Congo/OPINION. Non à la servitude volontaire au Loango!

Chers filles et fils du Loango. Chers concitoyennes et concitoyens du Congo-Brazzaville, Suite à l’actualité déconcertante au Loango relative au discours de Florent Tchibouanga, qui suscite l’indignation générale, devant Denis Sassou Nguesso et son épouse, en séjour sur la terre des Maloango, un recadrage des choses s’impose et il est surtout nécessaire et judicieux de dire à haute et intelligible voix : NON A LA SERVITUDE VOLONTAIRE AU LOANGO! En ma qualité de natif du royaume de Loango et de surcroît membre de Tshindumba tshi Kondi, l’un des clans princiers du Loango et au fait de l’histoire et valeurs de cet Etat, je m’inscris en faux et condamne avec la dernière énergie les propos de Florent Tchibouanga, ex conseiller du roi Makosso IV, qui voudraient que le digne peuple de Loango ravale sa fierté, fasse fi de sa dignité et sombre dans la servitude volontaire par rapport au pouvoir foncièrement maléfique et criminogène de Brazzaville. Quand Florent Tchibouanga profère des propos aussi graves assortis de menace de mort du genre, je cite : “Dieu vous a choisi (parlant de Denis Sassou Nguesso) pour arranger ce pays. Celui qui trouve que ce n’est pas normal, il n’a qu’à aller là où il veut.” Et de poursuivre avec une parole imprécatoire : “Quiconque trouve que ce nous avons dit n’est pas correct qu’il meurt carbonisé.” Ce que l’opinion doit comprendre par là c’est que désormais les gens au Loango sont donc placés devant deux choix : l’asservissement ou l’exil. Et au pire, celui qui ne rentrera pas dans le rang en se ne conformant pas à la pensée unique et consentir à supporter le tyran sanguinaire devra être maudit et subira un sort funeste. D’emblée, on est en droit de se poser la question de savoir de qui Florent Tchibouanga a-t-il reçu la licence de parler au nom du peuple de Loango que sont les Yombe, les Lumbu, les Kuni, les Kotshi, les Woyo, les Lindji, les Vili… pour les impliquer dans une posture, moins enviable, d’asservissement à l’altérité sinon aux allogènes. Il sied de rappeler ici et maintenant que les Kongo en général et notamment ceux de la partie nord-occidental, sur littoral Atlantique, à savoir ceux de Ngoyo dans le Kongo central, en RD Congo, ceux de Kakongo dans l’enclave du Cabinda et ceux de Loango ayant essaimé jusque dans l’actuel province de la Nyanga au Gabon, sont des entités ethniques libres qui ont toujours vécu dans des Etats hyper organisés socialement et structurés politiquement. A la lueur de l’histoire, nous sommes édifiés sur le fait que suite à l’avénement de la seconde dynastie, issue de N’nombu Sinda, le fuundu tshibokuta “l’Instance Collégiale de Concertation et de Conciliation” avait consacré la liberté comme valeur cardinale. Et sous l’impulsion de sa majesté le roi Moë Mpwati 1er dit Kamangu Wukama N’bu, cette ordonnance significative et historique sera rendue exécutoire. C’est ainsi que par le passé la liberté dont jouissait le peuple de Loango était telle que celui-ci se réservait le droit sinon les pleins pouvoirs de réclamer et d’obtenir la démission du monarque qui se risquait d’engager le royaume de Loango dans une dérive autocratique ou d’un pouvoir absolutiste et despotique. Il est cependant clair, contrairement aux allégations de Florent Tchibouanga, le fait que les mânes ont consacré le royaume de Loango comme une terre de liberté. Et c’est au nom de cette liberté que le peuple de Loango, par la biais de ses représentants au Fuundu Tshibokuta, a toujours choisi son roi au sein de deux clans princiers que sont Kondi et Nkata, lesquels ont l’apanage exclusif de rentrer en compétition pour le trône. Bien évidemment, c’est à cause de cette singulière pratique politique, qui nous vient de la nuit des temps, que le Loango se distingue comme une monarchie parlementaire ayant ainsi posé les jalons sinon jeté les bases d’une démocratie représentative au coeur de l’Afrique centrale. En fait, force est de souligner que les forces vives sur toute l’étendue du territoire du Loango sont donc composées de citoyens libres et non d’individus assujetis et subissant l’autoritarisme d’un monarque. Pour ce faire, le Loango est par excellence une terre d’hommes libres et il entend le rester à jamais. On ne dira jamais assez que la liberté est d’autant plus précieuse qu’elle ne se négocie pas et pour rien au monde le peuple de Loango ne saurait brader sa liberté atavique pour se constituer en peuple assujetti et accepter de se soumettre à un pouvoir tyrannique. En tant que peuple autochtone et riverain d’une terre gorgée d’or noir, le peuple de Loango est cependant privé du droit légitime de jouissance de la rente pétrolière et faudrait-il encore qu’il accepte l’asservissement et porter le bâillon! La déficience mémorielle du moins le fait d’occulter cette glorieuse page de l’histoire inscrite dans le marbre par nos illustre ancêtres revient à leur donner raison quant à cette lumineuse sagesse, à savoir : Nyuundu yumwa syaala mu myooku baana yeeka litebulu li mbaanga “L’enclume leguée dans les mains des enfants est devenu un instrument pour briser les amendes.” Les ancêtres dotés de prescience avaient donc, à raison, prédit le dévoyement des valeurs morales et du patrimoine culturel immatériel du Loango par leurs descendants. Il y a lieu cependant d’affirmer que Florent Tchibouanga n’a pas pris la pleine mesure de l’incidence de son discours! Au regard de propos aussi gravissimes, c’est ici l’occasion d’affirmer sans coup férir que le peuple pacifique de Loango est en danger. Et ceci ne saurait relever d’une vue de l’esprit! C’est pourquoi il convient de souligner que le sidérant spectacle et les propos surréalistes et scadaleux de Florent Tchibouanga participent non seulement d’un acte d’autoflagellation, mais sont manifestement une caution à l’instauration d’un climat de terreur et de violence sur la paisible terre de nos illustres ancêtres. Ceci est d’autant plus inquiétant que nous avons affaire à un pouvoir maléfique et criminogène qui incarne le terrorisme d’Etat et prospère sur une culture de la violence armée et de la mort. En