Coronavirus en RDC : la LUCHA appelle à l’action

Coronavirus en RDC : la LUCHA appelle à l’action

Nous avons observé de graves tâtonnements dans la communication du gouvernement après l’apparition d’un premier cas de COVID-19 (ou CORONAVIRUS) sur le sol Congolais. A cela s’ajoute l’absence d’actions concrètes sur le terrain pour prévenir et répondre à cette pandémie qui secoue le monde entier, en dépit du temps relativement long que nous avons eu de nous y préparer par rapport à d’autres pays. Cette situation suggère que soit le gouvernement Congolais ne se rend pas compte de la gravité de la menace que représente ce virus, soit il n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Nous rappelons que les conséquences de cette pandémie ne sont pas seulement sanitaires, mais également économiques, financières, sociales, voire politiques et sécuritaires. Les conséquences induites du COVID-19 sont susceptibles de durer longtemps au-delà de la crise sanitaire en tant que telle. Notre pays est particulièrement vulnérable en raison notamment de son système de santé à tous points de vue faible ; de ses ressources financières, matérielles et humaines limitées ; de sa carence en infrastructures de base ; de son étendue et sa situation géographiques (frontières avec neuf pays) ; de son économie essentiellement rentière, extravertie et peu performante. Bien que nous ayons pu faire face à d’autres graves épidémies par le passé, dont 10 épidémies d’Ébola (la dernière est à peine en train d’être contenue), la crise née du COVID-19, dans le contexte d’une économie mondiale globalisée, est à nulle autre pareille. La maladie vient de l’extérieur, elle est en passe d’atteindre tous les pays du monde, elle se répand rapidement, elle n’a pas encore de vaccin, et elle a pour conséquence de placer à l’arrêt l’économie mondiale dont nous sommes malheureusement trop dépendants. Comme dit l’adage, « gouverner c’est prévoir !» Par ailleurs, l’Organisationmondiale de la Santé (OMS) a, à juste titre, mis en garde contre tout attentisme des décideurs politiques face au COVID-19. Il vaut mieux être trop prévoyant que pas assez ! La LUCHA rappelle haut et fort que la vie des Congolaises et des Congolais n’a pas de prix, et que le Président de la République et son gouvernement ont l’obligation de la préserver, la protéger et la défendre quoiqu’il en coûte. Au regard de ce qui précède, la LUCHA appelle le Président de la République et le gouvernement à prendre les mesures urgentes ci-après : Renforcer rapidement le Comité de Pilotage de la riposte contre leCOVID-19 et mettre en place des Comités de Pilotage provinciaux pour servir de relais en provinces. Ces Comités doivent être exclusivement composées de nos meilleurs experts en santé publique, virologie, gestion de crises sanitaires, etc. et être dotées des moyens conséquents pour remplir leur tâche. Suspendre les voyages non essentiels vers et hors de la RDC pour une durée de 14 jours renouvelable. Seuls doivent être admis à entrer en RDC les Congolais et les étrangers ayant une résidence légale en RDC, à condition d’être confinés pendant deux semaines. La circulation des biens et marchandises doit se poursuivre, mais les contrôles sanitaires aux frontières doivent être renforcées, les agents travaillant aux douanes doivent être particulièrement protégés, et les avions, bateaux, véhicules…doivent être systématiquement désinfectés avant leur déchargement et/ou dès leur entrée sur le territoire Congolais. Suspension de toutes les activités impliquant le rassemblement de plusieurs personnes, telles que les activités sportives et culturelles, les mariages, les cultes religieux, les cérémonies officielles, les sessions des assemblées délibérantes, les manifestations publiques etc., et la limitation au strict nécessaire des autres activités indispensables telles que les funérailles. Avant de suspendre la session, le parlement doit voter enurgence une loi d’habilitation du gouvernement pour lui permettre de gouverner par voie d’ordonnances, de décrets et d’arrêtés durant la période que durera cette crise. Suspension dans les mêmes conditions des activités scolaires etacadémiques. Élaboration, le financement et la diffusion urgents d’un plan de riposte reposant sur le pire scénario et comprenant notamment l’aménagement et/ou la réhabilitation et l’équipement des centres de gestion des urgences médicales et de réanimation dans les hôpitaux existants, l’aménagement de centres d’isolement des patients dans les endroits les plus exposés (notamment dans les zones frontalières, les zones minières de l’exKatanga et du Kasaï, et dans la capitale Kinshasa), la formation rapide et en cascade des professionnels de santé… Élaboration et la mise en œuvre rapide d’un plan de communication sur le COVID-19 à la fois en direction des professionnels de santé, des agents des services migratoires et de sécurité, et de la population en général. La communication doit se faire en Français et dans toutes les langues nationales ; la radio et la télévision nationales ainsi que les médias privés et les leaders d’opinion (musiciens, etc.) doivent être mis à contribution pour diffuser des messages de sensibilisation et atteindre le plus grand nombre de personnes possible ; des boîtes à images et des panneaux publicitaires doivent être utilisés également. Cette communication doit insister sur les mesures de prévention à prendre individuellement et collectivement ; un centre d’appels accessible gratuitement 24h/24 doit être mis en place pour recevoir les questions, doléances et signalements de tout le pays et y répondre ou les diriger vers les services habilités qui doivent à leur tour pouvoir agir rapidement. Adoption de mesures urgentes pour soutenir les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises et les petits commerçants, y compris dans le secteur informel, qui seraient affectés par les conséquences économiques du COVID-19, avec comme objectif principal de préserver les emplois et empêcher la banqueroute en cascade, et ce en fonction des moyens dont l’État dispose et si nécessaire avec le concours de la communauté internationale. Encourager les Congolaises et les Congolais qui le peuvent à travailler à domicile (télétravail) et détaxer les services Internet pour en réduire autant que possible le prix pour toute la durée de la pandémie. Suspendre pour une durée de 30 jours renouvelable les impôts et taxes perçus par l’État sur les produits entrant dans la prévention et le traitement du COVID-19, notamment les masques, les désinfectants/gels hydroalcooliques, les gants médicaux, les respirateurs, et