en détention, le 9 janvier 2026, dans un des Commissariats de Police de Pointe Noire. Ses déclarations sur le contexte politique national pourraient en être la cause. Pour avoir connu les affres d’un illégal et pénible enfermement de trois mois, dans les locaux de l’ex Sécurité D’Etat, sous le régime du Parti Unique, au Congo, en 1986, pour avoir été soupçonné d’avoir écrit et mis en circulation un tract, j’imagine les souffrances de M. Fred Makita. Cela, au seul motif d’avoir exercé son droit à la parole, cette légitimité d’intervenir sur les affaires de son pays, d’une voix pas toujours partagée. Un droit pourtant bien établi par la Constitution. Les Services de Sécurité de la République du Congo, de par leur rôle régalien, au sein de la Nation, ne peuvent prétendre se baser que sur la répression comme procédure de réparation des fautes commises par les citoyens. L’éducation et la pédagogie sont aussi des méthodes de correction et d’amélioration. Elles viennent inculquer aux fauteurs de trouble, impliqués dans des actes répréhensibles, tels ceux qui relèvent de l’incivisme, des connaissances sur la citoyenneté, les principes et valeurs de la République, le savoir vivre ensemble, le respect des Institutions et de leurs Autorités. Et, dans la période sensible précédant l’élection présidentielle de mars 2026, l’apaisement tant exigé par le Chef de l’Etat, soumet aux obligations de construction de la paix, au même titre, aussi bien les Populations congolaises que leurs Dirigeants. A ces derniers de créer, pour ce qui les concerne, dans l’exercice de leurs fonctions, les conditions objectives et permissives de la facilitation de cet apaisement. Ce qui ne semblerait pas toujours être compris de la sorte. Monsieur le Ministre, Le cas de M. Fred Makita est dans une veine identique à celui de M. Anatole Limbongo Ngoka, Président du Parti Africain pour un Développement Intégral et Solidaire (PARADIS), candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle de mars. Dans l’exercice de ses droits de citoyen, M. Anatole Limbongo Ngoka a été étonnement expulsé des terres du Département de la Likouala, alors qu’il en est natif, pendant qu’il y séjournait en privé. Fait troublant, l’on est en droit de s’interroger sur la non accommodante et rigide attitude des autorités préfectorales de la Likouala à l’égard de M. Anatole Limbongo Ngoka. Au point de se demander si cette expulsion de M. Anatole Limbongo Ngoka n’est pas liée à son engagement politique marqué par son intransigeance sur le respect des valeurs de la République et à sa candidature à la Présidence de la République. Devant de telles situations qui ne sont ni plus ni moins que des postures d’intolérance politique qui troublent la conscience collective des Congolais, tout concourt pour l’agrément par le Président de la République de ce dialogue national inclusif que les forces vives du pays appellent de leurs voeux, avant l’élection présidentielle, pour aborder les maux qui minent la société congolaise. Pour me redire, un dialogue national inclusif, comme le voudraient les forces vives du pays, permettrait de rassembler les différentes parties prenantes sur l’essentiel, de discuter de la vie de la nation, solutions à l’appui, et de renforcer la cohésion nationale. L’agrément du Président de la République pour un tel dialogue serait un pas important vers la création d’un climat de confiance et de paix, propice à la tenue d’élections plus libres et plus transparentes. La fébrilité avec laquelle les Services de Sécurité appliquent la consigne du Chef de l’Etat devant conduire à une élection présidentielle apaisée pourrait multiplier les dérives, les mises en demeure et autres abus. Ce qui pourrait, si l’on y prend garde, compromettre l’apaisement tant souhaité par M. le Président de la République. D’où la nécessité politique et morale de ce dialogue aux fins que la Nation congolaise se parle à elle même. Histoire de permettre également de clarifier les attentes et les règles du jeu pour les acteurs politiques, et de créer un climat de confiance propice à des élections acceptées par tous. Le Président Denis Sassou Nguesso vient de déclarer, en deux temps, que l’élection présidentielle aura bien lieu, en 2026. D’abord, lors de son message à la Nation, le 1er janvier 2026. Ensuite, devant le Corps Diplomatique, au cours de la cérémonie des vœux de fin d’année au Chef de l’Etat. Mais, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, une nécessité pour le bien de la Nation l’exigeant, et conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés, le Président de la République a le droit et est en devoir moral d’expliquer à son peuple et à la Communauté Internationale les raisons du recul de ces élections pour que leur organisation soit le produit d’un véritable compromis national. Ceci étant, la hauteur de vue du Chef, l’estime de son peuple, l’écoute active des voix s’élevant de l’ensemble du territoire national, l’affermissement de la volonté de gouverner, selon la volonté générale, seront, avec noblesse et dignité, reconnus au Président de la République. Avec l’espoir que cette Lettre Ouverte trouvera un écho favorable, Lettre que j’ai voulue Ouverte pour marquer ma citoyenneté, à l’égard de la République du Congo, recevez M. le Ministre l’expression de ma considération distinguée. Paris 10 janvier 2026 Ouabari Mariotti Ancien Garde des Sceaux Ministre de la Justice République du Congo ».
Congo. Le temps qui passe n’efface pas tout

TEMOIGNAGE. 25 décembre 1986-25 décembre 2025. 39 ans. Le temps s’est écoulé. Des souvenirs des faits de ma vie, depuis ma naissance à Mabirou, sur les bords de la rivière Alima, sous le Moyen Congo colonial, se sont estompés, et ont quitté mon esprit. Mais, demeurent en moi, et refont toujours surface, même si je tâche de les oublier, les souffrances endurées à l’ex Sécurité D’Etat, sous le régime monopartiste du Parti Congolais du Travail (PCT), en République du Congo. Pendant près de trois mois, d’octobre à décembre 1986, j’ai été séquestré, dans une des sordides cellules de la Sécurité D’Etat, à Brazzaville, pour avoir été soupçonné d’avoir écrit un tract, titré « Pour qui sonne le glas ». Un papier dur qui fustigeait la mauvaise gouvernance du pouvoir congolais ainsi que les maux qui empoisonnaient, en ces temps, l’existence des populations congolaises. A l’époque, j’assurais la fonction de Secrétaire Général auprès du Premier Ministre Ange Edouard Poungui. Cela, parallèlement à mes charges de Maître Assistant d’Université en Géographie, à l’Université Marien Ngouabi. Sorti de la Sécurité D’Etat, le 25 décembre 1986, j’ai exprimé mon intention de me libérer de mon rôle de Secrétaire Général auprès du Premier Ministre, m’étant senti humilié par l’injuste incarcération et les pénibles conditions de détention qui l’accompagnaient. Surtout que ma mère, Mère Azo, avait tenté de se suicider, n’ayant pu supporter mon absence, pendant que je croulais sur le poids de l’enfermement. N’eut été la vigilance de son entourage familial, Mère Azo n’aurait pas vécu ses 97 ans, puisqu’elle s’est éteinte, le 5 mars 2020. Une attitude de Mère Azo qui a donné lieu à diverses émotions et autres réactions, tels le choc, la surprise ou l’incompréhension de ses proches. La démission fut rejetée par le Premier Ministre. 39 ans après cette déchirante séquence de ma vie, heureusement, pour moi, je tiens le coup. Espérant résister encore quelques années de plus, avec la Grâce de Dieu Tout Puissant. Aussi je profite de ce 25 décembre 2025 pour souhaiter une joyeuse fête de Noël, à tous les compatriotes, sans exception, de la République du Congo, en leurs situations sociales, postes, grades, fonctions et statuts, avec une pensée pour ceux et celles qui s’en sont allés. Paris 25 décembre 2025 Ouabari Mariotti
Ouabari Mariotti sur l’arrestation de Maitre Bob Kaben Massouka : « Il n’est pas juste de placer la force ou la politique au-dessus des lois et règlements de la République » (Congo)

HAUT ET FORT. Ci-dessous, la réaction de l’ancien ministre Ouabari Mariotti sur l’arrestation de Maitre Bob Kaben Massouka en République du Congo. République du Congo. Arrestation de Maitre Bob Kaben Massouka. Il n’est pas juste de placer la force ou la politique au-dessus des lois et règlements de la République. Suite à la détention, au mépris de la loi, par les services de sécurité de la République du Congo, de leur confrère Maitre Bob Kaben Massouka, les avocats du Barreau de Brazzaville sont en grève générale, depuis ce 11 juillet 2025. Cela, jusqu’à la remise en liberté de leur confrère. Les avocats jouent un rôle crucial dans le système judiciaire en République du Congo, comme partout ailleurs, dans le monde. Leur importance se manifeste de plusieurs manières. Aussi défendent-ils les droits et les intérêts de leurs clients, garantissant ainsi l’équité et la justice dans les procédures judiciaires. Ils offrent, également, des conseils juridiques et accompagnent leurs clients dans les différentes étapes des procédures judiciaires, réduisant ainsi l’anxiété et l’incertitude liées aux litiges. Vis à vis de leurs clients, les avocats les représentent devant les juridictions, leur permettant de faire valoir leurs droits et intérêts, sans avoir à être presents eux-mêmes. A ces quelques obligations dévolues au métier des avocats, s’ajoute le fait que ceux-ci contribuent à la paix sociale en aidant les parties à résoudre leurs différends, de manière pacifique et constructive, notamment grâce aux modes amiables de résolution des conflits. Dans le cas de Maître Bob Kaben Massouka, il est crucial que les pouvoirs publics congolais respectent les procédures régulières et garantissent les droits de l’avocat détenu. Si un délit a été commis, les autorités devraient suivre les procédures légales pour garantir une justice équitable et transparente. Nulle part, il est disposé que les avocats sont au dessus de la loi. La remise en liberté de Maître Bob Kaben Massouka ou son jugement, s’il est clairement avéré, suivant les formes régulières, contribueraient à rétablir la confiance dans le système judiciaire congolais. La grève générale des avocats du Barreau de Brazzaville, paralysante, de par son caractère, donc ôtant aux tribunaux du ressort de Brazzaville leur fonctionnement normal, souligne l’importance de la profession d’avocat dans l’exercice de la justice au Congo et, conséquemment dans la défense des droits des citoyens . Il est essentiel que les pouvoirs publics congolais prennent en compte les préoccupations des avocats du Barreau de Brazzaville et agissent proprement pour garantir les libertés et droits fondamentaux. Les Congolais de la République du Congo sont, sans exception, tous fils du Congo, tous statuts, rangs, grades et professions confondus. Le corps des avocats, bien compris. Et le Congo, notre Mère Patrie, a besoin qu’aucun d’entre nous ne souffre. Liberez Maitre Bob Kaben Massouka et ses deux amis. Exprimant ma solidarité avec l’ensemble des avocats congolais et les personnels affiliés. Paris 11 juillet 2025 Ouabari Mariotti
Ouabari Mariotti : Peut-être faudrait il que l’Opposition Congolaise se remette en cause en prenant l’initiative de tenir les Assises de ses Etats Généraux

TRIBUNE. « Depuis quelques temps, les composantes de l’opposition congolaise se regardent en chien de faïence, se taquinent, se lancent des gros mots, se saluent à peine. Dans des cas spécifiques, elles sont à la limite, proches de l’invective, en raison du soupçon du gain silencieux méprisant dont certains profiteraient, de nuit, du côté du Palais Présidentiel du Plateau à Brazzaville », constate Ouabari Mariotti. Face à cette situation, qui n’est pas pour arranger les affaires de l’Opposition Congolaise, l’ancien ministre sous l’ère du Président Pascal Lissouba et membre de l’UPADS appelle à tenir les Assises de ses Etats Généraux dans la tribune ci-dessous. République du Congo Terre des Légendes et des Lumières Du caractère essentiel Des Etats Généraux de l’Opposition Congolaise Le Congo est une terre de citoyens, qui, de par leur rayonnement et leur influence, dans la vie nationale, sont devenus des figures légendaires, même mythiques, dans des cas précis. Certaines de ces figures sont encore en vie. D’autres s’en sont allées. Dans l’univers culturel et artistique congolais, l’administration, les finances, l’économie, le sport, la politique, l’éducation, l’armée, la santé, le secteur social, l’aménagement du territoire, l’architecture, ces figures congolaises abondent. Nous semblons les oublier. Mais elles sont là. Leurs images ineffaçables, quand bien même les conditions de leur existence et leur environnement ne leur ouvrent pas les voies de leur plein épanouissement, voire leur essor, en mettant au service de leur pays leurs facultés et leurs aptitudes Aujourd’hui, dans le monde politique congolais, des hommes et des femmes, par leurs connaissances, leurs formations, leurs expériences, leurs réseaux et relations au plan international, leurs voyages, leurs pratiques, les valeurs morales qu’ils entretiennent et travaillent à s’y attacher, sont, on n’en point douter, des lumières de la science politique. Ces Congolais, on les décèle, aussi bien dans la majorité présidentielle, l’opposition pure et dure, l’opposition modérée que dans la société civile. Par ces lignes-ci, j’interviens comme membre de l’UPADS. Parti censé être à l’opposition, puisqu’à sa tête, siège M. Pascal Tsaty Mabiala, Chef de file de l’Opposition Congolaise, une Institution de la République, au même titre que d’autres légalement inscrites dans la Constitution du pays. Depuis quelques temps, les composantes de l’opposition congolaise se regardent en chien de faïence, se taquinent, se lancent des gros mots, se saluent à peine. Dans des cas spécifiques, elles sont à la limite, proches de l’invective, en raison du soupçon du gain silencieux méprisant dont certains profiteraient, de nuit, du côté du Palais Présidentiel du Plateau à Brazzaville. Face à cette situation qui n’est pas pour arranger les affaires de l’Opposition Congolaise, peut-être faudrait il que celle-ci se remette en cause en prenant l’initiative de tenir les Assises de ses Etats Généraux. Sans acrimonie, sans arrières pensées, sans jouer les meilleurs et les plus clairs que les autres ou les vrais opposants, face aux vendus de la République que certains d’entre elles seraient. Mais, dans un esprit de devoir et d’obligation de construire la Nation Congolaise, à partir de l’espace commun d’une opposition républicaine, patriotique, responsable, ambitieuse et conquérante. Construire une Nation Congolaise, du reste, patrimoine commun inaliénable de tous les Congolais, faisant table rase des malentendus, incompréhensions et autres malaises pendants dans les milieux de l’opposition. Deux obstacles majeurs devraient être surmontés, en préalable à ces Assises. D’abord, la question de l’initiateur. Pour ne pas se perdre en conjectures, M. Pascal Tsaty Mabiala qui a la légitimité institutionnelle pourrait procéder, largement, sans exclusive, aux invitations des Partis, reconnus ou non reconnus par le Ministère de l’Intérieur. Une Commission Préparatoire des Assises que coordonnerait une personnalité consensuellement acceptée élaborerait un projet d’ordre du jour. Et le Président des travaux, également, retenu, avec l’approbation et l’adhésion de tous. Les Etats Généraux de l’Opposition Congolaise ne seraient pas un lieu pour constituer un Gouvernement où on en partagerait, de manière basse et légère, les postes ministériels. Mais une tribune empreinte de dignité, du sens de l’honneur et d’humilité, où l’opposition, très éparpillée actuellement, chacun, du haut de ses ergots ne s’estimerait pas en meilleure position pour défendre les intérêts supérieurs de la Nation. Ensuite, la problématique des Assises des Diasporas Congolaises, à l’image de celles qui se tiendraient, sur le territoire national. Ici, c’est une donne moins complexe, en dehors de la dispersion, à travers le monde, des Congolais. De manière générale, les Diasporas congolaises, où qu’elles se trouvent, ne jurent leurs grands Dieux que jamais mieux il existerait une solution, en dehors d’une alternative nouvelle, pour sortir le Congo de l’impasse en cours. Des Diaspora Congolaises, il pourrait en sortir, si les mécanismes de blocage n’interfèrent pas, mus, essentiellement par la mauvaise volonté, une synthèse des actes par espace géographique qui serait à déterminer. Avec la numérisation et les échanges sur les réseaux sociaux, sans les rendre public, il n’en faudrait pas des siècles pour que la synthèse des concertations soit transmise à la Commission Préparatoire des Assises Générales à Brazzaville. En homme libre, épris de paix et de justice, cultivant les bonnes moeurs, militant des premières heures de la création de l’UPADS, c’est là, ma contribution à l’effort de rassemblement autour des causes justes, qui devrait habiter l’ensemble des Forces l’Opposition de la République du Congo. Paris 16 avril 2025 Ouabari Mariotti
Au nom de la liberté

TRIBUNE. Ouabari Mariotti, citoyen du monde, n’a pour conseiller que sa conscience d’homme libre, de par sa culture, sa formation et ses convictions personnelles. Nul, surtout pas la politique, ne peut lui interdire de pleurer ses parents, amis et autres Frères passés à l’Orient Éternel. C’est le dernier hommage qui leur rend pour consolider les souvenirs qu’il garde d’eux. Mme Emilienne Lekoundzou qui vient de nous quitter, à Neuilly, en région parisienne, était une femme de caractère, courageuse, très attachée aux valeurs auxquelles elle croyait. De la position au gouvernement où j’étais, sous le mandat du Président Pascal Lissouba, je l’ai vue se battre, avec force, sans complexe, les mains nues, pour la remise en liberté de son conjoint, le Ministre Justin Lekoundzou Ossetoumba, placé à la Maison d’Arrêt de Brazzaville, sous la Transition, au sortir de la Conférence Nationale, en 1991, en même temps que Mr Maurice Nguesso, frère du Président Sassou Nguesso. Le combat de Mme Emilienne Lekoundzou a porté. Pour des raisons de cohésion nationale et d’apaisement dans le pays, le Président Pascal Lissouba, a ordonné la remise en liberté des deux prisonniers. En ces moments d’intense douleur, j’adresse mes condoléances les plus attristées à la famille de Mme Emilienne Lekoundzou et à ses enfants. Des condoléances qui s’étendent au Ministre Justin Lekoundzou Ossetoumba, un de nos anciens au Collège Catholique Chaminade de Brazzaville où il se distinguait sur le banc de l’école et sur les aires de jeux. Que Mme Emilienne Lekoundzou repose en paix. Dieu a donné. Dieu a repris. Paris le 3 février 2020 Ouabari Mariotti Membre de l’UPADS.
Ouabari Mariotti réagit à la mort de Jacques Chirac

TRIBUNE.Au moment où les Français et les amis du président Jacques Chirac, à travers le monde, affectés par le décès de cette grande figure gaulliste, le pleurent et lui rendent hommage. Nous, victimes vivantes des opérations militaires étrangères au Congo, soutenues par la France sous le mandat du président Jacques Chirac, lors du coup d’Etat du 5 juin 1997, n’avons toujours pas séché nos larmes. Autant, nous nous inclinons devant la mémoire du président Jacques Chirac, autant nos pensées demeurent tournées vers ces milliers de congolais qui ont payé le prix des tourments du 5 juin 1997 au Congo. La mort est ultime. Elle nous réunit tous dans la boue pour finir. Paris le 27 septembre 2019 – Ouabari Mariotti
Ouabari Mariotti réagit au décès du chanteur et compositeur Fernand Mabala

Dans un message publié sur sa page Facebook, et que nous reproduisons ci-dessous, l’ancien ministre Ouabari Mariotti a réagi au décès du chanteur et compositeur congolais Fernand Mabala: « L’on apprend, avec tristesse, le décès à Paris, ce 4 août 2019, du chanteur compositeur Fernand Mabala. Je frémis en écrivant ces lignes, en souvenir de lui, moi qu’il a connu à Mpissa Brazzaville. Ainsi, s’éteint cet artiste de renom. Par ailleurs, un homme élégant, bon sapeur de la lignée de Gilbert Goma, généreux, d’accès facile, respectueux d’autrui et aimant vivre. Mais, jamais ne s’effaceront ses œuvres musicales. Particulièrement sa mélodie fétiche, des premières années de sa carrière d’artiste, Yatama dont le magnifique clip, marqué par les déhanchements et les pas de danse de Fernand Mabala, ont émerveillé à sa sortie le monde de la musique. Peu importe où, tous, nous irons après la mort. Car, là bas, dans l’infini de l’Orient Eternel, nous sommes attendus. Condoléances les plus attristées à la famille et aux amis de Fernand Mabala. Que les artistes musiciens trouvent ici l’expression de mon agissante solidarité. Au Congo, la patrie de Fernand Mabiala, de lui donner la preuve de sa reconnaissance pour ce qu’il a été et réalisé dans le domaine musical pour l’image du Congo. Paris le 4 août 2019 – Ouabari Mariotti »