La RDC dans le piège américain…

TRIBUNE. Pour mieux cerner les causes profondes de la crise congolaise, il faut bien ne pas négliger le passé, les déclarations à l’envolée faites par-ci par-là mais qui traduisent un plan d’ensemble pour re coloniser et piller le Congo. Il suffit de lire les points 7 et 8 de la déclaration de principes signée entre le Rwanda et la RDC sous l’égide américain pour intuire, entre les lignes, une MUTUALISATION des richesses du Congo. En termes clairs, il est fait mention d’une coopération sur des priorités communes telles le développement commun des parcs nationaux ( comme si on en avait un ou deux à la frontière entre ces deux pays) ou encore et surtout des chaînes d’approvisionnement en minéraux qui sont pourtant la propriété exclusive de la RDC. Autant d’ambiguïtés qui devraient nous mettre en alerte. Pour ceux qui refusent d’être amnésiques, ils auront compris que ce deal signé hier vendredi est l’aboutissement de trois événements marquants de l’histoire politique récente du Congo. D’abord la Pax Americana de Bill Clinton qui depuis 1994 a confié la gestion de la RDC à des puissances proxies ( Ouganda et Rwanda) puis cette proposition formulée par Nicolas Sarkozy un certain 16 janvier 2009 qui mettait sur table la recette d’ « Instaurer un dialogue structurel… pour partager l’espace et les richesses de la République Démocratique du Congo ( vaste pays à organisation étrange de ses richesses) avec le Rwanda ( petit pays mais avec une administration organisée). Les congolais avaient eu tort de prendre à la légère ces déclarations de Sarkozy et d’avoir ignoré que le président français parlait au nom d’un vaste plan de dépècement et de pillages du Congo par procuration concocté depuis des lustres. C’est à la lumière de ce vaste plan de pillages des richesses du Congo qu’il faut également insérer les trois accords signés à Goma le 24 juin 2021 entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi. Un de ces protocoles d’accords concernait la mutualisation des services de sécurité entre les deux pays et un troisième avait trait à l’exploitation de l’or en partenariat entre la société congolaise aurifère (SAKIMA SA) ainsi que la société rwandaise DITHER LTD. L’on se souvient encore des déclarations élogieuses du Président congolais Félix Tshisekedi, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue rwandais, Paul Kagame à l’issue de la signature de ces accords : « Nous avons perdu tant d’années à vivre, en nous regardant en chiens de faïence, en vivant en tensions et en situation de guerre, mais aussi à partager la haine, maintenant ça suffit ». Et son collègue de renchérir : « C’est pourquoi, le Président Tshisekedi et moi-même convenons que l’absence de paix et de stabilité ne doit pas devenir une situation permanente dans nos deux pays. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous habituer à cette situation », avait renchéri le Président rwandais. Et trois mois plus tard la guerre reprenait de plus belle entre les deux pays. Les congolais refusent de tirer de leçons de leur passé si récent. Il leur suffit de réécouter Nicolas Sarkozy et de relire les trois accords jamais abrogés entre Kagame et son collègue congolais pour comprendre de quelle manière s’exécute ce plan de pillages de la RDC. La lecture minutieuse de ce document de principes signé sous l’égide américain démontre de quelle manière les américains ( de Clinton jusqu’à Trump II) sont restés fidèles à leur schéma de départ sur la sous-région des Grands Lacs et de quelle façon ils s’emploient simplement à ajuster les modalités de son application. Le Rwanda quant à lui sort vainqueur d’une impasse diplomatique où, un moment donné, il s’est senti embourbé. Quant à la RDC, le constat est clair : elle ne renonce pas à son obsession de conjuguer sa souveraineté avec sa soumission volontaire aux diktats des pays tiers. Là où les fanatiques crient à une victoire diplomatique, les bien censés y voient la mésaventure de tout un grand pays tombé dans un énième piège américain. Avec les lourdes conséquences que l’on sait… Par Germain Nzinga
Cessez-le-feu dans le Kivu : volonté américaine, hypocrisie rwandaise et naïveté congolaise

LIBRES PROPOS. Il y a deux jours, les États-Unis ont annoncé avoir facilité un cessez-le-feu de 72 heures impliquant la RDC et le Rwanda. Cessez-le-feu qui a été confirmé par les Forces armées congolaises (FARDC) hier. Ça fait des mois que Washington appelle à la désescalade entre les deux pays. Une position d’autant plus surprenante qu’à Gaza, où l’armée israélienne tue les femmes et les enfants palestiniens comme des lapins, les mêmes Américains se montrent particulièrement opposés à tout cessez-le-feu entre le Hamas et Tsahal. Comment comprendre leur posture vis-à-vis de la RD Congo, où le Rwanda et ses supplétifs du M23 propagent la mort et la désolation ? Et que dire des autorités congolaises qui acquiescent aux demandes de la Maison-Blanche alors que les États-Unis portent une lourde responsabilité dans la situation de chaos qui perdure dans la partie orientale de la RD Congo depuis deux décennies maintenant ? Comment peuvent-elles faire confiance à un pays qui a prouvé plus d’une fois que la destruction des vies au Congo (comme à Gaza d’ailleurs) était le cadet de ses soucis ? En lisant le communiqué d’Adrienne Watson, la porte-parole du Conseil de sécurité national de la Maison-Blanche, les Congolais les plus avisés ont toutes les raisons du monde d’être inquiets. En effet, on peut lire dans le communiqué que « les États-Unis sont par ailleurs favorables à la reprise des processus de Nairobi et de Luanda visant à s’attaquer aux facteurs actuels et historiques qui perpétuent cette crise de longue date. » Pour un esprit non averti, il n’y a rien d’inquiétant dans ces quelques mots. Mais seulement voilà : non seulement les processus de Luanda et de Nairobi font le jeu du Rwanda et de ses supplétifs présents en RDC, mais Washington semble reprendre ici les éléments de langage du Rwanda, qui inscrit l’instabilité au Kivu dans l’histoire tourmentée de cette région. Autrement dit, si le Rwanda attaque et déstabilise continuellement le Kivu, c’est parce que les Congolais hébergent de soi-disant « génocidaires » hutus rwandais sur leur territoire. D’où l’utilisation de la formule : « s’attaquer aux facteurs actuels et historiques qui perpétuent cette crise de longue date. » Or la crise actuelle dans le Kivu n’a rien à voir avec tout cela, mais bien avec les velléités hégémoniques du régime Paul Kagame. En clair, les diplomates américains restent persuadés que le retour à la paix et à la stabilité dans l’Est du Congo passe aussi par le Rwanda. Alors que ce pays est à l’origine même des problèmes que connaît cette partie de la RD Congo. C’est un véritable piège à con dans lequel le régime de Kigali enferme le Congo pour justifier les agressions répétées et l’occupation d’une partie du Kivu. Les dirigeants congolais, qui semblent ne rien comprendre, doivent impérativement rejeter les éléments de langage du Rwanda répétés à l’envi par les États-Unis. Tant que le rapport de force sur le terrain militaire ne sera pas inversé, le Rwanda continuera à déstabiliser le Congo… tout en comptant sur l’hypocrisie légendaire des États-Unis, mais aussi de l’Union européenne. Par Patrick Mbeko
EN TOUTE BEAUTE (in treasuring memory of ALFRED MCCOY TYNER : 1938 – 2020)

TRIBUNE. Quel sacré monstre !Le monde semble épuiser sa beauté. Les maîtres s’en vont. Bientôt, nous serons condamnés à accepter la pollution sonore comme chef-d’oeuvre. MCCOY TYNER, légendaire pianiste de jazz, s’en est allé sur la pointe des pieds. Il a attendu la fin du BLACK HISTORY MONTH pour tirer discrètement sa révérence. Le virtuose ne saurait se départir de l’élégance en quittant définitivement la scène. Les feux de la rampe se sont éteints sur un octogénaire qui paraissait avoir une décennie de moins. Sa disparition marque la fin d’une époque, celle des ESTHETES pour qui chaque note était soigneusement mesurée. Il s’était illustré dans le quartette de JOHN COLTRANE dont il était la colonne vertébrale, le plus jeune membre et l’unique survivant. Je n’ai jamais autant pris plaisir à écouter un soliste aussi perfectible, le genre de plaisir qu’on éprouve en ingurgitant langoureusement un yaourt fruité. Etudiant, son solo sur « MY FAVORITE THINGS », je m’en délectais en faisant mes devoirs. Ses BONNES notes m’en ont évité de MAUVAISES à l’école. Le JAZZ élève l’esprit. Cet UNIVERS est épuré de cancres. Maître TYNER, veuillez transmettre mes salutations jazzistiques à vos très distingués compères, JOHN COLTRANE, JIMMY GARRISON et ELVIN JONES. « Many are called, but few are chosen ». Nysymb Lascony
Un anti-démocrate doit-il être garanti de jouir des bienfaits de la démocratie?

TRIBUNE. L’assassinat du général iranien par les Etats Unis peut être légitimement considéré comme un acte terroriste en soi. Même s’il visait un militaire, et peu importent les infos qu’ont les USA sur le rôle de cet homme dans des attaques visant les intérêts américains, on peut considérer qu’il y a des procédures qu’un Etat démocratique applique et l’assassinat n’en est pas. Mais cela est plutôt la doctrine française, voire européenne où l’on considère que même les ennemis de la démocratie ont le droit de bénéficier d’un traitement démocratique dont la justice équitable et contradictoire. L’élimination directe de l’ennemi n’étant que le dernier recours après avoir tout essayé. Pour les américains, en revanche, il n’est pas question de s’attarder à offrir des garanties démocratiques (souvent longues et dispendieuses) pour les ennemis de la démocratie. La doctrine Yankee est: tu me terrorises, je te terrorise. Je me demande alors, quelle est la doctrine de l’usage de la violence de l’Etat congolais. Cherchait-on, par exemple à abattre Ntoumi, Diawara ou Anga, ou à les appréhender avant tout pour qu’ils répondent de leurs actes, leur mort n’étant qu’un dernier recourt qui s’est avéré incontournable pour ceux qui ont été vaincus, ou alors, qui prend l’épée contre le régime doit périr. A supposé qu’il n’y en ait pas d’écrite, à laquelle souhaiteraient souscrire les congolais? Doit-on accorder les droits démocratiques absolus à ceux qui les piétinent ou veulent les effacer? L’avenir du PCT, par exemple en cas renversement de situation, est il dans la continuation normale d’un parti qui va avoir un droit aux médias égal aux autres, voir même d’exister, ce qu’il n’a pas permis aux autres, donc à la française, ou non, à l’américaine qui interdit par exemple l’existence même d’un parti communiste ou islamique. Que pensent vraiment les Congolais de l’essence et de l’usage et de l’usage légitime de la force et de la garantie des droits démocratiques à ceux qui font tout pour les écraser? Hervé Mahicka
Une future compagnie aérienne américaine signe une entente concernant 60 appareils A220-300

Une nouvelle compagnie aérienne américaine a annoncé aujourd’hui la commande de 60 appareils Airbus A220-300, dont la livraison commencera en 2021. Le protocole d’entente a été dévoilé lors du Salon aéronautique de Farnborough. Cette nouvelle compagnie aérienne est soutenue par un groupe d’investisseurs chevronnés dirigé par David Neeleman, fondateur de JetBlue, investisseur dans TAP au Portugal et actionnaire de contrôle de la compagnie aérienne Azul au Brésil. « Après des années de consolidation des compagnies aériennes américaines, les conditions s’améliorent et favorisent l’arrivée d’une nouvelle génération de compagnies aériennes américaines, axées sur les services aux passagers et la satisfaction de la clientèle », a déclaré David Neeleman, investisseur majoritaire dans la nouvelle entreprise. Celui lui, « le A220 va nous permettre de desservir des liaisons moins fréquentées en tout confort, sans faire de compromis sur les coûts, particulièrement lors des vols de plus longue durée. Alors que les livraisons débuteront en 2021, nous aurons amplement le temps de mettre sur pied une équipe de direction de calibre mondial et d’élaborer un autre modèle d’affaires réussi. » Pour Eric Schulz, chef de la direction commerciale, Airbus, « la décision de cette nouvelle compagnie aérienne américaine de faire du A220 la plateforme sur laquelle reposera son nouveau modèle d’affaires témoigne de l’attrait qu’exerce cet avion exceptionnel sur les passagers et de ses économies opérationnelles », a-t-il déclaré notant que cet engagement confirme le rôle important qu’occupe maintenant l’appareil A220 dans le portfolio de monocouloirs d’Airbus. Complétant la famille A320, les modèles A220-100 et A220-300 couvrent le segment des avions de 100 à 150 sièges et offrent une cabine confortable avec 5 sièges de front. Grâce à son aérodynamisme, à ses matériaux en CFRP, à ses moteurs à haut taux de dilution et à ses commandes de vol électriques les plus perfectionnés, le A220 a une consommation de carburant par siège 20 % moins élevée que la génération précédente d’aéronefs. Ce type appareil est destiné à un marché mondial d’avions à couloir unique, ce qui représente au moins 7 000 appareils de ce genre au cours des 20 prochaines années. Airbus commercialise et appuie l’appareil A220, qui est construit en vertu de l’entente récemment conclue entre Airbus, Bombardier et Investissement Québec. Signalons que le A220-300 sera propulsé par des turboréacteurs double flux à réducteur de Pratt & Whitney.