Combat de Glodie Valence KITENDA MBUMBA KENGA pour une révolution des Ndona en RDC

La République Démocratique du Congo traverse une longue crise depuis son accession à l’indépendance le 30 juin 1960. Cette crise est devenue aujourd’hui le plus grand holocauste de l’histoire avec un bilan très grave : plus de 12.000.000 de morts, plus de 8.000.000 de Congolaises et Congolais déplacés de force et vivant comme des réfugiés abandonnés sur le sol de nos ancêtres, et plus de 1.000.000 de femmes et enfants violées et traumatisées à jamais. Une partie du territoire national à l’Est est occupée par le mouvement armé du M23. Compte tenu de l’extrême gravité de la crise congolaise, la femme congolaise est obligée de se lever pour relever le défi, comme l’avait fait au 18ème siècle la Prophétesse KIMPA VITA considérée comme la mère de la révolution africaine, symbole du combat contre la domination étrangère. Le 1er avril 2024, les Compagnons de Valence KITENDA KENGA (COVAKK) ont suivi avec une attention particulière la nomination de Madame Judith SUMINWA TULUKA en qualité de Première Ministre par le Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO. C’est la première fois qu’une femme occupe ses fonctions depuis l’accession de notre pays à l’indépendance. Les membres de COVAKK réitèrent leurs vives et sincères félicitations à Madame la Première Ministre et lui souhaitent pleins succès dans ses nouvelles fonctions. Ils remercient aussi le Président de la République pour avoir fait confiance à une femme en la nommant à ce poste d’une grande importance. Les femmes congolaises sont généralement promues par la volonté des hommes et non par une action de mobilisation particulière des femmes elles-mêmes. Il est désormais temps que la femme congolaise prenne ses responsabilités pour être au cœur d’une vraie révolution qui permettra à notre pays, la République Démocratique du Congo, de sortir de sa longue crise. Une révolution qui devra être menée par des Ndona ou des femmes vertueuses et d’exception. Il est important de souligner que « ndona » en langue kikongo exprime une certaine noblesse et tire son origine de Dona en portugais(Don au masculin, Dona au féminin, est un titre d’honneur précédant le prénom des nobles d’Espagne et du Portugal). Les emprunts de mots portugais commencent avec l’arrivée des expéditions portugaises au 15ème siècle au Kongo. C’est ainsi que KIMPA VITA avait le nom chrétien de Dona Béatrice. Ainsi « ndona » en Kikongo renvoie à une femme vertueuse et d’exception, une reine, une princesse, une femme maîtresse de sa maison, leader de son peuple. Dans notre société ancienne, la femme jouait un rôle important, même sur le plan mystique. Elle pouvait se lever et guider les hommes. La prophétesse KIMPA VITA s’est levée au 18ème siècle et a libéré la fierté de l’identité noire et porté une foi émancipatrice sur un continent en proie à l’oppression. Elle a conduit les hommes dans une véritable révolution. A partir du 15ème siècle, les grands royaumes puissants d’Afrique sont envahis par les Etats occidentaux. Les Africains reçoivent les pays occidentaux dans la fraternité, mais celle-ci va engendrer l’esclavage, de graves violences et des déportations des noirs dans d’autres terres. En 1704 une jeune femme va se lever de manière particulière pour lutter contre ces maux. Elle va utiliser, âgée à peine de 20 ans, la même arme qu’utilise ses ennemis, à savoir la religion. Elle sera brûlée vive, à l’âge de 24 ans, sur un bûcher le 02 juillet 1706 à Divulu, un village du Royaume Kongo. Des Européens la surnomment même « la Jeanne d’Arc du Kongo », face à ce destin aussi mystique que funeste. Elle inspira plusieurs mouvements nationalistes dans le pays et au delà des frontières du Kongo. Le combat pour l’égalité des hommes et des femmes vient de loin et a encore un long chemin devant lui face aux défis sociaux, culturels et religieux dans différents pays. La femme a été handicapée d’abord par le problème d’accès à l’éducation à l’époque coloniale et à notre accession à l’indépendance. Il s’est posé le problème d’égalité des chances d’accès à l’enseignement pour les garçons et les filles. Certaines filières n’étaient réservées qu’au garçon. Le mouvement de l’émancipation des femmes a commencé à se faire entendre petit à petit après notre indépendance. Les autorités politiques comprenaient déjà qu’éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation. Les garçons et les filles vont à l’école dans une société où il y a encore des préjugés sociaux. Les postes les plus importants sont confiés souvent aux hommes. L’histoire révèle que les femmes sont élevées d’abord par la volonté des hommes. Mais la femme congolaise est prête à assumer toutes les grandes fonctions en République Démocratique du Congo (RDC), y compris celle de Présidente de la République. Notre pays a des Ndona, des femmes vertueuses et d’exception. Le combat pour l’émancipation de la femme congolaise est lancé de manière particulière à l’époque de Mobutu avec la nomination de la première femme Ministre (Commissaire d’Etat), en la personne de Sophie Lihau Kanza (Zala Lusibu Kanza), femme de Marcel Lihau. Sociologue, elle est nommée Ministre des Affaires Sociales du 31 octobre 1966 au 06 décembre 1970. Elle est la première femme congolaise à intégrer une école secondaire. Elle est aussi la première femme congolaise Professeure d’université aux USA, en Suisse et au Congo. Elle est la première africaine a occupé de hautes fonctions dans les agences des Nations Unies. Elle a été Sous-Directrice Générale du Secteur des sciences sociales et humaines de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education et la Science et la Culture (UNESCO). Nous pouvons citer aussi d’autres femmes qui ont fait la fierté de la femme congolaise aux postes de Ministres à l’époque de Mobutu, comme Véronique Lessedjina Kiaba Lema, Adrienne Ekila Lionda, Florentine Angèle Soki Fuani Eyenga, Pauline Maata Nkumu, Joséphine Charlotte Mayuma Kala. La première femme Gouverneure de province est Cathérine Nzuzi wa Mbombo à l’époque de Mobutu. A l’époque du Président Laurent-Désiré Kabila, nous pouvons citer, à titre d’exemple, Madame Justine M’Poyo Kasa-Vubu qui fut en 1997 Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi et de la Prévoyance Sociale