Son Excellence M. Li Li: L’innovation, la persévérance et le partage sont les clés du développement de la Chine

REPORTAGE. La Chine s’est engagée depuis quatre décennies dans de vastes réformes qui ont profondément transformé le pays au point de le hisser au deuxième rang de puissance économique mondiale. Cette expansion inégalée dans le monde a été construite autour d’un modèle économique basé sur l’innovation, la persévérance et le partage, a en substance indiqué Li Li, ambassadeur de la République populaire de Chine au Maroc. En poste au Royaume depuis 2017, le diplomate chinois s’est ainsi exprimé lors d’une conférence-débat qu’il a animée, jeudi 15 mars, sur « Le développement de la Chine et le soixantenaire de la relation sino-marocaine », à l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE). L’occasion pour les étudiants, professeurs et anciens lauréats de la prestigieuse institution académique publique venus nombreux le suivre, de s’imprégner des réformes économiques engagées depuis quarante ans par la Chine, des mutations sociales et des transformations qui ont accompagné son expansion. Avant de devenir un géant économique et un acteur majeur de la mondialisation qui suscitent l’admiration de bien de pays à travers le monde. Cette conférence a été aussi l’occasion pour les étudiants du premier établissement public d’enseignement supérieur en management au Maroc et leurs invités de jauger le niveau actuel des relations sino-marocaines et d’apprécier son évolution au fil des soixante dernières années. Comme l’a relevé l’ambassadeur dans son exposé, les progrès que connaît la Chine sont le fruit d’un profond travail ponctué de réformes et marqué par la transformation de son système économique passé d’une économie planifiée à une économie de marché socialiste. Comme l’a souligné le diplomate, l’innovation a constitué la première force motrice du développement de la Chine tout au long de ce processus, signalant que des investissements en recherche augmentent chaque année dans son pays permettant ainsi à bien de secteurs d’enregistrer de progrès importants. Prenant quelques exemples pour corroborer ses propos, Li Li a cité l’exemple du réseau ferroviaire chinois où l’« on a réalisé 27.000 km de lignes de TGV, soit 66% en 7 ans », rappelant que la Chine consacre 460 milliards de dollars à son budget d’éducation et qu’il est le pays qui envoie le plus d’étudiants à l’étranger. A propos de la persévérance, autre pilier de sa réussite, l’ambassadeur a cité les exemples de réussite de Jack Ma, fondateur du géant mondial « Alibaba » ou encore du célèbre basketteur chinois en NBA, Yao Ming, soulignant que la réussite chinoise est celle de tous les Chinois et de leur quête constante du rêve chinois. Evoquant le troisième pilier de son modèle, le diplomate a noté que la Chine souhaite le partage de ses expériences avec d’autres pays. C’est aussi dans cet objectif que le président chinois Xi Jinping a lancé en 2013 l’initiative « Une ceinture, une route » au sujet duquel le Maroc a signé un accord portant sur sa construction conjointe Soulignant qu’un peu plus tôt, la directrice générale du Groupe ISCAE, Nada Biaz, faisait remarquer dans son mot d’ouverture que les « quarante ans de réformes et de croissance sans précédent ont permis à ce pays d’environ 1,4 milliard d’habitants de s’imposer sur la scène mondiale à travers une conversion de son poids économique en poids politique, en activant sa diplomatie économique pour conforter sa position et faire face aux défis actuels et à venir ». A propos justement de diplomatie, l’ambassadeur Li Li a salué l’excellence des relations sino-marocaines tout en insistant sur certains aspects de la coopération qui, à l’entendre, méritent davantage d’attention de la part des deux pays et de leurs peuples respectifs. « Le Maroc a été l’un des premiers pays arabes et africains à reconnaître la Chine continentale », a-t-il précisé d’emblée. S’il s’est réjoui de ce que « les choses bougent dans ce sens et que de plus en plus de Marocains commencent à s’intéresser à la Chine », il a estimé urgent de renforcer la connaissance et la compréhension mutuelle soulignant que d’un point de vue culturel, il y a encore beaucoup à faire. « On doit faire des efforts pour mieux se connaître », a-t-il lancé, invitant les Marocains à aller voir la Chine de leurs propres yeux. Pour le reste, les deux pays doivent travailler ensemble dans un esprit de complémentarité. Il faut élargir l’horizon et voir les nouvelles opportunités. Sur l’intérêt de la Chine pour le Maroc et sa place en Afrique, le diplomate a rappelé les atouts du Royaume notamment sa situation géographique privilégiée. Il a aussi rappelé que les investisseurs chinois sont très attachés à la sécurité financière des investissements, chose que le Maroc peut se vanter d’avoir, en plus d’un environnement sain et d’une politique ouverte des investissements. Abordant la question de l’enseignement, précisément du management, Mme Nada Biaz a fait remarquer que « les Business School chinoises ont connu une évolution remarquable, en s’intégrant dans le réseau mondial des écoles triplement accréditées ». Ainsi, a-t-elle poursuivi, plusieurs villes chinoises comme Changhai et Pékin sont devenues des destinations estudiantines très prisées qui attirent d’ailleurs des étudiants « Iscaéistes ». Bien que leur effectif soit moins important, la directrice a rappelé que l’établissement accueille également et de façon réciproque des étudiants chinois, à travers quatre partenariats actifs. Selon elles, de plus en plus d’étudiants chinois s‘intéresseraient à l’ISCAE, surtout depuis que l’Institut a dupliqué une grande partie des cours en anglais dans le cadre du concept « English Path ». Abordant la question de partenariats entre les écoles et universités marocaines et chinoises, la directrice a affirmé que le développement de cet important volet contribuera de manière considérable à renforcer les relations futures entre les deux pays. Pour Mme Biaz, il ne fait ainsi aucun doute que « l’interaction entre étudiants et le travail en équipes multiculturelles ne peuvent que renforcer la compréhension et l’enrichissement mutuel et avoir un impact sur le destin des peuples et de l’humanité », a-t-elle soutenu. Avant d’appeler à une coopération davantage fructueuse et un avenir meilleur pour les deux pays. LI LI : « La