Lettre ouverte au peuple congolais : le supplice de Lassy Mbouity, un cri de vérité que plus rien ne doit faire taire

« Peuple congolais, Cette semaine, l’un des nôtres, un homme libre, un citoyen debout, un militant infatigable pour la justice sociale et la démocratie, Lassy Mbouity, a été retrouvé gisant au bord d’un cours d’eau, dans la région de Brazzaville. Brisé. Torturé. Humilié. Jeté comme un fardeau encombrant par ceux-là mêmes qui, chaque jour, usurpent notre souveraineté, piétinent nos droits et souillent notre patrie. Pendant une semaine, Lassy Mbouity a été séquestré et torturé par les services de sécurité du régime de Denis Sassou-Nguesso. Une barbarie froide, méthodique, systémique. Une barbarie d’État. Une fois encore. Mais Dieu soit loué, il est vivant. Il est revenu parmi nous grâce à votre mobilisation, à cette onde de colère, de solidarité, d’amour et de résistance que vous avez su faire vibrer sur les réseaux sociaux, dans les quartiers, dans les cœurs. Son corps est blessé, mais son esprit, lui, nous l’espérons, est intact. Il est la preuve que le peuple congolais n’a pas encore totalement cédé. Il est le témoin vivant que l’indignation peut encore sauver une vie. Mais combien n’ont pas eu cette chance ? Cette lettre n’est pas une plainte. Elle est un appel à la lucidité, à la responsabilité, et à l’action. Elle s’adresse à chacun de vous, dans vos contradictions, dans vos hésitations, dans vos renoncements. Elle ne juge pas, mais elle nomme. Elle ne condamne pas, mais elle alerte. Il n’y a plus de place pour l’innocence ou l’aveuglement. Ce que le régime a fait à Lassy Mbouity, il peut le faire à chacun d’entre nous. À ceux qui ont changé d’avis sur les méthodes du pouvoir, qui osent dire aujourd’hui que les choses « se sont apaisées », que le régime a « mûri » ou « évolué », je vous le dis sans détour : vous vous trompez. Rien n’a changé. L’infrastructure de la terreur est intacte. Les geôles sont toujours pleines de prisonniers politiques. Les disparitions, les tortures, les intimidations sont toujours là, seulement plus discrètes, plus techniques, mieux camouflées. Mais la logique reste la même : réduire au silence toute voix discordante, tout rêve de liberté. Ne soyez pas les idiots utiles d’un pouvoir cynique. Votre naïveté — feinte ou sincère — lui sert de caution. À ceux qui ont rejoint les rangs du pouvoir, pour un poste, une faveur, un semblant de sécurité, un contrat ou une voiture de fonction, sachez-le : vous êtes désormais dans le camp des bourreaux. Vous ne serez pas oubliés. Vous avez choisi, délibérément, de participer à la mécanique de l’oppression. Vous avez ajouté votre nom à la longue liste des complices. Quand l’heure de rendre des comptes viendra, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. Chaque silence est une collaboration. Chaque complaisance est une complicité. À ceux qui détournent le regard, qui évitent le sujet, je vous le dis avec gravité : vous ne serez pas épargnés. Le monstre que vous refusez de voir a fini de grossir, il est devenu obèse. Et il viendra pour vous, comme il est venu pour Lassy, pour Arnaud Batola, pour Merveille Bazonzela, pour Bruno Ossébi, et tant d’autres dont les noms se perdent dans le silence des cellules sans fenêtre. Quand ce sera votre tour, il n’y aura peut-être plus personne pour vous défendre. À ceux qui se contentent de réactions émotives sur les réseaux sociaux, à coups de hashtags et de messages indignés, je vous pose cette question : est-ce suffisant ? Est-ce vraiment tout ce que mérite notre pays ? Bien sûr, ces messages ont sauvé Lassy. Mais pour combien de temps ? Sauver un homme n’est pas libérer une nation. Il faut plus que des mots. Il faut des actions. Il faut une organisation. Il faut du courage. Le temps est peut être venu de franchir le pas de l’engagement. L’histoire ne retiendra pas les posts, mais les actes. À ceux qui défendent les membres du clan présidentiel, avec une loyauté aveugle, parfois contre rémunération, souvent contre leur propre dignité, vous êtes aussi vulnérables que les autres. Ce régime ne protège personne. Il utilise, il jette, il trahit. Ceux que vous défendez aujourd’hui vous livreront demain si cela leur permet de préserver leur fortune ou leur pouvoir. L’histoire regorge d’anciens courtisans devenus victimes. Votre tour viendra. Aux hommes politiques qui font semblant de jouer les opposants, qui mènent une danse hypocrite avec le pouvoir, entre critiques timides et collusions assumées, nous vous voyons. Vous ne trompez plus personne. Votre duplicité est un poison pour la lutte. Vous êtes les gardiens d’un statu quo qui vous arrange. Mais le peuple n’est pas dupe. Le moment venu, nous vous rappellerons votre rôle, vos rendez-vous manqués avec l’Histoire, vos silences honteux, vos compromissions. Nous vous jugerons non pas sur vos discours, mais sur vos prises de risque, vos solidarités, votre courage — ou votre lâcheté. Et à nous-mêmes, activistes, résistants, éveilleurs de conscience, qui dénonçons sans relâche les crimes de ce régime, posons-nous cette question essentielle : sommes-nous allés assez loin ? Ne sommes-nous pas parfois devenus des spectateurs indignés, des chroniqueurs de l’horreur, mais sans effet concret ? Ne sommes-nous pas prisonniers de notre propre rhétorique ? Peut-être est-il temps, en effet, de passer des paroles aux actes. Le régime est une machine. Nous devons avoir une réponse. Et elle ne devra pas virtuelle. L’affaire Lassy Mbouity est un signal d’alarme de plus. Peut-être le dernier. Elle nous rappelle que le régime n’a pas changé. Que la peur est toujours son arme. Que la mort est toujours sa langue. Que la violence est toujours son fondement. Mais elle nous rappelle aussi que le peuple congolais peut encore réagir, que la solidarité existe, que l’indignation peut être salvatrice. Alors, que faire ? Organisez-vous localement, discrètement, mais efficacement. Documentez les exactions. Archivez. Filmez. Transmettez. Créez des réseaux de résistance civique. Refusez la banalisation du mal. Réveillez les consciences autour de vous. N’attendez pas qu’un sauveur tombe du ciel. Redevenez les acteurs de votre destin. Peuple congolais, nous n’avons
Melaine Destin GAVET ELENGO: l’opposant Lassy MBOUITY retrouvé, torturé et méconnaissable

Après avoir été Kidnappé le 11 Mai 2025 à Brazzaville par des hommes cagoulés et non identifiés, nous venons d’apprendre que Monsieur Lassy MBOUITY, Président du parti politique << Les Socialistes >>, venait d’être retrouvé, torturé et méconnaissable, le soir du 20 Mai 2025 à Brazzaville. Je condamne avec la plus grande énergie ces pratiques rétrogrades d’une époque révolue et qui doivent immédiatement cesser. Je rappelle que les dirigeants des partis de l’opposition et leurs militants sont protégés par la loi n° 28-2017 du 7 Juillet 2017, déterminant le statut de l’opposition politique congolaise. Je souligne ici la nécessité, pour le peuple congolais, les acteurs politiques de l’opposition, la société civile et les défenseurs des droits humains, de faire preuve de solidarité dans ces moments difficiles que traverse notre nation. L’article 25 de la Constitution du 25 Octobre 2015 garantit la liberté d’expression dans notre pays, sous plusieurs formes. Prenons donc acte de ces dérives, et œuvrons avec détermination pour que le changement intervienne dès Mars 2026. Vive des libertés individuelles ! Vive la liberté d’expression en République du Congo ! Vive le CHANGEMENT ! Melaine Destin GAVET ELENGO.