Tourisme post Covid en Côte d’Ivoire : Des solutions pour une relance dynamique

Tourisme post Covid en Côte d’Ivoire : Des solutions pour une relance dynamique

Pour Mme Fatiha Bourdier, Entrepreneure touristique en Côte d’Ivoire, la reprise du tourisme post Covid-19 en Côte d’Ivoire passe, outre le tourisme balnéaire, l’écotourisme et le tourisme culturel, par l’intégration du pays dans l’agenda des grands événements internationaux de promotion touristique. Ce qui permettra de positionner la Côte d’Ivoire parmi les 20 destinations touristiques mondiales. Dans son analyse, Mme Fatiha estime qu’il faut aider la Côte d’Ivoire à mieux se vendre. Ce qui doit commencer par la création d’un annuaire touristique pour faciliter la reconnaissance des établissements hôteliers. Cette démarche pourrait se consolider par la signature d’accords de partenariats avec des pays étrangers, notamment le Maroc, la Tunisie ou l’Egypte. L’objectif de ces accords sera de profiter de l’expérience de ces pays où le tourisme est l’une des premières sources de revenu mais faciliter des stages de formation et les techniques hôtelières pour la valorisation du tourisme interne. « Ainsi nous pourrons en faire une véritable activité économique créatrice d’emplois et génératrice d’importants revenus qui pourrait relancer la croissance économique », dit-elle.  Elle fait remarquer, par ailleurs, qu’il est temps de faire l’effort d’exploiter les plages splendides non encore répertoriées. « C’est dommage, car je pense que beaucoup de touristes seraient séduits par ces magnifiques plages de sables et reviendraient souvent en Côte d’Ivoire », fait-elle remarquer avant d’ajouter qu’il faut soutenir les investisseurs et les capitaux privés, les aider à s’installer en Côte d’Ivoire. Encourager les investissements étrangers Sous le même angle, le pays doit réinvestir dans le réseau routier et agrandir l’aéroport de San Pedro pour que les charters puissent y atterrir directement dans le souci de permettre aux villes de l’intérieur d’être reliées à la France, l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Belgique et la Suisse, etc. Il s’agit d’une stratégie pour atteindre le quota demandé par l’OMT (500 000 touristes étrangers en Côte d’Ivoire). Ce qui consistera en la création d’une opération Open Sky (ciel ouvert). On peut aussi créer une zone franche dans cette ville pour attirer plus d’investisseurs étrangers afin de doper l’activité touristique et, par ricochet, l’activité économique. Naturellement, les réseaux sociaux seront mis à contribution pour une meilleure visibilité notamment le recours à l’Internet. Parallèlement, l’Etat doit encourager lescompagnies aériennes notamment les charters et low-cost à faire leur entrée dans le ciel en vertu de la libéralisation du secteur aérien en 2004 sans oublier l’organisation des festivals comme celui de la musique, le Festival international du film, la Semaine ivoirienne de gastronomie, le Carnaval des masques des régions. Enfin Mme Fatiha propose de lancer de nouveaux produits touristiques comme le thermalisme. En la matière, la Côte d’Ivoire dispose de plusieurs sources thermales comme la station de Bonoua qui peut favoriser la création d’un établissement médical de niveau international et selon des normes modernes. Ce n’est pas les curistes qui manquent (proposer des cures de 3 jours. « Et je serais la 1ere cliente », souligne-t-elle. W.S (Syndication)

Côte d’Ivoire. A cœur ouvert avec Fatiha Bourdier, une Marocaine engagée pour le success story du tourisme ivoirien

Côte d’Ivoire. A cœur ouvert avec Fatiha Bourdier, une Marocaine engagée pour le success story du tourisme ivoirien

INTERVIEW. Mme Fatiha Bourdier, née El MOUTAMER, une Marocaine, Entrepreneure touristique en Côte d’Ivoire, n’est plus à présenter au professionnel du secteur dans le pays d’Alassane Ouattara. Dans cet entretien, elle aborde l’entreprenariat féminin en Afrique et pose un diagnostic sur la relance post Covid-19 du tourisme dans son pays d’adoption en parlant d’un véritable Plan Marshall. Indéniablement, vous êtes un acteur incontournable de la dynamique touristique en Côte d’Ivoire au regard des nombreux Prix qui vous ont été décernés en guise de reconnaissance de votre engagement. Pouvez-vous nous citer quelques-uns ? En effet, sans risque de tomber dans l’auto satisfaction, j’ai eu plusieurs distinctions, dont la plus prestigieuse a été le Prix d’excellence du meilleur opérateur hôtelier 2016 de Côte d’Ivoire, en récompense de ses efforts pour le développement du tourisme en Côte d’Ivoire. Il en de même à l’échelle locale dont le Prix de la femme de l’année 2008 du département de San-Pedro, le Prix de la meilleure femme entreprenante de l’année 2010 de la même ville, le Prix « Awards des femmes battantes », en plus du diplôme d’ambassadeur volontaire décerné par l’Office Ivoirien du Tourisme « Côte d’Ivoire- Tourisme », en 2015. Justement, comment voyez-vous le secteur touristique à l’heure de Covid-19 ? Le secteur du tourisme est totalement sinistré en Côte d’Ivoire et partout en Afrique en cette période de la pandémie de Covid-19. Nous n’avons pour l’heure pas de perspective. Nos charges n’ont pas changé et les recettes sont quasi inexistantes. C’est un travail de longue haleine qui attend les professionnels car la pandémie du Coronavirus entraînera des pertes énormes étant donné que le retour des touristes n’est pas pour maintenant puisque la crise sanitaire continue de sévir. Mais espérons qu’avec l’arrivée des vaccins, l’activité touristique reprendra ses lustres d’antan. A votre avis, quelles sont les conditions pour la relance de cette activité en Afrique, en général, et en particulier dans votre pays d’accueil, en cette période de Coronavirus ? Pour la relance des activités dans notre domaine, il faudrait un véritable plan Marshall pour l’industrie touristique. L’État devra mettre en place des mesures d’allègement fiscales et de soutien aux acteurs du secteur touristique. Il doit également aider les professionnels à avoir accès à des prêts et à des taux d’intérêt faibles. Le gouvernement devra travailler notamment à la levée des restrictions de déplacement, au rétablissement de la confiance concernant les voyageurs et à l’adaptation du secteur du tourisme aux réalités futures. Qu’en est-il des perspectives du tourisme ivoirien à l’échelle internationale ? Dans le secteur du tourisme, nous constatons une baisse d’activité significative, pour ne pas dire brutale. La saison s’annonce morose, à cause de la crise sanitaire mondiale liée au Covid19, le taux d’occupation des hôtels a chuté, compte tenue de la réduction de la demande en séminaires, des déplacements professionnels. Les touristes disposent d’un budget plus serré, ils économisent d’abord sur l’hébergement, puis sur la restauration. Malgré ce triste tableau, la Côte Ivoire est un pays riche en  potentialités touristiques, mais non classé par l’Organisation  Mondiale du Tourisme (OMT) sur la liste des destinations touristiques, Pour figurer sur la liste des destinations touristiques, l’OMTa fixé la  barre de 500.000 touristes étrangers par an et nous sommes loin d’atteindre un tel nombre en raison de la crise sanitaire et politique actuelle. Nous pouvons atteindre cet objectif si la situation politique et sociale de la Côte d’Ivoire se normalise Pour ce faire, nous souhaitons un engagement personnel et une détermination des pouvoirs publics et de tous les acteurs du secteur touristique pour faire de la Côte d’Ivoire et de la Région du Bas – Sassandra une destination de 1er choix. Comment voyez-vous le tourisme entre la Côte d’Ivoire et le Maroc ? La Côte d’Ivoire s’inspire de l’expérience marocaine en matière de tourisme dans l’organisation des salons touristiques et de l’artisanat. En la matière, le Maroc est un bon exemple pour l’Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire dispose, pour sa part, de nombreux atouts dont le tourisme balnéaire, le tourisme d’affaires, l’écotourisme et le tourisme culturel. La Côte d’Ivoire est une destination adaptée au tourisme d’affaires, dans lequel il est possible d’organiser congrès et conférences internationales dans les grandes villes comme San Pedro et Abidjan. Ce qui pourrait intéresser les hommes d’affaires et opérateurs marocains. Dernièrement, vous avez animé le Séminaire le Bureau Afrique du Nord de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique sur les femmes africaines immigrées, entrepreneures dans le monde. Quelle lecture faites-vous de l’entreprenariat féminin aujourd’hui sur le continent ? La femme entrepreneure en Afrique fait face à des difficultés que les entrepreneurs hommes ne rencontrent pas. Il y a trop de préjugés. Nous avons besoin de faire beaucoup plus d’efforts pour que nos mérites soient reconnus. Ces difficultés font que les femmes renoncent à entreprendre. C’est à juste raison d’ailleurs que le séminaire avait pour but de promouvoir les connaissances en créant un espace de partage d’enseignements réels tirés d’expériences de femmes africaines immigrées entrepreneures dans le monde. Mais aussi il a été question d’identifier les axes d’interventions pour une meilleure mobilisation de la diaspora africaine féminine dans le monde pour sa participation active dans le développement du continent. Aujourd’hui, les femmes sont les plus frappées par la crise de la pandémie de Covid19 car ce sont les femmes qui portent l’essentiel de la charge familiale. Il nous faut redoubler d’effort si nous voulons sortir de cette crise en meilleure forme que lorsqu’elle a commencé. Il semble qu’il y a beaucoup d’embûches pour l’autonomisation des femmes en Afrique. Quelles sont les pistes que vous préconiserez pour transcender ces difficultés ? Oui il y a effectivement beaucoup de difficultés à l’autonomisation de la femme en Afrique. La première concerne les préjugés, les considérations traditionnelles et religieuses. Ensuite, la difficulté d’accès au crédit par les femmes. Les conditions d’octroi de crédit éliminent la majorité des femmes en Afrique n’ayant pas une activité formelle. Enfin, les Etats ne mettent toujours pas en place des politiques adaptées pour faciliter l’autonomisation de la femme. C’est l’ensemble de ces freins que