RDC. Ce paradoxe trop congolais

PARLONS-EN. 1. S’il y a un événement qui aura défrayé la chronique cette semaine, c’est bel et bien le retour de Joseph Kabila au pays par la ville de Goma en passant par Kigali. « J’ai foulé le sol de Goma. Mon retour n’est pas une visite, c’est une déclaration. Le temps des silences est révolu. Le peuple congolais mérite qu’on soit là, dans la douleur comme dans l’action. Ce n’est que le début », telles sont ses premières déclarations tweetées de Kabila une fois arrivé à Goma. Il est donc entré sur le territoire congolais par cette ville mise sous le contrôle de M23/ AFC qui ont massacré des milliers de congolais depuis leur prise de Goma tout comme les mêmes M23 avaient constitué en 2016 ce redoutable escadron de mort invité par un certain Kabila décidé de « glisser » et qui leur avait fait appel pour mater le peuple congolais réclamant le respect de la constitution. Facile donc de comprendre pourquoi il a été accueilli chaleureusement par l’actuel gouverneur du Sud Kivu et pourquoi il y pavane librement. Je suis tout de même perplexe quant à la véritable posture actuelle de Joseph Kabila : reste-t-il l’ancien président avec devoir de réserve dans la gestion courante des affaires de l’Etat ou alors a-t-il basculé dans le camp de ceux qui veulent se passer de la constitution pour arracher le pouvoir par la force militaire et … sous l’égide du même Rwanda qui avait accompagné l’Afdl en 1997 avec les lourdes conséquences qui impactent négativement la vie des congolais jusqu’à ce jour. Est-ce au bout de compte la révélation au grand jour d’un Kabila comme le rebelle en chef qu’il n’a jamais cessé d’être? Je reste également perplexe quant à la NAÏVETÉ légendaire de certaines élites congolaises qui ce dernier temps se battent becs et ongles pour ce monsieur dont on connaît des accointances avec l’agresseur rwandais et qui porte lui-même sur ses épaules l’oppression violente des congolais étalée sur 18 ans. On est même ahuri de voir se rallier à Kabila et au Rwanda, des figures de proue de la diaspora, tel Rex Kazadi et les infatigables mamans de Bruxelles et de Paris, rendues célèbres par leurs attaques sur des ambassades congolaises à l’étranger avec l’objectif de faire partir Kabila du pouvoir. Comment m’expliquer ce rétropédalage ? Comment m’expliquer une telle grave amnésie ? Beaucoup d’intellectuels congolais refusent de voir le PIÈGE KABILA, cet ex-président, qui le 12 décembre 2013, prétendait avoir « neutralisé» les M23, mais qu’on voit douze ans plus tard faire allégeance avec les mêmes rebelles M23 qu’il prétendait combattre avant. Pour quel camp travaille-t-il finalement ? Celui de la patrie ou celui qui agresse la RDC et ses institutions ???? Ce refus de la part des congolais de voir ce dangereux piège ne nous entraîne-t-il pas inexorablement vers le schéma de départ en mai 1997 ? 2.Jusque là je savais que mon pays était en crise mais là où le flou a atteint son paroxysme, c’est dans le comportement des parlementaires eux-mêmes censés débattre et remettre le pays sur le bon rail. D’abord le président de la chambre basse, gagnant à lui seul 350.000 $ le mois et qui se plaint publiquement du manque d’enveloppes dans son bureau au moment même où le gouvernement confirme avoir continué à verser les contributions dans le compte de cette institution. Puis hier vendredi c’est au tour d’Elieser TAMBWE de se plaindre sur la place publique en ces termes : « les honorables députés ne savent pas où se faire soigner ». Gavés des salaires bien au-delà du revenu du congolais lambda, ces députés mandatés par le peuple à l’hémicycle du palais du peuple pour défendre ses intérêts vitaux, se mettent à pleurnicher et à faire preuve des caprices puérils là où ils devraient se réunir en congrès extraordinaire pour la levée des immunités de certains parlementaires et sénateurs accusés de HAUTE TRAHISON et autoriser la Cour Constitutionnelle à engager contre eux , des poursuites judiciaires tant il est vrai que ces traîtres ne s’en cachent même plus de travailler pour le camp ennemi. Au final personne parmi ceux qui exercent le pouvoir ne pipe mot et les décideurs politiques semblent s’accommoder au cycle d’émiettement et de balkanisation lente mais sûre du grand Zaïre. C’est comme s’ils étaient fiers d’accomplir par là leur principale mission pour laquelle ils occupent les postes de direction. Par Germain Nzinga