Cameroun. Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC)

Une session ordinaire du Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) s’est tenue, jeudi 28 septembre 2023 à Douala (Cameroun), sous la présidence de Jean-Baptiste Ondaye, Ministre congolais de l’Economie et des Finances. Les participants ont examiné plusieurs points inscrits à l’ordre du jour, parmi lesquels 9 dossiers, à savoir :
Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Une politique monétaire prudente dans une perspective économique internationale contre performante

C’est ce qu’il faut retenir de la troisième réunion annuelle du Comité de Politique Monétaire(CPM), qui s’est tenue le 25 septembre 2023 à Douala au Cameroun. Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur de la Beac a tenu une conférence de presse, en mode présentiel et virtuel, à l’issue de cette troisième session ordinaire du CPM. Les perspectives macroéconomiques et financières dans la zone cemac, reconnaît Abbas Tolli, restent marquées par plusieurs facteurs, notamment par un léger décrochage du taux de croissance économique, de 2,8 % en 2022 à 2,5 % en 2023. Une contre performance qui s’explique par l’important recul de l’activité pétrolière dont dépendent 5 pays sur 6 de la sous-région. Les tensions inflationnistes resteraient élevées autour de 5,7% en moyenne annuelle en 2023, mais en baisse à partir du troisième trimestre de l’année. Les données budgétaires et commerciales connaissent également des variations. On note cependant une progression des réserves en devises( reserves de change) de 14,6 % qui se situeront à 7 850,8 milliards de fcfa à fin 2023, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 78,5 % contre 73,1 % en décembre 2022 et des réserves d’importations de biens et services de 5,23 mois en 2023 contre 4,94 en 2022. Compte tenu de ces évolutions économiques et financières, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangés les taux d’intérêt, notamment le Taux d’Intérêt des appels d’offres à 5,00 %, le Taux de la facilité de prêt marginal à 6,75 %, le taux de la facilité de dépôt à 0,00 %, et les coefficients des réserves obligatoires à 7,00 % sur les exigibilités à vue et 4,50 % sur les exigibilités à terme. Cette décision, dans une approche prudentielle, vise à assurer la stabilité économique et monétaire de la zone dans un contexte international marqué par le ralentissement l’activité économique, en raison des contreperformances du secteur manufacturier dans les économies avancées, de la faiblesse du secteur immobilier en Chine et du durcissement des conditions monétaires dans la plupart des économies développées et émergentes. Il convient de noter que les perspectives de l’économie mondiale publiées en juillet 2023 par le FMI prévoient une croissance mondiale statique de l’ordre de 3 0% en 2023 et 2024 contre 3,5% en 2022. Les tensions inflationnistes devraient cependant s’atténuer, avec un taux d’inflation qui se situerait à 6,8 % en 2023 et 5,2 % en 2024, après 8,7 % en 2022. Autant d’indicateurs macro économiques qui invitent à l’observation des normes prudentielles en matière de politique monétaire de la sous-région Cemac. Tout à fait sur un autre registre, le gouverneur de la Beac en a profité pour rassurer les agents économiques de la sous-région, sur la qualité des nouveaux billets de banque en circulation. Leur falsification par des faussaires, reconnait-il, reste quantité bien négligeable. Toutefois, la Banque reste vigilante et s’emploie à réduire à une portion congrue ces pratiques de falsification. Les agents économiques doivent donc redoubler de vigilalnce tant la la falsification crève les yeux. En ce qui concerne les quotas fixés aux utisateurs des cartes bancaires internationales(visa, master card…), la Beac, avoue la main sur le cœur, Abbas Mahamat Tolli, a fixé un maximum d’utisation de 5 millions de fcfa pour tout usager détenteur d’une carte bancaire internationale en séjour à l’étranger. Il arrive malheureusement que des banques primaires, faute d’un stock de devises conséquent, limite en interne leur seuil d’utilisation. Par A. Ndongo Journaliste économique et financier, Brazzaville Congo
Cameroun. Réunion ordinaire du Conseil d’Administration de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC)

Le Ministre congolais de l’Economie et des Finances, Jean-Baptiste Ondaye, Président de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) et Président du Conseil d’Administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), a présidé une session ordinaire dudit Conseil, jeudi 20 juillet 2023, à Douala (Cameroun). Parmi les dossiers soumis à l’examen des membres du Conseil d’Administration de cet institut d’émission monétaire de la zone CEMAC, figuraient la conjoncture économique, les perspectives et le cadrage macro-économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), ainsi que la conjoncture internationale. Ils ont noté que la croissance, au niveau mondial, connaît, globalement, un léger ralentissement. « Dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), il était prévu une croissance de 3%. Mais, selon les nouvelles prévisions pour 2023, on s’attend à une moyenne de 2,4% », ont estimé les administrateurs. Cette conjoncture, selon eux, reste marquée par des tensions inflationnistes, aussi bien pour la sous-région CEMAC, que pour le reste du monde. Le taux d’inflation dépasse, par exemple, 6%, en zone CEMAC, alors que la norme communautaire est de 3%. Le Conseil a aussi examiné les différentes mesures prises par les six États membres, en 2020 et 2021, à la suite de l’épidémie de Covid-19. Toutes ces mesures se résument aux subventions des produits pétroliers à la pompe et des produits alimentaires ; au gel des factures des produits de consommation courante (comme l’eau et l’électricité), ainsi qu’aux allègements fiscaux et des droits douaniers à l’importation des produits de première nécessité. Les administrateurs ont observé que cette inflation n’est pas que du ressort de la Banque centrale. Pour le court terme, ils ont suggéré un meilleur ciblage des dépenses sociales dans tous les États membres et une vigilance de la Banque centrale dans l’examen de la conjoncture, afin d’ajuster tous les instruments de politique monétaire pour la maîtrise de l’inflation. Les administrateurs ont également examiné les déterminants de l’inflation. Il ressort de cette analyse que l’inflation d’origine externe est dominante à plus de 58 % dans la zone, et que la composante ‘’Produits alimentaires et boissons non alcoolisées’’ constitue la composante la plus importante dans la formation de l’inflation en zone CEMAC. Au nombre des recommandations, à long terme, formulées par les participants pour contrer la flambée des prix, se trouve la diversification des bases économiques dans la zone CEMAC, afin d’accroître l’offre. La situation de la soutenabilité extérieure de la BEAC a été aussi examinée. Il ressort de cette analyse que les réserves de change se consolident avec une garantie de 5 mois d’importation. Au mois d’avril 2023, on a enregistré un pic de 7.600 milliards, contre seulement 1.000 milliards de F CFA de réserves de change en 2018. « Cette tendance devrait être consolidée », a indiqué Abbas Mahamat Tolli, Gouverneur de la BEAC. Le Budget de la Banque centrale a été aussi examiné. Il fait ressortir, d’ici la fin de l’année 2023, une prévision de près de 300 milliards, alors que le Budget initial était estimé à 142 milliards de F CFA. Le Plan stratégique de la BEAC 2018-2023 a été également examiné. Son taux d’exécution a été établi à environ 90 %. Le Conseil s’est félicité de ces résultats et, surtout, de l’impact des effets de ce Plan et de sa mise en œuvre. Notons, à titre indicatif, que la session ordinaire du Conseil d’Administration de la BEAC du 20 juillet 2023 a été précédée de la réunion du Gouvernement de la BEAC. Au cours de cette rencontre, Jean-Baptiste Ondaye a évoqué certains points de blocage qui minent le fonctionnement de cet institut d’émission monétaire, considéré comme le fleuron de l’intégration sous-régionale en zone CEMAC (Cameroun, Congo, RCA, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad).