Centrafrique : le BRDC pose encore ses conditions pour participer aux prochaines élections

Centrafrique : le BRDC pose encore ses conditions pour participer aux prochaines élections

À l’approche des élections, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC) réclame un dialogue avec le président Touadéra. Cette plateforme de l’opposition prévient qu’elle ne participera à aucun scrutin sans réformes et met en garde contre un vide constitutionnel. À quelques mois des échéances électorales prévues avant la fin de l’année en République centrafricaine, le BRDC a appelé à la tenue d’un dialogue politique avec le président Faustin-Archange Touadéra. Pour cette plateforme, ce dialogue constitue un préalable incontournable à toute perspective électorale, dans un contexte marqué par des retards et une crise de confiance autour de l’Autorité nationale des élections (ANE). Des retards jugés critiques dans les préparatifs électoraux Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 4 juillet 2025 à Bangui, le BRDC a dressé un tableau préoccupant de l’état d’avancement du processus électoral. « Nous en sommes aujourd’hui à plus de cinq changements successifs du calendrier électoral, et le dernier en date prévoyant les élections locales le 31 aout 2025, n’est plus d’actualité », a critiqué Martin Ziguélé, porte-parole du BRDC. Cette plateforme de l’opposition démocratique a aussi dénoncé le retard dans la publication des listes électorales provisoires : « Les listes électorales, dont les opérations de lancement ont commencé en septembre 2024 ne sont pas encore disponibles à ce jour même à titre provisoire, malgré plus de 6 milliards de francs CFA injectés pour leur établissement », dit-il. Les membres du BRDC s’inquiètent aussi de l’absence de données provenant de 717 centres de recensement, non intégrées dans les systèmes de l’Autorité nationale des élections (ANE). Pour eux, ces lacunes techniques et logistiques compromettent la qualité, la fiabilité et l’intégrité du fichier électoral, rendant la tenue d’élections crédibles impossible dans les délais constitutionnels. Refonte de l’ANE et du Conseil constitutionnel Le BRDC met en cause « l’incapacité » de l’Autorité nationale des élections à organiser des scrutins « démocratiques, transparents et acceptables », et appelle à une réforme profonde de l’institution devenue, selon lui, « structurellement défaillante ». Le collectif plaide également pour une réforme du Conseil constitutionnel, qu’il accuse de fonctionner sous l’influence du pouvoir exécutif. Le BRDC considère que les institutions en charge du processus électoral sont, dans leur état actuel, inféodées au régime en place, et incapables d’assurer un scrutin démocratique, transparent et accepté de tous. « Face à un constat d’échec désormais partagé, faisant état de l’impossibilité de la tenue des élections en décembre prochain, le BRDC réitère ses exigences suivantes : la profonde réforme de l’ANE en tirant toutes leçons des dysfonctionnements constatés et la réforme du Conseil constitutionnel ». Le BRDC affirme que ses inquiétudes sont partagées par des partenaires internationaux. Il cite notamment l’expert indépendant des Nations Unies, Yao Agbetse, ainsi que les États-Unis, qui lors d’un briefing du Conseil de sécurité de l’ONU le 30 juin dernier, ont appelé à un dialogue politique inclusif en Centrafrique et exprimé des doutes sur la capacité de l’ANE à organiser les élections. Un dialogue politique avec le président Touadéra comme condition Dans ce climat de méfiance et de tensions, le BRDC annonce qu’il ne participera à aucun scrutin sans la tenue d’un dialogue politique avec le président Touadéra. Le collectif estime que ce dialogue est la seule voie de sortie de crise, susceptible de permettre des ajustements consensuels du chronogramme électoral et d’éviter le vide constitutionnel. « Ce dialogue doit permettre de trouver des solutions aux blocages actuels et de restaurer les fondements de la démocratie en Centrafrique », a martelé Martin Ziguélé. Selon lui, il est déjà clair que les élections générales ne pourront pas se tenir dans les délais, et toute tentative de les maintenir sans réforme mènerait à une crise institutionnelle. Le gouvernement doit démissionner En ouverture de leur déclaration, les responsables du BRDC ont observé une minute de silence en mémoire des élèves morts lors du drame du lycée Barthélémy Boganda, survenu le mercredi 25 juin 2025 à Bangui. Sans attendre les conclusions d’une enquête, le collectif tient le gouvernement pour responsable de ce qu’il qualifie de « cynisme criminel » et exige sa démission immédiate. Le BRDC dénonce également les violences et arrestations contre des leaders de la société civile dans les jours qui ont suivi ce drame. Pour eux, ces actes sont révélateurs d’une dérive autoritaire du régime en place. Radio Ndeke Luka

Centrafrique : le président Touadéra prend acte de la demande de dialogue formulée par le BRDC

Centrafrique : le président Touadéra prend acte de la demande de dialogue formulée par le BRDC

Le président Faustin-Archange Touadéra dit avoir pris acte de la demande de dialogue formulée par le Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC). Il l’a indiqué à l’occasion du 9ème anniversaire de son accession à la magistrature suprême le 30 mars dernier. Face aux tensions politiques croissantes entre le gouvernement et l’opposition, à quelques mois des élections groupées de décembre 2025, le chef de l’État tente de détendre l’atmosphère politique. Plusieurs mois après les demandes répétées du BRDC pour l’organisation de pourparlers avant les élections, Faustin-Archange Touadéra dit avoir pris acte de la volonté des leaders de l’opposition de tenir un dialogue. « J’ai pris en considération les préoccupations d’une partie de l’opposition démocratique, à savoir le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), qui a sollicité l’organisation d’un dialogue politique. L’objectif de ce dialogue, je cite, est d’explorer les pistes de solutions susceptibles de garantir la tenue des prochaines élections générales dans des conditions d’inclusivité et de transparence, et dans le strict respect des délais légaux, afin d’éviter, entre autres, une crise électorale aux conséquences inévitables », a-t-il déclaré. Bien qu’il prenne acte de cette demande, le président Touadéra souligne que celle-ci comporte des éléments de menace potentielle pour la stabilité des institutions du pays et redemande au BRDC de repréciser les contours, les contenus et les thématiques du dialogue voulu. « En dépit des menaces à peine dissimulées d’une nouvelle déstabilisation du pays contenues dans la correspondance, j’ai pris acte de cette demande, convaincu qu’elle n’a pas pour objectif de saper la paix, la stabilité et la souveraineté du pays, durement acquises par le peuple centrafricain avec le soutien actif de la communauté internationale, après des années de crises sanglantes. Tout en saluant cette démarche comme un pas important vers le retour dans la République, nous avons saisi le BRDC d’une demande tendant à la précision sur le contenu, les contours structurels, et les thématiques du dialogue politique sollicité, afin d’en aviser », a conclu le président de la République. Les sujets à aborder et la date du dialogue restent à préciser, tandis que le BRDC prévoit d’organiser une marche pacifique le 4 avril prochain pour exprimer son opposition au troisième mandat du président Touadéra. Radio Ndeke Lika