Iran. Comment l’Ayatollah Ali Hosseini Khamenei a piégé Ies USA et Israël : le «guet-apens » du martyr

ON VA PLUS LOIN. Lorsque la mort du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Hosseini Khamenei, a été annoncée, ma première réaction a été de chercher à comprendre les circonstances exactes de sa disparition. On a appris par la suite qu’il est mort chez lui, lors du bombardement de sa résidence par la coalition israélo-américaine. Cela m’a paru très étrange. Pourquoi le Guide iranien est-il resté dans sa résidence, lui qui savait que sa vie était menacée par Israël et les États-Unis ? À mesure que j’écoute les responsables iraniens raconter la séquence, une hypothèse se dessine : celle d’un sacrifice assumé, presque calculé — une forme de « stratégie du sacrifice utile ». Un responsable iranien a même affirmé que le Guide avait refusé d’être évacué dans un lieu sûr. Âgé de 84 ans, affaibli, Khamenei n’avait plus grand‑chose à perdre. Il avait d’ailleurs laissé entendre, dans un discours adressé à la jeunesse iranienne, qu’il était prêt à donner sa vie. Dans un contexte de divisions internes, sa mort pouvait devenir un puissant levier de cohésion nationale, non pas autour du régime en tant que tel, mais autour de la défense de l’Iran. Il savait que sa disparition provoquerait le choc nécessaire pour produire ce que la politique échoue souvent à fabriquer : une unité émotionnelle, un sursaut patriotique qui pousserait les modérés à se rallier à une ligne souverainiste et mobiliserait les communautés chiites de la région. Nous y sommes presque. Les élites occidentales actuelles ont un rapport très conflictuel avec l’Histoire. Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, les États‑Unis avaient choisi de préserver l’image de l’empereur Hirohito, craignant qu’une mise en accusation ne déclenche une révolte populaire et ne compromette l’occupation du Japon. L’empereur avait été maintenu comme figure stabilisatrice. L’Iran n’est pas le Japon, mais la stature symbolique de Khamenei dans l’univers chiite est comparable en termes d’impact. En le tuant, les États‑Unis et Israël ont contribué à ressouder les Iraniens — y compris certains opposants — autour de la cause défendue par la République islamique, tout en galvanisant les chiites de la région. Le rapport à la mort au Moyen-Orient est souvent imprégné d’une spiritualité musulmane où la mort est une transition vers l’au-delà, marquée par la soumission à la volonté divine (« Mektoub »), contrastant avec une approche occidentale plus sécularisée, centrée davantage sur l’individu et la douleur. Je me trompe peut-être, mais je reste convaincu que l’Ayatollah Ali Hosseini Khamenei a « piégé » les États-Unis et Israël en les laissant accomplir ce qu’ils désiraient depuis longtemps. C’est ce qu’on appelle le «guet-apens » du martyr. Ce n’est peut‑être pas la guerre elle‑même qui transformera durablement la région, mais la disparition du Guide suprême iranien. Face à des combattants qui ne craignent pas la mort et qui y voient un chemin vers Dieu, les menaces de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu de pulvériser le régime ne suffiront pas à faire reculer les Mollahs. Bien au contraire. Ces derniers semblent déterminés à aller au bout de leur logique, et les pays arabes de la région semblent le comprendre. En réalité, les Américains et les Israéliens mènent une guerre conventionnelle contre des gens pour qui le conflit est en train d’entrer dans sa phase « mystique ». Et, comme je l’ai déjà souligné dans un post précédent, au bout du compte, ne sortira gagnant de cette épreuve de force que le camp capable d’absorber, plus longtemps que l’autre, le choc moral et politique de pertes humaines colossales. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko
Guerre États-Unis/ Israël contre Iran : le marathon vient de commencer

LE TRUC A RETENIR. Le premier jour du conflit opposant la coalition Israël–États‑Unis à l’Iran apporte déjà plusieurs enseignements majeurs. Contrairement à la guerre de douze jours, Téhéran a cette fois réagi immédiatement et de manière coordonnée aux frappes américano‑israéliennes, visant simultanément Israël et plusieurs bases militaires américaines dans le Golfe. Cette capacité de riposte rapide et relativement efficace révèle un niveau de préparation élevé de la République islamique, qui semble avoir tiré toutes les leçons du précédent affrontement. Plus encore, tout indique que l’Iran n’a pas encore mobilisé l’ensemble de ses moyens, ce qui suscite une inquiétude croissante dans les monarchies du Golfe et surtout aux États‑Unis, où certains analystes estiment que les dommages infligés aux installations américaines dans le Golfe compliquent désormais la marge de manœuvre du Pentagone. Les prochains jours pourraient donc être particulièrement mouvementés. La mort du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Hosseini Khamenei, modifiera‑t‑elle la dynamique militaire ? Rien n’est moins sûr. Le Guide est avant tout une figure religieuse, et les combattants iraniens entretiennent un rapport à la mort qui est très différent de celui des sociétés occidentales ou africaines. Son assassinat, qui en fait un martyr, va non seulement renforcer la détermination de ses partisans, mais aussi accentuer la radicalisation de la frange la plus modérée du régime. Un autre élément mérite attention : Khamenei avait émis une fatwa interdisant la fabrication, le stockage et l’usage d’armes nucléaires, les qualifiant d’haram (interdites par l’Islam). Rien ne garantit que son successeur maintiendra cette position. En vérité, les États-Unis et Israël viennent d’encourager les Iraniens à se doter de l’arme nucléaire au plus vite. Et cela arrivera tôt ou tard. À moins que les pays agresseurs ne lèvent l’option d’intervenir sur le terrain en Iran, ce qui est très peu probable. Bref. Le conflit armé qui vient de commencer n’est pas une course de vitesse, mais bien un marathon où l’avantage reviendra à la partie capable d’absorber les pertes sans vaciller. Reste à voir comment réagira l’opinion américaine lorsque les premiers cercueils de soldats reviendront sur le sol des États‑Unis. Je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko
L’ONU somme Israël de renoncer au projet de colonie E1, qui couperait la Cisjordanie en deux

Alors qu’Israël est sur le point de prendre le contrôle militaire de la ville de Gaza, un nouveau front s’ouvre en Cisjordanie. Le gouvernement israélien a donné mercredi son feu vert définitif à la création de la colonie dite E1, à l’est de Jérusalem – en plein territoire palestinien occupé. Un projet illégal, selon l’ONU, qui couperait la Cisjordanie en deux, compromettant, de fait, la création d’un État palestinien. Depuis Yokohama, au Japon, António Guterres a sonné l’alarme. « Toute construction de colonies constitue une violation du droit international », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU. S’il voyait le jour, le projet romprait le dernier corridor entre la ville palestinienne de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, et celle de Bethléem, plus au sud. Et le chef de l’ONU d’ajouter : « La décision des autorités israéliennes d’étendre la construction illégale de colonies, divisant ainsi la Cisjordanie, doit être révoquée ». Initialement élaboré dans les années 1990, puis rejeté sous la pression internationale, le plan approuvé par Israël consiste à implanter 3.400 logements dans un espace de 12 kilomètres carrés, qui relierait Jérusalem-Est à la colonie israélienne de Maalé Adoumim. Une menace existentielle La nouvelle colonie de peuplement accentuerait l’isolement des localités palestiniennes. Déjà fragmentée par le mur de séparation et la présence de nombreux checkpoints, la Cisjordanie se verrait transformée en un puzzle inextricable. « La poursuite de ce projet représente une menace existentielle pour la solution à deux États », a averti mercredi le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. « Il diviserait le nord et le sud de la Cisjordanie et aurait de graves conséquences pour la contiguïté territoriale du territoire palestinien occupé ». La zone concernée est actuellement habitée par environ 5.000 Palestiniens, lesquels ont reçu l’ordre d’évacuer avant l’arrivée des bulldozers. Les médias rapportent que l’opération de destruction de leurs habitations pourrait commencer dès jeudi. Face à ce tournant, António Guterres réitère son appel au gouvernement israélien : mettre fin « immédiatement » à la colonisation, respecter le droit international et se conformer aux résolutions des Nations Unies, ainsi qu’à la jurisprudence de Cour internationale de justice. Dans un avis consultatif rendu en juillet 2024, la plus haute juridiction des Nations Unies avait en effet conclu à l’illégalité de l’occupation israélienne. Onu
Conflit Israël-Iran : quand la propagande occidentale se heurte à la dure réalité des faits

PARLONS-EN. Depuis le début du conflit qui oppose l’État agresseur d’Israël à l’Iran, on entend des analyses surréalistes dans les médias occidentaux, qui ont pris fait et cause pour l’État hébreu. Tenez. Ces médias et leurs experts maison expliquent et répètent qu’Israël domine militairement l’Iran. Peut-être. Mais si c’est vraiment le cas, pourquoi les dirigeants israéliens, à commencer par le premier ministre Benjamin Netanyahu, supplient-ils les États-Unis d’intervenir aux côtés d’Israël ? Pourquoi les dirigeants européens, qui soutiennent Israël, appellent-ils maintenant à la désescalade, envisageant même une rencontre avec le ministre iranien des Affaires étrangères à Genève, ce vendredi ? L’Iran est le foyer d’une civilisation millénaire. Elle ne peut pas être impressionnée par un État aussi jeune qu’Israël, qui, faut-il, le reconnaître, a quand même réussi, grâce à la propagande médiatique occidentale et aux techniques de guerre psychologique, à se faire passer pour la plus grande puissance militaire de la région… avant de se heurter à l’Iran. Pour la première fois depuis la guerre du Kippour, l’État hébreu se mesure non pas à une ou des milice(s) mais bien à un État puissant. Les Iraniens ont touché tous les centres névralgiques de la puissance militaire israélienne (QG du Mossad et du renseignement militaire, ministère de l’Intérieur, bases militaires, etc.) et affirment n’avoir pas encore utilisé leurs missiles de dernière génération. C’est dire. Bien entendu, les médias occidentaux, qui mènent l’offensive médiatique en faveur d’Israël, ne le diront pas. Ils préfèrent nous montrer les images de l’hôpital israélien touché par un missile iranien. N’est-ce pas la preuve que les Mollahs visent les civils ? On se passera également des 250 morts civils iraniens tués par les raids israéliens… Maintenant, on entend ces mêmes médias aux ordres relayer la demande Netanyahu pour une intervention américaine. C’est même devenu un souhait. Leurs «experts» expliquent même que ce sera la fin pour le régime de Mollahs, comme si les États-Unis avaient déjà gagné une véritable guerre en dehors d’Hollywood ! Mais ce que tous ces médias et leurs experts ne semblent pas comprendre, c’est que, depuis la Révolution islamique des Mollahs en 1979, la République islamique d’Iran se prépare à une confrontation militaire, non pas avec Israël (qu’elle estime, à tort ou à raison, ne pas être de taille) mais bien avec les États-Unis. À Washington, on en est conscient. Donald Trump vient d’annoncer qu’il prendra une décision sur l’Iran « au cours des deux prochaines semaines». C’est dire. En lingala on dit « Eh Mbadi !» En image, ce que les médias occidentaux ne veulent pas que vous voyiez… Par Patrick Mbeko
Iran / Israël : quels enseignements tirer après 5 jours de guerre ? (TV5Monde)
ISRAËL/USA vs IRAN/RUSSIE : CE TRIANGLE DE BERMUDES…

TRIBUNE. Mercredi 12 juin 2025 dernier, le monde s’est réveillé sous les bombardements de l’armée israélienne sur le territoire iranien, visant plus particulièrement ses installations nucléaires, les scientifiques qui les gèrent et les hauts gradés de l’armée iranienne. La riposte iranienne ne s’est pas fait attendre. Cette nuit de vendredi 13 juin, un déluge de feu s’est abattu sur le territoire israélien. Trois cents missiles iraniens ont été largués sur Tel-Avignon, Haïfa, Dimona et même Jérusalem. On dénombre de nombreux blessés et des destructions massives. De part et d’autre, on déclare que les opérations militaires continuent. Les négociations sont exclues. La diplomatie a échoué. L’escalade est enclenchée et elle semble être totale. Dans cette folie meurtrière, il importe de garder la tête froide et de comprendre le fil d’Ariane du conflit, la trame secrète et les objectifs politiques derrière cette folie meurtrière. Quatre acteurs majeurs semblent émerger du lot dans cette guerre du Moyen-Orient. – Israël qui est convaincu que sa survie en tant que nation dépend du de l’annulation du programme nucléaire de l’Iran. Il sait qu’un Iran nucléaire met en péril l’avenir de l’état hébreux. Pour stopper ce programme, il a d’abord créé des alliances solides avec les USA, la première puissance mondiale, tout en tissant des liens avec d’autres rivaux de l’Iran tels que l’Arabie saoudite et les Émirats. – Les USA ont toujours considéré Israël comme un allié majeur non membre de l’OTAN, un poste avancé pour endiguer les puissances émergentes de l’Asie et pour mener les opérations de contrôle de l’Asie. À cause de cet objectif géopolitique, les États-Unis y supervisent la recherche-développement en armes d’Israël, contribuant au financement d’importants projets de défense israéliens comme le char d’assaut Merkava, le Dôme de fer et le chasseur IAI Lavi. Et en revanche Israël participe activement au développement de l’avion de combat F-35 Lightning. L’alliance entre les deux pays est telle que quiconque touche à la sécurité de l’Israel touche directement à celle des américains. Trump l’a affirmé avant-hier en des termes voilés en promettant d’entrer en guerre si l’Iran touche à ses bases militaires présentes en Israël. – L’Iran entretient avec les États-Unis des relations en dents de scie. Après le réchauffement des relations durant la présidence Obama (2013-2017), de nouvelles tensions surgiront avec Trump qui va dénoncer l’accord international sur le programme nucléaire iranien. Dès le début de sa présidence, il informe l’opinion publique de son projet de remettre en cause cet accord affirmant qu’il est « l’un des plus mauvais accords que les États-Unis ont jamais signés”. Non pas seulement que l’Amerique de Trump va quitter l’accord mais le 8 mai 2018, elle va rétablir l’embargo économique contre l’Iran. Depuis lors Trump même au début de son deuxième mandat fera de l’Iran l’état voyou et paria qu’il faut combattre sinon au besoin rayer de la carte géographique. – LA RUSSIE est le quatrième acteur de ce conflit. Quand bien même elle ne l’a pas provoqué mais ses alliances stratégiques avec l’Iran pourront s’avérer déterminantes dans la suite de cette guerre. Pour votre gouverne, en janvier 2025 dernier, les deux pays ont signé un pacte stratégique, qui se veut un accord qui prévoit notamment de « développer la coopération militaire » et de se soutenir face à des « menaces sécuritaires”. Vous l’avez compris, dans cette guerre en cours se forment deux blocs de puissance : d’un côté Israël et les Usa et de l’autre l’Iran et la Russie. Le plus important dans ce conflit est la stratégie de Trump qui feint de s’opposer à les attaques militaire alors que comme l’affirmait hier Tucker Carlston, un très proche de Trump, “le président américain est complice des événements d’attaque israélienne contre l’Iran. Les Etsys-Unis, continue-t-il, savaient non seulement que l’attaque allait avoir lieu mais ils aidé Israël à la mener… Notre pays est impliqué jusqu’au cou”. Le maître de jeu en Ukraine comme en Iran, c’est bien Donald Trump. Tout en feignant de vouloir éteindre ça et là l’incendie meurtrier, il souffle plutôt sur les braises déjà incandescentes en Europe et en Asie avec l’objectif final d’isoler de ses puissants alliés, son véritable ennemi qu’est la Chine. En affaiblissant la Russie en Ukraine et en Iran où Poutine risque d’intervenir au nom du pacte stratégique avec Téhéran, Trump sait que les États-Unis pourront à moyen-terme mieux avoir les coudées franches en vue de neutraliser la Chine. Nous voici donc face au grand jeu géopolitique, à la nouvelle version du grand échiquier de Zbigniew Brzeziński consistant présentement à : 1) éliminer l’UE en faisant semblant de soutenir la démarche militaire de la Russie 2) Affaiblir la grande alliance géopolitique BRICS en anéantissant l’Iran et la Russie Dans les deux guerres, à savoir en Ukraine et en Iran, Trump joue à l’opération “Mains propres”, tout en ayant ses hommes et ses troupes sur le théâtre d’opération en Ukraine et en Israël. Avec ce jeu de cache-cache pratiqué par la première puissance mondiale qui a renoncé à son rôle de modérateur et de l’arbitre de la paix mondiale, le monde navigue désormais dans le dangereux triangle de Bermudes où pourront disparaître pas seulement des navires de guerre mais également l’existence entière même de certains nations. L’humanité s’enfonce dans un nouvel ordre mondial brutal et violent caractérisé à l’internationale, par un manque total de leadership politique capable de se concerter pour la paix mondiale. Sur les cinq continents, les peuples ont élu des dirigeants va-t’en-guerre et prêts à tout, même à la guerre nucléaire pour satisfaire leurs égo surdimensionnés. Par Germain Nzinga
Le chef de l’ONU appelle à préserver la solution à deux Etats, Israël et Palestine

Au lendemain du veto des Etats-Unis à un projet de résolution au Conseil de sécurité réclamant notamment un cessez-le-feu immédiat à Gaza, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a estimé qu’il était « absolument essentiel de préserver la perspective de la solution à deux États, compte tenu des terribles événements dont nous sommes témoins à Gaza et en Cisjordanie ». « Et à ceux qui doutent de la solution à deux États (Israël et Palestine), je demande : quelle est l’alternative ? S’agit-il d’une solution à un seul État, où les Palestiniens seraient expulsés ou contraints de vivre sur leur terre sans aucun droit ? Ce serait totalement inacceptable. Je suis fermement convaincu qu’il est du devoir de la communauté internationale de préserver la solution à deux États et de concrétiser les conditions nécessaires à sa réalisation », a-t-il ajouté en réponse à une question d’un journaliste lors d’un point de presse consacré aux employés de l’ONU décédés au service de l’Organisation. Echec au Conseil de sécurité Le chef de l’ONU a tenu ces propos au lendemain du vote au Conseil de sécurité. Le projet de résolution a reçu quatorze votes pour et un vote contre (Etats-Unis). Le texte exigeait un cessez-le-feu « immédiat, inconditionnel et permanent » à Gaza, ainsi que la levée immédiate et inconditionnelle de toutes les restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire et sa distribution en toute sécurité et sans entrave à grande échelle, y compris par les entités des Nations Unies et les partenaires humanitaires, dans toute la bande de Gaza. Interrogé sur ce que peuvent faire les Nations Unies pour aider la population à Gaza, le Secrétaire général a estimé que « nous ne pourrons soutenir efficacement la population de Gaza que s’il existe un cessez-le-feu permanent, la libération inconditionnelle et immédiate de tous les otages et un accès illimité à l’aide humanitaire ». « Nous avons vu, lors des précédentes pauses et des précédents cessez-le-feu, comment il a été possible de mobiliser une aide humanitaire massive pour la population de Gaza. Nous devons faire en sorte que cela se reproduise, et que cela soit permanent », a-t-il souligné. A un journaliste qui lui a demandé si Israël devait rendre des comptes sur ce qui passe à Gaza, le Secrétaire général a noté que « malheureusement, aujourd’hui, dans le monde, l’impunité règne partout ». « Le fait que les divisions géopolitiques maintiennent le Conseil de sécurité paralysé dans des situations comme celles-ci fait que l’impunité perdure, entraînant une immense frustration pour tous ceux qui croient au droit international », a-t-il dit. Malnutrition aiguë à Gaza Alors que les restrictions humanitaires et les hostilités ont rendu les livraisons d’aide humanitaire « nettement insuffisantes, dangereuses et inefficaces » à Gaza, les jeunes enfants de l’enclave palestinienne sont de plus en plus touchés par la malnutrition aiguë, ont alerté jeudi des agences humanitaires de l’ONU. Plus de 2.700 enfants de moins de cinq ans ont été diagnostiqués comme souffrant de malnutrition aiguë au cours de la seconde moitié du mois de mai, ce qui témoigne d’une forte détérioration, selon le groupe sectoriel de la nutrition des Nations Unies. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 4,7 % de la première quinzaine de mai et représente presque le triple de la proportion d’enfants diagnostiqués comme souffrant de malnutrition par rapport à ceux dépistés en février 2025, pendant le cessez-le-feu. Dans l’ensemble, plus de 16.500 enfants de moins de cinq ans ont été diagnostiqués depuis le début de l’année pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère, y compris 141 cas avec des complications qui ont dû être hospitalisés. La malnutrition aiguë a été également détectée chez 17 % des femmes enceintes et allaitantes examinées dans le gouvernorat de Gaza et chez 18 % des femmes enceintes et allaitantes examinées à Deir al Balah, contre moins de 10 % dans ces deux gouvernorats en février et mars dernier. Espace humanitaire rétréci Cette aggravation de la situation nutritionnelle intervient dans un contexte de rétrécissement de l’espace humanitaire. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’environnement opérationnel « extrêmement difficile » a rendu les livraisons d’aide humanitaire vers et à travers Gaza peu sûres, « imprévisibles et inefficaces ». Dans de vastes zones de l’enclave palestinienne, les équipes humanitaires doivent coordonner leurs mouvements avec les autorités israéliennes. Entre le 28 mai et le 3 juin, sur 75 tentatives de coordination des mouvements d’aide planifiés dans la bande de Gaza, près de 59 % (44) ont été catégoriquement refusées par les autorités israéliennes. Depuis le 19 mai, seules des quantités très limitées de certaines denrées alimentaires, de produits nutritionnels, de certains produits de santé et d’articles de purification de l’eau sont autorisées. L’entrée d’autres fournitures d’aide, telles que les matériaux pour les abris, les produits d’hygiène et l’équipement médical, reste bloquée. En outre, le blocus des carburants, qui entre dans son quatrième mois, menace gravement les services vitaux, notamment les installations de santé et d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). 640.000 personnes déplacées au cours des 3 derniers mois Alors que plus de 640.000 personnes ont été à nouveau déplacées au cours des trois derniers mois, les autorités israéliennes n’ont autorisé l’entrée d’aucune fourniture d’abris. Dans ces conditions, des familles cherchent à s’abriter dans n’importe quel espace disponible, y compris dans des endroits peu sûrs ou inadaptés. Le groupe sectoriel Abris estime que 1,1 million de personnes à Gaza ont besoin d’une aide d’urgence en matière d’abris. Dans la ville de Gaza, la surpopulation extrême a forcé de nombreuses familles à fuir vers l’ouest, dans la zone du port maritime, ou à dormir sur les trottoirs, dans les rues ou dans tout autre espace ouvert accessible, souvent sans accès à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène propres. De nombreux toits, y compris ceux dont la structure n’est pas solide, servent d’abris. Certaines familles ont été ainsi contraintes de se sont réfugier dans des bâtiments abandonnés ou endommagés, dans des structures inachevées, déblayant les décombres pour créer des espaces de vie improvisés. Une seule structure de santé fonctionnelle au nord de Gaza
Israël et les territoires occupés : le CICR facilite la libération d’un otage et appelle à un nouvel accord de cessez-le-feu durable

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité aujourd’hui le transfert en toute sécurité d’un otage de Gaza et sa remise aux autorités israéliennes. Cette opération met en évidence le rôle déterminant que peut jouer un intermédiaire neutre de confiance. « Nous sommes soulagés qu’une famille supplémentaire ait pu être réunie aujourd’hui. Mais le cauchemar continue pour les personnes encore retenues en otage, leurs proches et des centaines de milliers de civils dans toute la bande de Gaza », a déclaré la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric. « Nous avons besoin de toute urgence de volonté politique pour sauver des vies et rétablir le cessez-le-feu. Il est essentiel que les civils soient épargnés par les hostilités, que l’aide humanitaire entre à Gaza et que davantage de familles soient réunies. » Les otages ont passé près de 600 jours en captivité dans des conditions effroyables. Comme l’a souligné à maintes reprises le CICR, le droit international humanitaire exige leur libération inconditionnelle, en toute sécurité et dans le plein respect de leur dignité. La situation humanitaire qui prévaut actuellement à Gaza est catastrophique. Conformément au droit international humanitaire, le passage rapide et sans entrave de l’aide humanitaire destinée aux civils doit être autorisé et facilité. Le CICR réaffirme en outre qu’il doit pouvoir accéder aux Palestiniens détenus par Israël. Si le cessez-le-feu précédent avait apporté un peu de répit aux civils et de l’espoir aux familles, sa rupture a entraîné encore davantage de destructions, de déplacements et de pertes en vies humaines. Il est urgent que le cessez-le-feu soit rétabli et que toutes les parties s’engagent à trouver des solutions durables pour l’avenir. Le CICR reste déterminé à mener à bien des activités de protection et d’assistance à Gaza en conformité avec son mandat humanitaire, notamment pour faciliter de nouvelles libérations ainsi que pour fournir une aide médicale et humanitaire vitale.