Congo/Lettre ouverte à Pascal Tsaty Mabiala : le temps des masques est révolu

Monsieur Tsaty Mabiala, Depuis l’Europe où je vis, comme nombre de nos compatriotes forcés à l’exil ou à l’observation distante, je vous écris non par goût de la polémique, mais par devoir de lucidité. Vous incarnez officiellement l’opposition au Congo. Mais que reste-t-il de ce rôle, sinon un titre vidé de sa substance ? Pendant que le pays s’enlise dans la confiscation démocratique, l’arbitraire et la misère, vous semblez plus soucieux de préserver votre place dans l’architecture d’un pouvoir verrouillé que de porter la voix du peuple. Depuis trop longtemps, vous multipliez les discours prudents, les compromis silencieux, les postures inoffensives. Cette stratégie du « ni trop, ni trop peu » a certes sa logique, mais elle ne change rien au quotidien des Congolais. Soyons clairs : une opposition qui ne dérange pas n’est pas une opposition. Une opposition qui s’accommode des institutions sans contrepoids devient un rouage du système qu’elle prétend contester. Vous n’êtes pas sans intelligence, Monsieur. Vous savez que le pouvoir ne vous craint pas, précisément parce qu’il sait qu’il peut compter sur votre retenue. Nous sommes nombreux, dans la diaspora comme au pays, à espérer un sursaut. Non pas une révolution de façade, mais une parole ferme, une stratégie claire, un engagement sans ambiguïté. L’histoire n’est pas tendre avec ceux qui jouent sur deux tableaux. Elle distingue ceux qui prennent position, au risque de perdre, de ceux qui s’installent dans le confort d’une opposition tolérée, au risque d’être oubliés. Ce pays mérite mieux. Il mérite une opposition audacieuse, lucide, et résolument tournée vers l’intérêt collectif. À vous de décider, Monsieur Tsaty Mabiala, si vous souhaitez rester une note de bas de page dans l’histoire du Congo, ou si vous êtes encore capable d’incarner, enfin, le changement que vous prétendez défendre. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u Observateur politique – Activiste de la diaspora
Guinée. Le sacre de l’arbitraire

LIBRES PROPOS. Je suis personnellement attristé en tant qu’AFRICAIN et mélomane d’apprendre la décision ARBITRAIRE du gouvernement guinéen (Conakry) de déloger d’anciens artistes nationaux des habitats qui leur ont été attribués par l’Etat sous la présidence de feu SEKOU TOURE. C’est le cas notamment du légendaire SEKOU BEMBEYA DIABATE « Golden fingers », guitariste soliste et pilier du mythique orchestre BEMBEYA JAZZ, fierté de tout un continent, à qui j’ai rendu un VIBRANT hommage en mai dernier. Agé de 78 ans, presque en fin de carrière, le doyen SEKOU BEMBEYA DIABATE et sa famille risqueraient de se retrouver à la RUE si cette mesure d’expulsion était exécutée. Tous ces artistes menacés d’expulsion ont rendu de LOYAUX services à la nation guinéenne et contribué au RAYONNEMENT culturel de TOUTE l’Afrique. Un habitat (modeste demeure) est une MAIGRE récompense par rapport à la NOBLE mission qu’ils ont accomplie tout au long de leur carrière. En 2010, pour couronner le cinquantenaire des indépendances, L’UNION AFRICAINE avait même décerné le prix du MEILLEUR groupe AFRICAIN des 50 dernières années au mythique BEMBEYA JAZZ, distinction qui honore la GUINEE. Cette façon de traiter nos artistes est tout simplement DEPLORABLE et HONTEUSE. Nous en appelons à la SAGESSE et au BON SENS des autorités guinéennes pour qu’une solution FAVORABLE soit trouvée. On ne peut HUMILIER nos HONORABLES ambassadeurs culturels jusqu’à ce point. NGOMBULU YA SANGUI YA MINA BANTU LASCONY Enseignant et militant panafricaniste
Congo. Chancelia Delfry MOULOUNDA: l’arbitraire le plus complet

JUSTICE. En se rapprochant des centres pénitentiaires, on constate que plusieurs détenus sont largement en dépassement du délai de détention préventive sans jugement pour certains et sans jamais avoir été présentés devant un magistrat instructeur pour d’autres. La lenteur dans le traitement des dossiers est aussi à l’origine des violations des droits des personnes incarcérées. La détention qui est une mesure exceptionnelle devient un principe et on a l’impression de se retrouver dans un Etat où la notion de liberté n’existe pas. Le cas de Moulounda Delfry Chancelia en détention illégale depuis le 5 février 2021 pour des faits supposés d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat est parlant. Elle est aujourd’hui à 14 mois sans jugement. Dans le but de rompre avec l’impunité dont bénéficient des magistrats, nous avons porté plainte devant la Cour suprême pour violation intentionnelle des libertés individuelles contre les fonctionnaires de l’Etat en charge du dossier. Notre plainte a été déposée à la cour suprême le 19 avril 2022. « Mon enfant a fait déjà 14 mois en détention préventive, quand je vais pour le suivi du dossier au cabinet d’instruction, le juge est toujours occupé. Il n’y a aucune communication. Mon enfant pourri en détention.» Parent de Chancelia. Par ailleurs, pour donner un large écho à la situation, nous avons mobilisé les mécanismes d’urgence des Nations unies, notamment le Groupe de travail des Nations unies. Nous interagissons également avec d’autres fonctionnaires des Nations unies sur ce cas. Par Monica NGALULA Centre d’actions pour le développement (CAD)