Economie: Calixte Ganongo affirme que «le pays n’est pas en cessation de paiement»

Le ministre congolais des finances, du budget et du portefeuille public, M. Calixte Nganongo, a affirmé le 13 mai 2017 à Brazzaville que le Congo n’est pas en cessation de paiement, même s’il y a une morosité financière ayant causé l’arrêt de plusieurs chantiers dans le pays. Le ministre a fait cette affirmation au cours d’un entretien avec la presse, sur la situation monétaire et économique peu reluisante du Congo due à la chute du prix du baril de pétrole. «Pour cela, il s’agit, après l’embellie économique de 2010 à 2014, d’arrimer aujourd’hui les besoins du pays aux recettes disponibles, en sachant que le gouvernement est en train de prendre des mesures nécessaires afin de redresser la situation, à la faveur de la remontée timide du prix du baril de pétrole», a-t-il indiqué. Le ministre a rappelé que l’emprunt obligataire a fait obtenir au Congo la somme de 192 milliards de FCFA avant d’ajouter que «cet argent a permis d’éponger la dette de l’Etat et d’entreprendre tout ce qui a été prévu dans ce cadre, pour que le Congo se place dans une nouvelle dynamique, à l’instar des autres pays de la CEMAC qui sont aussi passés par cet emprunt». Concernant l’ouverture aux capitaux privés de certaines entreprises congolaises qui battent, à savoir, la Société Nationale d’Electricité (SNE) et la Société Nationale de Distribution d’Eau (SNDE) ainsi que compagnie aérienne Ecair, le ministre des finances a estimé que de nouveaux modes de gestion et d’organisation s’imposent tout en précisant que cela relève d’une décision du gouvernement après analyse.
Loi des finances 2016 : Le budget de l’Etat arrêté à 3.564 milliards FCFA

Le ministre des Finances, du budget et du portefeuille public, Calixte Ganongo a présenté le 29 juin devant le parlement réuni, à savoir, l’Assemblée nationale et le Sénat, le projet de budget rectifié de l’Etat congolais, exercice 2016, qui s’élève en recettes et en dépenses à la somme de 3564 milliards 291millions de FCFA. Pour le ministre des finances, ce budget est ainsi élaboré en raison de l’incertitude qui entoure les recettes pétrolières, ajoutant qu’il entend mettre en œuvre les principales priorités de l’action gouvernementale, notamment, assurer le développement local, impulser la marche vers le développement et garantir le fonctionnement de l’Etat. Cette nouvelle copie du budget soumise au Parlement pour adoption, prévoit 2.121,5 milliards FCFA de recettes et de 2.3966 milliards FCFA de dépenses. Afin de mettre en œuvre ces principales priorités, l’Etat a été amené à réévaluer les charges et les ressources. Pour ce qui est des ressources, celles-ci sont établies à la somme de 2121,5 milliards FCFA contre 2333 milliards FCFA dans la loi de finances initiale, soit une baisse de 9,1%, due principalement à la prudence qui s’impose sur l’évolution future du cours du pétrole. Les recettes fiscales et douanières quant à elles n’ont connu aucune variation et demeurent à 1046,5 milliards FCFA. Ce niveau sera atteint grâce à l’élargissement de l’assiette de la taxe sur les transferts des fonds, de la taxe sur le trafic des communications électroniques et de la taxe unique sur les salaires. Le ministre a rappelé que les recettes courantes non fiscales se situeraient à 580 milliards FCFA dans la loi rectificative de finances contre 785,6 milliards CFA dans sa version initiale, soit une baisse de 26,2%. Concernant les charges, le ministre a indiqué que celles-ci sont arrêtées à la somme de 2396 milliards FCFA dans le projet de loi de finances rectificative contre 2608 milliards dans la loi initiale soit une contraction de 8,1%. Il a informé que la masse salariale n’a pas changé. Elle est maintenue à 410 milliards FCFA. Elle prend en compte entre autres le relèvement du point indiciaire des salaires des agents de l’Etat à 275, conformément aux conclusions du dialogue social et le recrutement de nouveaux fonctionnaires, notamment dans les secteurs de la santé et de l’enseignement. Les dépenses de fonctionnement courant, qui comprennent les biens et services ainsi que les charges communes s’établissent à 300 milliards FCFA dans ce nouveau budget rectifié contre 319,5 milliards dans la loi de finances initiale soit une baisse de 6%. Quant aux dépenses d’intervention de l’Etat révisées, celles-ci ont légèrement augmenté. Elles ont été fixées à 356 milliards CFA contre 345 milliards dans le précédent soit une hausse de 3,2%. Enfin les dépenses d’investissement se situent à 1307 milliards contre 1510,5 milliards dans sa version initiale, soit une diminution de 13,5%. Au terme de sa présentation, le ministre des finances a indiqué que la baisse des recettes pétrolières a fortement influé sur les décisions d’investissement du gouvernement et que les interventions de l’Etat seront centrées sur l’essentiel.