Tanzanie. De quoi serait mort le Président…?

TRIBUNE. La mort du président John Magufuli en plein exercice du pouvoir ne semble laisser personne indifférent. Plusieurs chefs d’État africains ont fait le déplacement ce lundi 22 mars pour saluer la mémoire du chef de l’État disparu lors de funérailles nationales dans la capitale, Dodoma. Exposé samedi et dimanche dans la capitale économique Dar es Salaam, son corps a été accueilli à Dodoma par une foule compacte massée dans les rues sans respect aucun des mesures barrières contre la pandémie, qui a salué le passage du convoi mortuaire avec chants, cris et pleurs. Au stade Jamhuri, où se sont déroulées les funérailles nationales devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, des secouristes ont dû prendre en charge certains spectateurs ayant perdu connaissance. Président depuis 2015, John Magufuli, 61 ans, est officiellement mort mercredi de problèmes cardiaques, selon l’explication lue à la télévision nationale par les autorités tanzaniennes. Mais son principal opposant, monsieur Lissu affirme le contraire en accusant le dirigeant, qui n’a cessé de minimiser l’impact du coronavirus dans son pays et refusé de prendre des mesures draconiennes pour endiguer la pandémie, qu’il serait plutôt mort du Covid-19 comme d’ailleurs la plupart de ses collaborateurs et autres dirigeants des institutions du pays. Lundi, pendant le deuil, c’était très remarquable, seul un petit nombre de Tanzaniens ainsi que les chefs d’État étrangers et leurs délégations portaient des masques dans un stade comble.Si les années au pouvoir du feu président Magufuli ont été marquées par de grands projets, elles ont aussi vu un virage très autoritaire proche de la dictature , dénoncé par des organisations des droits humains, avec des attaques répétées contre l’opposition et un recul des libertés très fondamentales . La population Tanzanienne quand à elle doute très fort de l’explication officiel donnée par l’état Tanzanien sur les causes de la mort de leurs président.« Le timing me fait penser au Covid-19 parce que c’est à ce moment-là que beaucoup de gens, y compris des dirigeants, des ministres sont morts de ce que les médecins et certains officiels ont qualifié de pneumonie », confiait ainsi récemment par téléphone à FocusRDCmonde, Andrew Mpumbu, instituteur à Dar es Salaam. Avec l’arrivée de la pandémie du coronavirus sur les terres africaines , Le feu président John Magufuli est devenu le deuxième dirigeant d’Afrique de l’Est à mourir dans des circonstances controversées après son voisin, le président burundais Pierre Nkurunziza, comme lui sceptique à l’égard du Covid-19 , comme lui complotante a l’égard des pays occidentaux, comme lui partisan d’une protection religieuse céleste , comme lui pasteur d’église et comme lui décédé des suites d’une « insuffisance cardiaque » en juin dernier après que sa propre femme soit transportée d’urgence au Kenya pour y être soignée du coronavirus à un stade très avancé . 🟡 Pourquoi la Tanzanie ? Faisons un tour sur l’île de Zanzibar, le paradis des touristes qui a vaincu la peur du coronavirus . Celle qui porte à merveille le nom de l’île aux épices. L’île aux épices, comme le reste de la Tanzanie d’ailleurs , pensait grâce à son président avoir vaincu le covid par la prière , la protection céleste et les plantes médicinales. Il en émane une énergie ébouriffante qui attire en masse les fameux « réfugiés covid », ses européens et autres américains, sud-africains ou australiens en quête d’un endroit nostalgique du passé , où l’on peut encore vivre sans mesures barrières et sans coronavirus où l’on peut se côtoyer sans porter des masques , une insouciance qui a fait rebondir la pandémie. Si le tourisme est la principale source de revenu en Tanzanie , l’écotourisme, encore embryonnaire, représente un formidable potentiel de développement pour les communautés locales comme sur l’île de Zanzibar. La vie en Tanzanie est des plus simples vu la pauvreté de la population.Ces dernières semaines, la pêche a été bonne sur l’île de Zanzibar . Excellente même entre les côtes de l’île et les terres africaines de la Tanzanie. Tôt le matin à Kizimkasi, à l’extrême sud de Zanzibar, le va et vient des hommes qui remontent les dizaines de thons, bonites et impressionnants espadons de 1,5 mètre est incessant. Des pêcheurs, accroupis sur les bateaux en bois qui s’échouent au fur et à mesure que la marée baisse, ont remonté les voiles et allumé le feu du petit déjeuner. Sur la plage, les filets sont mis à sécher et les enfants commencent à éventrer les poissons. A l’intérieur d’un carré délimité par une corde, d’autres sont posés à même le sable et vendus à la criée. Des femmes aux châles chatoyants observent la scène, assises face à la mer. Les hommes écoutent les mises annoncées par des sortes de commissaires-priseurs en gilet orange qui font monter les enchères et cèdent la prise au plus offrant. 🟤 Covid vaincu par la prière, le jeûne et les plantes médicinales Les pêcheurs Tanzanien croisent les touristes qui prennent la mer dans la direction opposée, en espérant faire quelques brasses avec les dauphins. Lorsque les nageurs reviennent, presque tous les poissons ont été vendus. La plupart des touristes repartent vers des endroits plus fréquentés de l’île, après avoir acheté quelques fruits sous le regard indifférent des habitants – des musulmans visiblement très tolérants vue la tenue de certains visiteurs. L’île de Zanzibar et la côte sur l’océan indien de la Tanzanie ont été la porte d’entrée de l’Islam en Afrique. Il y a été amené par les Perses au 13ème siècle et s’est ensuite répandu vers le Kenya, la Somalie et le nord, renforcé par la présence du sultanat d’Oman qui a contrôlé ces régions pendant deux siècles. En cherchant bien, on trouve même à Kizimkasi l’une des plus vieilles mosquées du continent, qui a plus de mille ans. Si le tourisme a beaucoup pâti du confinement des pays industrialisés, depuis les fêtes de fin d’année et la reprise des liaisons aériennes beaucoup d’Européens – surtout des ressortissants des pays de l’Est, mais aussi quelques Citoyens de l’Union européenne – se ruent vers
Visite officielle du Roi Mohammed VI en Tanzanie : le grand retour attendu du Maroc en Afrique de l’Est

Au lendemain de son arrivée à Dar Es Salam, le Souverain marocain a été accueilli, le 24 octobre 2016, à l’entrée du Palais présidentiel par le Président de la République tanzanienne, Monsieur John Pombe Magufuli, et par une foule nombreuse de tanzaniennes et de tanzaniens ainsi que par des spectacles de troupes folkloriques populaires locales. Par la suite, les deux Chefs d’Etat ont eu des entretiens en tête-à-tête au cours desquels les questions bilatérales ont été abordées. Les grands sujets de l’heure sur les plans international, régional et continental ont été soulevés ainsi que le dossier du retour du Maroc au sein de l’Union Africaine (U.A). A l’issue de ces entretiens, le Roi du Maroc et le Président tanzanien ont présidé la cérémonie de signature de 22 conventions couvrant un large éventail de secteurs tels : la coopération économique, scientifique et culturelle, l’établissement d’un mécanisme de consultations politiques, le domaine des hydrocarbures, énergies, mines et géologie, le transport aérien, l’agriculture, les pêches maritimes, les engrais, les énergies renouvelables, le tourisme, l’établissement et le développement de l’assurance de culture en Tanzanie, la promotion de Clusters Industriel et Logistique, le développement de corridors logistiques et ferroviaires entre les ports et les clusters industriels en Tanzanie, le partenariat entre les patronats des deux pays, la santé, le secteur des banques, la promotion et le financement des échanges commerciaux et de l’investissement en Afrique, l’assurance, ainsi que la création d’une unité de valorisation et de conditionnement de thé haut de gamme. En conclusion de cette journée du 24 octobre 2016, riche en activités, le Président tanzanien, John Pombe Magufuli a offert un dîner officiel en l’honneur du Roi Mohammed VI au cours duquel il a prononcé une brève allocution dans laquelle et je le cite : » Je dis un grand merci à Sa Majesté le Roi Mohammed VI et aux opérateurs économiques marocains et Tanzaniens et me félicite des bonnes relations qui lient aujourd’hui Rabat et Dar Es Salam « . Cette visite insufflera une nouvelle dynamique aux relations maroco-tanzaniennes et ouvrira des perspectives prometteuses pour des lendemains meilleurs pour les populations des deux pays. La visite officielle du Roi Mohammed VI en Tanzanie marque bel et bien un tournant historique dans les relations du Maroc avec les pays d’Afrique orientale.