Maroc. Près d’un tiers des chômeurs sont des jeunes

L’emploi des jeunes au Maroc est à nouveau d’actualité au Haut-commissariat au plan (HCP). L’organisme public vient de dévoiler des chiffres plus éloquents les uns que les autres qui illustrent la situation difficile que traverse cette tranche de la société sur le marché du travail. Trois tendances s’en dégagent. Le chômage. Selon les statistiques du Haut-commissariat, près de 3 chômeurs sur 10 (29,7%) sont des jeunes. Dans une note d’information, l’institution publique précise que près de 3 jeunes chômeurs sur 4 (75,8%) résident en milieu urbain ; 67,3% sont des hommes et 90,1% sont diplômés. Selon la note, publiée à l’occasion la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août chaque année, « le taux de chômage a atteint, au niveau national, 31,8% pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 13,7% pour les personnes âgées de 25 à 44 ans et 3,8% pour les personnes âgées de 45 ans ou plus ». Il ressort des mêmes données que le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans titulaires d’un diplôme de niveau supérieur s’élève à 61,2%, souligne la même source précisant qu’il est de 30,4% pour les jeunes détenteurs d’un diplôme de niveau moyen et de 12,9% pour ceux n’ayant aucun diplôme. Dans sa note d’information, publiée près de 10 jours après une précédente publication sur « la situation du marché du travail au deuxième trimestre de l’année 2022 », le HCP note que le taux de chômage des jeunes est plus prépondérant en milieu urbain et parmi les jeunes femmes. D’après l’organisme public, « il culmine à 46,7% en milieu urbain contre 15,9% en milieu rural. Le taux de chômage des jeunes femmes est supérieur de 13 points à celui des hommes (41,9% contre 28,4%) ». Ce n’est un secret pour personne que la hausse du taux de chômage est plus accentuée parmi les jeunes. Et comme le rappelle fort bien le Haut-commissariat, entre 2019 et 2021, ce taux a augmenté de 6,9 points contre 3,1 points pour l’ensemble de la population active. Autre précision, et non des moindres : le chômage des jeunes est un chômage de longue durée et de première insertion, rappelle également le Haut-commissariat relevant que 70,4% des jeunes chômeurs sont en chômage depuis un an ou plus, et près de trois quarts n’ont jamais travaillé (73,4%). Sans emploi et non scolarisés. Les données du Haut-commissariat montrent en outre que plus d’un jeune sur quatre âgés de 15 à 24 ans (26% ou 1,5 million) au niveau national ne travaille pas, n’est pas à l’école et ne suit aucune formation. La situation est préoccupante à bien des égards puisque « près de 73,4% d’entre eux sont des jeunes femmes dont 41,3% sont mariées et 65,7% ont un diplôme » et qu’en milieu rural, environ 81,7% de cette catégorie sont des jeunes femmes, souligne l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Autre enseignement émanant de la même note : parmi la population en âge de scolarisation dans l’enseignement secondaire qualifiant (de 15 à 17 ans), 12,6% (270.000 personnes) ne travaillent pas, ne sont pas à l’école et ne suivent aucune formation. Selon le Haut-commissariat, cette proportion est de 19,5% parmi les filles (198.000 personnes) et de 6,5% parmi les hommes (72.000 personnes). Et l’organisme d’ajouter : «Parmi les jeunes âgés de 18 à 24 ans, cette proportion atteint 33,5% (1.259.000 personnes), 49,1% parmi les filles (925.000 personnes) et 17,8% parmi les hommes (335.000 personnes) ». La qualité de l’emploi. Quand bien même certains d’entre eux auront eu un travail, l’analyse des données recueillies revèle que plus de 4 jeunes actifs occupés sur 10 (41,9%) exercent un emploi non rémunéré, les ruraux avec 58,8% plus que les citadins (16,9%) et les femmes avec 49,9% plus que les hommes (39,7%). Et quand ce n’est pas le cas, « 14% des jeunes actifs occupés exercent un emploi de type occasionnel ou saisonnier, 16,7% parmi les hommes et 5% parmi les femmes ». Rien de rassurant. Et ce n’est pas tout. Selon le HCP, « un peu plus de 7 jeunes salariés sur 10 (73,2%) ne disposent d’aucun contrat formalisant leur relation avec l’employeur, 13,2% disposent d’un contrat à durée déterminée, 6,5% d’un contrat à durée indéterminée et 7,1% d’une entente verbale ». Précisons que la part des jeunes salariés ne disposant d’aucun contrat s’élève à 79,3% parmi les hommes contre 48,3% parmi les femmes, comme le relève la note d’information. Alain Bouithy Près de 5 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans sont en dehors du marché du travail Parmi les 5,9 millions de jeunesâgés de 15 à 24 ans, 16,3% exercent un emploi (962.000), 7,6% sont à la recherche d’un emploi (448.000) alors que 76,1% sont en dehors du marché du travail (4.478.000), note le HCP. Les trois quarts des jeunes en dehors du marché du travail (75,5%) sont des élèves ou étudiants et 21,1% sont des femmes au foyer, précise-t-il. Autre observation : les jeunes se caractérisent par une faible participation à la vie active avec un taux d’activité de 23,9% en comparaison avec l’ensemble de la population où ce taux atteint 45,3%. Ce taux d’activité des jeunes s’établit à 28,9% à la campagne contre 20,6% dans les villes. Il est trois fois plus élevé parmi les jeunes hommes (35,4%) que parmi les jeunes femmes (12,1%). Enfin, au cours des cinq dernières années, la baisse du taux d’activité est plus accentuée parmi les jeunes. Leur taux a baissé de 4,3 points, contre 1,4 point pour l’ensemble de la population en âge d’activité (15 ans et plus).
Maroc. Près d’un quart des chômeurs vivent dans la région de Casablanca-Settat

Si la situation du marché du travail demeure préoccupante au niveau national, elle l’est encore davantage pour cinq régions qui concentrent, à elles seules, 70,3% des chômeurs recensés au deuxième trimestre de 2020. Selon les chiffres publiés récemment par le Haut-commissariat au plan (HCP), la région de Casablanca-Settat vient en première position avec 22,9% de chômeurs. Elle est suivie de Rabat-Salé-Kénitra (14,1%), de l’Oriental (13,1%), de Fès-Meknès (12,1%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,1%). Dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2020, et dont nous avons relevé les principaux enseignements dans une de nos éditions précédentes, le Haut-commissariat a en outre noté que « les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (25,2%) et de l’Oriental (24,6%) ». L’après cette note, rendue publique récemment, le taux de chômage national s’est accru de 4,2 points entre les deuxièmes trimestres de 2019 et 2020, passant de 8,1% à 12,3%. Il a enregistré une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 3% à 7,2% et de 11,7% à 15,6%, a fait savoir le HCP de même source. Poursuivant son analyse de la situation régionale du marché du travail, le Haut-commissariat a relevé qu’«avec moins d’acuité, quatre autres régions dépassent la moyenne nationale (12,3%), à savoir Souss-Massa (12,9%), Fès-Meknès (12,9%), Rabat-Salé-Kénitra (12,7%) et Casablanca-Settat (12,7%)». A en croire l’institution publique, chargée de la production statistique, de planification, de prospective, d’analyse et de prévision économique, les régions de Drâa-Tafilalet, de Marrakech-Safi et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont, en revanche enregistré les taux les plus bas avec respectivement 6,9%, 7,2% et 8,7%. A noter qu’entre le deuxième trimestre de 2019 et la même période de 2020, les données recueillies par le Haut-commissariat ont, par ailleurs, montré que «cinq régions abritent 72,6% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus». Ainsi, selon les analystes de l’institution publique, «la région de Casablanca-Settat vient en première position avec 22,3% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,7%), de Marrakech-Safi (13,6%), de Fès-Meknès (11,6%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,4%)». Il ressort également des mêmes chiffres que «trois régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (44,8%) ; Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 48,3%, Casablanca-Settat (47,5%) et Marrakech-Safi (47,2%)», a indiqué le HCP faisant remarquer, en revanche, que les taux les plus bas ont été enregistrés dans les régions de Drâa-Tafilalet avec 38,2%, de Souss-Massa (41,7%) et de l’Oriental (42,1%). Pour rappel, l’économie marocaine a perdu 589.000 postes d’emploi, résultant d’une perte de 520.000 postes en milieu rural et de 69.000 en milieu urbain, contre une création annuelle moyenne de 64.000 postes au cours des trois années précédentes. Ainsi que l’a relevé le Haut-commissariat dans sa dernière note, « cette perte a touché tous les secteurs d’activité, 477.000 postes dans l’ »agriculture, forêt et pêche », 30.000 dans les « services », 69.000 dans l’ »industrie y compris l’artisanat » et 9.000 dans « le BTP ». A propos de l’évolution du taux de chômage observée au niveau national, le HCP a fait remarquer qu’il a connu une forte hausse aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, passant respectivement de 3% à 7,2% et de 11,7% à 15,6%. En outre, «il a également enregistré une forte hausse parmi les hommes, de 7,2% à 11,3% et les femmes, de 11,1% à 15,6%. Il a aussi connu une forte hausse de 11,2 points parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 22,2% à 33,4%», selon les chiffres recueillis. Pour bien comprendre toutes ces évolutions et bien d’autres observées à bien de niveaux, il est important de rappeler que la période étudiée a été marquée par la propagation de la pandémie du Covid-19, l’état d’urgence et le plein confinement. Alain Bouithy
La région de Casablanca-Settat abrite un quart des chômeurs

L’année 2019 n’a pas changé grand-chose à la situation du marché de l’emploi au Maroc. A bien y regarder, elle n’a représenté qu’une maigre lueur d’espoir pour de nombreux jeunes, femmes et diplômés qui broient toujours du noir. Malgré la baisse du taux de chômage de 9,5% à 9,2% au niveau national, de 13,8% à 12,9% en milieu urbain et de 3,6% à 3,7% en milieu rural, la situation reste préoccupante au terme de l’année écoulée. Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), entre 2018 et 2019, le nombre total de chômeurs a baissé de 30.000 personnes au niveau national (-2,6%), passant de 1.137.000 à 1.107.000 personnes. Ce recul s’explique par la baisse de 33.000 personnes en milieu urbain et d’une hausse de 3.000 personnes en milieu rural. En dépit de cette légère baisse, «les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (24,9% contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus), les détenteurs d’un diplôme (15,7% contre 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) et les femmes (13,5% contre 7,8% parmi les hommes)», a relevé le HCP. Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2019, le Haut-commissariat a noté que le taux de chômage des détenteurs d’un diplôme de formation professionnelle a été de 22%, soulignant qu’«il est nettement plus élevé parmi les femmes (33,1%) et les jeunes âgés de 15 à 29 ans (35,4%)». Selon la même source, près de 6 chômeurs sur 10 (57,2%) sont à la recherche de leur premier emploi (50,9% parmi les hommes et 69% parmi les femmes). Alors que plus de 2 chômeurs sur 3 (68,2%) sont à la recherche d’un emploi depuis une année ou plus (63,8% parmi les hommes et 76,3% parmi les femmes). On apprend, en outre, que « 36,2% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur ». Selon les données statistiques recueillies, à fin 2019, cinq régions concentraient près des trois quarts des chômeurs (71,6%) au niveau national : Casablanca-Settat (25%), Rabat-Salé-Kénitra (15,8%), Fès-Meknès (11%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,9%) et l’Oriental (9,9%). Soulignons qu’au terme de cette même année, les taux de chômage les plus élevés ont été observés dans les régions du Sud (16,3%) et de l’Oriental (13,8%) et qu’« avec une acuité moindre, trois autres régions dépassent la moyenne nationale (9,2%) à savoir Rabat-Salé-Kénitra (10,7%), Souss-Massa (10,3%) et Casablanca-Settat (10%)», a indiqué le HCP. Et de préciser, en revanche, que les régions de Béni Mellal-Khénifra et de Drâa-Tafilalet enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 5,4% et 5,6%. Notons également que la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 385.000 personnes au niveau national, avec un taux de 3,5%. A en croire le HCP, «la population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est de 616.000 personnes (5,7%). Au total, 1.001.000 personnes souffrent de sous-emploi aux normes du BIT », a-t-il relevé précisant que le taux global de sous-emploi est ainsi passé de 9,3% à 9,2%, au niveau national, de 8,4% à 8,3% en milieu urbain et de 10,6% à 10,4% en milieu rural. Plus généralement, l’économie marocaine a créé 165.000 postes d’emploi (+1,5%) en 2019, résultant d’une création de 250.000 postes en milieu urbain et une perte de 85.000 en milieu rural, contre une création de 111.000 une année auparavant. Selon le Haut-commissariat, le secteur des « services » a créé 267.000 emplois contre 142.000 emplois enregistrés une année auparavant (5,7%) ; celui des « BTP » 24.000 postes contre une perte de 30.000 emplois entre 2017 et 2018 (2,1%) et l’ »industrie y compris l’artisanat » 17.000 postes d’emploi contre une création de 44.000 une année auparavant (1,3%). Quant au secteur de l’ »agriculture, forêt et pêche », il «a, en revanche, perdu 146.000 emplois au niveau national, correspondant à une baisse de 3,9%, résultat d’une perte de 160.000 emplois en milieu rural et d’une création de 14.000 en milieu urbain, contre une perte de 46.000 emplois entre 2017 et 2018», a souligné le Haut-commissariat. Au niveau régional, il ressort des principaux indicateurs du marché du travail que cinq régions ont abrité 71,9% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus au cours de l’année dernière. Selon les données statistiques, il s’agit des régions de Casablanca-Settat qui vient en première position avec 22,9% d’actifs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,6%), Marrakech-Safi (13,4%), Fès-Meknès (11,5%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,6%). De la situation régionale du marché du travail, il ressort que «trois régions enregistrent des taux d’activité supérieurs à la moyenne nationale (45,8%). Il s’agit de Casablanca-Settat (50%), Marrakech-Safi (47,4%) et régions du Sud (46%)», a fait savoir le HCP, précisant, en revanche, que les taux les plus bas ont été enregistrés dans les régions de Drâa-Tafilalet (41,6%) et de Souss-Massa (42,9%). Alain Bouithy