Maroc/Fin des travaux du 41ᵉ Congrès national de la SMSM : Recherche, innovation et coopération Sud-Sud : les grands axes des débats

Des enjeux stratégiques pour le Maroc et l’Afrique Les travaux du 41ème Congrès national de la société marocaine des sciences médicales (SMSM), organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, se sont achevés samedi dernier à Casablanca. La conférence de clôture, axée sur les « Relations Sud-Sud : Académie africaine des sciences et de la santé : un levier stratégique pour la recherche, l’innovation et la formation sur le continent », a marqué la fin de cet événement qui a réuni une pléiade de professionnels du corps médical dont des médecins, chercheurs et experts issus de diverses disciplines. Pendant deux jours, des échanges et débats de grande portée ont enrichi les participants, sous la présidence d’honneur du Pr Lahcen Belyamani. Ouvert le vendredi 6 février, le 41e Congrès national de la SMSM a proposé plusieurs activités favorisant le partage d’expertises et l’émergence de pistes concrètes pour l’amélioration du système de santé. Cette édition, coprésidée par le Dr Moulay Said Afif et le Pr Mohamed Adnaoui, a été ponctuée de conférences, symposiums, tables rondes, ateliers et communications scientifiques nourrissant des réflexions approfondies autour de thématiques médicales majeures et d’actualité. Les participants ont notamment débattu des enjeux liés à la « Santé de la mère et de l’enfant », à travers la promotion de la santé maternelle et néonatale et les programmes de vaccination et le renforcement de l’immunisation. Les discussions ont également porté sur l’« Accès équitable aux médicaments et aux produits de santé », avec un focus sur la disponibilité des médicaments essentiels et le renforcement de l’industrie pharmaceutique nationale, pilier de la souveraineté sanitaire. Le volet « Santé et innovation » a mis en lumière l’état des lieux et les perspectives d’avenir de la chirurgie robotique au Maroc et l’intelligence artificielle au service de la santé. La « Coopération internationale Sud-Sud » a occupé une place centrale, notamment à travers le rôle de l’Académie africaine des sciences et de la santé comme levier stratégique pour la recherche, l’innovation et la formation sur le continent. D’autres thématiques essentielles ont été abordées, notamment la « Santé scolaire et le développement de l’enfant », avec le renforcement de la santé scolaire comme facteur clé de la réussite éducative. Ainsi que la « Formation médicale et le capital humain », autour de la réforme de la formation médicale de base et du cycle de spécialisation et la mobilisation de la diaspora médicale marocaine au service des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. A noter que trois prestigieux prix ont été décernés à l’issue de la première journée du congrès auquel ont également pris part une cinquantaine de sociétés médicales. Ainsi, le « Prix de Recherche de l’interne et du résident Pr Moulay Ahmed Iraqi », d’une valeur de 25.000 dirhams, a été attribué au Dr Abdelhaq Barbach pour son travail intitulé « Conception et développement d’un dispositif personnalisé assisté par l’intelligence artificielle pour l’éducation thérapeutique des patientes atteintes de diabète gestationnel au Maroc » ainsi qu’au Dr Sara Messaoud pour son étude « Knowledge, attitudes and practices of Moroccan Doctors Rregarding the needs of elderly people for assistance and support: A pilot cross-sectional study ». Nouvellement créé, le « PRIX de recherche africain de médecine Pr Abdellatif Berbich », doté de 60.000 DH, a été décerné au Pr Lekehal Brahim pour son travail intitulé « Une approche interdisciplinaire innovante de la transplantation rénale au Maroc «équipe mixte» : expérience de deux centres et contribution à l’élargissement des critères d’éligibilité en Afrique ». Alain Bouithy
Coopération Sud-Sud : Les Régulateurs télécoms congolais et ivoiriens posent les bases d’un potentiel Accord de Collaboration

L’Agence de Régulation des Postes et des Communications Électroniques du Congo (ARPCE) a accueilli, le 15 mai 2025, une délégation de haut niveau de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI), dans le cadre d’une réunion de travail stratégique. Cette rencontre s’est tenue au siège de l’ARPCE à Brazzaville, en marge de la 9e édition du Salon OSIANE, à laquelle le régulateur ivoirien a activement participé. Parmi les points abordés par M. Louis-Marc SAKALA, Directeur Général de l’ARPCE, et M. Lakoun OUATTARA, récemment nommé Directeur Général de l’ARTCI : les perspectives de signature d’un accord de collaboration bilatéral visant à renforcer la coopération entre les deux institutions en matière de régulation des communications électroniques et des TIC. « Cette visite s’inscrit dans une volonté de rapprochement entre nos deux autorités de régulation, pour partager les expériences et identifier des pistes concrètes de collaboration sur des sujets d’intérêt commun », a souligné M. OUATTARA. En effet, selon le Patron de la Régulation des Télécoms en Côte d’Ivoire, son institution entend s’appuyer sur les bonnes pratiques congolaises, notamment en matière de gestion du spectre des fréquences, de gouvernance numérique et de supervision du marché des télécommunications. Il convient de noter que la réunion a permis aux deux délégations de poser les jalons d’un partenariat fondé sur la complémentarité des expertises. A ce titre, un projet de protocole d’accord est en cours d’élaboration par les experts des deux entités. Sauf changement, ledit protocole d’accord pourra être signé en marge des travaux du séminaire annuel du Réseau Francophones des Régulateurs Télécoms (FRATEL), qui s’ouvre le 20 mai à Abidjan (Côte d’Ivoire) et dont sont membres les deux institutions. Pour M. Louis-Marc SAKALA, « l’excellence dans la régulation passe par une ouverture à l’international. Et, l’espace africain, au regard de nos réalités presque communes, est le mieux indiqué. Nos deux pays ont des défis quasi communs, qui s’expriment en termes de transformation numérique, souveraineté technologique, régulation des services OTT (…) C’est ensemble que nous devons y répondre », a fait savoir Louis-Marc SAKALA. Soulignons que la visite du Directeur Général de l’ARTCI, qui était accompagné de deux de ses proches collaborateurs, témoigne d’une reconnaissance de l’expertise développée par l’ARPCE au fil des années. Lors de la présentation institutionnelle faite à cette occasion, la délégation de l’ARTCI s’est rendue compte des avancées majeures du Régulateur congolais, parmi lesquelles, parmi lesquelles : la construction de deux datacenters (Tier II et Tier III), la mise en place d’un point d’échange internet pour le pays (.cg), l’accès de plus 350 mille personnes aux services de communications électroniques grâce au Fonds pour l’Accès et le Services Universels des Communications Electroniques que gère l’ARPCE, et la construction de près de 25 salles multimédias à travers le pays par le même Fonds. Au terme de cette réunion de travail qui a duré plus d’une heure et demie, le Directeur Général de l’ARTCI a été conduit par son homologue pour une visite des installations critiques de l’ARPCE. Après des échanges des cadeaux par les deux personnalités, le Directeur Général de l’ARTCI a marqué sa disponibilité et celle de son institution à recevoir l’ARPCE à Abidjan en marge des travaux du séminaire FRATEL. CP
Maroc/Afrique : deux décennies d’une coopération Sud-Sud exemplaire, selon un ouvrage de Monsieur Amine Harastani Madani

Ce serait une hérésie de vouloir discourir sur l’Union Africaine sans aborder la place du Maroc au sein de cette organisation régionale qu’y est la sienne. Le Maroc, contributeur actif, s’en est séparé pour protester pour violation de la légalité internationale par les organes de la défunte Organisation de l’Union Africaine, pour y retourner, par la suite, dans le cadre de l’Union Africaine. Doit-on parler de retour ou d’admission ? Indépendamment de la réponse apportée à cette question, il convient de revenir aux sources, non pas dans un élan nostalgique, mais pour donner aux retrouvailles du Maroc avec son continent d’appartenance un sens le plus large. C’est ce que vient d’accomplir le chercheur marocain, Amine Harastani Madani, dans son livre titré « 1999 – 2020, le Maroc en Afrique : Diplomatie, Sécurité & Développement », une publication éditée par le prestigieux think tank Policy Center for the New South (PCNS). Cet ouvrage retrace les liens entre le Maroc et l’Afrique au Sud du Sahara, tout en démontrant l’existence de liens politiques entre l’Empire Almoravide et l’Empire du Ghana à l’aube du 11ème siècle ou encore la conquête de l’Empire Songhaï par les Saadiens et l’établissement du Pachalik de Tombouctou au 16ème siècle. Toutefois, le sujet du livre est bien plus contemporain et couvre la période s’ouvrant après l’indépendance du Maroc en 1956. Les 20 dernières années sont crucialesdans ces relations mais l’auteur a tenu à rappeler l’implication du Maroc dans la construction africaine depuis les années 1960, notamment le Groupe de Casablanca qui a joué un rôle majeur et fût à la genèse de la défunte Organisation de l’Union Africaine. C’est pourquoi, affirme Monsieur Amine Harastani Madani, le départ du Maroc de l’organisation continentale africaine en 1984 ne signifiait point l’arrêt des relations bilatérales. Dès 1999, une nouvelle stratégie de coopération et d’investissement fut développé par le Maroc, notamment dans les secteurs de la banque, des télécommunications, des assurances, de l’immobilier et de l’agriculture, dans un cadre gagnant-gagnant et sur un socle de relations politiques, culturelles, spirituelles et diplomatiques. Cette nouvelle démarche, comme l’écrit l’auteur, a pour socle la constitutionnalité du renforcement de la coopération Sud-Sud, puisque dès le préambule de la Constitution marocaine et aux côtés de la définition de son unité forgée par la convergence de composantes arabo-islamiques, amazighe et saharo-hassanie nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen, se trouve l’engagement du renforcement de la coopération Sud-Sud ; Une stratégie qui n’est pas dirigée contre un quelconque pays ou continent souligne Monsieur Amine Harastani Madani. Aussi, l’Afrique se doit de faire confiance à l’Afrique, comme l’a si bien dit le Roi Mohammed VI. C’est pourquoi, mise en place d’un système économique, d’abord régional, puis continental intégré, sera la clé de voûte de ce partenariat, et les flux d’investissements directs étrangers démontrent cette confiance car, en tant que premier investisseur en Afrique de l’Ouest et second investisseur dans toute l’Afrique, le Maroc a su créer la confiance et la crédibilité, conditions sine qua non de ce partenariat. Dans cet ouvrage de qualité, Monsieur Amine Harastani Madani affirme que la complémentarité économique, régionale et continentale est un atout majeur, avec des PIB structurellement différents qui pourraient donner un souffle nouveau à l’économie africaine et à l’expérience marocaine. Par exemple, avec la première plateforme automobile en Afrique, cela prouve, s’il le fallait encore, des gisements existants en Afrique. Sans oublier que se faire confiance signifie aussi se prendre en charge et ne plus compter sur l’assistance pour résoudre ses défis en termes de sécurité, de sortie du sous-développement et de la pauvreté. Enfin, se faire confiance implique la victoire contre l’afro-pessimisme et la réforme du secteur public afin qu’il aide l’initiative privée à fleurir dans les domaines tant attendus en Afrique que sont l’agriculture, l’industrie et les technologies. Un ouvrage d’actualité en cette 21ème année de l’accession du Roi Mohammed VI au Trône de ses Glorieux Ancêtres. Pour rappel, Monsieur Amine Harastani Madani, né en 1991 à Rabat (Maroc), est ingénieur de formation, diplômé de l’Ecole Centrale de Paris, et titulaire d’un troisième cycle en Relations Internationales Approfondies du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris. Que du solide ! Farid Mnebhi.