Congo Brazzaville/Vers la fin d’une génération. Maître Jean Martin Mbemba tel que je le connais

Congo Brazzaville/Vers la fin d’une génération. Maître Jean Martin Mbemba tel que je le connais

TEMOIGNAGE. Esprit universel, avocat international d’une dimension respectable, pamphlétaire notoire, défenseur des droits de l’homme et de la justice sociale…On ne saurait trouver assez de mots pour qualifier Jean Martin Mbemba. Assurément, l’ancien ministre d’état, ministre de la justice, garde des Sceaux, sous Sassou 2, mérite une reconnaissance de son vivant. Je n’attendrai pas sa mort pour lui rendre hommage. Tous les préjugés tombent quand on rencontre celui qui a été le seul avocat africain à avoir defendu le naziste Klaus Barbie. Ancien avocat de Gbagbo, Nicolas Tiengaye, le bâtonnier camerounais Yondo Black, Abdoulaye Wade… « Je n’ ai pas hésité de souffler à l’oreille de ce dernier, lors de son sejour à Brazzaville, monsieur le président, vous me devez encore des honoraires. On a tous les deux éclaté de rire », s’en souvenait Mbemba, au cours de nos différentes conversations. L’homme pétillant d’intelligence aussi bien en public qu’en privé est nanti d’un carnet d’adresses impressionnant. À son domicile du quartier résidentiel du centre ville de Brazzaville(à l’époque), je n’avais pas besoin d’y montrer patte blanche. Le puissant ministre de la justice m’avait quasiment adopté. Notre première rencontre s’est faite en 2003 lorsqu’il m’avait fait chercher pour lui parler en profondeur de l’affaire Humberto Brada. En ma qualité de correspondant de Jeune Afrique Économie, j’enquêtais sur cette société qui remunerait ses épargnants au taux mirobolant de 30%, en sus du dépôt initial, au bout de 45 jours. Je dus lui donner quelques détails sur la double identité congolaise de Kinshasa et angolaise, avec différents noms, du pdg du groupe éponyme salu humberto brada… Est-ce pourquoi le ministre de la justice avait remercié quelques membres de son cabinet le lendemain, notamment son directeur de cabinet? Je revoyais, à chacune de nos rencontres, l’image de l’avocat remarquable lors du procès dit  » pose des bombes à Maya Maya et au cinéma star ». Procès au cours duquel maîtres Senghor, Julienne Ondziel, Martin Mbemba…, ont fait montre de leurs qualités intrinsèques pour défendre Thystere Tchicaya, Ndalla « Graille », Biapandou Daniel, Kembissila et le français Buissou. Homme de grande culture, Mbemba est plein d’anecdotes et histoires amusantes. On ne perd jamais du temps à l’écouter. Quelques morceaux choisis: « Le président m’a chargé de faire le tour des pays africains pour préparer le sommet de la francophonie à Brazzaville…Sommet auquel devaient prendre part son secrétaire général Abdou Diouf et le président français Jacques Chirac. Stratégiquement, me confiait-il, j’ai commencé par l’Afrique centrale, précisément à Yaoundé. J’ai trouvé la bonne formule pour faire venir Paul Biya, à qui j’ai dit: » vous êtes tant respecté en Afrique, monsieur le président, que je préfère commencer par vous, avant de me rendre chez Bongo… » Flatté par ces mots très diplomatiques et aimables, Biya esquissa un sourire et me pria de transmettre ses sincères remerciements à Denis Sassou Nguesso, avant de dire, d’une voix douce, je serai là, à Brazzaville ». Le président camerounais, reconnu harpagon, lui a même offert une enveloppe… À son retour du Cameroun, Martin Mbemba me tendit le quotidien Le Messager, proche de l’opposition camerounaise, dans lequel il avait été tant marqué par la qualité d’un article sur le droit international humanitaire, écrit par le docteur jurisconsulte Shanda Tonmé. Le ministre me recommanda, moyens financiers à l’appui, de le mettre en contact avec l’auteur de cet article. Qui a finalement été invité à Brazzaville à l’occasion du sommet de la francophonie. L’autre anecdote concerne feu le président Omar Bongo Ondimba. En pleine effervescence politique des années 90, le président gabonais fait face à une fronde entretenue par ses opposants. Parmi eux, un avocat tant redouté par lui. Sur ces entrefaites, le président gabonais me fit venir à Libreville », me confia t-il, sourire en coin. » À mon entrée au Palais du Bord de Mer, poursuit Martin Mbemba, Bongo s’adressa à moi en langue maternelle Téké pour me dire:  » Il n’ y a que toi pour me sauver. Ton ami et confrère avocat est celui qui me dérange le plus ici. Essaie de lui dire que nous n’allons pas oublier que le Gabon est notre bien commun. Pendant que nous devisions, le président me dit en patois: où est ton sac(pendant qu’il semblait pousser du pied un « nguiri »…? Rires. Homme de grande culture, Mbemba peut te parler du Psg, Barça, Manu Dibango, Zaiko, Youssou Ndour, Mitterand, Bill Clinton, de grands écrivains et journalistes africains… En ce qui concerne le Congo, il ne cachait pas son opposition au changement de la constitution de 2002 .  » En ma qualité de ministre de la justice pendant la période post conflit, m’expliquait-il avec regret, j’avais posé la question du verrou sur les mandats au constitutionnaliste beninois qui s’est chargé de sa rédaction. C’était au cours d’une réunion à huis clos. Les gens ont émis un avis contraire au mien… ». Aujourd’hui en exil en France, à la suite de sa condamnation par contumace prononcée en son encontre, Jean Martin Mbemba pourra t-il bénéficier de la grâce présidentielle tout autant que Kolélas, Yhombi, Ntumi…? Vaudrait mieux qu’il vive ses vieux jours au Congo qu’en France. Claude Ernest Ndalla aussi. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier

Congo Brazzaville/Transport aérien. Honoré Sayi pourra t-il faire redécoller Ecair?

Congo Brazzaville/Transport aérien. Honoré Sayi pourra t-il faire redécoller Ecair?

TRIBUNE. Ses collègues Mokoki, Dimou, Ebouka Babackas et Tchikaya, qui se sont succédé à la tête du ministère des transports, n’y sont jamais parvenus. L’urgence est-elle les avions d’Ecair qui sont à l’étranger, comme en témoigne la visite de la directrice générale de la compagnie aérienne à capitaux publics à Addis-Abeba et à Johannesburg? Selon un fin limier en aéronautique, ces avions endommagés ne pourront pas revenir au Congo avant une période comprise entre 6-10 mois au moins, car il faut beaucoup d’argent pour les remettre en état ». Faut-il noter que l’avion qui a subi d’importants dommages, suite à un incendie intervenu en Afrique du Sud n’était plus assuré. Par conséquent, des travaux d’envergure, bien coûteux, devraient être entrepris, sur fonds publics congolais, pour sa remise en état. Il faut également y ajouter les travaux de sa check controlled. La priorité ne serait-elle donc pas, dans ces conditions, la remise en état de navigabilité du TN-AJI immobilisé depuis janvier 2021 sur le tarmac de l’aéroport international Maya Maya? « Les 3,4 milliards de FCFA accordés par l’Etat congolais à Ecair suffisent pour lancer le processus du CTA auprès de l’ANAC », croît savoir un proche du dossier. Autre chose, après recertification de la compagnie, il faut songer au recyclage du personnel congolais à reambaucher.Pour calmer le jeu, le nouveau ministre des transports devra lancer des discussions directes et franches avec le personnel dont les contrats de travail n’ont jamais été résiliés depuis l’arrêt des activités d’Ecair en 2016. La dette sociale de 60 mois, reconvertie en 6 mois seulement, n’est toujours pas payée par la Caisse Congolaise d’Amortissement(CCA). En droit du travail au Congo, tant que les contrats de travail ne sont pas résiliés, les compteurs tournent. Ecair doit donc à ses agents tous les salaires à compter du mois d’août 2016 jusqu’à la rupture des contrats de travail. Ecair? On eût dit que le dossier Ecair est celui qui emporte certains ministres des transports? Une vraie patate chaude dont hérite Honoré Sayi. Parviendra t-il à relever ce challenge sans courir le risque de se heurter à la puissante directrice générale d’Ecair? L’avenir ne ment jamais. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier

Congo Brazzaville. Pourquoi la confiance non renouvelée à Andely

Congo Brazzaville. Pourquoi la confiance non renouvelée à Andely

ENQUETE. Sa sortie prématurée du gouvernement Makosso 2 suscite diverses réactions au sein de l’opinion nationale et internationale. Entre le premier ministre Anatole Collinet Makosso et son ministre des finances, « tout n’allait pas mieux dans le meilleur des mondes « , affirme, sous couvert d’anonymat, un proche du désormais ancien ministre des finances. Les deux hommes, loin s’en faut, ne s’avouent pas une inimitié. Le premier est plus politique; et le deuxième est considéré comme le financier qui a pu soigner la signature du Congo à l’international. Des approches différentes qui ont débouché sur un conflit de compétence sur les réformes et la qualification du personnel en service à la direction générale du Trésor. La première pomme de discorde. C’est devant le ministre délégué, Ludovic Ngatsé, que le premier ministre s’est retrouvé lors de sa descente dans les régies financières. Andely n’a pas daigné y effectuer le déplacement », fait constater un proche de Collinet Makosso, qui assimile cette absence à un pied de nez du ministre des finances à l’égard de son chef. Un autre exemple, Andely aurait reçu ordre du premier ministre, en avril dernier, de libérer les fonds pour régler le cas des 3 avions de la compagnie Ecair afin de faire respecter l’échéance de sa relance en juillet 2022. L’ex argentier congolais, qui estimait, selon certaines indiscrétions, qu’une relance d’Ecair à la va-vite et surtout avec le même top management(blâmable?) constituait un goufre financier de plus pour l’Etat congolais, serait resté de marbre. Une désinvolture qui n’aurait pas été du goût du Chef. Entre éclat politique à la congolaise et soins à apporter à la qualité de la dépense, l’option politique passe avant tout, surtout dans un pays où c’est la politique qui prime sur le monde de l’économie, des finances et des affaires. En occident, c’est le monde des affaires et l’économie qui forgent les politiques. Selon nos sources, des sollicitudes de décaissement, à l’ordre de la Primature, sont parfois restées en souffrance au cabinet du ministre des finances. Makosso serait parfois contraint, confie une source proche du Trésor, de s’appuyer sur le directeur général de cette institution pour avoir les moyens de sa politique. Il n’en est, malheureusement, rien pour les autres ministres, réduits au régime de pain sec pour des raisons de contraintes budgétaires et soins à apporter à la qualité de la dépense conformément aux recommandations du Fmi. Le projet Figa, appelé à financer l’agriculture considérée comme « priorité des priorités  » dans le programme du Chef, a subi une coupure de 10 milliards de FCFA, empruntés par le ministre des finances pour assurer le paiement des pensions des retraités en fin 2021. Le ministre des finances sortant n’en a pas fait une priorité de remboursement, au point d’assecher financièrement le Figa… Autant de conflits ouverts dont Andely ne manque pas d’adversaires, au sein de l’exécutif, législatif, parti congolais du travail et famille biologique du Chef. À mi-voix, il y en a qui se plaignent que  » Andely se montre rigoureux, alors que lui-même, sa famille au cabinet, son dircab, et une de ses femmes camerounaises, prestataire de services au cabinet, étaient au lait et au miel ». Vrai ou faux? Une exclusivité, Andely vient à nouveau de convoler en justes noces avec une autre belle camerounaise Haoussa- Peule( une musulmane du nord Cameroun). Comme pendant son premier séjour dans le gouvernement (2002-2005), Andely a manqué de jugeote politique dans un pays réputé très politique et où la « securocratie » fonctionne à merveille avec des faiseurs de fiches propres à l’ancienne époque du marxisme lenenisme pur et dur. Méfiant et moins visible lors des cérémonies ou réunions importantes, à l’occasion desquelles il se faisait toujours représenter par Ludovic Ngatsé, son ministre délégué, Andely pourra t-il rebondir? L’option d’en faire un futur secrétaire général de la présidence s’effrite face à cette adversité. Il garde tout de même la présidence de la Besca( banque sino congolaise pour l’Afrique) dont le siège est à Brazzaville. Aux dernières nouvelles, il aurait démissionné de la présidence du conseil d’administration de la Besca il y a 2 mois. Makosso se sépare d’une ressource humaine de qualité, un ministre moins « affairiste ». Bon vent à Jean Baptiste Ondaye considéré comme un homme rigoureux, bon équilibriste qui saura poursuivre le bon travail de son prédécesseur en y ajoutant une sérieuse dose politique dans un pays très politique. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier

Congo Brazzaville/Ecair. Quel plan de relance au prorata du disponible de 3,4 milliards de fcfa accordé par l’Etat congolais?

Congo Brazzaville/Ecair. Quel plan de relance au prorata du disponible de 3,4 milliards de fcfa accordé par l’Etat congolais?

ANALYSE. C’est la question que nous avons posée à un expert en ménagement des compagnies aériennes, fin connaisseur dans les moindres détails de la situation d’Ecair. Avec les 3,4 milliards de fcfa, il est possible de remettre en état de navigabilité l’avion, de type Boeing ( TN-AJI), immobilisé sur le tarmac de l’aéroport international Maya Maya de Brazzaville depuis janvier 2021. Il faut ensuite payer l’assurance de cet avion et financer le processus de certification d’Ecair. Le Certificat de Transport Aérien(CTA) obtenu, les premiers vols pourraient aisément s’opérer. Il va falloir ensuite s’occuper des avions qui sont en Afrique du Sud et en Éthiopie. Selon nos sources, Ethiopian n’a plus l’agrément et la capacité de travailler sur des avions, de type Boeing 757, comme celui d’Ecair qui s’y trouve. La compagnie aérienne congolaise à capitaux publics en avait pourtant été informée depuis au moins 5 mois. Sans réaction de sa part, confie un proche du dossier ayant requis l’anonymat. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier

Congo Brazzaville -Terre des Légendes. Pour une fois. Parce que, ce n’est pas courant

Congo Brazzaville -Terre des Légendes. Pour une fois. Parce que, ce n’est pas courant

OPINION. Oui, pour une fois, les Congolais s’interrogent sur les raisons du départ d’un Ministre du Gouvernement. Moi également, ancien Ministre, je m’associe à ces interrogations. Je me pose des questions. A tort ou à raison. En fonction des pouvoirs qui lui sont conférés, un Chef d’Etat a le droit de placer au Gouvernement le citoyen de son choix. Qu’il soit brillant ou pas. Compétent ou inapte, sur toute la ligne, pour être ministrable et à même de gérer les affaires d’un département ministériel dont il a la charge. C’est l’intime conviction du Chef de l’Etat. La politique a des raisons que parfois la raison ignore. Ici, dans le cas du Congo Brazzaville, en vertu de la Constitution de 2015, le Président Denis Sassou Nguesso, sur proposition du son Premier Ministre, Chef du Gouvernement, M. Anatole Collinet Makosso, nomme au Gouvernement. Certainement pour des motifs que tous les deux partagent. Généralement, les Congolais, en raison de leur patriotisme, ils suivent l’actualité politique nationale. Mais, jamais, pour le peu que je connaisse d’eux, ils ne s’emballent, outre mesure sur la composition des équipes gouvernementales ou sur les remaniements ministériels. Tellement, ils sont attachés à la quête quotidienne des solutions à leur survie, croulant sous les souffrances que leur impose la vie difficile du pays. Et puis, réalité des réalités, les Congolais se sont offerts la latitude d’imaginer que les Ministres ne s’installent au Gouvernement que pour leurs propres intérêts et pour un cumul de privilèges et autres avantages. La nation, le service pour lequel ils sont nommés comptent peu ou presque pas. Ces appréhensions ne s’adressent pas qu’au pouvoir du Président Denis Sassou Nguesso. Sous le Président Pascal Lissouba, les choses se présentaient de la même manière. Là où le bât blesse c’est l’emballement que soulève dans le pays le renvoi de M. Rigobert Roger Andely du gouvernement issu du remaniement du 24 septembre 2022. Les réseaux sociaux présentent l’ancien Ministre des Finances comme un cadre intelligent, avec de l’expérience dans son domaine et un renon au plan international. Ils estiment que M. Rigobert Roger Andely a le savoir, le courage politique et l’ambition d’apporter aux finances congolaises le bagout nécessaire aux fins de leur faire jouer, dans la transparence, le rôle républicain que les Congolais attendent d’elles. Un rôle où l’argent du Congo, propriété sacrée et inaliénable des Congolais, doit servir uniquement aux causes nationales, avec la rigueur d’une gestion orthodoxe des finances publiques. M. Rigobert Roger Andely aurait-il commis des fautes pour qu’il soit si vite radié du Gouvernement, après une seule année de mandat, alors qu’il avait été renvoyé les années d’avant, puis ramené au ministère des Finances pour poursuivre les négociations avec le Fonds Monétaire Internationale, rassurer les partenaires économiques internationaux du Congo, apaiser les tensions financières locales et mettre à la disposition de son pays ses capacités? Je ne saurai répondre. Bic rouge, ainsi est désigné le Ministre Rigobert Roger Andely pour symboliser la marque de l’enseignant qui corrige à l’encre rouge pour éveiller l’élève et lui notifier sa faute afin qu’il ne la réédite plus. Le bic rouge du Miniistre Rigobert Roger Andely c’était, d’une part, la représentation de la mise à l’écart de toutes les mauvaises destinations que prenait l’argent congolais. De l’autre le respect scrupuleux des règles pour une gestion saine de l’argent public. Au cas où M. Rigobert Roger Andely n’aurait pas été à la hauteur de sa mission, son licenciement se justifie. Si non, son départ répondrait à des situations qui cacheraient ce qui n’est pas à dissimuler. Il ressort, par ailleurs, de la synthèse des opinions sur les réseaux sociaux, à propos du départ de M. Rigobert Roger Andely du Gouvernement, une tendance qui n’est pas pour ennoblir le pouvoir de Brazzaville. Puisqu’il est relevé la mise hors jeu de M. Rigobert Roger Andely comme une volonté de Brazzaville d’en finir avec la rigueur de ce dernier dans le but de se réapproprier les mauvaises habitudes de gestion financière des Ministres précédents que M. Rigobert Roger Andely serait venu balayer. Ce n’est qu’une synthèse d’avis d’internautes qui ont droit à l’erreur d’appréciation comme ils pourraient également verser la vérité sur le cas Rigobert Roger Andely. Les Congolais aiment leur pays. Ils le voudraient fort, uni, bien gouverné, aux richesses nationales équitablement réparties. Un pays où aucun groupe ne doit pas écraser le reste de la population. Un pays dont l’image internationale ne doit souffrir d’aucun mauvais jugement. Un pays où il fait bon vivre, les libertés fondamentales respectées. Un pays où l’avenir des jeunes, c’est le Congo. L’avenir du Congo, le Congo lui-même. Pour une fois. Parce que, ce n’est pas courant. Et les Congolais s’interrogent. Peut être que le Ministre des Finances montant, M. Ondaye pourrait être l’alter égo du descendant, M. Rigobert Roger Andely. On le saura. On n’en est pas encore là. Que le rentrant, M. Ondaye, occupe son siège. Organise son équipe. Les Congolais seront suspendues à ses lèvres. Ses premières paroles seront suivies avec grand intérêt. Parce que le retour de M. Rigobert Roger Andely, comme Zorro est arrivé du Chanteur Henri Salvador, avait été salué. Dans l’entre temps, les Congolais ne cesseront pas se s’interroger sur le cas Rigobert Roger Andely. Parce que, pour une fois, Et ce n’est pas courant, Ils se sont emballés sur le limogeage d’un Ministre. D’ordinaire, ils sont indifférents. Une indifférence qui doit faire réfléchir les politiques, en général, les autorités congolaises, en particulier. Ouabari Mariotti Paris 25 septembre 2022

Congo Brazzaville/Transport aérien. Des faux pilotes sont-ils aux commandes des avions?

Congo Brazzaville/Transport aérien. Des faux pilotes sont-ils aux commandes des avions?

TRIBUNE. L’information publiée par le site Sacer, notamment la qualification douteuse de certains pilotes étrangers au Congo, nous a donné l’occasion d’enquêter sur le processus de qualification des pilotes par l’Agence Nationale de l’Aviation civile(Anac). Selon de très discrètes sources jugées de bonne foi, « Il n’existe pas un seul faux pilote dans le ciel congolais voire répertoire de l’Anac ». Le processus de qualification des pilotes obéit à un schéma professionnel très rigoureux, poursuivent-elles. L’authentification des licences des pilotes se fait auprès de l’autorité de délivrance de ladite licence, c’est-à-dire l’autorité de régulation du pays d’où est originaire le pilote concerné. Il faut noter que l’examinateur de l’autorité de l’aviation civile de ce pays fait passer le test en vol au pilote. S’il est concluant, alors l’autorité de l’aviation civile de l’Etat d’ou est originaire le pilote lui délivre la licence. Et c’est donc auprès de son alter ego étranger que l’Agence de l’aviation civile du Congo ( ANAC) demande l’authentification de la licence. Avant d’être aux commandes d’un avion, le pilote de ligne passe, au préalable, par les fourches caudines des services habiletés, comme décrit ci-dessus. Si cette vérification est concluante, s’en suit alors une évaluation technique sous forme d’essai de pilotage dans le ciel congolais, au terme de laquelle la décision est prise de lui accorder ou non la licence de piloter un avion au Congo. Un ukrainien, pilote d’Africa airlines, une compagnie à capitaux privés opérant en local, s’est vu refuser la licence. « Et pour cause, son vol d’essai avait été jugé peu convaincant », affirme, sous couvert d’anonymat, un expert de l’aviation civile. Selon nos informations, ukrainiens, marocains, gabonais et congolais sont les nationalités des pilotes aux commandes des avions au Congo. La compagnie Canadian s’est attachée les services des ukrainiens, tandis que Tac compte sur ses pilotes gabonais et congolais, et Africa airlines sur les marocains. Ces derniers, anciens de Royal Air Maroc, mis en congé technique pendant la période covid-19, ont dû subir le même schéma de qualification avant de s’offrir le ciel congolais, commente un proche des services de qualification auprès de l’Anac. En rapport avec la demande émise par l’autorité nationale de régulation du secteur aérien auprès de l’Iata(voir fac similé), nous n’avons pas encore pu obtenir copie de la réponse « par la négative », semble-t-il, de l’Association internationale du transport aérien. Nous y reviendrons dès que possible. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier Brazzaville.

Les turpitudes des pouvoirs en Afrique

Les turpitudes des pouvoirs en Afrique

TRIBUNE. L’Afrique se lève et le monde s’essouffle, l’Afrique s’éveille et le monde entier vit les douleurs de l’enfantement. Le berceau dit de l’humanité n’a pas su donner ce qu’il portait, tant les enjeux sont variés et les acteurs nés de ce berceau et élevés par lui n’ont pas su appréhender sa pensée. La mère Afrique a porté des fils et filles qui, devenus grands et âgés ont oublié les valeurs universelles que celle-ci leur a instruit de porter et de promouvoir à travers le monde.  Le travail et l’amour de la patrie. Le travail a été le fruit de nos brillants ancêtres qui s’étaient donnés à l’édification de cette culture matrilinéaire et paternaliste qui est le respect de soi et de l’autre.  Nos aïeuls nous ont transmis à tous un savoir et celui-ci consistait non pas à s’ériger des murs de hantise de prédation autour de soi, mais à s’ouvrir aux autres par un esprit de solidarité et de fraternité.  Nous avions eu et reçu les instruments qui permettent à tous, notamment pour tous les peuples du monde, à conserver ce droit à la vie et à le rendre pérenne en vertu de l’intérêt des prochaines générations.  Mais qu’avons nous fait ?  Que sommes-nous devenus ? Et quelle est la cause et l’intérêt que nous portons ?  Le désastre économique, écologique et environnemental, les crises sociales et pour finir, la faillite des États : la liste n’est pas exhaustive. Elle est si longue que la plume ne possède pas assez d’encre pour amorcer l’aboutissement de la tâche.  De quoi souffrent nos peuples ? Pourquoi tant de misère et famine ?  Avions-nous respecté les enseignements de nos aïeuls ? Hélas non !  Avions-nous été conduits par la justice sociale et le droit à promouvoir et fortifier les valeurs intrinsèques qui caractérisent la vie d’un État, à savoir le travail, la justice sociale et l’équité ? Hélas non ! Le commun des mortels dit je cite : la nature a horreur du vide. Et bien le vide juridique fruit du vide institutionnel a donné comme résultat l’absinthe (la misère sociale due aux injustices sociales et aux politiques sans fondement juridique institutionnel), l’ivraie (des hommes politiques imbus d’eux-mêmes croyant être parvenus au sommet de la pyramide tandis qu’ils sont en réalité esclaves du système auquel ils ont prêté allégeance, hommes corrompus sans éducation, en mal de comprendre que les voies qu’ils sont entrain de suivre d’autres avant eux en ont aussi essuyé les revers) au milieu du blé (des hommes habiles, de brillants intellectuels capables de relever la tête de leur pays et de faire respecter les fondements institutionnels mêmes, détruits et en voie de disparition)… Aucun État n’est épargné, car le constat est général et l’amertume sociale se répand au-delà des frontières du berceau de l’humanité.  Nous prendrons à titre illustratif la République du Congo, pays d’Afrique central, comme nous aurions d’ailleurs pris l’exemple d’un autre État failli aussi du monde, mais nous intéresserons aujourd’hui particulièrement à ce pays.  Ex-colonie française et ancien territoire appartenant à l’Afrique équatoriale française (AEF), devenu après République du Congo à cause de l’affirmation des peuples à retrouver leur droit à la légitimité et la souveraineté. Cette affirmation suivi pourtant de brillantes déclarations, aux discours tonitruants, n’ont pour autant pas en effet  réellement conduit à la naissance d’un État-Nation et à l’émergence d’un État, frelon de la maturité intellectuelle des peuples à disposer d’eux-mêmes et s’approprier les valeurs sociales que procurent l’appui des institutions.  Sortis pour la plupart d’entre eux des écoles missionnaires catholiques et coloniales; pourquoi missionnaires catholiques? Parce qu’en ce temps, les peuples de ces contrées étaient considérés comme des balayures du monde, des attardés intellectuels, des peuples sans culture ni connaissance par ceux-là même (les colons français) qui les aliénaient. Ces écoles missionnaires catholiques, d’elles sont donc sorties des élites et préparer pour la plupart d’entre elles à occuper des fonctions administratives et économiques au sein de la structure politique et sociale établie par le législateur colon appelé je cite : Système Colonial.  Et donc, ces hommes qui ont été choisis du milieu des familles et dont les talents d’orateurs avaient été répertoriés, avaient donc été récupérés et certains d’entre eux choisis afin de servir l’empire et conserver une main mise quant la définition et l’instauration de l’organisation structurelle de l’Etat à l’époque avec pour capitale M’FOA.  Dès lors que vous aviez un système juridique et juridiquement entre les mains d’un occupant agissant et s’exerçant à partir de son système politique colonial, ceux qui ont été appelés à diriger le pays, ne peuvent être qu’au service de l’empire qui les a engendrés. D’où l’indépendance du Congo n’a été que seulement un symbole parce qu’il n’a été en fait que l’émanation d’un désir de l’élite coloniale française à changer de paradigme tout en continuant d’assurer la domination et la prédation à travers l’élite intellectuelle congolaise qu’ils avaient eux – mêmes formée dans leurs écoles les plus prestigieuses françaises en ce temps là et ce jusqu’à ce jour. Les hommes intellectuels devenus politiques parce que ayant reçu ces attributions au niveau du système colonial, ne pouvaient donc pas ne pas faire le contraire de ce qui leur est exigé et ce jusqu’à ce jour. Le constat est amer et la réalité abjecte. D’où, à chaque fois que le Congo Brazzaville a connu l’émanation d’un leader charismatique politique aux allures non pas du système colonial mais prônant le nationalisme et le néo libéralisme, ils ont purement et tout simplement été éjectés du pouvoir soit par une sédition ou une révolte populaire teintée de maillage d’acteurs politiques corrompus. Comme ce fut le cas avec la démission du Président l’Abbe Fulbert Youlou (son reproche c’est d’avoir voulu changer de paradigmes institutionnelles grâce aux réformes économiques et sociales qu’il avait amorcées et il lui était aussi reproché d’avoir été très proche des américains: à l’époque ce fut John Fiedjeraald Kenedy  avec lequel Youlou avait des accointances politiques et s’en accommodait bien volontiers. Ce qui déplu à la France et le Vatican d’ailleurs et

Congo Brazzaville. La future 5G face au défi des terminaux d’accès électroniques compatibles

Congo Brazzaville. La future 5G face au défi des terminaux d’accès électroniques compatibles

TRIBUNE. 4%, c’est le nombre de téléphones en circulation, compatibles avec la future 5G au Congo, renseigne un document de l’Arpce. Le premier lancement de la technologie de cinquième génération en Afrique centrale, à titre expérimental, par Mtn Congo en 2023, pourrait se heurter au problème de compatibilité des terminaux d’accès électroniques (téléphones, tablettes…) , si la mesure gouvernementale de 2 ans de dédouanement à taux zéro prise en ce sens en 2021 n’est pas actualisée dans la loi de finances 2023, en cours d’élaboration. Mieux que le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la RDC…, qui imposent un paiement des droits de douanes, à l’entrée, de tous les les terminaux d’accès électroniques(téléphones, tablettes…), le Congo avait décidé d’exonérer ces terminaux du paiement des droits de douanes à leur entrée sur le territoire national. La décision était entrée en vigueur en janvier 2021. Conséquence, cette exonération a assoupli des prix d’achat d’un smartphone de 2ème, 3 ème et 4ème génération. Il convient de préciser que certains douaniers, au mépris de cette loi, prélèvent encore des taxes sur les importations de téléphones. En ce qui concerne la 5G adaptée aux besoins concrets du Congo(e-agriculture, e- learning, e-santé à travers la télémédecine, e-gouvernement pour assurer l’interconnexion en communications électroniques des services publics), il est question de donner un coup d’accélérateur à la pénétration de la 5G au Congo. L’exécutif et le législatif en maitrisent-ils les enjeux et les défis? Où est, par exemple, passé le projet d’experimentation de la5G en Afrique par la chinoise Huawei, avec le Congo comme pays pilote? Seul le ministre des postes, des télécommunications et de l’Economie numérique, Léon Juste Ibombo, qui en parlait de manière convaincante, pourrait nous en dire davantage. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier