Zone euro : croissance résiliente et inflation maitrisée, mais disparités nationales persistantes

L’économie de la zone euro reste globalement résiliente. Après une croissance estimée à 1,5% en 2025, l’activité ralentirait légèrement à 1,3% en 2026 avant de se raffermir à 1,4% en 2027, selon le FMI, portée par une demande intérieure plus dynamique et un redressement progressif du commerce extérieur. La consommation tient bon, soutenue par un marché du travail robuste, le reflux de l’inflation et la progression des revenus réels. À l’inverse, l’investissement privé demeure entravé par l’incertitude, malgré un assouplissement des conditions de financement, souligne la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère marocain de l’Economie et des Finances. En parallèle, l’investissement public joue un rôle de soutien actif grâce aux fonds européens (NGEU) et aux plans de relance nationaux. La reprise reste néanmoins exposée à un contexte international fragile. Tensions commerciales et incertitudes protectionnistes pourraient pénaliser les exportations et freiner l’investissement, souligne-t-elle dans sa récente note de conjoncture (N°348, Février 2026). Sur le front interne, des obstacles structurels persistent : vieillissement démographique, faible progression de la productivité, besoins colossaux liés à la transition énergétique et retard compétitif dans les technologies avancées. Les perspectives nationales demeurent contrastées. L’Allemagne amorce un redressement progressif (1,1% en 2026 après 0,2% en 2025, selon le FMI), porté par un rebond de la consommation et de l’investissement public (infrastructures, défense), après une récession marquée en 2023 2024. La France devrait connaître une reprise modérée (1,0% après 0,9%), tandis que l’Italie resterait à la traîne (0,7% après 0,5%), freinée par une demande molle, un ajustement budgétaire graduel et des rigidités structurelles. À l’inverse, l’Espagne continuerait de surperformer ses pairs, bien que son rythme de croissance ralentisse (2,3% en 2026 après 2,8% en 2025 et un pic de 3,5% en 2024). Cette résilience s’explique par une demande intérieure robuste (hausse de l’emploi et des salaires réels), des conditions financières plus favorables et la poursuite du déploiement des fonds européens (NGEU), tandis que la contribution du tourisme se normalise progressivement. L’Espagne bénéficie également d’atouts stratégiques dans les domaines des énergies renouvelables et des services à haute valeur ajoutée. Au T4-2025, la croissance de la zone euro est restée stable à +0,3%, confirmant une reprise graduelle. Elle est soutenue par la consommation des ménages et l’investissement, tandis que la contribution du commerce extérieur demeure contrastée. Les dynamiques nationales divergent : l’Espagne mène la croissance (+0,8%), l’Allemagne et l’Italie rebondissent (+0,3% chacune), tandis que la France ralentit (+0,2%). Sur un an, la croissance ressort à 1,3%, et atteint 1,5% pour l’ensemble de 2025, au-dessus des attentes. Les données récentes montrent des évolutions contrastées, avec des disparités nationales persistantes. En février 2026, l’activité du secteur privé en zone euro accélère : l’indice PMI flash composite progresse à 51,9 (après 51,3 en janvier), son plus haut depuis novembre. Cette dynamique est portée par le rebond de l’industrie (50,8 après 49,5), qui renoue avec la croissance pour la première fois depuis août, tandis que les services confirment leur expansion (51,8 après 51,6). Les nouvelles commandes marquent le pas, pénalisées par le repli persistant de la demande étrangère. L’emploi recule légèrement pour le deuxième mois consécutif. Les disparités nationales persistent. L’Allemagne accélère nettement (53,1 après 52,1) tandis que la France se stabilise (49,9 après 49,1). En décembre, la production industrielle de la zone euro a chuté de 1,4% sur un mois, sa plus forte baisse depuis avril, après une hausse de 0,3% en novembre (chiffre révisé en baisse). Le repli est marqué dans les biens d’équipement (-1,9% après +2,6%) et plus modéré dans l’énergie (-0,3%), les biens non durables (-0,3%) et intermédiaires (-0,1%). Seuls les biens durables ont progressé légèrement (+0,2%). Toutes les grandes économies ont reculé : Allemagne (-2,7%), France (-0,7%), Italie (-0,4%) et Espagne (-2,7%). Sur un an, la hausse a ralenti à 1,2% après 2,2% en novembre. Sur l’ensemble de 2025, la production industrielle a rebondi de 1,5%. La dynamique de la consommation s’est également essoufflée en fin d’année. Les ventes au détail en zone euro ont reculé de 0,5% en décembre, après une hausse de novembre (+0,1 %). La baisse provient surtout du non-alimentaire (-1,2%), tandis que les ventes alimentaires progressent marginalement (+0,1%) et que le carburant stagne. Le recul est prononcé en France (-1,4%), en Espagne (-0,9%) et en Italie (-0,5%), alors que l’Allemagne affiche une légère hausse (+0,1%). Sur un an, la croissance ralentit nettement à 1,3% (après 2,4%). Toutefois, l’indice de sentiment économique (ESI) a rebondi à 99,4 en janvier, son plus haut niveau depuis janvier 2023, après un creux de 97,2 en décembre. L’amélioration est portée par l’industrie (+1,7), les services (+1,2 point), le commerce de détail (+0,9) et les ménages (+0,8), tandis que les anticipations d’inflation des consommateurs reculent sensiblement. Le redressement est généralisé parmi les grandes économies, notamment en France (+5,8), en Allemagne (+3,0), en Espagne (+1,7) et en Italie (+1,3), signalant un regain de confiance en début d’année. Le marché de l’emploi en zone euro a clôturé 2025 sur une note de résilience inattendue, malgré l’essoufflement économique de la fin l’année. En décembre, le taux de chômage a reflué à 6,2% (contre 6,3% en novembre), rejoignant ses plus bas historiques. Le nombre de demandeurs d’emploi a ainsi diminué de 61k en un mois. Le chômage des jeunes a également baissé (-0,1 point m/m à 14,3%), mais reste élevé. Des disparités nationales persistent : le chômage a reculé en Italie (-0,8 point sur un an à 5,6%) et en Espagne (-0,8 à 10,0%), mais a rebondi en France (+0,4 à 7,7%) et en Allemagne (+0,3 à 3,8%). Les tensions sur le marché du travail restent globalement modérées. L’inflation en zone euro a poursuivi son reflux en janvier, s’établissant à 1,7%, son plus bas niveau depuis septembre 2024, contre 2,0% en décembre2. Accentué par un euro fort, ce repli est porté par une chute des prix de l’énergie (-4,1% après -1,9%) et un apaisement des services (3,2%, au plus faible en quatre mois). En revanche, l’inflation des produits alimentaires non transformés accélère (4,4% après 3,5%). L’inflation sous-jacente (hors énergie et