La vision des filles pour l’avenir : Un appel à l’action pour la prévention du VIH et l’égalité des sexes

La vision des filles pour l’avenir : Un appel à l’action pour la prévention du VIH et l’égalité des sexes

TRIBUNE. Alors que nous célébrons la Journée internationale de la fille de cette année sous le thème « La vision des filles pour l’avenir », nous nous rappelons l’immense potentiel que possèdent les adolescentes et les jeunes femmes pour façonner un monde meilleur. Cette journée s’inscrit dans la foulée du Sommet du futur, offrant une occasion opportune de réfléchir à ce qui doit être fait pour assurer un avenir plus sain et plus équitable, en particulier dans la lutte contre le VIH. Malgré les progrès réalisés à l’échelle mondiale, les adolescentes et les jeunes femmes restent touchées de manière disproportionnée par le VIH. Nos dernières données révèlent un défi persistant : seuls 52 % des programmes combinés de prévention du VIH parviennent à ceux qui en ont besoin, bien en deçà de l’objectif de 90 % fixé pour 2025. La voie à suivre exige des actions audacieuses et stratégiques, non seulement de la part de l’ONUSIDA, mais aussi de la part des gouvernements, de la société civile et de tous les partenaires de développement. Donner la priorité à la prévention du VIH Il est essentiel d’adopter une approche systématique de la prévention du VIH chez les adolescentes et les jeunes femmes. Nos efforts de prévention doivent être adaptés aux réalités spécifiques des différentes communautés, en reconnaissant que les taux d’incidence du VIH varient considérablement. Pour protéger les plus vulnérables, nous devons intensifier les programmes là où l’incidence est la plus élevée et veiller à ce que ces programmes soient complets. Cela comprend l’élargissement de l’accès aux interventions biomédicales, comportementales et structurelles, l’accès à la PrEP orale et injectable à action prolongée, l’accès à l’anneau vaginal, aux préservatifs et à la Dapivirine. Mais la prévention ne consiste pas seulement à offrir des options, mais aussi à offrir des choix. Nous devons adopter une approche différenciée, centrée sur les personnes, qui tient compte des divers besoins des adolescentes et des jeunes femmes. Cela signifie qu’il faut leur offrir, ainsi qu’à leurs partenaires masculins, des options de prévention accessibles et rentables, dans un langage clair et approprié, qui leur permet de prendre des décisions éclairées concernant leur santé. Le Pouvoir des Données et de la Coordination Une prévention efficace nécessite une coordination solide, une prise de décision fondée sur des données et une allocation stratégique des ressources. L’ONUSIDA et ses partenaires exploitent les données pour renforcer la collaboration, en veillant à ce que les adolescentes et les jeunes femmes soient prioritaires dans les efforts de prévention du VIH. Cela est particulièrement important surtout si nous avons choisi de concentrer nos efforts et nos ressources autour des populations les plus à risque. Le fait d’allouer des ressources pour la santé des adolescentes et des jeunes femmes ne doit pas être considéré comme un investissement facultatif, mais comme un pilier essentiel de notre riposte mondiale au VIH. Les financements domestiques sont essentiels, si nous voulons avoir des programmes durables et efficaces. Avec un financement à long terme, les gouvernements peuvent préserver l’avenir des jeunes, et s’assurer que les efforts de prévention sont pris en compte et sont bien adaptés aux contextes locaux. Éducation et Autonomisation L’éducation est le fondement de toute stratégie de prévention du VIH réussie. L’éducation sexuelle complète (ECS) permet aux jeunes d’acquérir les connaissances et les compétences dont ils ont besoin pour se protéger du VIH, tout en abordant des questions plus larges d’égalité des sexes et d’autonomisation. Pourtant, de nombreux pays sont encore loin d’offrir un accès universel à l’ECS. Nous devons plaider en faveur d’une augmentation du financement de l’éducation afin que chaque fille ait accès à une éducation sexuelle complète, et inclusive. Cette éducation doit également aborder les intersections entre le VIH, la violence basée sur le genre (VBG) et les contextes fragiles, où les filles sont particulièrement vulnérables. S’attaquer aux Normes Sur le Genre qui sont Néfastes Au cœur de la riposte au VIH on retrouve la nécessité de mettre en place en urgence, des programmes transformateurs en matière de genre qui remettent en question les normes de genre néfastes et les masculinités toxiques. Trop souvent, les filles et les femmes sont privées de l’autonomie et de la capacité d’agir dont elles ont besoin pour protéger leur santé et faire des choix concernant leur avenir. Nous devons soutenir les programmes qui non seulement autonomisent les filles, mais engagent également les garçons et les hommes si nous voulons démanteler les dynamiques de genre néfastes. Il est essentiel de s’attaquer aux causes profondes de l’inégalité entre les sexes, si nous voulons briser le cycle de transmission du VIH. En s’attaquant à des problèmes comme les violences basées sur le genre (VBG) et en promouvant l’égalité des sexes, nous pouvons créer un environnement où les filles sont habilitées à prendre le contrôle de leur santé et de leur vie. Une Vision pour l’Avenir En cette Journée internationale de la fille, nous réaffirmons notre engagement envers les adolescentes et les jeunes femmes. Leur vision de l’avenir, est une vision où elles sont libres de la menace du VIH, libres de poursuivre leurs rêves et capables d’amener le changement. Il est de notre responsabilité de veiller à ce que cette vision devienne réalité. La riposte au VIH n’est pas seulement une question de traitements et de programmes, c’est aussi une question d’équité, de dignité et de justice pour toutes les filles. Continuons à travailler ensemble pour faire de cette vision une réalité, car lorsque les filles réussissent, le monde réussit. À mesure que nous avançons, nous devons prendre des mesures urgentes pour accroître la visibilité des questions transversales telles que celles soulevées par Education Plus et d’autres initiatives mondiales. Nous devons veiller à ce que la prévention du VIH soit prioritaire, financée et intensifiée, et à ce que nous nous attaquions aux facteurs structurels du VIH, notamment les inégalités entre les sexes et les normes sociétales néfastes. Les adolescentes et les jeunes femmes ne méritent rien de moins que notre engagement total envers leur santé, leurs droits et leur avenir. Par Mme

Protégez les femmes et les filles dans les prisons de la RD Congo

Protégez les femmes et les filles dans les prisons de la RD Congo

Un rapport interne daté du 9 septembre du Fonds des Nations Unies pour la population, l’agence de l’ONU chargée de l’amélioration de la santé reproductive et maternelle, a révélé que, plus tôt dans le mois, 268 des 348 femmes détenues dans la prison de Makala en République démocratique du Congo – soit près de 80 pour cent d’entre elles – ont été victimes de viols et d’autres violences sexuelles lors d’une tentative d’évasion qui s’est avérée mortelle. Le rapport, consulté par Human Rights Watch et couvert pour la première fois par Reuters, indique que 17 des survivantes de ces violences sexuelles avaient moins de 19 ans. Suite aux violences du 2 septembre dans la prison, le ministre congolais de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a annoncé le même jour que 129 prisonniers étaient morts et 59 ont été blessés. Il a également déclaré qu’il y avait eu « quelques femmes violées ». Le 4 septembre, une détenue a affirmé à Human Rights Watch qu’elle avait vu des femmes en train d’être violées et qu’aucune d’entre elles n’avait reçu des soins appropriés. Le rapport souligne que bien que nombre de survivantes aient reçu, dans les 72 heures suivant les attaques, les soins de prise en charge couramment fournis après un viol, telles qu’une contraception d’urgence et la prophylaxie post-exposition au VIH, elles n’avaient reçu de soutien psychologique adéquat qu’à partir du 11 septembre. La violence sexuelle est un problème chronique dans les prisons de la RD Congo. En septembre 2020, une émeute à la prison centrale de Kasapa à Lubumbashi a provoqué un incendie dans la section des femmes, forçant les prisonnières à rester dans la cour principale de la prison pendant trois jours, et ce sans aucune protection de l’administration pénitentiaire. Durant ces trois jours, des hommes détenus avaient à maintes reprises violé des dizaines de prisonnières, dont une adolescente. Un procès tenu 16 mois plus tard fut une occasion ratée d’enquêter sérieusement sur ce qui s’était passé et de tenir pour responsables les auteurs des viols, ainsi que les fonctionnaires de l’État qui n’ont pas empêché les abus. Ceci vient s’ajouter à la surpopulation et aux mauvaises conditions de vie et d’hygiène prévalant à Makala et dans plusieurs autres prisons congolaises. Le 2 septembre, Jacquemain Shabani a annoncé la mise en place d’une commission mixte pour établir les faits autour de l’incident à la prison de Makala. Bien que cette commission doive faire face à plusieurs défis, elle devrait accorder une attention particulière à cette question cruciale : que doit faire le gouvernement pour lutter contre la violence sexuelle dans les prisons congolaises et garantir la dignité et la sécurité des femmes et des filles détenues ? Carine Kaneza Nantulya Directrice adjointe, division Afrique -HRW

Les filles ont désormais des résultats équivalents à ceux des garçons en mathématiques

Les filles ont désormais des résultats équivalents à ceux des garçons en mathématiques

En mathématiques, les inégalités de genre en faveur des garçons dans les petites classes sont en train de disparaître progressivement, selon une nouvelle publication du Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’UNESCO. Ce rapport nous invite à réfléchir davantage aux inégalités entre filles et garçons et aux obstacles qui empêchent les filles de réaliser leur potentiel. Approfondir le débat sur les personnes qui sont encore laissées pour compte, le rapport annuel sur l’égalité des genres de l’UNESCO, analyse les données de 120 pays dans l’enseignement primaire et secondaire pour dresser un tableau global. Les résultats montrent qu’au cours des premières années, les garçons obtiennent de meilleurs résultats que les filles en mathématiques, mais que ces inégalités de genre disparaissent par la suite. Ces recherches confirment que les inégalités de genre en matière d’apprentissage se sont réduites, même dans les pays les plus pauvres. Et dans certains pays, l’écart s’est désormais inversé. Par exemple, en quatrième, l’écart en mathématiques est de 7 points de pourcentage en Malaisie, de 3 points au Cambodge, de 1,7 point au Congo et de 1,4 point aux Philippines en faveur des filles. Cependant, les préjugés et les stéréotypes sont toujours susceptibles d’affecter les résultats d’apprentissage. Même si les filles rattrapent leur retard en mathématiques dans le second cycle de l’enseignement primaire et dans le secondaire, les garçons sont bien plus souvent surreprésentés parmi les meilleurs élèves en mathématiques dans tous les pays. Dans les pays à revenu intermédiaire et élevé, dans le secondaire, les filles obtiennent des résultats nettement supérieurs en sciences. Malgré cet avantage, les filles restent moins nombreuses à opter pour des carrières scientifiques, ce qui indique que les préjugés sexistes pourraient encore constituer des obstacles à la poursuite d’études dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons en lecture Si les filles obtiennent de bons résultats en mathématiques et en sciences, elles obtiennent des résultats encore meilleurs en lecture. Les filles sont plus nombreuses que les garçons à atteindre le niveau d’aptitude minimal en lecture. On constate l’écart le plus important dans l’enseignement primaire en Arabie Saoudite, où, en CM1, 77% des filles mais seulement 51% des garçons atteignent le niveau d’aptitude minimal en lecture. En Thaïlande, les filles dépassent les garçons en lecture de 18 points de pourcentage, en République dominicaine de 11 points et au Maroc de 10. Même dans les pays où les filles et les garçons ont un niveau de lecture identique dans les petites classes, comme en Lituanie ou en Norvège par exemple, l’écart en faveur des filles atteint environ 15 points de pourcentage à l’âge de 15 ans. « Les filles démontrent à quel point elles peuvent réussir à l’école lorsqu’elles ont accès à l’éducation. Mais beaucoup, et notamment les plus défavorisées, n’ont pas la moindre possibilité de recevoir un enseignement. Nous ne devons pas craindre ce potentiel. Nous devons le soutenir et veiller à ce qu’il se développe. Par exemple, il est déchirant de constater que la plupart des filles en Afghanistan n’ont pas la possibilité de révéler leurs talents au monde entier », déclare Malala Yousafzai, cofondatrice du Fonds Malala. « Il faut recueillir davantage de données, mais les publications récentes ont d’ores et déjà contribué à dresser un tableau quasi-global des inégalités de genre dans les résultats d’apprentissage juste avant la pandémie. Les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons en lecture et en sciences et sont en train de rattraper leur retard en mathématiques. En revanche, elles ont nettement moins de probabilité d’être parmi les plus performantes en mathématiques, en raison de préjugés et de stéréotypes persistants. Nous devons assurer l’égalité des genres dans l’apprentissage et veiller à ce que chaque apprenant réalise son potentiel », déclare Manos Antoninis, directeur du Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’UNESCO.

Le Sommet de Nairobi sur la CIPD25 s’achève sur une trajectoire clairement définie afin de transformer le monde au bénéfice des femmes et des filles

Le Sommet de Nairobi sur la CIPD25 s’achève sur une trajectoire clairement définie afin de transformer le monde au bénéfice des femmes et des filles

La clôture du Sommet de Nairobi sur la CIPD25 s’est déroulée jeudi 14 au Kenya. Durant la cérémonie, les partenaires ont pris l’engagement solennel de transformer le monde en mettant un terme, d’ici 2030, aux décès maternels évitables, aux besoins non satisfaits en planification familiale et aux violences basées sur le genre et autres pratiques néfastes envers les femmes et les filles. « Le Sommet de Nairobi est le symbole d’une vision renouvelée et redynamisée, ainsi que d’une communauté qui travaille ensemble pour agir et obtenir des résultats. Ensemble, nous allons faire des dix prochaines années une décennie d’action et de résultats pour les femmes et les filles, en gardant leurs droits et leurs choix au centre de tout ce que nous faisons « , a déclaré le Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive de l’UNFPA. Le Sommet, organisé par les gouvernements du Kenya et du Danemark, conjointement avec l’UNFPA, l’agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et de la reproduction, a révélé l’existence de nouvelles données critiques concernant le coût de la réalisation de ces objectifs. Il a mobilisé plus de 1 200 engagements provenant du monde entier, y compris des milliards de dollars de promesses de contributions de la part de partenaires des secteurs public et privé. Il a également permis aux communautés marginalisées, aux jeunes et aux militants communautaires de faire entendre leurs voix, et ces derniers ont pu interpeller directement les chefs d’État et les responsables des politiques publiques sur la manière de garantir les droits et la santé des populations. « Le Sommet de Nairobi sur la CIPD25 a connu un succès retentissant », a déclaré Mme Josephine Kibaru-Mbae, Directrice générale du Conseil national kényan pour la population et le développement. « Mais ce n’est qu’un début. Nous quittons Nairobi avec une feuille de route claire des actions que nous devons tous entreprendre pour faire progresser le programme de la CIPD et transformer le monde au bénéfice des femmes et des filles. » Le Sommet s’est ouvert avec la publication d’une nouvelle recherche indiquant le prix à payer pour atteindre  » trois résultats transformateurs  » – zéro décès maternel, zéro besoin non satisfait en planification familiale, et zéro violence basées sur le genre et pratiques néfastes – dans la décennie suivante. D’après l’analyse de l’UNFPA et de l’Université Johns Hopkins, en collaboration avec Victoria University, l’Université de Washington et Avenir Health, le monde devrait débourser un montant total de 264 milliards de dollars. Les participants du Sommet ont ensuite pris des engagements spécifiques et concrets pour aider le monde à atteindre ces objectifs ambitieux, mais réalisables. Des engagements ont été formulés par les gouvernements, la société civile, les associations de jeunes, les organisations confessionnelles, les universités et bien d’autres. Les gouvernements, notamment l’Allemagne, l’Autriche, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Islande, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, de même que la Commission européenne se sont engagés à verser environ 1 milliard de dollars d’aide. Le secteur privé s’est également impliqué : Children’s Investment Fund (CIF), The Ford Foundation, Johnson & Johnson, Philips, World Vision et de nombreuses autres organisations ont annoncé qu’elles allaient mobiliser quelque 8 milliards de dollars en nouvelles contributions. « Il n’y aura pas de CIPD50. Les femmes et les filles du monde entier ont attendu assez longtemps pour avoir des droits et faire des choix « , a déclaré son Excellence, l’Ambassadeur Ib Petersen, Envoyé spécial du Danemark à la CIPD25.  » Si nous regardons vers 2030, nous entrons maintenant dans une décennie de réalisations au cours de laquelle nous passerons de la parole aux actes et nous seront tous comptables des engagements pris à Nairobi. » Plus de 9 500 délégués provenant de plus de 170 pays ont pris part à cette conférence résolument inclusive, s’unissant derrière la Déclaration de Nairobi, qui établit un agenda commun pour achever le Programme d’action de la CIPD. Tout comme la première Conférence internationale sur la population et le développement, qui s’est tenue au Caire en 1994, a été un moment-charnière pour l’avenir des femmes et des filles, le Sommet de Nairobi restera dans les mémoires comme un tournant décisif qui a déclenché les actions ayant permis de sauver des vies, de sortir des millions de femmes et de filles, ainsi que leurs familles et leurs communautés de l’exclusion et de la marginalisation; et permis aux États de tirer profit du dividende démographique afin de  faire croître leurs économies.