L’OMS exhorte les gouvernements à cesser de subventionner la culture mortifère du tabac

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté, vendredi, les gouvernements à cesser de subventionner la culture du tabac et à soutenir des cultures plus durables qui pourraient nourrir des millions de personnes. Plus de 300 millions de personnes dans le monde sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Pendant ce temps, plus de 3 millions d’hectares de terres dans plus de 120 pays sont utilisés pour cultiver un tabac mortel, même dans des pays où les gens meurent de faim. « Le tabac est responsable de 8 millions de décès par an, et pourtant les gouvernements du monde entier dépensent des millions pour soutenir les plantations de tabac », a déclaré dans un communiqué, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « En choisissant de cultiver des aliments plutôt que du tabac, nous donnons la priorité à la santé, nous préservons les écosystèmes et nous renforçons la sécurité alimentaire pour tous », a souligné le Dr Tedros. En effet l’OMS signale que le tabac fait plus de 8 millions de morts chaque année, soit la moitié de celles et ceux qui en consomment et le tabagisme est à l’origine d’un cancer sur trois. Hausse de 20% des terres consacrées à la culture du tabac en Afrique Les dernières données montrent que les fabricants de tabac s’étendent à l’Afrique. Alors que globalement les terres consacrées à la culture du tabac ont diminué de 15%, les terres consacrées à la culture du tabac ont augmenté de près de 20% en Afrique depuis 2005, la culture du tabac représentant 5% de la déforestation totale. « Les collègues disent souvent que la culture du tabac serait si importante pour la croissance économique. C’est un mythe qu’il est urgent de dissiper, car elle ne contribue qu’à moins de 1% du PIB mondial », a déclaré lors d’un point de presse, le Dr Ruediger Krech, Directeur de la promotion de la santé à l’OMS, ajoutant que cette croissance n’est supérieure à 1% dans des pays comme le Mozambique, le Zimbabwe ou la Tanzanie. « Et seul le Malawi dépasse les 5%, ce qui signifie que les bénéfices vont aux multinationales du tabac ». Un nouveau rapport de l’OMS met d’ailleurs en lumière les méfaits de la culture du tabac et les avantages d’un passage à des cultures vivrières plus durables pour les agriculteurs, les communautés, les économies, l’environnement et le monde en général. Le document dénonce également l’industrie du tabac qui piège les agriculteurs dans un cercle vicieux d’endettement et de dépendance. L’expérimentation de l’initiative « Fermes sans tabac » « La culture du tabac nécessite des investissements importants en fournitures et en services tels que les semences, les engrais et les pesticides. Par ce processus, les agriculteurs finissent par dépendre et s’endetter auprès des sociétés transnationales de tabac ou des négociants intermédiaires », a détaillé le Dr Krech. Par ailleurs, la culture du tabac provoque des maladies chez les agriculteurs eux-mêmes et on estime à plus d’un million le nombre d’enfants qui travaillent dans les plantations de tabac et qui n’ont pas la possibilité d’accéder à l’éducation. « Les cultivateurs de tabac sont exposés aux pesticides chimiques, à la fumée de tabac et à une quantité de nicotine équivalente à celle contenue dans 50 cigarettes, ce qui entraîne des maladies telles que les affections pulmonaires chroniques et l’empoisonnement à la nicotine », a fait observer le Directeur de la promotion de la santé à l’OMS. C’est dans ce contexte que les agences onusiennes se sont données la main pour combattre le fléau. L’agence sanitaire mondiale de l’ONU, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont ainsi soutenu l’initiative « Fermes sans tabac ». L’exemple de l’agricultrice kenyane Sprina Robi Chacha Ce soutien permet aux agriculteurs de rompre les contrats avec l’industrie du tabac et de se tourner vers des cultures vivrières alternatives qui contribueront à nourrir leurs communautés au lieu de nuire à leur santé. Il aidera plus de 5.000 agriculteurs au Kenya et en Zambie à cultiver des produits alimentaires durables au lieu du tabac. L’initiative a été lancée pour la première fois dans le comté de Migori, au Kenya, où 15% des agriculteurs se sont immédiatement retirés. « Nous avons été très surpris de voir que les agriculteurs s’intéressaient autant à cette initiative. Mais ils ont vu qu’il s’agissait d’une alternative viable et que tout ce qui pouvait les aider était formidable », a indiqué le Dr Krech. Selon l’OMS, ces agriculteurs ont déjà commencé à cultiver des haricots à haute teneur en fer. Une nouvelle orientation qui permet aux enfants d’aller à l’école au lieu de cultiver du tabac. « Il faut savoir que 1,3 million d’enfants travaillent dans les champs de tabac », a précisé le Dr Krech, relevant qu’en en choisissant de cultiver des aliments plutôt que du tabac, la priorité est donnée à la santé et la sécurité alimentaire, mais aussi à la préservation des écosystèmes. A noter que chaque année, la Journée mondiale sans tabac rend hommage à ceux qui font la différence dans la lutte antitabac. Cette année, l’une des lauréates, Sprina Robi Chacha, une agricultrice du Kenya, est récompensée non seulement pour être passée de la culture du tabac à celle des haricots à haute teneur en protéines, mais aussi pour avoir formé des centaines d’autres agriculteurs sur la manière de procéder afin de créer une communauté plus saine.
L’OMS attire l’attention sur l’ampleur des décès imputables à des maladies pulmonaires liées au tabac

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac (célébré le 31 mai dernier, NDR), l’Organisation mondiale de la Santé attire l’attention sur les dégâts causés par le tabac sur la santé pulmonaire : plus de 40 % des décès liés au tabac sont imputables à des maladies pulmonaires comme le cancer, les affections respiratoires chroniques et la tuberculose. L’OMS lance un appel aux pays et aux partenaires pour qu’ils prennent davantage de mesures visant à protéger les gens contre l’exposition au tabac. « Chaque année, le tabac tue au moins huit millions de personnes et des millions d’autres sont atteintes d’un cancer du poumon, de tuberculose, d’asthme ou d’une affection respiratoire chronique à cause du tabac », a déclaré le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Des poumons sains sont indispensables pour vivre en bonne santé. Aujourd’hui, comme tous les autres jours, vous pouvez protéger vos poumons ainsi que ceux de vos amis et de votre famille en disant non au tabac. » En 2017, le tabac a tué 3,3 millions de fumeurs et de personnes exposées à la fumée des autres à cause de maladies respiratoires, notamment : 1,5 million de décès dus à des affections respiratoires chroniques ; 1,2 million de décès imputables au cancer (de la trachée, des bronches et du poumon) ; 600 000 décès liés à des affections respiratoires et à la tuberculose. Plus de 60 000 enfants de moins de cinq ans meurent d’infections des voies respiratoires inférieures causées par le tabagisme passif. Ceux qui parviennent à l’âge adulte sont plus susceptibles de développer par la suite une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Que faire ? L’OMS invite instamment les pays à lutter contre l’épidémie de tabagisme en appliquant la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac dans son ensemble et en prenant des mesures efficaces de lutte antitabac, notamment les mesures stratégiques prévues dans le cadre MPOWER. Ils peuvent, par exemple, s’efforcer de faire baisser la demande de tabac par l’intermédiaire de mesures fiscales, créer des espaces non-fumeurs et mettre en place des aides au sevrage. L’Organisation incite également les parents et les responsables communautaires à prendre des mesures visant à préserver la santé de leur famille et de leur communauté en menant des actions de sensibilisation et en protégeant les populations des effets nocifs du tabac.
Journée mondiale sans tabac : Le tabagisme régresse, mais trop lentement

On observe depuis l’an 2000 un sensible recul du tabagisme selon un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), mais la réduction est insuffisante pour atteindre les cibles convenues au niveau mondial visant à éviter les décès et les souffrances imputables aux maladies cardiovasculaires et aux autres maladies non transmissibles (MNT). À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac 2018, célébrée le 31 mai de chaque année, l’OMS s’est associée à la Fédération mondiale du cœur pour faire ressortir le lien entre le tabac et les maladies cardiovasculaires – première cause de décès dans le monde, à l’origine de 17,9 millions de décès annuels ou 44% de tous les décès par MNT. Le tabagisme, y compris le tabagisme passif, sont des causes majeures de maladies cardiovasculaires, notamment d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux, provoquant quelque 3 millions de décès annuels. Mais il apparaît que les risques multiples associés au tabac sont bien mal connus. Le Directeur général de l’OMS, le DrTedros Adhanom Ghebreyesus, affirme que «la plupart des gens savent que le tabac provoque des cancers et des affections pulmonaires, mais on ignore bien souvent le rôle qu’il joue dans l’infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux, qui viennent en tête des causes de décès dans le monde.» Ainsi, explique-t-il, la célébration de cette Journée mondiale sans tabac, est l’occasion pour l’OMS de «souligner que le tabac ne provoque pas seulement le cancer, mais qu’il brise littéralement les cœurs». Si l’on sait couramment que le tabagisme accroît le risque de cancer, il est inquiétant de constater les connaissances bien plus lacunaires concernant les risques cardiovasculaires. Cette faible sensibilisation atteint des proportions notables dans certains pays: en Chine par exemple, selon l’enquête mondiale sur la consommation de tabac chez les adultes, plus de 60% de la population ignore que les fumeurs s’exposent à un risque accru d’infarctus. En Inde et en Indonésie, plus de la moitié des adultes ne savent pas qu’il existe un risque d’accident vasculaire cérébral pour les fumeurs. Pour le Dr Douglas Bettcher, Directeur de la Prévention des MNT à l’OMS, « Les gouvernements disposent des pouvoirs nécessaires pour protéger la population contre les maladies cardiaques évitables. Parmi les mesures réduisant les risques de cardiopathie liés au tabac, figurent l’interdiction totale de fumer dans tous les lieux publics et lieux de travail intérieurs et l’emploi de mises en garde sur les conditionnements illustrant les risques sanitaires liés au tabagisme. » Des progrès insuffisants Malgré la baisse régulière de la consommation dans le monde, plus de 7 millions de décès annuels sont imputables au tabac comme le montre le nouveau rapport de l’OMS sur les tendances de la prévalence intitulé Global Report on Trends in Prevalence of Tobacco Smoking 2000-2025. S’il est vrai que la proportion mondiale des fumeurs a été ramenée de 27% en 2000 à 20% en 2016, la réduction de la demande de tabac et de la mortalité et de la morbidité qui lui sont dues progresse à un rythme qui ne permettra pas d’atteindre la cible d’une baisse de 30% d’ici à 2025 chez les 15 ans et plus. Au rythme actuel, la réduction en 2025 ne dépassera pas 22%. Le nouveau rapport fait également d’autres constatations importantes: Changements de comportement: on compte aujourd’hui 1,1 milliard de fumeurs adultes dans le monde et au moins 367 millions de consommateurs de tabac sans fumée. Même si le taux de prévalence a baissé, le nombre des fumeurs n’a pratiquement pas changé depuis le début du siècle en raison de la croissance démographique. Il était déjà de 1,1 milliard en 2000. Consommation selon le sexe: 43% des hommes âgés de 15 ans et plus étaient fumeurs en 2000, contre 34% en 2015; chez les femmes, le pourcentage de fumeuses est passé de 11% en 2000 à 6% en 2015. Tabac sans fumée: près de 6,5% de la population mondiale âgée de 15 ans et plus consomme du tabac sans fumée (8,6% des hommes et 4,6% des femmes). Action dans les pays: plus de la moitié de l’ensemble des États Membres de l’OMS ont réduit la demande en tabac, et près d’un sur huit devrait atteindre la cible de réduction de 30% d’ici à 2025. Mais les pays doivent encore faire davantage pour suivre la consommation de tabac sous toutes ses formes – et non uniquement la consommation de tabac à fumer. Actuellement, un pays sur quatre dispose de données insuffisantes pour suivre l’épidémie de tabac au niveau national. Chez les jeunes: dans le monde, environ 7%, soit un peu plus de 24 millions, d’enfants âgés de 13 à 15 ans fument des cigarettes (17 millions de garçons et 7 millions de filles). Environ 4% des enfants âgés de 13 à 15 ans (13 millions) consomment des produits du tabac sans fumée. Pays en développement: plus de 80% des fumeurs de tabac vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. La prévalence du tabagisme diminue plus lentement dans ces pays que dans les pays à revenu élevé, et le nombre de fumeurs est en hausse dans les pays à faible revenu. «Nous savons quelles sont les politiques et les mesures qui peuvent conduire à une hausse des taux de sevrage, empêcher les gens de commencer à consommer du tabac, et réduire la demande», rappelle le Dr Svetlana Axelrod, Sous-Directrice générale chargée du Groupe Maladies non transmissibles et santé mentale. «Nous devons surmonter les obstacles à l’application de mesures telles que l’imposition de taxes, les interdictions de la publicité et l’adoption du paquet neutre», affirme-t-il soulignant «notre plus grande chance de réussite réside dans notre unité à l’échelle mondiale et la fermeté de l’action multisectorielle que nous menons contre l’industrie du tabac.» Avec OMS