Les énergies renouvelables se taillent la part du lion des ajouts de capacité dans le monde en 2021

De nouvelles données publiées par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) montrent que les énergies renouvelables ont poursuivi leur progression et gagné du terrain malgré un contexte mondial difficile. À la fin 2021, la capacité mondiale de production d’énergies renouvelables s’élevait à 3 064 gigawatts (GW), soit une augmentation du stock de ces énergies de 9,1 %. Bien que l’énergie hydroélectrique ait représenté la plus grande part de la capacité de production renouvelable totale dans le monde avec 1 230 GW, le rapport Renewable Capacity Statistics 2022 de l’IRENA montre que le solaire et l’éolien ont continué à dominer les nouvelles capacités de production. Ensemble, ces deux technologies ont contribué pour 88 % à la part de toutes les nouvelles capacités renouvelables en 2021. La capacité solaire est en tête avec une augmentation de 19 %, suivie par l’énergie éolienne, qui a renforcé sa capacité de production de 13 %. « Cette progression soutenue est un nouveau témoignage de la résilience des énergies renouvelables. Les excellentes performances enregistrées l’année dernière offrent aux pays la possibilité de bénéficier dans une encore plus large mesure des nombreux avantages socio-économiques des énergies renouvelables. Toutefois, malgré cette tendance mondiale encourageante, notre nouvelle publication Perspectives pour les transitions énergétiques mondiales montre que la transition énergétique est loin d’être suffisamment rapide ou généralisée pour éviter les conséquences désastreuses des changements climatiques », déclare Francesco La Camera, Directeur général de l’IRENA. « La crise énergétique que nous traversons actuellement vient confirmer que le monde ne peut plus compter sur les combustibles fossiles pour répondre à sa demande énergétique. Les fonds versés dans les centrales électriques à combustibles fossiles produisent des résultats indésirables, tant pour la survie d’une nation que pour celle de la planète. Les énergies renouvelables devraient devenir la norme dans le monde entier. Nous devons mobiliser la volonté politique pour accélérer le Scenario 1,5 °C. » Pour atteindre les objectifs climatiques, les énergies renouvelables doivent croître à un rythme plus rapide que la demande énergétique. Or, malgré une augmentation significative de l’utilisation des énergies renouvelables pour la production d’électricité, de nombreux pays n’ont pas encore atteint ce stade. En 2021, 60 % des nouvelles capacités ont été ajoutées en Asie, portant le total des capacités renouvelables à 1,46 térawatt (TW). La Chine a été le principal contributeur, avec un ajout de 121 GW à la nouvelle capacité du continent. L’Europe et l’Amérique du Nord, les États-Unis d’Amérique en tête, occupent respectivement la deuxième et la troisième place, avec un ajout de 39 GW pour la première et 38 GW pour la seconde. La capacité d’énergie renouvelable a augmenté de 3,9 % en Afrique et de 3,3 % en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Malgré une croissance régulière, le rythme observé dans ces deux régions est beaucoup plus lent que la moyenne mondiale, ce qui souligne le besoin de renforcer la coopération internationale en vue d’optimiser les marchés de l’électricité et de stimuler les investissements massifs dans ces régions. Principales tendances par technologie : Énergie hydroélectrique : sa croissance a augmenté de façon continue en 2021, la mise en service de plusieurs grands projets ayant été reportée à cette année. Énergie éolienne : en 2021, son expansion s’est poursuivie, mais à un rythme plus lent qu’en 2020. (+93 GW contre +111 GW l’année précédente). Énergie solaire : avec l’augmentation des nouvelles capacités dans toutes les grandes régions du monde au cours des années précédentes, la capacité solaire mondiale totale dépasse aujourd’hui l’énergie éolienne. Bioénergie : l’expansion nette des capacités s’est accélérée en 2021 (+10,3 GW contre +9,1 GW en 2020). Énergie géothermique : la capacité géothermique a enregistré une croissance exceptionnelle en 2021, avec un ajout de 1,6 GW. Électricité hors réseau : la capacité hors réseau a augmenté de 466 MW en 2021 (+4 %) pour atteindre 11,2 GW. IRENA.
Transition énergétique : la clé pour faire face à la crise mondiale de l’énergie et du climat

Les interventions à court terme pour faire face à la crise énergétique actuelle doivent s’accompagner d’une attention soutenue aux objectifs de moyen et long terme de la transition énergétique. La hausse des prix des combustibles fossiles, les préoccupations en matière de sécurité énergétique et l’urgence des changements climatiques soulignent à quel point il est pressant de se tourner au plus vite vers un système énergétique propre, selon les Perspectives pour les transitions énergétiques mondiales 2022. Publiées aujourd’hui par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) à l’occasion du Dialogue sur la transition énergétique de Berlin, ces Perspectives définissent les domaines et les actions prioritaires qui doivent être mis en œuvre sur la base des technologies disponibles, d’ici à 2030, pour parvenir à l’objectif de zéro émission nette au milieu du siècle. Dressant également un bilan des progrès réalisés à ce jour dans toutes les utilisations de l’énergie, elles montrent clairement que le rythme et l’ampleur de la transition vers les énergies renouvelables sont insuffisants. « La transition énergétique est loin d’être sur la bonne voie, et seule la mise en œuvre d’actions radicales dans les années à venir pourra éviter de réduire, voire d’anéantir, nos chances d’atteindre les objectifs climatiques », a déclaré Francesco La Camera, Directeur général de l’IRENA. « Aujourd’hui, les gouvernements doivent relever plusieurs défis : la sécurité énergétique, la reprise économique et le coût de la facture énergétique pour les ménages et les entreprises. La réponse à ces préoccupations réside en grande partie dans l’accélération de la transition. Mais la mise en place de mesures conformes à l’Accord de Paris et au programme de développement durable relève d’un choix politique. Les investissements dans de nouvelles infrastructures de combustibles fossiles ne feront que perpétuer des pratiques économiquement insoutenables, renforcer les risques existants et accentuer les menaces liées aux changements climatiques. « Il est grand temps d’agir », a ajouté M. La Camera. « Les événements récents démontrent clairement que la hausse du prix des combustibles fossiles peut conduire à la précarité énergétique et à une perte de compétitivité industrielle. 80 % de la population mondiale vit dans des pays qui sont des importateurs nets de combustibles fossiles. Pourtant, tous les pays ont à leur disposition des énergies renouvelables qui leur offrent la possibilité de briser leur dépendance à l’égard des importations et de dissocier leur économie du coût des combustibles fossiles tout en stimulant la croissance économique et la création d’emplois ». Les Perspectives prévoient que les investissements nécessaires seront de 5 700 milliards d’USD par an jusqu’en 2030 et qu’il sera impératif de réorienter 700 milliards d’USD par an des fonds destinés aux combustibles fossiles pour éviter les actifs irrécupérables. Cela dit, investir dans la transition apporterait des avantages socio-économiques et sociaux concrets, en ajoutant 85 millions d’emplois dans les énergies renouvelables et autres technologies accompagnant la transition d’ici 2030 dans le monde entier. Ces gains dépasseraient largement les pertes de 12 millions d’emplois dans les industries liées aux combustibles fossiles. Globalement, les Perspectives indiquent que dans la plupart des pays, les bénéfices de la transition énergétique seraient supérieurs à ceux du statu quo. Les énergies renouvelables devraient augmenter massivement dans tous les secteurs, pour passer des 14 % de l’énergie totale qu’elles représentent aujourd’hui à environ 40 % en 2030. Selon les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les ajouts annuels mondiaux d’énergies renouvelables devraient tripler d’ici à 2030. Dans le même temps, il faudrait radicalement remplacer l’électricité produite à partir du charbon, éliminer progressivement les actifs liés aux combustibles fossiles et moderniser les infrastructures. Les Perspectives considèrent l’électrification et l’efficacité comme des moteurs clés de la transition énergétique, alimentés par les énergies renouvelables, l’hydrogène et la biomasse durable. La décarbonisation des utilisations finales sera au centre des préoccupations, avec de nombreuses solutions possibles comme l’électrification, l’hydrogène vert et l’utilisation directe des énergies renouvelables. L’électromobilité est considérée comme l’un des principaux piliers du progrès de la transition énergétique qui fera augmenter les ventes de véhicules électriques (VE) jusqu’à atteindre une flotte mondiale de VE vingt fois plus importante qu’aujourd’hui. Cependant, il est nécessaire de compter sur un ensemble complet de politiques transversales et structurelles couvrant toutes les filières technologiques et les objectifs de transition équitable pour atteindre les niveaux de déploiement requis d’ici 2030. Le rehaussement des ambitions des contributions déterminées au niveau national (CDN) et des plans énergétiques nationaux dans le cadre du Pacte de Glasgow pour le climat doit apporter des certitudes et orienter les stratégies d’investissement dans le sens du scénario à 1,5 °C. En particulier, les plus grands consommateurs d’énergie et émetteurs de carbone du G20 et du G7 doivent montrer l’exemple et mettre en œuvre des plans et des investissements ambitieux au niveau national et international. Il leur faudrait contribuer à l’approvisionnement mondial de 65 % d’énergies renouvelables dans la production d’énergie d’ici à 2030. Pour garantir un monde inclusif et égalitaire, le financement, le transfert de connaissances et l’assistance en matière climatique devraient être intensifiés. Enfin, pour permettre une transition rapide qui respecte les objectifs en matière climatique et de développement, un engagement politique est nécessaire en vue de soutenir la coopération internationale au plus haut niveau. La réalisation des Objectifs de développement durable et l’accès universel à l’énergie moderne d’ici 2030 doivent rester les principaux axes d’une transition énergétique juste et inclusive. Un cadre politique global et holistique peut servir à rassembler les pays pour faciliter les flux internationaux de financement, de capacités et de technologies. IRINA
L’économie de l’hydrogène laisse entrevoir une nouvelle dynamique énergétique mondiale

La croissance rapide de l’économie mondiale de l’hydrogène pourrait apporter des changements géoéconomiques et géopolitiques importants en générant une vague d’interdépendances inédites, selon une nouvelle analyse de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). D’après le rapport intitulé « Geopolitics of the Energy Transformation: The Hydrogen Factor », l’hydrogène serait en train de modifier la géographie du commerce de l’énergie et de régionaliser les relations énergétiques, comme en témoigne l’émergence de nouveaux centres d’influence géopolitique construits autour de la production et de l’utilisation de l’hydrogène, alors que le commerce traditionnel du pétrole et du gaz est en déclin. Sous l’effet de l’urgence climatique et des engagements des pays à réduire leurs émissions nettes à zéro, l’IRENA estime que l’hydrogène couvrira jusqu’à 12 % de la consommation mondiale d’énergie d’ici 2050. La croissance du commerce et des investissements ciblés sur un marché dominé par les combustibles fossiles et actuellement évalué à 174 milliards d’USD va probablement stimuler la compétitivité économique et modifier le panorama de la politique étrangère avec la conclusion d’accords bilatéraux très éloignés du type de relations qui caractérisaient le marché des hydrocarbures au XXe siècle. « L’hydrogène pourrait s’avérer être le chaînon manquant vers un avenir énergétique sans danger pour le climat », signale Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA. « L’hydrogène profite clairement de la révolution des énergies renouvelables, l’hydrogène vert s’imposant comme le joker qui permettra d’atteindre la neutralité climatique sans compromettre la croissance industrielle et le développement social. Mais l’hydrogène n’est pas le nouveau pétrole. Et la transition ne consiste pas à changer de carburant mais à changer de système, d’où des perturbations politiques, techniques, environnementales et économiques. » « C’est l’hydrogène vert qui amènera toutes sortes de nouveaux participants sur le marché, diversifiera les itinéraires et les sources d’approvisionnements et entraînera une déconcentration du pouvoir vers une multitude d’acteurs. Avec la coopération internationale, le marché de l’hydrogène pourrait être plus démocratique et plus inclusif, et offrir de nouvelles perspectives aussi bien aux pays développés qu’aux pays en développement. » L’IRENA estime que plus de 30 % de l’hydrogène pourrait être dédié au commerce transfrontalier d’ici 2050, un pourcentage plus élevé que pour le gaz naturel aujourd’hui. Des pays qui ne sont pas des acteurs traditionnels du négoce d’énergie établissent des relations bilatérales autour de l’hydrogène. Alors que de plus en plus d’intervenants et de nouvelles classes d’importateurs et d’exportateurs nets émergent sur la scène mondiale, il est peu probable qu’on assiste à une militarisation et à une cartellisation du commerce de l’hydrogène, contrairement à ce qu’on observe avec l’influence géopolitique du pétrole et du gaz. Le commerce transfrontalier d’hydrogène est appelé à se développer considérablement. En effet, plus de 30 pays et régions prévoient déjà aujourd’hui une forte activité commerciale. Certains pays qui se projettent en tant que futurs importateurs, comme le Japon et l’Allemagne, misent déjà sur la diplomatie dans le domaine de l’hydrogène. Les exportateurs de combustibles fossiles considèrent de plus en plus l’hydrogène propre comme un moyen intéressant de diversifier leur économie. C’est le cas, par exemple, de l’Australie, d’Oman, de l’Arabie saoudite ou des Émirats arabes unis. Néanmoins, des stratégies de transition économique plus larges s’imposent car l’hydrogène ne compensera pas les pertes de revenus du pétrole et du gaz. Le potentiel technique de production d’hydrogène dépasse largement la demande mondiale estimée. Les pays les plus capables de produire de l’électricité renouvelable bon marché seront les mieux placés pour produire de l’hydrogène vert compétitif. Alors que certains pays comme le Chili, le Maroc ou la Namibie sont aujourd’hui des importateurs nets d’énergie, ils sont en passe de devenir des exportateurs d’hydrogène vert. Tirer parti du potentiel de régions comme l’Afrique, les Amériques, le Moyen-Orient et l’Océanie pourrait limiter le risque de concentration des exportations, mais de nombreux pays auront besoin de transferts de technologie, d’infrastructures et d’investissements à grande échelle. La géopolitique de l’hydrogène propre se déroulera probablement en différentes étapes. D’après le rapport, on assistera dans les années 2020 à une grande course au leadership technologique. Mais la demande ne devrait décoller qu’au milieu des années 2030. À ce moment-là, l’hydrogène vert concurrencera les coûts de l’hydrogène fossile à l’échelle mondiale, un phénomène annoncé encore plus tôt dans des pays comme la Chine, le Brésil et l’Inde. L’hydrogène vert était déjà abordable en Europe lors de la flambée des prix du gaz naturel en 2021. La remise à neuf des gazoducs devrait encore stimuler la demande et faciliter le commerce de l’hydrogène. Les pays dotés d’un vaste potentiel d’énergie renouvelable pourraient devenir des sites d’industrialisation verte et utiliser leur potentiel pour attirer des industries très énergivores. De plus, prendre part à la chaîne de valeur de l’hydrogène peut stimuler la compétitivité économique. La fabrication d’équipements comme les électrolyseurs et les piles à combustible, en particulier, pourrait stimuler l’activité. La Chine, le Japon et l’Europe ont déjà acquis une longueur d’avance dans la production, mais l’innovation transformera encore le paysage manufacturier actuel. L’hydrogène vert peut renforcer l’indépendance, la sécurité et la résilience énergétiques en réduisant la dépendance aux importations et la volatilité des prix et en renforçant la flexibilité du système énergétique. Cependant, les matières premières nécessaires à l’hydrogène et aux technologies renouvelables posent la question de la sécurité matérielle. Les pénuries et les fluctuations de prix pourraient se répercuter sur les chaînes d’approvisionnement en hydrogène et avoir une incidence négative sur les coûts et les revenus. Façonner les règles, les normes et la gouvernance de l’hydrogène pourrait conduire à une concurrence géopolitique ou ouvrir une nouvelle ère de coopération internationale renforcée. En particulier, aider les pays en développement à déployer des technologies de l’hydrogène vert et à développer les industries de l’hydrogène permettrait d’éviter d’accentuer encore les écarts en matière de décarbonisation au niveau mondial et favoriserait l’équité et l’inclusion en créant des chaînes de valeur locales, des industries vertes et des emplois dans les pays riches en énergies renouvelables.
Les emplois liés aux énergies renouvelables s’élèvent à 12 millions dans le monde
Selon la huitième édition du rapport Énergies renouvelables et emplois : Revue annuelle 2021, le nombre d’emplois liés aux énergies renouvelables dans le monde a atteint 12 millions l’année dernière, contre 11,5 millions en 2019. Le document a été publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT) à l’occasion d’une inauguration de haut niveau du Cadre de collaboration de l’IRENA sur les transitions justes et inclusives, coanimé par les États-Unis d’Amérique et l’Afrique du Sud. Le rapport confirme que COVID-19 a causé des retards et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, dont les répercussions sur les emplois varient selon le pays et l’utilisation finale, dans les différents segments de la chaîne de valeur. Alors que le solaire et l’éolien ont continué de dominer la croissance mondiale de l’emploi dans le secteur des énergies renouvelables, à raison d’un total de 4 millions et 1,25 million d’emplois respectivement, le segment des biocarburants liquides a diminué à mesure que chutait la demande de carburants de transport. Les ventes d’éclairage solaire hors réseau ont souffert, mais les entreprises ont réussi à limiter les pertes d’emplois. En 2020, la Chine représentait 39 % des emplois liés aux énergies renouvelables dans le monde, suivie du Brésil, de l’Inde, des États-Unis d’Amérique et des membres de l’Union européenne. De nombreux autres pays créent également des emplois dans les énergies renouvelables. Tel est le cas du Viet Nam et de la Malaisie, qui sont des exportateurs solaires photovoltaïques essentiels ; de l’Indonésie et de la Colombie, qui possèdent de grandes chaînes d’approvisionnement agricoles pour les biocarburants ; et du Mexique et de la Fédération de Russie, où l’énergie éolienne est en pleine croissance. En Afrique subsaharienne, les emplois dans le domaine solaire s’accroissent dans plusieurs pays comme le Nigeria, le Togo et l’Afrique du Sud. « La capacité des énergies renouvelables à créer des emplois et à atteindre les objectifs climatiques ne fait aucun doute. À l’approche de la COP26, les gouvernements doivent revoir à la hausse leur ambition d’atteindre le zéro émission nette », a déclaré Francesco la Camera, Directeur général de l’IRENA. « La seule voie possible consiste à augmenter les investissements dans une transition juste et inclusive, et en récolter tous les avantages socio-économiques tout au long du chemin. » « Le potentiel des énergies renouvelables à générer des emplois décents montre clairement que nous n’avons pas à choisir entre la durabilité environnementale d’une part, et la création d’emplois d’autre part. Les deux peuvent aller de pair. », a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder. Reconnaissant que les femmes ont davantage souffert de la pandémie parce qu’elles ont tendance à travailler dans des secteurs plus vulnérables aux chocs économiques, le rapport souligne l’importance d’établir une transition juste et de générer des emplois décents pour tous, en veillant à la garantie d’une rémunération adéquate, ainsi qu’à la sécurité et au respect des droits fondamentaux au travail. Une transition juste doit s’accompagner d’une main-d’œuvre diversifiée, garantissant l’égalité des chances pour les femmes et les hommes, avec des parcours de carrière ouverts aux jeunes, aux minorités et aux groupes marginalisés. Dans un tel contexte, les normes internationales du travail et les accords de négociation collective ont un rôle essentiel à jouer. La réalisation du plein potentiel des énergies renouvelables en matière d’emplois dépendra des politiques ambitieuses des entreprises pour conduire la transition énergétique dans les décennies à venir. Outre le déploiement, l’habilitation et l’intégration de politiques au sein du secteur lui-même, il est nécessaire de lever les obstacles structurels existant dans l’économie tout entière et de minimiser les décalages potentiels entre les pertes et les gains d’emplois pendant la période de transition. Les travaux de l’IRENA et de l’OIT montrent de toute évidence que la transition énergétique créera plus d’emplois qu’elle n’en fera perdre. Un scénario de durabilité à l’horizon 2030 élaboré par l’OIT juge que la création de 24 à 25 millions de nouveaux emplois viendra très largement compenser les pertes, qui sont estimées à six ou sept millions d’emplois. Environ cinq millions de travailleurs allant perdre leur emploi seront en mesure de continuer à exercer leur profession dans un autre secteur d’activité. Les Perspectives pour les transitions énergétiques mondiales de l’IRENA prévoient que le secteur des énergies renouvelables pourrait employer 43 millions de personnes d’ici 2050. La perturbation des approvisionnements transfrontaliers causée par les restrictions liées à la COVID-19 a mis en évidence le rôle important des chaînes de valeur nationales. Leur renforcement facilitera la création d’emplois et la génération de revenus à l’échelon local, en tirant parti des activités économiques existantes et nouvelles. Les travaux de l’IRENA sur l’exploitation des chaînes d’approvisionnement locales permettent d’identifier les types d’emplois qui seront nécessaires pour soutenir la transition par technologies, segments de la chaîne de valeur et compétences éducatives et professionnelles. Pour cela, il sera nécessaire de mettre en œuvre des politiques industrielles en vue de constituer des chaînes d’approvisionnement viables ; des stratégies d’éducation et de formation visant à créer une main-d’œuvre qualifiée ; des mesures actives sur le marché du travail destinées à fournir des services pour l’emploi adéquats ; des mesures de recyclage et de reconversion, ainsi que de protection sociale, pour aider les travailleurs et les communautés qui dépendent des combustibles fossiles ; et des stratégies d’investissement public tendant à soutenir le développement économique régional et la diversification.
L’IRENA et la Banque africaine de développement s’associent en vue d’accroître les investissements dans les énergies renouvelables en Afrique
L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et la Banque africaine de développement sont convenues, mardi 08 décembre, de s’associer pour soutenir des investissements dans des projets énergétiques à faible émission de carbone dans une démarche destinée à faire avancer la transition énergétique de l’Afrique. Les deux organisations ont signé une déclaration d’intention prévoyant la coordination d’un éventail d’activités, dont l’organisation conjointe de forums d’investissement dans les énergies renouvelables, dans le cadre de la contribution de l’IRENA à la Plateforme d’investissement pour le climat(le lien est externe), et une collaboration lors de l’événement annuel phare de la Banque, le Forum de l’investissement en Afrique (AIF). Le partenariat se concentrera également sur le renforcement du rôle des énergies renouvelables dans les contributions déterminées au niveau national des pays d’Afrique, conformément à l’Accord de Paris de 2015, et sur d’autres objectifs de développement durable. « Animée par son ambition de tirer parti du potentiel énorme de l’Afrique en matière d’énergies renouvelables, la Banque africaine de développement est aujourd’hui un chef de file en matière d’investissement dans les énergies renouvelables sur le continent », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président de la Banque en charge de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte, qui a signé l’accord de partenariat au nom de l’institution. Le partenariat entre la Banque et l’IRENA contribuera à concrétiser cette ambition et soutiendra la transition énergétique de l’Afrique ainsi que notre objectif d’instauration d’un accès universel à des énergies abordables, fiables, durables et modernes en Afrique d’ici à 2030. Pour Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA, « cet accord représente le type de coopération internationale coordonnée qui sous-tendra la réalisation du développement durable en Afrique et l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris. Nous poursuivrons un programme axé sur l’action qui encourage les pays d’Afrique à réaliser leur plein potentiel dans le secteur des énergies renouvelables. » Selon un rapport publié en 2020 par l’IRENA sur les « Perspectives mondiales pour les énergies renouvelables », l’Afrique subsaharienne pourrait générer jusqu’à 67 % de son électricité à partir de sources d’énergie renouvelable locales et propres d’ici à 2030. Une telle transition énergétique permettrait d’accroître le PIB, d’améliorer la protection sociale et de créer jusqu’à deux millions d’emplois verts supplémentaires dans la région d’ici à 2050. « L’Afrique dispose de certaines des ressources en énergie renouvelable les plus abondantes au monde, et le continent a la possibilité de transformer la vie de millions de personnes grâce au déploiement accéléré d’un système de génération d’électricité à base d’énergies renouvelables, a souligné Francesco La Camera. Les énergies renouvelables permettront de renforcer la sécurité énergétique, de créer des emplois verts, de promouvoir l’accès à l’énergie, y compris des énergies de cuisson propre, et de contribuer à l’établissement d’économies résilientes en Afrique. » L’accord entre l’IRENA et la Banque devrait également jeter les bases d’une collaboration dans le cadre de l’Initiative « Desert to Power » de la Banque, qui vise à mobiliser des fonds publics et privés pour installer une centrale solaire d’une capacité de dix gigawatts dans onze pays de la région du Sahel d’ici à 2025.
L’IRENA et la Banque africaine de développement s’associent en vue d’accroître les investissements dans les énergies renouvelables en Afrique
L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et la Banque africaine de développement sont convenues, mardi 08 décembre, de s’associer pour soutenir des investissements dans des projets énergétiques à faible émission de carbone dans une démarche destinée à faire avancer la transition énergétique de l’Afrique. Les deux organisations ont signé une déclaration d’intention prévoyant la coordination d’un éventail d’activités, dont l’organisation conjointe de forums d’investissement dans les énergies renouvelables, dans le cadre de la contribution de l’IRENA à la Plateforme d’investissement pour le climat, et une collaboration lors de l’événement annuel phare de la Banque, le Forum de l’investissement en Afrique (AIF). Le partenariat se concentrera également sur le renforcement du rôle des énergies renouvelables dans les contributions déterminées au niveau national des pays d’Afrique, conformément à l’Accord de Paris de 2015, et sur d’autres objectifs de développement durable. « Animée par son ambition de tirer parti du potentiel énorme de l’Afrique en matière d’énergies renouvelables, la Banque africaine de développement est aujourd’hui un chef de file en matière d’investissement dans les énergies renouvelables sur le continent, a déclaré Kevin Kariuki, vice-président de la Banque en charge de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte, qui a signé l’accord de partenariat au nom de l’institution. Le partenariat entre la Banque et l’IRENA contribuera à concrétiser cette ambition et soutiendra la transition énergétique de l’Afrique ainsi que notre objectif d’instauration d’un accès universel à des énergies abordables, fiables, durables et modernes en Afrique d’ici à 2030. » Pour Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA, « cet accord représente le type de coopération internationale coordonnée qui sous-tendra la réalisation du développement durable en Afrique et l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris. Nous poursuivrons un programme axé sur l’action qui encourage les pays d’Afrique à réaliser leur plein potentiel dans le secteur des énergies renouvelables. » Selon un rapport publié en 2020 par l’IRENA sur les « Perspectives mondiales pour les énergies renouvelables », l’Afrique subsaharienne pourrait générer jusqu’à 67 % de son électricité à partir de sources d’énergie renouvelable locales et propres d’ici à 2030. Une telle transition énergétique permettrait d’accroître le PIB, d’améliorer la protection sociale et de créer jusqu’à deux millions d’emplois verts supplémentaires dans la région d’ici à 2050. « L’Afrique dispose de certaines des ressources en énergie renouvelable les plus abondantes au monde, et le continent a la possibilité de transformer la vie de millions de personnes grâce au déploiement accéléré d’un système de génération d’électricité à base d’énergies renouvelables, a souligné Francesco La Camera. Les énergies renouvelables permettront de renforcer la sécurité énergétique, de créer des emplois verts, de promouvoir l’accès à l’énergie, y compris des énergies de cuisson propre, et de contribuer à l’établissement d’économies résilientes en Afrique. » L’accord entre l’IRENA et la Banque devrait également jeter les bases d’une collaboration dans le cadre de l’Initiative « Desert to Power » de la Banque, qui vise à mobiliser des fonds publics et privés pour installer une centrale solaire d’une capacité de dix gigawatts dans onze pays de la région du Sahel d’ici à 2025.
Le coût des énergies renouvelables s’avère de plus en plus compétitif face au charbon

Selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), publié récemment, les énergies renouvelables sont de moins en moins chères par rapport toute autre source de nouvelle électricité à base de combustibles fossiles. Le rapport Coût de la production d’énergie renouvelable en 2019 montre que plus de la moitié de la capacité renouvelable ajoutée en 2019 permettait de réduire les coûts de l’électricité par rapport à ceux des nouvelles centrales au charbon les moins chères, a indiqué l’Agence dans un communiqué. Le rapport souligne que les nouveaux projets de production d’énergie à partir de sources renouvelables sont aujourd’hui de moins en moins chers par rapport aux centrales à charbon existantes. En moyenne, il est moins cher de mettre en service de nouvelles installations d’énergie solaire photovoltaïque et éolienne que de maintenir de nombreuses centrales au charbon en exploitation. Les résultats des enchères montrent que cette tendance s’accélère et viennent confirmer le besoin de mettre définitivement fin à la filière charbon. Le rapport montre que l’année prochaine, il pourrait être plus coûteux d’exploiter 1 200 gigawatts (GW) de capacité existante dans des centrales à charbon que de mettre en service de nouvelles installations solaires photovoltaïques à l’échelle industrielle. Le remplacement des 500 GW les moins chers de la filière charbon par du solaire photovoltaïque et de l’éolien terrestre pourrait réduire sur l’année prochaine les coûts du système électrique de 23 milliards de dollars par an, et les émissions annuelles de dioxyde de carbone d’environ 1,8 Gt, soit l’équivalent de 5 % du total des rejets mondiaux de CO2 en 2019. Cela représenterait également un stimulus de 940 milliards de dollars, à savoir environ 1 % du PIB mondial. « Nous avons atteint un tournant important dans la transition énergétique. Tant sur le plan environnemental qu’économique, les arguments en faveur de l’installation de nouvelles centrales à charbon ou du maintien de celles qui existent sont injustifiables », a déclaré Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA. « De plus en plus, les énergies renouvelables sont la source de nouvelle électricité la moins chère. Leur potentiel pour stimuler l’économie mondiale et créer des emplois est considérable. Les investissements dans les énergies renouvelables sont stables, rentables et attractifs ; ils offrent des rendements constants et prévisibles, et l’économie tout entière profite de leurs bénéfices », a-t-il poursuivi. « La stratégie mondiale de relance doit être une stratégie verte », a ajouté La Camera. « Les énergies renouvelables constituent un moyen d’aligner les initiatives politiques à court terme sur les objectifs à moyen et long terme en matière d’énergie et de climat. Les efforts déployés par les nations pour relancer les économies après la crise du COVID-19 doivent reposer sur les énergies renouvelables. Par la mise en œuvre de politiques appropriées, la chute des coûts de la production d’électricité à base d’énergies renouvelables peut transformer les marchés et contribuer dans une large mesure à une relance verte. » Au cours des dix dernières années, l’amélioration des technologies, les économies d’échelle, la compétitivité des chaînes d’approvisionnement et l’expérience croissante des développeurs ont entraîné une forte baisse du coût de l’électricité provenant de sources renouvelables. Depuis 2010, la plus forte baisse des coûts a été enregistrée par l’électricité solaire photovoltaïque à l’échelle industrielle, avec 82 %. Venaient ensuite l’énergie solaire à concentration (CSP), avec 47 %, l’éolien terrestre, avec 39 %, et l’éolien offshore, avec 29 %. Le coût des technologies solaire et éolienne a également poursuivi sa diminution d’année en année. Le coût de l’électricité de source solaire photovoltaïque à l’échelle industrielle a baissé de 13 % en 2019, atteignant une moyenne mondiale de 6,8 cents (0,068 USD) par kilowattheure (kWh). L’éolien terrestre et l’éolien offshore ont tous deux diminué d’environ 9 %, pour atteindre respectivement 0,053 et 0,115 USD/kWh. Les enchères et contrats d’achat d’électricité (CAE) les plus récents montrent que la tendance à la baisse se poursuit pour les nouveaux projets mis en service en 2020 et au-delà. Les prix de l’électricité de source solaire photovoltaïque basés sur un approvisionnement compétitif pourraient en moyenne s’établir à 0,039 USD/kWh pour les projets mis en service en 2021, ce qui représente une diminution de 42 % par rapport à 2019. Cette valeur est par ailleurs inférieure de plus d’un cinquième à celle de l’électricité issue de combustible fossile la moins chère, qui est celle produite par les centrales à charbon. Les chiffres record atteints par les enchères d’électricité de source solaire photovoltaïque à Abou Dhabi et Dubaï (EAU), au Chili, en Éthiopie, au Mexique, au Pérou et en Arabie saoudite confirment que des valeurs de seulement 0,03 USD/kWh sont déjà possibles. Pour la première fois, le rapport annuel de l’IRENA examine également la valeur des investissements par rapport à la baisse des coûts de production. Pour la même somme d’argent investie en énergies renouvelables aujourd’hui, les nouvelles capacités produites sont supérieures à celles d’il y a dix ans. En 2019, la capacité de production d’énergie renouvelable mise en service était deux fois plus élevée qu’en 2010, mais elle avait nécessité seulement 18 % d’investissements en plus.
COP25 : Le niveau d’ambition en matière d'énergies renouvelables dans les CDN doit doubler d'ici 2030

Dans un nouveau rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), qui sera publié lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25) à Madrid, les pays sont exhortés à relever sensiblement leurs ambitions en matière d’énergies renouvelables et à adopter des objectifs pour transformer le système énergétique mondial lors de la prochaine série de contributions déterminées au niveau national (CDN). Le rapport montrera que les ambitions en matière d’énergies renouvelables au sein des CDN devraient plus que doubler d’ici 2030 pour mettre le monde en conformité avec les objectifs de l’Accord de Paris, en atteignant d’ici là 7,7 térawatts (TW) de capacité installée mondiale à moindre coût. Les engagements pris aujourd’hui dans ce domaine dans le cadre des CDN ne sont pas à la hauteur, car ils s’élèvent à seulement 3,2 TW. Le rapport intitulé « NDCs in 2020 : Advancing Renewables in the Power Sector and Beyond » (Les CDN en 2020 : faire progresser les énergies renouvelables dans le secteur de l’électricité et au-delà) sera présenté le 11 décembre 2019 lors de l’événement parallèle officiel organisé par l’IRENA sur le renforcement des CDN et le relèvement des ambitions. Le rapport établira qu’avec plus de 2,3 TW de capacité renouvelable installée aujourd’hui, près de la moitié de la capacité supplémentaire d’énergies renouvelables prévue par les CDN actuels a déjà été installée. L’analyse soulignera également qu’il est possible d’accroître les ambitions en matière d’énergies renouvelables d’une manière rentable et avec des avantages socio-économiques considérables dans le monde entier. « Il est absolument nécessaire de relever les objectifs en matière d’énergies renouvelables », a déclaré Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA. « On peut faire beaucoup plus. Les décideurs politiques doivent saisir cette occasion unique afin d’intensifier l’action en matière de climat en relevant les ambitions en matière d’énergies renouvelables, qui constituent la seule solution immédiate pour répondre à la demande croissante d’énergie tout en décarbonisant l’économie et en renforçant la résilience ». « Les énergies renouvelables sont bonnes pour la croissance, pour la création d’emplois et offrent d’importants avantages sociaux. Grâce aux énergies renouvelables, nous pouvons également élargir l’accès à l’énergie et contribuer à éradiquer la pauvreté énergétique conformément à l’Agenda 2030 pour le développement durable des Nations-Unies. L’IRENA va promouvoir l’échange de connaissances, renforcer les partenariats et travailler avec toutes les parties prenantes pour catalyser l’action sur le terrain. Nous nous engageons avec les pays et les régions du monde entier pour faciliter la mise en œuvre de projets liés aux énergies renouvelables et relever leurs ambitions ». Les CDN doivent devenir une force motrice pour une transformation accélérée de l’énergie mondiale. Les promesses actuelles ne reflètent ni la croissance rapide de la dernière décennie ni les tendances actuelles du marché des énergies renouvelables. Grâce à une ambition plus élevée en la matière, les CDN pourraient servir à faire progresser de nombreux objectifs concernant le climat et le développement. Avec CM