Conflit Israël-Iran : quand la propagande occidentale se heurte à la dure réalité des faits

Conflit Israël-Iran : quand la propagande occidentale se heurte à la dure réalité des faits

PARLONS-EN. Depuis le début du conflit qui oppose l’État agresseur d’Israël à l’Iran, on entend des analyses surréalistes dans les médias occidentaux, qui ont pris fait et cause pour l’État hébreu. Tenez. Ces médias et leurs experts maison expliquent et répètent qu’Israël domine militairement l’Iran. Peut-être. Mais si c’est vraiment le cas, pourquoi les dirigeants israéliens, à commencer par le premier ministre Benjamin Netanyahu, supplient-ils les États-Unis d’intervenir aux côtés d’Israël ? Pourquoi les dirigeants européens, qui soutiennent Israël, appellent-ils maintenant à la désescalade, envisageant même une rencontre avec le ministre iranien des Affaires étrangères à Genève, ce vendredi ? L’Iran est le foyer d’une civilisation millénaire. Elle ne peut pas être impressionnée par un État aussi jeune qu’Israël, qui, faut-il, le reconnaître, a quand même réussi, grâce à la propagande médiatique occidentale et aux techniques de guerre psychologique, à se faire passer pour la plus grande puissance militaire de la région… avant de se heurter à l’Iran. Pour la première fois depuis la guerre du Kippour, l’État hébreu se mesure non pas à une ou des milice(s) mais bien à un État puissant. Les Iraniens ont touché tous les centres névralgiques de la puissance militaire israélienne (QG du Mossad et du renseignement militaire, ministère de l’Intérieur, bases militaires, etc.) et affirment n’avoir pas encore utilisé leurs missiles de dernière génération. C’est dire. Bien entendu, les médias occidentaux, qui mènent l’offensive médiatique en faveur d’Israël, ne le diront pas. Ils préfèrent nous montrer les images de l’hôpital israélien touché par un missile iranien. N’est-ce pas la preuve que les Mollahs visent les civils ? On se passera également des 250 morts civils iraniens tués par les raids israéliens… Maintenant, on entend ces mêmes médias aux ordres relayer la demande Netanyahu pour une intervention américaine. C’est même devenu un souhait. Leurs «experts» expliquent même que ce sera la fin pour le régime de Mollahs, comme si les États-Unis avaient déjà gagné une véritable guerre en dehors d’Hollywood ! Mais ce que tous ces médias et leurs experts ne semblent pas comprendre, c’est que, depuis la Révolution islamique des Mollahs en 1979, la République islamique d’Iran se prépare à une confrontation militaire, non pas avec Israël (qu’elle estime, à tort ou à raison, ne pas être de taille) mais bien avec les États-Unis. À Washington, on en est conscient. Donald Trump vient d’annoncer qu’il prendra une décision sur l’Iran « au cours des deux prochaines semaines». C’est dire. En lingala on dit « Eh Mbadi !» En image, ce que les médias occidentaux ne veulent pas que vous voyiez… Par Patrick Mbeko

Une offre surabondante de pétrole pourrait atténuer les effets sur les cours d’un conflit plus étendu au Moyen-Orient

Une offre surabondante de pétrole pourrait atténuer les effets sur les cours d’un conflit plus étendu au Moyen-Orient

Selon le dernier rapport Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, les prix mondiaux des produits de base en 2025 devraient tomber à leur plus bas niveau depuis cinq ans, dans un contexte de surabondance de pétrole si importante qu’elle limitera probablement les effets sur les prix d’un conflit plus large au Moyen-Orient. Néanmoins, les prix globaux des matières premières resteront supérieurs de 30 % à ce qu’ils étaient au cours des cinq années précédant la pandémie de COVID-19. L’an prochain, l’offre mondiale de pétrole devrait excéder la demande de 1,2 million de barils par jour en moyenne, un chiffre qui n’a été surpassé que deux fois auparavant, lors des mesures de confinement liées à la pandémie de 2020 et de l’effondrement des cours en 1998. Cette nouvelle surabondance de l’offre reflète en partie un changement majeur en Chine, où la demande de pétrole a pratiquement stagné depuis 2023 en raison d’un ralentissement de la production industrielle et d’une augmentation des ventes de véhicules électriques et de camions fonctionnant au gaz naturel liquéfié. En outre, plusieurs pays qui ne font pas partie de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ou de ses alliés (OPEP+) devraient accroître leur production. L’OPEP+ elle-même maintient d’importantes réserves — 7 millions de barils par jour —, soit près du double du niveau constaté en 2019, à la veille de la pandémie. Entre 2024 et 2026, les cours mondiaux des produits de base devraient chuter de près de 10 %. Les prix des denrées alimentaires devraient reculer de 9 % cette année et de 4 % supplémentaires en 2025 avant de se stabiliser, mais ils resteront supérieurs de près de 25 % à leur niveau moyen sur la période 2015-2019. Pour les prix de l’énergie, les prévisions indiquent un fléchissement de 6 % en 2025 puis d’encore 2 % l’année suivante. Si cette double baisse devrait permettre aux banques centrales de maîtriser plus facilement l’inflation, une escalade des conflits armés risque de compromettre cet effort en perturbant l’approvisionnement en énergie et en faisant grimper ses prix ainsi que ceux des denrées alimentaires. « La chute des cours des matières premières et l’amélioration des conditions d’approvisionnement peuvent constituer un amortisseur contre les chocs géopolitiques, explique Indermit Gill, économiste en chef et vice-président senior du Groupe de la Banque mondiale. Cependant, ces facteurs ne contribueront guère à atténuer les difficultés liées au coût élevé des denrées alimentaires dans les pays en développement, où la hausse de ces prix est deux fois supérieure à celle observée dans les économies avancées. En raison des prix élevés, des conflits, des phénomènes météorologiques extrêmes et d’autres chocs, plus de 725 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire en 2024. » Au cours de l’année écoulée, le conflit au Moyen-Orient a entraîné une forte volatilité des cours du pétrole, en raison notamment de la crainte de dommages aux infrastructures pétrolières et gazières des principaux producteurs si le conflit venait à s’intensifier. En supposant que cela ne se produise pas, le prix moyen annuel du Brent devrait tomber à 73 dollars en 2025, son niveau le plus bas depuis quatre ans, contre 80 dollars le baril cette année. Toutefois, le rapport anticipe aussi ce qui pourrait arriver si le conflit s’intensifiait d’ici la fin de l’année : ainsi, une possible réduction de l’offre mondiale de pétrole de 2 %, soit 2 millions de barils par jour, entraînerait des perturbations d’une ampleur comparable à celles provoquées par la guerre civile en Libye en 2011 et la guerre en Iraq en 2003. Si une situation similaire devait se reproduire, les prix du Brent augmenteraient fortement dans un premier temps, pour atteindre un pic de 92 dollars le baril. En revanche, les producteurs de pétrole qui ne sont pas touchés par le conflit pourraient rapidement réagir à une telle hausse des cours en augmentant leur production. Par conséquent, la flambée des prix pourrait être relativement brève et le cours du pétrole s’établir en moyenne à 84 dollars le baril en 2025. Cela représenterait une hausse de 15 % par rapport à la prévision de base pour 2025, mais de seulement 5 % par rapport à la moyenne de 2024. « La bonne nouvelle, c’est que l’économie mondiale semble être en bien meilleure forme qu’auparavant pour faire face à un choc pétrolier important, déclare Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Cela offre de rares opportunités aux décideurs politiques des économies en développement : premièrement, la baisse des prix des matières premières peut constituer un complément utile à la politique monétaire pour ramener l’inflation vers les objectifs ; deuxièmement, ces responsables disposent là d’une occasion de réduire les subventions coûteuses allouées aux combustibles fossiles. » Le prix moyen de l’or, placement de choix pour les investisseurs en quête d’une « valeur refuge », devrait atteindre un niveau record cette année, avec une hausse de 21 % par rapport à la moyenne de 2023. L’or jouit d’un statut particulier parmi les actifs, son prix augmentant souvent en période d’incertitude géopolitique et politique, y compris en cas de conflit. Durant les deux prochaines années, son cours devrait rester 80 % plus élevé que la moyenne des cinq années précédant la pandémie de COVID-19, et ne diminuer que légèrement. Le prix des métaux industriels devrait rester stable en 2025-2026, car la faiblesse du secteur immobilier chinois est compensée par des conditions d’approvisionnement tendues et une demande croissante de certains métaux liés à la transition énergétique. Néanmoins, des résultats inattendus en ce qui concerne la croissance de la Chine pourraient entraîner une volatilité des marchés des métaux. Un dossier spécial du rapport analyse les raisons pour lesquelles les fluctuations des prix des produits de base ont été à tel point synchronisées pendant et après la pandémie. Il en ressort que ces prix ont évolué en parallèle au cours de la période 2020-2023 du fait des répercussions économiques mondiales de la pandémie et de chocs à grande échelle touchant spécifiquement les matières premières, tels que l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les hausses de prix simultanées ont tendance à entraîner une augmentation de l’inflation mondiale et un ralentissement de la croissance économique, mais depuis un an environ, les fluctuations des prix sont

Le conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer un double choc sur les marchés mondiaux des produits de base

Le conflit au Moyen-Orient pourrait provoquer un double choc sur les marchés mondiaux des produits de base

Bien que l’économie mondiale soit en bien meilleure position que dans les années 1970 pour faire face à un choc pétrolier majeur, une escalade du conflit en cours au Moyen-Orient, qui vient s’ajouter aux bouleversements causés par l’invasion russe de l’Ukraine, risque d’entraîner les marchés mondiaux des matières premières en terrain inconnu, alerte le dernier rapport Commodity Markets Outlook publié par la Banque mondiale. Selon le rapport, qui dresse une première évaluation des conséquences potentielles à court terme du conflit sur les marchés des produits de base, les effets devraient être limités si le conflit ne s’étend pas. Dans le scénario de référence établi par la Banque mondiale, les prix du pétrole devraient atteindre en moyenne 90 dollars le baril au cours du trimestre actuel avant de retomber à 81 dollars en moyenne l’an prochain, en raison du ralentissement de la croissance économique mondiale. Dans l’ensemble, les prix des produits de base devraient baisser de 4,1 % en 2024. Ceux des produits agricoles sont appelés à fléchir l’année prochaine compte tenu de l’augmentation de l’offre, et les cours des métaux de base devraient également reculer de 5 % en 2024. Le rapport anticipe une stabilisation des prix des matières premières en 2025. Les effets du conflit sur les marchés mondiaux des produits de base sont pour l’instant limités : les cours du pétrole ont augmenté de 6 % environ depuis le début du conflit, tandis que les prix des produits agricoles, de la plupart des métaux et des autres matières premières ont à peine bougé. Néanmoins, les perspectives s’assombriraient rapidement si le conflit s’intensifiait. Le rapport décrit ce qui pourrait se produire selon trois scénarios de risque basés sur l’expérience historique depuis les années 1970. Les impacts dépendront du degré de perturbation des approvisionnements en pétrole. Selon un scénario de « perturbation limitée », l’offre mondiale de pétrole serait réduite de 500 000 à 2 millions de barils par jour, ce qui équivaut à peu près à la diminution observée lors de la guerre civile en Libye en 2011. Dans ce cas, le prix du pétrole augmenterait dans un premier temps de 3 à 13 % par rapport à la moyenne de référence pour le trimestre actuel, soit un prix du baril compris entre 93 et 102 dollars. Selon un scénario de « perturbation moyenne », correspondant globalement à la guerre d’Iraq en 2003, l’offre mondiale de pétrole diminuerait de 3 à 5 millions de barils par jour. La hausse initiale du prix du pétrole se situerait alors entre 21 et 35 %, portant le baril à une fourchette comprise entre 109 et 121 dollars. Enfin, selon un scénario de « perturbation majeure » comparable à l’embargo arabe sur le pétrole en 1973, l’offre mondiale de pétrole se réduirait de 6 à 8 millions de barils par jour, provoquant une hausse des prix de 56 à 75 % dans un premier temps, soit un prix compris entre 140 et 157 dollars le baril. « Le conflit en cours au Moyen-Orient survient après le plus grand choc subi par les marchés des matières premières depuis les années 1970, à savoir la guerre entre la Russie et l’Ukraine, souligne Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale et premier vice-président pour l’Économie du développement. Cela a eu des effets perturbateurs sur l’économie mondiale qui persistent encore aujourd’hui. Les décideurs politiques devront donc être vigilants. Si le conflit devait s’aggraver, l’économie mondiale serait soumise à un double choc énergétique pour la première fois depuis des décennies, non seulement à cause de la guerre en Ukraine, mais aussi à cause de la situation au Moyen-Orient. » « La hausse des cours du pétrole, quand elle se maintient, se traduit inévitablement par une augmentation du prix des denrées alimentaires, explique Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives. Un choc pétrolier sévère aggraverait l’inflation des prix alimentaires, qui est déjà élevée dans de nombreux pays en développement. Fin 2022, plus de 700 millions de personnes étaient sous-alimentées, soit près d’un dixième de la population mondiale. Une escalade du conflit intensifierait l’insécurité alimentaire, non seulement dans la région, mais aussi dans le monde entier. » Le fait que le conflit n’ait eu jusqu’à présent qu’un impact modeste sur les prix des produits de base pourrait refléter une plus grande capacité de l’économie mondiale à absorber les chocs pétroliers. Selon le rapport, depuis la crise énergétique des années 1970, les pays du monde entier ont renforcé leurs défenses contre de tels chocs. Ils ont réduit leur dépendance à l’égard du pétrole et la quantité de pétrole nécessaire pour générer un dollar de PIB a ainsi diminué de plus de moitié depuis 1970. Ils ont diversifié leurs fournisseurs pétroliers et élargi leurs ressources énergétiques, y compris grâce aux sources renouvelables. Certains pays ont constitué des réserves stratégiques de pétrole, mis en place des dispositifs de coordination de l’offre et créé des marchés à terme pour atténuer l’impact des pénuries de pétrole sur les prix. Toutes ces améliorations suggèrent qu’une escalade du conflit pourrait avoir des effets plus modérés que par le passé. Le rapport souligne aussi que les responsables politiques doivent néanmoins rester sur leurs gardes. Certaines matières premières envoient en effet des signaux d’alerte : l’or, en particulier, a vu ses prix augmenter d’environ 8 % depuis le début du conflit. Le cours de l’or entretient une relation singulière avec les préoccupations géopolitiques : il augmente en période de conflit et d’incertitude, ce qui est souvent le signe d’une érosion de la confiance des investisseurs. Si le conflit s’intensifie, les responsables des pays en développement devront prendre des mesures pour gérer une hausse potentielle de l’inflation globale. Compte tenu du risque d’aggravation de l’insécurité alimentaire, les gouvernements devraient éviter les restrictions commerciales telles que les interdictions d’exportation de denrées et d’engrais. De telles mesures intensifient souvent la volatilité des prix et renforcent l’insécurité alimentaire. Les États devraient également s’abstenir d’instaurer des contrôles des prix et des subventions en réponse à la hausse des prix de l’alimentation et du pétrole. Il est en effet préférable d’améliorer les filets de protection sociale, de diversifier les sources de nourriture et d’accroître l’efficacité de la production et du commerce des denrées alimentaires.

Affrontements meurtriers entre Palestiniens et Israéliens, vu d’Afrique : Le continent gardera-t-il son unité face au conflit ?

Le volcan israélo-palestinien est, à nouveau, entré en éruption avec l’attaque surprise opérée par le Hamas, le samedi 7 octobre dernier, sur le territoire israélien. La riposte de Tsahal ne s’est pas fait attendre et des deux côtés, l’on dénombre de nombreux morts. Jusqu’où iront les affrontements ? Il est pour l’instant difficile de répondre à la question avec l’entrée en jeu, dimanche matin, du Hezbollah qui a ouvert les hostilités avec des salves de roquettes et d’obus de mortier sur les positions fortifiées israéliennes sur le Mont Hermon et dans les fermes de Chebaa. Alors que les incertitudes sont légion sur l’évolution du conflit, les réactions au plan international se multiplient. En Afrique, en particulier, les réactions sont divergentes et l’on se demande si ce continent qui est traditionnellement une base de soutien à la lutte du peuple palestinien, réussira à garder son unité face au conflit. Rien n’est moins sûr… Lire la suite sur Le Pays

Le conflit au Soudan alourdit le fardeau des pays d’Afrique centrale, selon le représentant spécial de l’ONU

Le conflit au Soudan alourdit le fardeau des pays d’Afrique centrale, selon le représentant spécial de l’ONU

Les combats au Soudan ont eu des conséquences humanitaires dévastatrices au Tchad et en République centrafricaine (RCA), a déclaré lundi le principal envoyé des Nations Unies pour l’Afrique centrale. Le Tchad et la RCA ont respectivement accueilli 100.000 et 10.000 réfugiés soudanais, a rappelé Abdou Abarry, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et chef du bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale. « Je voudrais saluer la générosité et la solidarité extraordinaires dont les deux pays ont fait preuve ». Il a signalé que le Tchad avait besoin d’environ 130 millions de dollars pour accueillir les 100.000 réfugiés soudanais au cours des six prochains mois. Une résolution rapide et pacifique du conflit au Soudan est nécessaire afin d’éviter des conséquences désastreuses pour ce pays et tous les autres du bassin du lac Tchad, a recommandé M. Abarry au Conseil de sécurité. Les opérations militaires conjointes récemment menées par le Tchad et la RCA à leur frontière commune témoignent de leur volonté de renforcer la coopération bilatérale et de relever les défis en matière de sécurité. M. Abarry a encouragé les deux pays à tirer le meilleur parti des mécanismes de coopération bilatérale, car la situation dans le bassin du lac Tchad et au Sahel a montré qu’une réponse purement militaire serait insuffisante pour s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité. Des mesures politiques et socio-économiques sont également nécessaires. En leur absence, les groupes armés continueront à instrumentaliser les conflits intercommunautaires. La situation sécuritaire dans la sous-région d’Afrique centrale a été caractérisée par une augmentation des incidents de piraterie maritime dans le golfe de Guinée. Cela souligne la nécessité de renforcer la coopération interrégionale, a relevé M. Abarry. La sous-région d’Afrique centrale est également durement touchée par la crise en Ukraine, qui a entraîné une hausse des prix des denrées alimentaires ainsi que des carburants, et parfois des pénuries. Bien que la plupart des pays aient pris des mesures pour atténuer les effets sur les consommateurs, il faut être conscient qu’une nouvelle détérioration de la situation socio-économique pourrait compromettre la stabilité de la région. M. Abarry a estimé que les mois à venir constitueraient un tournant pour l’Afrique centrale, où des processus politiques et électoraux cruciaux devraient avoir lieu d’ici la fin de l’année.

RD Congo. Dr. Denis Mukwege: Nous devons empêcher que les corps ne soient utilisés comme des champs de bataille

RD Congo. Dr. Denis Mukwege: Nous devons empêcher que les corps ne soient utilisés comme des champs de bataille

Nous publions ci-dessous l’intégralité de la Déclaration du Dr. Denis Mukwege, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences sexuelles en temps de conflit – 19 Juin 2020: « A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences sexuelles en temps de conflit, nous souhaitons rappeler avant tout la gravité des actes de violences sexuelles commis comme stratégie de guerre, de domination et de terreur. Ces actes entraînent des conséquences graves et durables pour les victimes et les communautés affectées, mais aussi pour l’ensemble de la société, car ils provoquent la désintégration du tissu social et minent toute perspective de développement et de paix durables. Il s’agit d’une véritable tragédie humaine, d’une crise de notre humanité qui nous concernent tous ! Nous devons donc combattre et éliminer ces violences par tous les moyens, et empêcher que les corps ne soient utilisés comme des champs de bataille. Aujourd’hui, nos pensées vont à toutes les survivant.e.s de violences sexuelles. A toutes ces femmes et ces hommes qui brisent le silence que les bourreaux cherchent bien souvent à leur imposer, et dont la parole se libère avec courage et détermination pour réclamer la justice, la vérité et des réparations, à l’instar de celle des membres de SEMA, le réseau mondial de survivant.e.s. Des progrès récents doivent être actés en ce jour. Le dernier sommet du G7 a mis les inégalités femmes-hommes à son ordre du jour sous l’égide de la présidence française et s’est engagé dans la lutte contre les violences sexuelles commises en temps de paix, mais aussi en période de conflit. Cet engagement des puissances économiques est le signe d’une reconnaissance que l’on ne pourra construire un monde prospère sans respecter les droits des femmes et bénéficier de leur pleine inclusion et de leur plus-value. La résolution 2467 du Conseil de Sécurité adoptée en avril 2019 a reconnu la nécessité d’une approche axée sur les survivant.e.s pour traiter et prévenir la violence sexuelle dans les situations de conflit, a mis l’accent sur le besoin de reconnaissance et de prise en charge des enfants nés du viol et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de sanctions contre les auteurs et les instigateurs de la violence. L’établissement du Fonds Mondial pour les Survivant.e.s, un mécanisme novateur, centré sur les survivant.e.s et leurs besoins, qui vise à combler les lacunes de la justice domestique et internationale par la mise en place d’une justice réparatrice, représente également une avancée significative. Ces avancées ne doivent pas éclipser le fait que la tragédie des violences sexuelles continue de s’imposer dans tous les contextes d’instabilité. Nous pensons bien évidemment aux zones de guerre, mais aussi aux autres crises, naturelles ou sanitaires, comme le montre la crise du Covid-19, où les femmes sont non seulement bien souvent exposées en première ligne, mais font aussi l’objet d’une recrudescence de violences et d’abus. Le viol et les violences sexuelles sont en effet de plus en plus répandus dans tous les conflits modernes et, malgré la reconnaissance des actes de violences sexuelles comme éléments constitutifs des crimes les plus graves, force est de constater que l’impunité reste la norme et des mesures de justice, l’exception. Non seulement ces actes barbares restent bien souvent impunis, mais ils demeurent aussi largement non documentés. C’est dans ce contexte que nous saluons l’adoption en ce jour du Code Murad, qui visera à promouvoir une documentation plus éthique. Gageons que ce code de conduite guidera les enquêteurs, les chercheurs et les journalistes vers une collecte d’informations plus efficace de ces crimes et plus respectueuse de la dignité et des droits des survivant.e.s. Nous profitons de cette journée internationale pour l’élimination des violences sexuelles en temps de conflit pour réaffirmer le droit des survivant.e.s à des soins holistiques de qualité pour traiter leurs souffrances physiques et psychologiques et faciliter leur réinsertion socio-économique et un accès gratuit à la justice. Nous sommes d’avis que les survivant.e.s ont droit non seulement à des soins holistiques, mais aussi à une justice holistique : des poursuites en justice pour les auteurs et les instigateurs, des réparations pour les victimes et les communautés affectées, des mécanismes de recherche de la vérité et des garanties que ces crimes ne se répéteront pas pour les survivant.e.s et l’ensemble de la société. Ce n’est qu’en ayant recours à tous ces outils de la justice transitionnelle que l’on parviendra à mettre fin à l’impunité. A la veille du 20e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, il est temps que les survivant.e.s aient une place à la table des négociations de paix où sont discutées les initiatives de justice transitionnelle, pour que leurs voix soient entendues et que ces processus de justice dans les sociétés sortant de la guerre ou de la dictature répondent enfin aux besoins et aux aspirations des victimes. Enfin, nous appelons les hommes et les garçons à se battre auprès des femmes et des jeunes filles pour construire une nouvelle génération où l’égalité femme-homme, le respect mutuel et une complémentarité harmonieuse entre les sexes permettront de mettre une fois pour toute fin aux violences sexuelles et basées sur le genre, en période de conflit comme en temps de paix. Fait à Bukavu le 19/06/2020″

Réaction algérienne à l’ouverture du Consulat Général ivoirien à Laâyoune : Alger montre clairement qu’elle est bien partie prenante au conflit artificiel du Sahara marocain.

Réaction algérienne à l’ouverture du Consulat Général ivoirien à Laâyoune : Alger montre clairement qu’elle est bien partie prenante au conflit artificiel du Sahara marocain.

TRIBUNE. Le Ministère algérien des Affaires Etrangères ne s’est pas fait prier pour rappeler, le 20 février 2020, son Ambassadeur en poste à Abidjan et ce, en réaction morbide à l’ouverture, le 18 février 2020, par la Côte d’Ivoire d’une représentation consulaire à Laâyoune, chef-lieu du Sahara marocain. Ce nouvel acte d’escalade anti-marocain orchestrée par les responsables algériens a reçu une réponse idoine aux allégations mensongères diffusées par Alger et celles de la presse de caniveau à sa solde par le Ministre ivoirien de l’Intégration Africaine, Monsieur Ally Coulibaly. En effet, Monsieur Coulibaly a indiqué que l’ouverture d’un Consulat de Côte d’Ivoire à Laâyoune est conforme aux intérêts et valeurs de son pays et que celui-ci a pris une décision qu’il assume pleinement car elle fait partie de sa souveraineté et qu’elle est conforme à ses intérêts et à ses valeurs tout en réfutant toute forme de leçon de morale venant de qui que ce soit. « En Politique Etrangère, comme dans d’autres domaines, nous veillons à ne pas donner de leçons morales, et nous ne voulons pas non plus qu’on nous dise ce que nous devons faire ou ne devions pas faire », a-t-il affirmé. La décision prise par le Gouvernement ivoirien d’ouvrir un Consulat Général s’inscrit en droite ligne dans le sens de l’Histoire et dans la continuité de position constante de la Côte d’Ivoire sur la marocanité du Sahara a souligné Monsieur Colibaly. Le rappel de l’Ambassadeur algérien en Côte d’Ivoire « pour consultations » trahit surtout les allégations des responsables algériens, mainte fois répétées, revendiquant seulement le titre de « pays observateur » dans le conflit au Sahara marocain. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle colère de son voisin de l’Est fait l’affaire du Maroc en lui apportant en effet de nouveaux arguments pour pointer le rôle majeur d’Alger sur le dossier du Sahara marocain sur la scène internationale à savoir la responsabilité de l’Algérie sur ce dossier en finançant, abritant, armant et soutenant diplomatiquement le polisario. De quel droit et du haut de quelle logique Alger, qui se gargarise à tout bout de champ du prétendu respect de la souveraineté des États et du principe supposé de non-ingérence, s’autorise-t-elle à fourrer son « NIF » (nez) dans une décision ivoirienne souveraine, qui plus est découlant de son intime conviction de la marocanité du Sahara ? Tout simplement, les autorités algériennes sont de plus en plus désarçonnées par le rush diplomatique africain vers les provinces sahariennes marocaines, entamé à la mi-décembre 2019 par le gouvernement des Iles Comores et qui s’est poursuivi avec la Gambie, le Gabon, la Centrafrique, Sao Tomé-et-Principe et, prochainement, avec le Burkina Faso. Avec cette démarche cavalière, il apparaît à l’évidence qu’Alger est l’unique partie prenante au conflit inventé de toutes pièces autour du Sahara marocain. C’est en effet la seule capitale au monde à protester contre l’ouverture de représentations consulaires dans les provinces sahariennes marocaines, Laâyoune et Dakhla.  Ni l’ONU, ni le Conseil de Sécurité, ni aucune organisation régionale ou continentale, en Europe ou en Afrique, en Asie ou en Amérique Latine, n’ont trouvé à redire sur cette nouvelle dynamique diplomatique au Sahara marocain.  Le régime algérien a pourtant mieux à faire que de perdre son temps à aller dans le sens contraire de l’histoire et de l’avenir. Désavoué par son propre peuple, dont les manifestations anti-régime bouclent ce vendredi, 21 février 2020, leur première année, ce régime en rupture de ban tente de faire diversion en réinventant le disque pourtant usé de l’ennemi Maroc. Au final, la stratégie d’ouverture de représentations diplomatiques au Sahara marocain a révélé au grand jour le rôle majeur de l’Algérie dans ce dossier. Quelle belle réponse cinglante du berger ivoirien à la bergère algérienne au point d’en faire tomber la jupette du Président algérien T.bone ! Farid Mnebhi.

Lutte contre la faim au Grand Kasaï : la FAO et le PAM unissent leurs efforts pour atténuer les effets du conflit

Lutte contre la faim au Grand Kasaï : la FAO et le PAM unissent leurs efforts pour atténuer les effets du conflit

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) intensifient la lutte contre la faim dans le Grand Kasaï, afin d’atténuer certains des effets du conflit dans cette province de la République démocratique du Congo. « Les deux agences des Nations Unies peuvent compter sur un financement de 10 millions de dollars du gouvernement belge pour améliorer l’accès à la nourriture de plus de 100 000 personnes », a annoncé les deux agences onusiennes dans un communiqué. Cette initiative conjointe, qui s’effectuera en partenariat avec le Ministère de l’agriculture de la RDC et des ONG locales, bénéficiera aussi à quelque 18 000 ménages dont des déplacés, des rapatriés ou des familles d’accueil. Grâce à cette importante contribution, le Représentant de la FAO par intérim, Alexis Bonte, a affirmé que «nous sommes en mesure de redoubler d’efforts et de travailler ensemble en étroite collaboration pour empêcher les populations, et notamment les enfants, de mourir de faim et de malnutrition». Pour sa part, le Représentant du PAM en RDC, Claude Jibidar a déclaré que «ces interventions protégeront non seulement les personnes vulnérables, mais aideront aussi à relancer la production agricole et renforceront la cohésion sociale dans les communautés touchées par la crise». Dans un communiqué, il est expliqué que le PAM distribuera de la farine de maïs enrichie, des légumineuses, de l’huile végétale enrichie et du sel iodé, ainsi que de l’argent. Les enfants âgés de 6 à 59 mois, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes, seront pris en charge pendant trois mois avec des suppléments nutritifs spéciaux. Alors que la FAO fournira des kits pour cultiver des légumes (houe, râteau, pelle, arrosoir, semences de légumes et de fruits) qui permettront à chaque famille de manger à sa faim pendant deux mois et de vendre le surplus. Selon la même source, « le projet prévoit des formations en élevage de cochons d’Inde comme source de protéines et en traitement et commercialisation du bambou comme bois de chauffage, ustensiles de cuisine, paniers, canoës, matériel de pêche et clôtures ». En outre, les jardins potagers à proximité des centres de santé et des associations de femmes fourniront, quant à eux, des micronutriments, tels que le fer et le zinc, aux enfants souffrant de malnutrition et aux femmes enceintes et allaitantes, a-t-on précisé. Pour rappel, le conflit au Kasaï a forcé un million de personnes à quitter leurs foyers et à abandonner leurs terres. Près de 3,2 millions de personnes souffrent actuellement de faim aiguë et la malnutrition infantile est largement répandue.