Centrafrique : calme à Obo après un mécontentement des miliciens A Zandé Ani Kpi Gbé

Après un moment de tensions suite aux mécontentement des anciens miliciens A Zandé Ani Kpi Gbé, la vie a repris son cours normal à Obo dans le Haut-Mbomou. Préoccupée par les violences qui ont précédé ce mouvement d’humeur, la Minusca compte renforcer sa présence dans la région afin de garantir la sécurité de la population. Selon des sources locales, le calme est bel et bien revenu, ce mercredi à Obo, chef-lieu du Haut-Mbomou après le mécontentement d’anciens éléments A Zandé Ani Kpi Gbé, récemment incorporés dans l’armée nationale. Ceux-ci avaient protesté contre l’arrestation de leurs frères d’armes à Bangui. Plusieurs sources locales indiquent que les activités ont repris à travers la ville. « Après la sensibilisation de la population par les Faca, tout est revenu dans l’ordre. Depuis ce matin, toutes les activités ont repris normalement. Je suis passé ce matin au lycée. Ensuite j’ai fait un tour à la mairie pour vérifier mes documents. Tout le monde est en place. Et depuis hier soir, jusqu’à présent je n’ai entendu aucun coup de fusil », a témoigné un habitant d’Obo. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, mercredi dernier à Bangui, la mission onusienne promet de renforcer sa présence militaire dans la région. « Nous suivons de près les derniers développements dans le Haut-Mbomou. Nos collègues, tant au niveau civil que militaire, sont présents sur place. Ils travaillent en collaboration avec les autorités locales pour un retour rapide au calme. Ainsi, nous allons renforcer cette présence avec des patrouilles de jour comme de nuit afin de rassurer les populations », a fait savoir Florence Marshal, porte-parole de la Minusca. Les ex-éléments de la milice A Zandés Ani Kpi Gbé, incorporés dans les rangs de l’armée nationale, sont arrêtés et transférés à Bangui car ils sont suspectés d’avoir assassiné des civils proches de Mboki toujours dans le Haut Mbomou. Radio Ndeke Luka
Centrafrique : une nouvelle vie possible pour les anciens combattants de la LRA à Obo

Les anciens combattants enrôlés dans les rangs de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) expérimentent une nouvelle vie en communauté après le maquis. A Obo, par exemple, les femmes violées parviennent à sortir avec leurs enfants, les hommes recrutés de force ainsi que des enfants soldats sortent du maquis. Ils appellent leurs frères d’armes à abandonner la guerre au profit de la paix sans être inquiétés. Présente en République centrafricaine depuis 2008, la rébellion ougandaise LRA a commis d’énormes atrocités dans le Haut-Mbomou et dans une partie du Mbomou. Fuyant les traques de l’armée ougandaise, cette rébellion dirigée par Joseph Kony a détruit des vies en Centrafrique. Des enfants enrôlés, des femmes violées et des personnes tuées. Mais aujourd’hui, les victimes veulent pardonner aux rebelles leurs forfaits en les appelant à déposer les armes. Justin Aristide Niko qui a passé 7 ans de captivité s’adresse à Joseph Kony pour qu’il cesse avec le maquis. « Il faut qu’ils abandonnent la guerre » « Je m’adresse à Joseph Kony. Nous ne savons pas où il se trouve. Nous avons appris qu’il se trouve tantôt au Darfour, tantôt à Sam-Ouandjia ou encore ailleurs. Quand il nous a capturés, nous, fils du pays, il nous a conduits en brousse. Mais Dieu a fait grâce nous sommes sortis. Nous avons appris qu’ils vont déposer les armes. Qu’ils déposent les armes et viennent vivre avec nous. Vivre en brousse, ce n’est pas bien. Il faut qu’ils abandonnent la guerre, au lieu de tenir les armes et tuer inutilement les gens. Qu’ils viennent cultiver la terre et vivre avec nous comme des parents », lance-t-il. Aimé Crépin n’a pas oublié le jour de sa capture et les opérations de destructions dont il a pris part. Pour lui, la justice doit absolument passer. Cette justice qui doit établir la responsabilité de Joseph Kony et ses principaux lieutenants. « Après notre capture on nous a conduits dans le village Bosso en République démocratique du Congo. Nous avons pillé le village. Mais suite à cette opération, les Ougandais nous ont attaqués et nous ont poursuivis le lendemain matin entre 8 et 9h et c’est à ce moment-là que j’en ai profité pour fuir », témoigne l’ancien rebelle. La paix avant tout Mais entre la justice et la paix, le choix pour l’instant est celui de la paix. Emmanuel Daba est un ex-otage de la LRA, il est favorable au désarmement de la LRA à Obo. « Moi je suis très d’accord avec la sortie des éléments de la LRA dans le Haut-Mbomou et précisément à Obo », déclare l’ancien otage de la LRA de Joseph Kony. Si les victimes de la LRA quittent en masse cette rébellion ougandaise, il n’en demeure pas moins que leur prise en charge psychosociale demeure un défi pour l’instant.