« Le deuxième Sommet Africain sur le Climat à Addis est l’occasion d’appuyer sur l’accélérateur », déclare la Fondation Mo Ibrahim, qui publie une  analyse  sur les progrès réalisés depuis le premier Sommet de Nairobi  

« Le deuxième Sommet Africain sur le Climat à Addis est l’occasion d’appuyer sur l’accélérateur », déclare la Fondation Mo Ibrahim, qui publie une  analyse  sur les progrès réalisés depuis le premier Sommet de Nairobi  

En amont du deuxième Sommet africain sur le climat (5-10 septembre), la Fondation Mo Ibrahim publie une  note d’analyse  : De Nairobi à Addis-Abeba : bilan de la Déclaration de Nairobi 2023 à la veille du deuxième Sommet africain sur le climat. Cette note évalue les progrès accomplis depuis la Déclaration de Nairobi adoptée en septembre 2023 lors du premier Sommet africain sur le climat.  Dans sa note, la Fondation souligne que, malgré des avancées importantes au cours des deux dernières années, beaucoup reste à faire : plus de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’énergie sur le continent, et l’industrialisation verte de l’Afrique demeure largement inachevée. La nécessité de concilier action climatique et objectifs de développement en Afrique est un impératif clairement énoncé dans la Déclaration de Nairobi. La Fondation souligne que ceci repose sur quatre priorités, dont  cette analyse évalue les progrès depuis Nairobi :  L’analyse de la fondation souligne  que, malgré certains progrès, des efforts importants restent nécessaires pour concrétiser la Déclaration de Nairobi. L’ACS2 est l’ occasion  de consolider et affirmer une position commune africaine sur le sujet climat , tout en mettant davantage l’accent sur la mise en œuvre des engagements ainsi définis.   A cet égard, Mo Ibrahim, Fondateur et Président de la Fondation Mo Ibrahim a souligné « Nairobi a marqué une étape décisive : l’Afrique a affirmé sa capacité à définir et conduire son propre agenda climatique. Mais comme le montre notre analyse, les progrès sont encore trop lents. Le deuxième Sommet africain sur le climat à Addis doit permettre d’accélérer et de concrétiser la vision portée par nos dirigeants il y a deux ans. Nous n’ avons pas les moyens de multiplier les ssommets sans effets. Nous devons  garantir la mise en oeuvre des engagement pris. Nous devons realiser  notre immense potentiel vert. Nous devons surtout  concilier  impératifs climatiques et  développement de nos populations. »  La Fondation sera présente à Addis-Abeba lors de l’ACS2 et travaillera avec les acteurs présents   pour plaider en faveur de progrès continus sur ces priorités. Lire la note de recherche de la Fondation (en anglais) ici  

Week-end Ibrahim sur la gouvernance 2025: Marrakech accueillera le rendez-vous du 1 au 3 juin 2025 à

Week-end Ibrahim sur la gouvernance 2025: Marrakech accueillera le rendez-vous du 1 au 3 juin 2025 à

L’Ibrahim Governance Weekend 2025 (IGW) se tiendra du dimanche 1er au mardi 3 juin 2025, à Marrakech (Maroc), confirme la Fondation Mo Ibrahim. Dans un communiqué parvenu à notre Rédaction, la Fondation indique que « l’IGW réunira des dirigeants du secteur public et privé et d’institutions régionales et multilatérales, pour débattre de la meilleure façon de mettre à profit les ressources propres du continent africain pour financer son développement, alors que se raréfient les perspectives de recours à l’aide extérieure » Selon la même source, l’IGW ouvrira officiellement le dimanche 1er juin avec la Leadership Ceremony , qui sera l’occasion d’entendre des dirigeants évoquer les défis conséquents du leadership contemporain. Le deuxième jour se tiendra le Forum Ibrahim 2025, une journée entière de débats autour du thème principal « Mobiliser les ressources propres de l’Afrique pour financer ses besoins », qui comprendra également deux dialogues de Mo Ibrahim avec une haute personnalité (« In Conversation with… »), apprend-on. le communiqué précise que le Forum Ibrahim 2025 examinera notamment les voies et moyens de mieux mobiliser les ressources propres du continent africain, et d’y attirer davantage d’investissements privés. Et de préciser que les débats de l’IGW 2025, qui interviendront avant la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4) à Séville (30 juin – 3 juillet), visent à nourrir et définir la position spécifique du continent africain sur ce sujet crucial. A noter également que plusieurs événements et réunions privées, organisés par les partenaires et amis de la Fondation Mo Ibrahim, se tiendront au cours de cet événement, essentiellement le 3 juin. Selon la Fondation, le programme détaillé des participants et des différents événements sera disponible dans les prochaines semaines. Martin Kam Avec CP Pour s’inscrire : https://mif.live/ibrahim-governance-weekend/media/registration

Lancement de l’Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique 2024

Lancement de l’Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique 2024

La Fondation Mo Ibrahim a publié récemment l’édition 2024 de l’Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique (IIAG), dernière version du rapport biannuel qui évalue les performances et les tendances de la gouvernance publique dans les 54 pays africains. Ce nouvel Indice porte sur la décennie 20142023. Selon l’Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique 2024, la gouvernance sur le continent africain a cessé de progresser, alors que sécurité et démocratie continuent de se dégrader, compromettant les avancées substantielles réalisées en matière de développement humain et économique Recueillies auprès de 49 sources indépendantes, les données de l’IIAG reposent pour chaque pays sur 322 variables regroupées en 96 indicateurs, eux-mêmes répartis en 16 sous-catégories et quatre catégories principales : Sécurité et État de Droit ; Participation, Droits et Inclusion ; Fondement des Opportunités Économiques ; et Développement Humain. Selon l’IIAG 2024, après quatre années de stagnation presque totale, la gouvernance globale en moyenne sur le continent a cessé de progresser depuis 2022, alors que la montée des conflits et de l’insécurité ainsi que le rétrécissement de l’espace démocratique compromettent les avancées essentielles qui restent observées en matière de développement humain et économique. Au cours de la décennie 2014-2023, un progrès limité est encore enregistré dans 33 pays sur 54, représentant juste un peu plus de la moitié (52,1 %) de la population du continent. Mais pour l’autre moitié de la population du continent, le niveau de gouvernance en 2023 est tombé en-dessous de celui de 2014. Ce tableau général assez sombre au niveau du continent occulte toutefois une forte diversité des performances et trajectoires selon les 54 pays africains et selon les 16 sous-catégories de l’IIAG. S’agissant des pays, 13 d’entre eux, dont l’Égypte, Madagascar, le Malawi, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Togo et la Somalie, parviennent non seulement à enregistrer   une progression de leur gouvernance globale entre 2014 et 2023, mais même à accélérer cette progression à compter de 2019. Les quatre derniers pays mentionnés font également partie des 10 pays dont le niveau de gouvernance a augmenté le plus au cours de cette décennie, au côté des Seychelles, de la Gambie, de la Sierra Leone, de l’Angola, de la Mauritanie et de Djibouti. Les Seychelles, dont la gouvernance globale progresse de 10 points sur la décennie, détrône Maurice et prend la tête du classement en 2023. La situation se dégrade en revanche de manière inquiétante dans 11 pays, pour lesquels la détérioration s’accélère même à compter de 2019. Certains, comme le Soudan, sont confrontés à une crise majeure. Mais cette trajectoire de détérioration accélérée est également observée parmi les pays les mieux classés. Ainsi, bien que figurant encore parmi les dix premiers pays du classement, Maurice (2e), le Botswana (5e), la Namibie (6e) et la Tunisie (9e, font partie, avec les Comores, le Mali, le Burkina Faso, la RDC, le Niger et l’Eswatini, des 10 pays enregistrant les détériorations les plus marquées au cours de la décennie sous revue. De fait, au sein même des dix pays en tête du classement, les trajectoires sont fortement divergentes. Seul le Maroc réussit à accélérer la progression de la gouvernance publique au cours de la décennie, tandis que Maurice, le Botswana et la Tunisie suivent une pente préoccupante de détérioration qui s’accentue. L’IIAG 2024 met également en évidence des divergences importantes au niveau des sous-catégories. Les progrès restent substantiels dans la majorité des sous-catégories liées au développement économique et humain. La sous-catégorie Infrastructures est celle dans laquelle les améliorations au cours de la décennie sont les plus marquées, grâce à des progrès notables en matière de communications mobiles, d’accès numérique et d’accès à l’énergie. Même progression remarquable dans la sous-catégorie Parité. Dans ces deux domaines, près de 95 % de la population du continent vit dans un pays où le niveau atteint en 2023 est nettement meilleur qu’en 2014. Mais la totalité des sous-catégories liées à la sécurité et à la démocratie se sont dégradées au cours de la décennie, les plus mauvais résultats étant enregistrés pour les sous-catégories Sécurité et sûreté et Participation. Plus de 77 % de la population du continent vit dans un pays où le niveau atteint en 2023 dans ces deux domaines est pire qu’en 2014. Par ailleurs, et de façon préoccupante, malgré les progrès observés dans plusieurs domaines essentiels, les perceptions des citoyens témoignent d’une insatisfaction croissante. À l’exception des Perceptions concernant le leadership féminin, tous les indicateurs de perception sont dégradés, à des degrés divers, même lorsque les indicateurs correspondants affichent un progrès. Cette évolution est particulièrement notable dans le cas de l’indicateur Perception par les citoyens des opportunités économiques (-12,4), le plus dégradé des 96 qui composent l’IIAG. Commentant les résultats de l’IIAG 2024,Mo Ibrahim, fondateur et président de la Fondation, a déclaré :   « L’IIAG 2024 nous rappelle froidement la menace que l’aggravation de la crise sécuritaire et le rétrécissement de l’environnement participatif font peser sur les progrès du continent. Certes, cette situation reflète aussi la crise mondiale. L’escalade des conflits et la méfiance croissante à l’égard des institutions et des valeurs démocratiques ne sont pas le seul apanage de l’Afrique. Ils s’observent partout dans le monde. Mais cette situation est particulièrement préoccupante en Afrique, car elle remet en jeu les progrès accomplis en matière de développement économique et social et ceux qui restent à réaliser.    Pour autant, ne réduisons pas le continent a une simple moyenne. 54 pays composent la mosaïque de notre immense continent, chacun avec des performances et des tendances bien différentes :  trajectoires préoccupantes pour certains, mais aussi réussites impressionnantes pour d’autres. Et les progrès notables enregistrés par des pays aussi divers que le Maroc, la Côte-d’Ivoire, les Seychelles, l’Angola ou le Bénin, ainsi que dans des domaines aussi différents mais également critiques que les infrastructures et la parité montrent que les progrès restent à notre portée. » Toutes les données de l’IIAG 2024 sont en accès libre sur le portail de données de l’IIAG: https://iiag.online/fr/

Fondation Mo Ibrahim | Le rapport 2023 sur l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique met en évidence une forte corrélation entre la qualité des données et l’efficacité de la gouvernance

Fondation Mo Ibrahim | Le rapport 2023 sur l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique met en évidence une forte corrélation entre la qualité des données et l’efficacité de la gouvernance

La Fondation Mo Ibrahim a présenté récemment son rapport IIAG 2023, intitulé The Power of Data for Governance: Closing data gaps to accelerate Africa’s transformation («  Le pouvoir des données au service de la gouvernance : combler les lacunes en matière de données pour accélérer la transformation de l’Afrique »). La disponibilité de données fiables est un pilier des programmes de gouvernance et de développement de l’Afrique. Le rapport souligne le rôle essentiel des données comme moteur de progrès, mais aussi pour l’évaluation de l’action des pouvoirs publics, la définition des priorités stratégiques et la confiance à l’égard des gouvernements. En s’appuyant sur l’ensemble de données de l’IIAG 2022, le rapport 2023 met en évidence une corrélation très significative entre l’accès à des statistiques de qualité et l’efficacité de la gouvernance dans les pays africains entre 2012 et 2021. Or, l’Afrique reste le continent le plus touché par le manque de données, affichant les plus faibles niveaux de disponibilité en matière d’enregistrement des faits d’état civil et de statistiques. De nombreux pays africains manquent de données de base essentielles à l’élaboration de politiques publiques, notamment les recensements de la population et l’enregistrement des naissances et des décès. Même dans les domaines en progression, de graves lacunes subsistent, notamment sur les infrastructures de santé, l’économie informelle, l’environnement, la violence à l’égard des femmes, le travail des enfants ou les flux financiers illicites. Le sous-financement des systèmes statistiques demeure une difficulté majeure à l’échelle mondiale, ces derniers ne recevant que 0,34 % du total de l’aide publique au développement (APD). En Afrique, l’APD allouée aux données et aux statistiques a presque diminué de moitié entre 2018 et 2021. Outre l’investissement dans les données, le rapport indique des pistes essentielles pour renforcer l’impact des données et accélérer le développement sur le continent : assurer l’indépendance des instituts nationaux de statistique, exploiter d’autres sources de données telles que les données produites par les citoyens et les données des entreprises privées, et tirer parti de technologies nouvelles telles que l’intelligence artificielle. Mo Ibrahim, fondateur et président de la Fondation, a souligné l’importance des données pour la réalisation des programmes de développement et la définition des politiques publiques : « Sans données, nous avançons à l’aveuglette : les politiques sont mal ciblées et les progrès chaotiques. Si nous souhaitons vraiment ne laisser personne de côté, nous devons agir de toute urgence pour combler l’insuffisance de données en Afrique. Les données sont essentielles à la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des objectifs de développement durable des Nations Unies. Je pense depuis longtemps que le Programme 2030 des Nations Unies aurait dû comporter un ODD  0 qui se serait intitulé “Des données fiables au service de la gouvernance”. » Le rapport a été présenté à Accra, au Ghana, lors d’un événement coorganisé avec Afrobaromètre. Depuis sa création, la Fondation Mo Ibrahim soutient énergiquement Afrobaromètre, aujourd’hui le principal institut africain menant des enquêtes d’opinion sur le continent. Afrobaromètre est l’unique source de données de la section Voix des citoyens, qui complète l’ensemble de données de l’IIAG. La présentation du rapport fait suite à une réunion de deux jours du groupe d’experts de l’IIAG à Accra. L’organe consultatif renouvelé se réunit une fois par an en présentiel dans un pays africain pour mener des consultations sur l’IIAG.

Déclaration de la Fondation Mo Ibrahim sur la COP28

Déclaration de la Fondation Mo Ibrahim sur la COP28

Nous saluons le tout premier engagement explicite dans l’histoire des COPs pour une transition hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques. Nous saluons également la reconnaissance de la nécessité de transitions justes, ordonnées et équitables, et la reconnaissance du rôle des énergies de transition. Cela permet de réconcilier objectifs climatiques et objectifs de développement s’agissant du continent africain, ainsi que nous le préconisons depuis longtemps, et comme l’a récemment souligné le Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète. Comme nous l’espérions, la COP28 a confirmé un intérêt global marqué pour les actifs verts de l’Afrique. L’engagement à augmenter les énergies renouvelables au niveau mondial, déjà souscrit au niveau du continent africain par le tout premier Sommet Africain sur le Climat organisé avant la COP28, est porteur de grands espoirs pour l’Afrique. Le continent possède un potentiel considérable d’énergies renouvelables et des minerais essentiels à la mise en place d’une économie verte mondiale – de nature à générer investissements, emplois locaux et développement. Mais la gouvernance doit être au cœur de la mise en œuvre de ce potentiel pour assurer qu’effectivement il favorise le développement économique et social de tous les habitants du continent. Nous saluons également le fait que la COP28 reconnaisse le lien entre climat, sécurité alimentaire et santé, qu’il est essentiel de prendre en compte pour renforcer la résilience du continent face aux impacts du dérèglement climatique. Si tout ceci mérite d’être salué, reste la question fondamentale du financement, en particulier en matière d’adaptation au dérèglement climatique. Si le Fonds de compensation est enfin opérationnel, un gouffre demeure entre les montants annoncés et les besoins. C’est peut-être un signal donné pour que l’Afrique sorte d’une dépendance exclusive aux partenaires externes et aux bailleurs, pour puiser dans ses ressources propres et monétiser judicieusement ses actifs verts. « La COP28 a généré des opportunités importantes pour le continent africain et mis l’accent sur des priorités essentielles que nous défendons depuis longtemps. La nécessité cruciale pour le continent de concilier climat et développement a été enfin reconnue, avec la mise en place de transitions énergétiques justes et équitables. L’accord de Dubaï ouvre aussi la voie à des opportunités d’investissement et d’emplois considérables autour des actifs verts de notre continent. Reste l’essentiel, le nerf de la guerre : qui va payer ? Car face à ces engagements majeurs, aucun engagement financier à ce stade. Le moment est sans doute venu pour notre continent de cesser de compter uniquement sur ses partenaires. Cessons d’attendre indéfiniment que le reste du monde se décide à agir, cessons de dépendre des autres pour notre propre développement. Désormais en route vers la COP29, nous continuerons plus que jamais de plaider pour un continent plus fort et plus autonome. » Mo Ibrahim Président et fondateur de la Fondation Mo Ibrahim

Le marché africain dépassera bientôt celui d’Asie et d’Europe, selon un rapport

Disposant d’une population très importante et surtout jeune, la Zone de libre-échange continentale africaine offre de riches possibilités de croissance économique. Cependant, un sous-développement prononcé des infrastructures empêche les échanges intrarégionaux, selon un récent rapport. Avec ses plus de 1,4 milliard d’habitants, l’Afrique représente déjà près de 20% de la population mondiale. En 2023, elle est la deuxième zone du monde la plus peuplée derrière l’Asie (avec 4,7 milliards). Sa population compte déjà pour le double de celle de l’Europe (743 millions), fait ressortir un récent rapport de la Fondation Mo Ibrahim, fondée en 2006 par l’homme d’affaires et philanthrope soudanais-britannique éponyme. La Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) représente donc une énorme opportunité pour l’Afrique, selon le rapport. Qui plus est, la population de l’Afrique est la plus jeune du monde et devrait augmenter de manière significative à partir de 2060. Les ressources naturelles du continent, y compris les minéraux essentiels pour les technologies renouvelables, le rende indispensable à une économie verte, qui aspire à réduire les émissions de carbone. Des avantages Si l’Asie restera la région la plus peuplée du monde en 2100, elle commencera à diminuer à partir de 2060. L’Amérique du Nord et l’Océanie continuent de croître, mais la population africaine est estimée être la seule à augmenter considérablement. Née en 2021, la Zleca est le plus grand marché potentiel au monde, souligne le rapport. Elle engage ses signataires à supprimer les droits de douane sur 90% des marchandises, à libéraliser progressivement le commerce des services et à éliminer les autres barrières non tarifaires. Avec ses plus de 1,4 milliard de personnes, la taille du marché de la Zleca a dépassé le marché unique de l’UE, l’accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA) et le marché commun du Sud (MERCOSUR) combinés, d’après le rapport. Il s’agit de l’accord de libre-échange le plus important pour le nombre de pays membres. Des problèmes Malgré tout, le commerce intercontinental reste faible, ne représentant que moins de 13% du commerce total de l’Afrique, en comparaison aux 66,9 % de l’Europe, aux 63,8% de l’Asie et aux 44,4% des Amériques, ajoute la fondation. L’Afrique est confrontée à un important déficit d’infrastructures, avec des réseaux de transports qui ne reflètent pas sa population, constate aussi le rapport. En l’absence d’infrastructures appropriées pour faciliter les déplacements au sein du continent, le commerce intrarégional continuera d’être coûteux et inaccessible, quelles que soient les réductions tarifaires. L’Afrique occupe plus d’un cinquième de la superficie terrestre mais possède moins de 8% des routes et des rails dans le monde.

Lancement de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) 2022

Lancement de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) 2022

L’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine 2022 (IIAG), publié mercredi 25 par la Fondation Mo Ibrahim, révèle que la gouvernance africaine a stagné depuis 2019, reflétant une série de perturbations qui compromettent sérieusement plusieurs années de progrès sur le continent.   Commentant ces données, Mo Ibrahim, fondateur et président de la Fondation Mo Ibrahim, a déclaré : « L’indice Ibrahim 2022 de la gouvernance africaine souligne que la gouvernance africaine a stagné depuis 2019. Si nous ne remédions pas rapidement à cette tendance inquiétante, les années de progrès dont nous avons été témoins pourraient être perdues, et l’Afrique ne sera pas en mesure d’atteindre en temps voulu les Objectifs de Développement Durable ou ceux de l’Agenda 2063. Notre continent est exposé de manière unique aux conséquences convergentes du changement climatique, plus récemment de la Covid-19, et maintenant de l’impact indirect de la guerre Russie-Ukraine. Nos gouvernements doivent simultanément résoudre l’absence de perspectives décentes pour notre jeunesse, l’aggravation de l’insécurité alimentaire, le manque d’accès à l’énergie pour près de la moitié de la population du continent, l’alourdissement du fardeau de la dette et la multiplication des mouvements sociaux. Les coups d’État sont de retour et le recul de la démocratie fait tache d’huile. Nous traversons à l’évidence une zone de vents mauvais. Plus que jamais, l’engagement à renforcer la gouvernance doit être renouvelé, faute de perdre tous les progrès acquis. » Selon l’IIAG 2022, même si le niveau continental moyen de Gouvernance Globale est meilleur en 2021 qu’en 2012 (+1,1), les progrès ont stagné depuis 2019.   Cette stagnation résulte de la détérioration conjointe des deux dimensions Sécurité et État de droit et Participation, droits et inclusion, du fait de la multiplication des conflits armés, des actes de violence contre les civils et d’un recul de la démocratie qui s’étend sur le continent.   L’IIAG 2022 confirme que ces tendances préoccupantes sont antérieures à la pandémie. Mais la mise en place de mesures restrictives et de dispositions d’urgence pour faire face à la pandémie de la COVID-19 et à ses retombées les a exacerbées. Les mesures prises ont accéléré le déclin des pratiques démocratiques, accentué la répression contre la dissidence politique, rétréci l’espace de la société civile et justifié un moindre contrôle démocratique.   L’évolution des deux autres dimensions de l’IIAG – Développement humain et Fondements des opportunités économiques – autorisent toutefois un certain optimisme, car elles ont toutes deux progressé entre 2012 et 2021.   C’est particulièrement le cas pour le Développement humain, qui s’est amélioré d’année en année tout au long de la décennie : en 2021, plus de 90 % de la population du continent vit dans un pays où la situation en la matière est meilleure qu’en 2012.   S’agissant des Fondements des opportunités économiques, non seulement le niveau atteint en 2021 est plus élevé qu’en 2012, mais c’est la seule catégorie à avoir même continué à progresser depuis 2019, malgré le choc sismique de la pandémie, principalement grâce aux améliorations considérables de la sous-catégorie Infrastructure, à partir d’un niveau initial faible.    Le rapport 2022 de l’IIAG relève par ailleurs la persistance de lacunes statistiques critiques pour un certain nombre de priorités de gouvernance, concernant notamment les secteurs de l’emploi, de la santé, du monde rural ou du changement climatique. Il demeure ainsi impossible d’inclure dans la sous-catégorie Santé les données souhaitables sur les infrastructures et les ressources humaines – pourtant essentielles pour répondre efficacement à toute pandémie. Or d’une manière générale, il n’est pas de politiques publiques efficaces sans données fiables. Le renforcement de la production et de l’utilisation des données en Afrique restera une priorité de la Fondation Mo Ibrahim.  Au total, l’IIAG 2022 montre que les progrès de gouvernance sont entravés par des trajectoires désormais clairement divergentes, les progrès en matière de Développement humain et de Fondements des opportunités économiques étant contrecarrés par la détérioration à la fois de la Sécurité et de l’État de droit et de la Participation, des droits et inclusion. Faute de renouveler fortement l’effort et les engagements envers une gouvernance équilibrée, des décennies de progrès ainsi que la capacité de l’Afrique à atteindre les ODD et l’Agenda 2063 seront compromises.

Des vaccins pour l’Afrique : une question de sécurité mondiale

Dans une déclaration publiée aujourd’hui, la Fondation Mo Ibrahim a appelé à une série d’actions urgentes visant à renforcer l’accès aux vaccins en Afrique. L’Afrique est l’un des continents les plus vulnérables du monde. Alors que le continent abrite 17 % de la population mondiale, il n’a reçu que 0,5 % des doses de vaccins distribuées, selon les dernières données. La garantie d’un accès égal et équitable aux vaccins est un enjeu de sécurité mondiale, et une question d’intérêt commun. Nous savons tous que si le virus n’est pas efficacement éliminé partout, il continuera à se propager et à muter. Co-signée par les membres du conseil d’administration de la Fondation, ceux du comité du prix Ibrahim et les lauréats du prix Ibrahim, la déclaration appelle à des engagements immédiats et concertés pour faire avancer l’équité vaccinale. Cela implique notamment l’allocation de ressources financières supplémentaires pour les pays qui en ont le plus besoin et le renforcement des capacités locales de production de doses de vaccins. Tous ces sujets feront l’objet d’un prochain rapport de la Fondation sur « L’Afrique et la COVID-19 : un an après » et seront au cœur des discussions du Forum Ibrahim 2021 pendant le Ibrahim Governance Weekend, qui se tiendra virtuellement du 3 au 5 juin 2021.