Maroc. L’horizon s’assombrit pour les jeunes, les diplômés et les femmes

La situation du marché du travail s’est détériorée au premier trimestre de 2022, selon le Haut-commissariat au plan confirmant si besoin est que l’emploi demeure une denrée rare pour bon nombre de Marocains. La légère embellie constatée sur le front de l’emploi au terme de l’année 2022 semble n’avoir été qu’un leurre voire une illusion, éclipsée par les derniers chiffres publiés par l’organisme public. D’après ces données, la détérioration du marché du travail s’est traduite par une hausse du nombre de chômeurs de 83.000 personnes entre le premier trimestre de l’année 2022 et celui de 2023. Il est ainsi passé de 1.466.000 à 1.549.000 chômeurs, ce qui correspond à une augmentation de 6%. A en croire les explications du Haut-commissariat, chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, « cette hausse est le résultat d’une augmentation de 67.000 chômeurs en milieu urbain et de 16.000 en milieu rural ». La dégradation est telle que « le taux de chômage s’est accru de 0,8 point entre les premiers trimestres de 2022 et de 2023, passant de 12,1% à 12,9%, de 16,3% à 17,1% en milieu urbain et de 5,1% à 5,7% en milieu rural », a indiqué le HCP dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail au premier trimestre de 2023. Le chômage gagne du terrain à peu près partout Selon une analyse plus détaillée, il a également enregistré une hausse aussi bien parmi les hommes, de 10,5% à 11,5% que parmi les femmes, de 17,3% à 18,1%. Les données recueillies suggèrent en outre qu’il « a connu une forte hausse de 1,9 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 33,4% à 35,3% et parmi les personnes âgées de 25 à 35 ans, de 19,2% à 20,9%(+1,7 point) ». Elles montrent par ailleurs que le taux de chômage des diplômés a enregistré une hausse de 0,9 point, passant de 18,9% à 19,8%. Précisons que « cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de diplômes et certificats de l’enseignement primaire et secondaire collégial (+2,2 points et un taux de 15,2%), et de diplômes de l’enseignement secondaire qualifiant (+1,1 point et un taux de 22,6%) », comme le souligne le HCP dans sa note. A noter que l’évolution du marché du travail s’est accompagnée d’une augmentation du sous-emploi. Les chiffres montrent en effet que «le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a augmenté de 88.000 personnes, entre le premier trimestre de 2022 et la même période de 2023 ». D’après le Haut-commissariat, il est passé de 987.000 à 1.075.000 personnes au niveau national, de 521.000à 573.000 personnes dans les villes et de 466.000 à 502.000 dans la campagne. Le taux de sous-emploi est passé de 9,2% à 10,3% au niveau national Ainsi que le fait remarquer l’institution publique dans sa note, « le taux de sous-emploi est passé de 9,2% à 10,3% au niveau national, de 8,3% à 9,1% en milieu urbain et de 10,6% à 12,1% en milieu rural ». De son côté, le volume de la population active occupée en situation de sous-emploi en termes de nombred’heures travaillées est passé de 485.000 à 513.000 personnes au niveau national, poursuit le HCP indiquant que le taux correspondant s’est accru de 4,5% à 4,9%. Quant à la population active occupée en situation de sous-emploi en termes d’insuffisance du revenu oud’inadéquation entre formation et emploi exercé, le Haut-commissariat affirme qu’elle est passée de 502.000 à562.000 personnes au niveau national et que le taux correspondant est passé de 4,7% à 5,4%. L’analyse des données sur ce volet suggère que la hausse du sous-emploi a été plus importante dans les secteurs des BTP avec 2,2 points (de 18,1% à 20,4%) ; de l’agriculture, forêt et pêche avec 1,4 point (de 10,3% à 11,7%) ; les services avec 0,8 point (de 7 à 7,8%) et l’industrie (y compris l’artisanat) avec 0,5 point (de 6,6% à 7,1%). L’économie nationale a perdu 280.000 postes d’emploi, entre le premier trimestre de 2022 et la même période de 2023 Des mêmes données, il ressort que la situation du marché du travail a été marquée parla baisse des taux d’activité et d’emploi au premier trimestre de 2023. Selon le HCP, «la population en âge d’activité (15 ans ou plus) s’est accrue de 1,4%, par rapport au premiertrimestre de 2022, contre une régression de la population active de 1,6%». En fin de compte, « le taux d’activité a reculé de 44,5% à 43,1% entre les deux périodes, de 41,9% à 41,2%en milieu urbain et de 49,3% à 47% en milieu rural », selon l’organisme relevant que le taux d’emploi a connu, de son côté, une baisse de 39,1% à 37,6%, au niveau national (-1,5 point) et reculé de 46,8% à 44,3% en milieu rural, de 35,1% à 34,1% en milieu urbain. Alain Bouithy
Maroc. L’horizon demeure sombre pour les jeunes et diplômés

Le chômage a légèrement reflué en 2022. Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le nombre total de chômeurs a reculé de 66.000 au niveau national. Il a baissé de 4% pour s’établir à 1.442.000 chômeurs au lieu de 1.508.000 un an auparavant. Ce recul est le résultat d’une baisse de 70.000 chômeurs en milieu urbain et d’une hausse de 4.000 en milieu rural, a indiqué l’institution publique dans une note d’information relative à la situation du marché du travail en 2022. « Le taux de chômage est passé de 12,3% à 11,8% au niveau national, de 16,9% à 15,8% en milieu urbain et de 5% à 5,2% en milieu rural », a ainsi affirmé le Haut-commissariat relevant toutefois qu’il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (32,7%), les diplômés (18,6%) et les femmes (17,2%). En effet, « le taux de chômage a connu une hausse de 0,9 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 31,8% à 32,7% et une baisse parmi les autres catégories d’âge », a indiqué l’organisme public dans sa note d’information. Selon le Haut-commissariat, il est passé de 19,6% à 19,2% pour les personnes âgées de 25 à 34 ans (-0,4 point), de 7% à 6,4%pour celles de 35 à 44 ans (-0,6) et de 3,8% à 3,3% pour celles de 45 ans et plus (-0,5). Dans sa note d’information, il ressort également que « le taux de chômage a augmenté de 0,4 point pour les femmes, passant de 16,8% à 17,2% et a baissé de 0,6 point pour les hommes, passant de 10,9% à 10,3% », comme l’a relevé le HCP. En outre, l’analyse des chiffres suggère que le taux de chômage a enregistré une baisse d’un point parmi les diplômés (il est passé de 19,6% à 18,6%) et de 0,4 point parmi les personnes n’ayant aucun diplôme, passant de 4,6% à 4,2%, toujours selon le HCP. Les chiffres publiés par le HCP montrent par ailleurs que « 5 régions concentrent 71,4% des chômeurs, au niveau national. La région de Casablanca-Settat vient en première position avec 25,9%, suivie de Fès-Meknès (13,2%), de Rabat-Salé-Kénitra (12,7%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,8%) et de l’Oriental (9,8%) », a poursuivi l’organisme. Dans ce volet, les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les 3 régions du Sud (20,1%) et dans la région de l’Oriental (17,4%). Les régions de Casablanca-Settat et Fès-Meknès, une acuité moindre, franchissent la moyenne nationale de 11,8%, enregistrant respectivement 13,8% et 13,5%. Avec respectivement 6,9%, 9,7% et 9,7%, les régions de Marrakech-Safi, de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et de Drâa-Tafilalet enregistrent les taux les plus bas, a fait savoir le Haut-commissariat. L’économie nationale a perdu au total 24.000 postes d’emploi au cours de l’année écoulée En ce qui concerne la perte d’emplois, et après une création de 230.000 postes d’emploi une année auparavant, le HCP annonce une perte de 24.000 postes au titre de l’année écoulée.Selon les explications de l’institution publique, ce recul résulte d’une création de 150.000 postes en milieu urbain et d’une perte de 174.000 en milieu rural. Dans cette même rubrique, il ressort que, « par type d’emploi, 136.000 postes d’emplois rémunérés ont été créés, résultat d’une création de 161.000 postes en milieu urbain et d’une perte de 25.000 en milieu rural ». Quant à l’emploi non rémunéré, les chiffres suggèrent qu’il a accusé une baisse de 160.000 postes, suite essentiellement au recul de ce type d’emploi en milieu rural de 150.000 postes.Selon une analyse du HCP, les secteurs des services et de l’« agriculture, forêt et pêche » demeurent les premiers pourvoyeurs d’emploi au terme de l’année 2022. En effet, comme le fait remarquer le HCP dan sa note d’information, le secteur des services a contribué à la création de 164.000 postes d’emploi, celui de l’« industrie y compris l’artisanat » 28.000 postes, alors que l’« agriculture, forêt et pêche » a détruit 215.000 et les BTP 1.000. Soulignons enfin que le taux de sous-emploi a reculé de 9,3% à 9% au niveau national, de 8,8% à 8,1% en milieu urbain et de 10% à 10,4% en milieu rural, a conclu le HCP indiquant que « le volume du sous-emploi est passé entre 2021 et 2022 de 1.003.000 à 972.000 personnes, de 550.000 à 520.000 en milieu urbain et de 453.000 à 452.000 en milieu rural ». Alain Bouithy
Côte d’Ivoire. Université polytechnique de MAN : 73 diplômes en Masters et 31 Ingénieurs reçoivent leurs diplômes

Une cérémonie de remise de diplômes à 73 étudiants en Masters et 31 Ingénieurs de l’Université polytechnique de Man (UPM) comptant pour l’année 2021, a été organisée, le jeudi 17 novembre 2022 à l’auditorium de la Primature à Abidjan-Plateau. C’était en présence du ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara. Le ministre s’est félicité des performances de l’université de Man. « Je tire mon chapeau à l’université de Man et félicite vivement le président de cette université, le Pr Lacina Coulibaly, pour la qualité de son management, ainsi que tous ses collaborateurs. Ainsi, pour la cohorte des 73 Masters et celle des 31 Ingénieurs célébrées ce jour, les taux de réussite frôlent les 100% (…) et 91% des Ingénieurs et 64% des Masters sortis de l’université de Man en 2021 ont déjà trouvé un emploi », a fait remarquer Adama Diawara. Pour le ministre, « le respect scrupuleux des critères d’accès, l’organisation des cours de mise à niveau pour les nouveaux étudiants, le suivi des étudiants grâce au tutorat et l’application de critères stricts de passage d’un cycle à l’autre, ont contribué à relever substantiellement les taux de réussite à l’université de Man ». Le président de l’université polytechnique de Man, a, pour sa part, souligné le grand intérêt du ministre de tutelle pour l’institutionbqu’il dirige. Lacina Coulibaly a expliqué que « cette cérémonie de collation de grade est une excellente occasion pour célébrer les étudiants qui ont beaucoup travaillé pour obtenir leurs grades ».« C’est aussi une occasion de redevabilité de l’équipe dirigeante. Et enfin, c’est une opportunité de présentation de nos produits, ressources humaines de grande compétence, aux entreprises (…) L’Université Polytechnique de Man constitue un excellent pôle de développement du District des Montagnes », a-t-il ajouté. Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, grâce à la construction de l’UPM, ce sont plus de 200 emplois permanents de tous ordres (enseignants, personnels administratifs et techniques de l’UPM et du Centre régional des Oeuvres universitaires de Man) qui ont été créés. Et ce sont environ 70 ingénieurs et 143 masters qui ont été formés et outillés pour apporter leur contribution au développement de la Côte d’Ivoire. Les représentants des entreprises partenaires de l’université ont eux aussi relevé la qualité des ressources humaines formées à l’UPM et réaffirmé leur disponibilité à continuer le partenariat et même à le renforcer. La cérémonie, la première du genre, a enregistré la présence des premiers responsables des universités publiques et privées de Côte d’Ivoire, du Secrétaire général du Conseil africain et malgache pour l’Enseignement supérieur (CAMES), des chefs d’entreprises et de nombreux parents venus soutenir leurs enfants.
Maroc. Diplômés ou pas, les jeunes face aux affres du chômage

REPORTAGE. L’heure n’est pas du tout à la détente, entre les jeunes Marocains en quête d’emplois et le marché du travail dont la situation n’a quasiment pas connu de véritable amélioration. Le taux de chômage n’ayant toujours pas nettement reculé, plusieurs d’entre eux sont désormais persuadés que le sort s’acharne contre eux. Il faut dire que les statistiques du marché de l’emploi, publiées au fil des derniers mois par les institutions publiques nationales sont loin de les avoir réconfortés ; d’autant plus qu’elles continuent de les ranger dans la catégorie de la population la plus durement touchée. Le 8 août dernier, en présentant sa note d’information sur la situation du marché du travail au titre du deuxième trimestre de 2022, le Haut-commissariat au plan (HCP) avait annoncé un taux de chômage à 11,2% au niveau national, de 18,2% à 15,5% en milieu urbain et de 4,8% à 4,2% en milieu rural. La même note précisait qu’«il est plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (30,2%), les diplômés (18%) et les femmes (15,1%)». Moins d’une semaine après, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août dernier, l’organisme public dévoilait dans une nouvelle note que «près de 3 chômeurs sur 10 (29,7%) sont des jeunes. Près de 3 jeunes chômeurs sur 4 (75,8%) résident en milieu urbain ; 67,3% sont des hommes et 90,1% sont diplômés». Des chiffres qui font froid dans le dos des jeunes, qu’ils occupent déjà un emploi, soient au chômage ou hors de la main-d’œuvre, et les affectent à bien des égards. C’est le cas de Youssef, jeune diplômé de l’hôtellerie, «persuadé que le marché n’absorbera pas d’aussitôt la masse de jeunes chômeurs et de nouveaux demandeurs d’emplois». Un pessimisme qui s’est d’ailleurs installé dans de nombreux foyers marocains, comme le suggéraient il y a peu les résultats de l’enquête de conjoncture réalisée par le HCP auprès des ménages au deuxième trimestre de l’année 2022. En effet, selon cette étude, 86% des ménages sondés s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Enquête qui conclura ainsi que «le solde d’opinion est resté négatif à moins 81,1 points contre moins 82,8 points un trimestre auparavant et moins 69,8 points un an auparavant». Quand bien même l’insertion des jeunes diplômés sur le marché du travail serait fragilisée par la crise sanitaire, comme l’a relevé récemment un rapport de l’OIT sur les tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2022, «le gouvernement ne devrait pas prendre cette réalité comme un prétexte pour camoufler ses difficultés à résoudre durablement ce problème», estime Ali. Il est important de rappeler que «le taux de chômage a atteint, au niveau national, 31,8% pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 13,7% pour les personnes âgées de 25 à 44 ans et 3,8% pour les personnes âgées de 45 ans ou plus», selon toujours la note d’information du Haut-commissariat, publiée à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse. La même source ajoutait : le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans titulaires d’un diplôme de niveau supérieur s’élève à 61,2% et qu’il est de 30,4% pour les jeunes détenteurs d’un diplôme de niveau moyen et de 12,9% pour ceux n’ayant aucun diplôme. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient Toutes ces données tendent à montrer que l’arrivée du gouvernement actuel, formé au lendemain des élections législatives, n’a vraisemblablement pas permis d’espérer une nette et durable amélioration du marché de l’emploi, déplorent bon nombre de jeunes. En dépit de quelques initiatives, au demeurant louables mais visiblement peu convaincantes à leurs yeux, tel que le programme «Awrach», ils sont de plus en plus nombreux à scruter l’horizon avec appréhension et amertume. Que l’on ait affirmé que ce programme offrira quelque 250.000 opportunités de travail dans des chantiers publics, ce qui devrait permettre de booster l’emploi des jeunes, ces derniers ne se font pas d’illusion. Samira est convaincue que «les programmes du gouvernement mis en place dans l’optique de créer de l’emploi et d’encourager ces derniers à créer leurs propres projets manquent de sens et de cohérence». En fait, si la fragilité des emplois proposés dans le cadre dudit programme est évidente, les jeunes restent persuadés que ceux-ci ne sont qu’un accessoire pour se laisser convaincre que les choses bougent sur le terrain et qu’elles vont s’améliorer. Plus d’un an après la mise en place du gouvernement, certains laissent éclater leur colère et ne sont pas loin de penser qu’ils n’ont été que des marchepieds pour les dirigeants actuels. D’autres s’interrogent avec insistance sur leur avenir, persuadés que les préoccupations qui ont marqué autrefois leurs aînés sont restées d’actualité. «Pour combattre un tant soit peu le chômage au demeurant endémique, les autorités doivent d’abord apprendre à descendre de leur piédestal et rencontrer sur le terrain ce qu’endurent au quotidien les jeunes, particulièrement les lauréats », estime Nadia, une infographe de formation qui s’est convertie dans la photographie pour échapper à l’oisiveté. «Je pense que les difficultés pour les plus de trente ans dans ce pays sont dues uniquement aux entreprises et à leur mode de fonctionnement vis-à-vis des seniors. Ceux-ci se retrouvent trop souvent sur la touche après avoir été licencié», affirme Sofiane. Selon lui, «les managers optent souvent pour les juniors. Ou que les cadres âgés sont dépassés et coûtent, accessoirement, trop cher. Je n’en sais rien. En tout cas, c’est ce dont je souffre depuis pratiquement 5 ans», rumine-t-il. Autre préoccupation évoquée par les jeunes, l’information autour et sur ces questions, «A mon avis, une des principales causes du chômage chez les jeunes, c’est le manque d’informations. On ne sait plus quelle formation suivre pour répondre aux attentes du marché !», fustige Nawel. Se retirer complètement du marché du travail Convaincu que l’Etat ne parvient pas à assurer leur insertion sur le marché du travail, plusieurs jeunes choisissent désormais de se retirer complètement du marché du travail. «La plupart des jeunes, issus notamment de la classe moyenne voire plus bas,
Maroc. Le chômage colle désespérément aux femmes, aux jeunes et aux diplômés

Les difficultés des jeunes à s’insérer sur le marché du travail demeurent préoccupantes, si l’on en croit les récents chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Malgré une baisse modérée voire insignifiante à bien des égards du taux de chômage au deuxième trimestre 2022, la situation de ces derniers sur le marché du travail n’a pas connu d’amélioration notable au cours des six premiers mois de l’année. Tout comme celle des diplômés et des femmes, deux catégories se trouvant logées à la même enseigne. En effet, alors que le taux de chômage est passé de 12,8% à 11,2% au niveau national au deuxième trimestre 2022, de 18,2% à 15,5% en milieu urbain et de 4,8% à 4,2% en milieu rural, les données du HCP montrent qu’il reste plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (30,2%), les diplômés (18%) et les femmes (15,1%). Il n’y a ainsi pas de quoi se réjouir. D’autant plus que la baisse du taux de chômage ne pourrait être en réalité qu’un mirage. Il suffit d’analyser plus en profondeur cette situation pour se rendre compte qu’on n’est à rien d’une évolution spectaculaire. A bien regarder la situation du marché du travail, on n’est pas loin de penser que cette légère baisse du chômage trouve une partie de sa justification dans le fameux programme «Awrach» qui prétend booster l’emploi des jeunes en offrant quelque 250.000 opportunités de travail à ces derniers dans des chantiers publics. Mais qui, faut-il le souligner, ne devraient pour autant véritablement pas inverser la courbe actuelle du chômage. Aussi, en plus de n’être que temporaire (2022 et 2023), il se trouve que ce programme longuement vanté par le gouvernement Akhannouch, s’appuie sur des emplois au demeurant précaires ne nécessitant pas des qualifications spéciales. Autrement dit, un feu de paille qui pourrait à tout moment replonger les jeunes auxquels il s’adresse dans la situation qui a toujours été la leur, celle d’un chômage permanent. Pour rappel, le Groupe socialiste a maintes fois exprimé ses inquiétudes au Parlement quant à la mise en œuvre de cet dispositif interpellant à l’occasion plusieurs ministres du gouvernement actuel. Youssef Aidi, président du Groupe socialiste à la Chambre des conseillers, craignait déjà, en début d’année, que ce dispositif temporaire produise une «coordination pour les victimes du programme Awrach». A ses yeux, ce programme ne garantit pas la pérennité du travail, un salaire minimum et la dignité, malgré le tapage qui est fait autour. Et c’est bien là où le bât blesse. Bien qu’elle ait concerné toutes les tranches d’âge, la baisse du taux de chômage est plus prononcée parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans (-2,2 points), passant de 20,9% à 18,7% et plus faible parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (-0,6 point), passant de 30,8% à 30,2%, a indiqué le Haut-commissariat dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2022. Selon l’organisme public, entre le deuxième trimestre de 2021 et celui de 2022, le nombre de chômeurs a baissé, passant de 1.605.000 à 1.387.000 chômeurs. Ce qui correspond à une diminution de 14%, résultant d’une baisse de 182.000 chômeurs en milieu urbain et de 36.000 en milieu rural, a-t-il estimé. Des analyses de cette institution, il ressort que la baisse du chômage a concerné l’ensemble des catégories de la population et a reculé de 2 points pour les hommes, passant de 11,9% à 9,9%, et de 0,8 point pour les femmes, passant de 15,9% à 15,1%. Il a également enregistré une baisse de 2,4 points parmi les diplômés, passant de 20,4% à 18%, et de 1,4 point parmi les non diplômés, passant de 5% à 3,6%. A noter qu’entre le deuxième trimestre de 2021 et la même période de 2022, l’économie nationale a créé 133.000 postes d’emploi, résultant d’une création de 285.000 en milieu urbain et d’une perte de 152.000 postes en milieu rural. Selon la note d’information du HCP, « le secteur des services a créé 237.000 postes, celui de l’ »industrie » 76.000 postes, des « BTP » 30.000 postes, alors que l’ »agriculture, forêt et pêche » en a perdu 210.000 ». A noter également que le taux d’activité a baissé de 0,9 point, par rapport à la même période de 2021, pour s’établir à 45,2%, suite à l’accroissement de la population en âge d’activité (15 ans et plus) de 1,4 et de la baisse de la population active de 1%. Alain Bouithy
Maroc. Le taux de chômage chez les jeunes et les diplômés a la vie dure

Le taux de chômage connaît un léger repli au titre du troisième trimestre 2021, selon les données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP) mercredi. Après deux trimestres consécutifs de hausse, il est passé de 12,7% à 11,8% au niveau national, constate l’institution publique dans sa note relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre de 2021. A titre de comparaison, au deuxième trimestre 2021, le taux de chômage s’était élevé de 12,3% à 12,8% au niveau national. Au premier trimestre, il avait bondi de 10,5% à 12,5%. Au troisième trimestre, il ressort que le taux de chômage est passé de 16,5% à 16% en milieu urbain et de 6,8% à 5,2% en milieu rural, selon les chiffres du Haut-commissariat. Une évolution qui temporise la tension sur le front d’un marché de travail malmené depuis des années. «Ce taux a enregistré une diminution d’environ 1 point parmi les hommes, passant de 11,4% à 10,4%, et les femmes, de 17,6% à 16,5%. Il a connu une baisse de 1,3 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 32,3% à 31%», précise le HCP. Selon le HCP, le léger repli de la courbe du chômage s’est traduit par «une baisse de 35.000 chômeurs, résultant d’une réduction de 60.000 chômeurs en milieu rural et d’une augmentation de 25.000 en milieu urbain». Ainsi, poursuit le Haut-commissariat, le volume de chômage a atteint 1.447.000 personnes au niveau national au troisième trimestre dernier. A titre de rappel, au deuxième trimestre dernier, le taux de chômage avait bondi de 15,6% à 18,2% en milieu urbain et de 7,2% à 4,8% en milieu rural. Ce qui s’est traduit par une hausse de 128.000 chômeurs, résultant d’une réduction de 100.000 chômeurs en milieu rural et d’une augmentation de 228.000 en milieu urbain. Le volume de chômage avait ainsi atteint 1.605.000 personnes au niveau national, comme l’avait relevé le HCP dans sa note précédente, relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre. Rappelons également que le taux de chômage enregistré au premier trimestre s’était accru de 15,1% à 17,1% en milieu urbain et de 3,9% à 5,3% en milieu rural et que le volume du chômage avait atteint 1.534.000 personnes au niveau national. Les chiffres d’alors faisaient état d’une hausse de 242.000, dont 185.000 en milieu urbain et 57.000 en milieu rural. Il est à noter que le repli constaté au troisième trimestre n’a pas vraiment changé grand-chose pour certaines catégories, considérées à juste titre comme les plus touchées par ce phénomène. C’est le cas, comme lors des deux précédents trimestres, notamment, chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, les diplômés et les femmes qui enregistrent les taux de chômage les plus élevés, avec respectivement 31%, 18,7% et 16,5%. En ce qui concerne les diplômés, le Haut-commissariat note que le taux de chômage a maintenu le même niveau enregistré pendant le même trimestre de l’année précédente (18,7%). Comme l’explique le HCP, « cette stagnation est le résultat d’une hausse de 2,2 points du taux de chômage des diplômés de niveau supérieur, passant de 23,5% à 25,7%, et d’une baisse de 1,4 point pour les diplômés de niveau moyen (14,7% contre 16,1% une année auparavant) ». Et d’ajouter que le taux de chômage des non diplômés a baissé de 2,5 points, passant de 6,9% à 4,4%. Dans sa note, le HCP révèle qu’entre le troisième trimestre de 2020 et la même période de 2021, l’économie nationale a créé 642.000 postes d’emploi, résultant d’une création de 274.000 en milieu rural et de 368.000 postes en milieu urbain, contre une perte de 581.000 postes d’emploi une année auparavant et une création annuelle moyenne de 145.000 postes au cours des trois années prépandémie. Selon le document, « le secteur des services a créé 306.000 postes, celui de l’ »agriculture, forêt et pêche » 190.000, les BTP 92.000 et l’ »industrie y compris l’artisanat » en a créé 54.000 ». Pour rappel, dans son enquête de conjoncture auprès des ménages au titre du troisième trimestre de l’année 2021, le HCP rapportait une opinion toujours pessimiste. En effet, selon les résultats de cette enquête, au troisième trimestre de 2021, 84,2% contre 5,9% des ménages sondés avaient déclaré s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le HCP en a déduit que « le solde d’opinion est resté ainsi négatif à moins 78,3 points contre moins 69,8 points un trimestre auparavant et moins 82,0 points un an auparavant ». Alain Bouithy
Le chômage reste le lot des jeunes et des diplômés (Maroc)

«Les plus forts taux de chômage restent le lot des jeunes, des femmes et des diplômés ». C’est en ces termes que le Haut-commissariat au plan (HCP) résume la situation du marché du travail qui a prévalu en 2019. Près d’une quinzaine de jours après la publication de sa note d’information relative à « la situation du marché du travail en 2019 », l’institution publique revient sur cette problématique en s’intéressant particulièrement aux principales caractéristiques de la population active en chômage telles qu’elles sont ressorties en 2019. Dans sa dernière note, le HCP a ainsi relevé que le taux de chômage a atteint 24,9% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus, précisant qu’il a enregistré respectivement 39,2% et 9,9% en milieu urbain. « Le phénomène du chômage touche les femmes plus que les hommes, avec des taux respectifs de 13,5% et de 7,8%. Dans les villes, le taux de chômage des femmes est plus que le double de celui des hommes avec respectivement 21,8% et 10,3% », a constaté l’institution. Dans sa note, le HCP a souligné également que le taux de chômage croît avec le niveau de qualification. En 2019, il est ainsi passé de 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 15,7% pour les détenteurs d’un diplôme et de 12,4% parmi les personnes ayant un diplôme moyen à 21,6% pour celles ayant un diplôme supérieur. Le Haut-commissariat a toutefois relevé que ce taux « reste relativement plus élevé parmi certaines catégories de diplômés dont particulièrement les détenteurs des diplômes délivrés par les facultés (23,6%), des diplômes de techniciens et cadres moyens (23,9%) et des certificats en spécialisation professionnelle (20,9 %) ». L’autre grand enseignement de cette étude est que les chômeurs sont en majorité des citadins, des hommes et des jeunes. En effet, les chiffres publiés par le HCP montrent que plus de 8 chômeurs sur 10 (83,8%) résident en milieu urbain, 2 sur 3 sont de sexe masculin (65%), 8 sur 10 (80,3%) sont âgés de 15 à 34 ans et 4 sur 10 (40,8%) sont détenteurs d’un diplôme supérieur. Selon ces données statistiques, cinq régions ont abrité 71,6% des chômeurs l’année écoulée; Casablanca-Settat vient en première position avec 25%, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15,8%), de Fès-Meknès (11%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,9%) et de l’Oriental (9,9%). Il ressort également de toutes ces analyses que 6 chômeurs sur 10 sont des primo-demandeurs d’emploi. En détail, il apparaît que « 57,2% des chômeurs sont à la recherche de leur premier emploi, 50,9% parmi les hommes et 69,0% parmi les femmes », a souligné le HCP précisant que les primo-demandeurs d’emploi sont en majorité des citadins (85,2%), des jeunes âgés de 15 à 34 ans (92,9%) et des détenteurs d’un diplôme (91,9 %). En outre, près des trois-quarts d’entre eux (73%) sont concentrés dans 5 régions, à savoir Casablanca-Settat avec 21%, Rabat-Salé-Kénitra (18%), Fès-Meknès (12,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,4%) et Marrakech-Safi (8,7%). Sur un autre volet, l’étude a révélé une prépondérance du chômage de longue durée, relevant que plus des deux-tiers des chômeurs (67,8%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus, les femmes plus que les hommes avec respectivement 75,9% et 63,5%, les jeunes de 15 à 34 ans plus que les personnes de 35 ans et plus (respectivement 71,1% et 54,8%) et les détenteurs d’un diplôme supérieur plus que ceux ayant un diplôme moyen (respectivement 78% et 67,5%). S’il est un autre enseignement à tirer de ce travail, c’est bien le profil des chômeurs ayant déjà travaillé qu’il révèle. A ce propos, il ressort qu’au cours de l’année dernière, « plus de 4 chômeurs sur 10 (42,7%) ont déjà exercé un emploi avant de se retrouver en situation de chômage. Ils sont en majorité des citadins avec 81,9%, des hommes (74,6%) et des jeunes de 15 à 34 ans (63,4%) », a fait savoir le HCP précisant que plus des deux-tiers (69,1%) ont un diplôme, 46,9% de niveau moyen et 22,2 % de niveau supérieur. L’étude du Haut-commissariat a, par ailleurs, permis de se rendre compte que 87,9% de ces chômeurs étaient des salariés et 9,2% des indépendants et que près de la moitié d’entre eux (50,8%) exerçaient dans le secteur des services, 20,7% dans l’industrie y compris l’artisanat et 19,1% dans les BTP. En outre, près d’un tiers exerçait en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs de petits métiers (30,4%), tandis que 23% étaient des artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux et 20,7% des employés. La répartition par région montre que la majorité des chômeurs ayant déjà travaillé (80%) sont concentrés dans 5 régions. A savoir : Casablanca-Settat avec 30,4%, l’Oriental (14,2%), Rabat-Salé-Kénitra (12,8%), Sous-Massa (12,1%) et Fès-Meknès (8,5%). A noter que deux autres enseignements ont été relevés dans cette étude : le faible recours à l’intermédiation institutionnelle dans la recherche d’emploi et le salariat présenté comme le statut d’emploi le plus recherché. Concernant le premier point, il ressort que dans leur recherche d’emploi, les deux-tiers des chômeurs (64,9%) font appel aux personnes parentes ou à l’entourage (31,4%) ou au contact direct des employeurs (33,5%). Ces deux modes sont employés par les hommes (70,6%) plus que les femmes (54,2%). Si la participation aux concours et les réponses aux annonces ont été déclarées comme modes de recherche d’emploi par 18,2% des chômeurs, le recours aux institutions d’intermédiation ne représente que 5%. Quant au deuxième point, il apparaît que près de 7 chômeurs sur 10 (71,9%) souhaitent travailler en tant que salariés. Ainsi que l’a affirmé le HCP, « ce statut est recherché par les femmes (78,3%) relativement plus que les hommes (68,4%) et par les détenteurs d’un diplôme supérieur (78,7%) plus que les non diplômés (64,9%) ». Pour rappel, la population en chômage est passée, entre 2018 et 2019, de 1.137.000 à 1.107.000 personnes, selon le HCP. Dans sa précédente note, l’institution avait relevé que le taux de chômage est passé de 9,5% à 9,2% au niveau national, de 13,8%
Le chômage continue de narguer les jeunes et les diplômés (Maroc)

Bien qu’il ait été déclaré au centre des attentions des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années, le chômage continue de faire des ravages. Au grand désespoir des jeunes et des diplômés, premiers touchés par ce fléau, qui parfois doutent des capacités des pouvoirs publics à l’éradiquer ou tout au plus à le réduire de façon significative et durable. Année après année, la question du chômage demeure aussi poignante malgré l’élaboration d’une multitude de stratégies et programmes. L’évolution du taux de chômage frise encore les 10% et risque de s’emballer. Ceci d’autant plus que les projections du Haut-commissariat au plan (HCP) font état d’un ralentissement de la croissance nationale pour l’année en cours. Ce qui n’est pas pour raviver le moral des ménages marocains qui touche désormais l’abîme. A ce propos, rappelons que les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages relatifs au deuxième trimestre de l’année 2019 dans le volet « chômage » sont révélateurs du climat régnant au sein des foyers. En effet, il ressort de l’enquête menée par cette institution publique que la perception par ces derniers de l’évolution du nombre de chômeurs laisse à désirer. Selon le HCP, la majorité des ménages marocains (83%) sondés déclarent s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le Haut-commissariat en déduit que « le solde d’opinion est resté négatif à moins 76,9 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent où il a enregistré moins 75,6 points que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à moins 61,7 points ». C’est dire qu’en dépit de l’amélioration des indicateurs du marché du travail à laquelle fait allusion la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans sa dernière publication annuelle « Tableau de bord social », indiquant une baisse tendancielle du taux de chômage passé de 13,4% en 2000 à 9,8% en 2018, la question du chômage continuera de hanter les esprits, particulièrement des jeunes et des diplômés. Et ce malgré le lancement, ces dernières années, d’une série d’initiatives visant la promotion de l’emploi et la réforme du marché du travail. C’est dans ce cadre qu’a été initiée la Stratégie nationale pour l’emploi (SNE) 2015-2025 qui cible notamment la promotion d’un emploi décent à travers une croissance riche en emplois productifs et de qualité, l’accroissement de la participation des jeunes et des femmes dans le marché du travail, souligne la Direction précisant que cette stratégie a pour principal objectif de réduire le taux de chômage à 8,5% à l’horizon 2021. Dans sa dernière publication, la DEPF fait état d’une baisse tendancielle du taux d’activité et du taux d’emploi ainsi qu’une disparité de la répartition spatiale et sectorielle. Selon elle, la population active a connu un accroissement continu à raison de 90 mille actifs nets additionnels annuellement, passant de 10,278 en 1999 à 11,979 millions d’actifs en 2018. Cependant, poursuit la DEPF, cet accroissement demeure inférieur à celui de la population en âge d’activité qui a augmenté de 371 mille personnes annuellement durant la même période, ce qui s’est traduit par une baisse du taux d’activité de 54,4% en 1999 à 46,2% en 2018. « Cette baisse du taux d’activité, essentiellement en milieu urbain, s’explique par le recul important de l’offre de travail des jeunes âgés de 15 à 24 ans qui participent de moins en moins au marché du travail », précise-t-elle notant que certains prolongent la durée de leur scolarité et d’autres se retirent du marché du travail face aux difficultés croissantes d’insertion. A noter aussi que la baisse du taux d’activité a concerné l’ensemble des tranches d’âge mais avec des niveaux différentiés. Ainsi, « pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce taux a reculé de 21 points entre 1999 et 2018, alors que chez les personnes âgées de 25 à 34 ans, il a baissé de 4,7 points et parmi celles âgées de 35-44 ans de 3,5 points ». Soulignons qu’en dépit de l’accroissement du volume de la population active occupée, le taux d’emploi a, de son côté, baissé de 46,0% en 2000 à 41,7% en 2018 (-4,3 point), selon la DEPF notant qu’il a également baissé de 1,0 point en milieu urbain et -6,3 en milieu rural. Si le nombre de chômeurs a baissé, entre 2000 et 2018, de 1.367.769 à 1.168.000 personnes, permettant ainsi au taux de chômage de gagner 3,6 points de pourcentage en passant de 13,4% à 9,8%, il faut cependant relever que « cette évolution cache des disparités selon le milieu de résidence, le sexe, l’âge et le niveau de diplôme ». Aussi, à l’instar des années précédentes, le chômage reste encore élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans. D’après la DEPF, « il a atteint 26% au niveau national (43,2% en milieu urbain) en 2018 enregistrant ainsi une baisse de 0,5 point au niveau national, 1 point pour cette catégorie en milieu rural et une augmentation de 0,7 point en milieu urbain ». Enfin, entre 2017 et 2018, le taux de chômage des diplômés a augmenté de 0,3 point pour atteindre 17,1% parmi ceux-ci contre seulement 3,5% pour ceux n’ayant pas de diplôme. Alain Bouithy