Addis-Abeba ou le théâtre des ambitions : Sonko en Grand Sherpa, Macky en fantôme diplomatique

Addis-Abeba ou le théâtre des ambitions : Sonko en Grand Sherpa, Macky en fantôme diplomatique

TRIBUNE. À Addis-Abeba, au cœur du 39ᵉ sommet de l’Union africaine, la diplomatie africaine a pris des airs de farce tragique. Entre tapis rouges, sourires protocolaires et poignées de main calibrées, la scène ressemblait à un opéra politique où chacun chantait sa partition, faux parfois, fort souvent. La participation du Premier ministre Ousmane Sonko n’avait rien d’une simple promenade diplomatique. C’était un baptême du feu. Un crash-test grandeur continentale. Trente chefs d’État, des regards en coin, des ego surdimensionnés et Sonko, costume bien repassé, posture de Grand Sherpa, prêt à gravir l’Himalaya géopolitique africain. Sur le tarmac de l’aéroport international Bolé, les honneurs tombent comme une pluie tropicale. À peine débarqué à Addis-Abeba, Sonko prend du coffre. Il parle fort, il parle souveraineté, il parle rupture. Il distribue des slogans comme d’autres distribuent des cartes de visite. Le message est clair : le Sénégal nouveau est arrivé, et il ne vient pas demander la permission. Représentant le président Bassirou Diomaye Faye, Sonko déroule sa doctrine comme un manifeste : autonomie économique, indépendance politique, repositionnement géopolitique. Trois piliers. Trois coups de marteau sur la table africaine. Autonomie économique : on promet de se sevrer des bailleurs internationaux. Financement endogène, ressources fiscales, mines, agriculture tout y passe. Une Afrique qui se finance elle-même, dit-il. Une croissance autocentrée. Le rêve est beau. La réalité, elle, est têtue. Indépendance politique : fini les injonctions extérieures, fini les télécommandes sécuritaires, fini les modèles institutionnels importés sous cellophane. L’Afrique doit écrire sa propre trajectoire, même si le stylo tremble encore. Repositionnement géopolitique enfin : climat,assainissement, eau, commerce, gouvernance numérique, Sonko veut une Afrique qui pèse, qui négocie, qui impose. Une Afrique adulte, pas une Afrique assistée. Cette rhétorique souverainiste, inspirée des vieux mythes panafricanistes remis au goût du jour, fait vibrer la jeunesse du continent. Elle sent la poudre, la rupture, la revanche historique. Mais derrière les slogans musclés se cache une question gênante : comment bâtir une autonomie quand les économies africaines respirent encore sous perfusion mondiale ? Pendant que Sonko joue au bâtisseur de continent, un autre fantôme hante les couloirs du sommet : Macky Sall. Son nom circule à voix basse, entre deux cafés diplomatiques. Sa probable candidature au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies fait bruisser les salons feutrés. L’ancien président sénégalais pousse ses pions à distance, loin du Centre de conférences, espérant un miracle diplomatique. Au Sénégal, on ricane. Pour les uns, cette ambition onusienne ressemble à une tentative de blanchisserie politique à l’eau internationale. Pour les autres, c’est l’occasion rêvée de hisser un Africain au sommet de la gouvernance mondiale. Deux lectures. Un même malaise.Car le contraste est brutal. D’un côté, Sonko, héraut d’une Afrique debout, qui veut rompre avec les chaînes invisibles de l’ère postcoloniale. De l’autre, Macky Sall, symbole d’une quête de reconnaissance globale, à coups de lobbying feutré et de poignées de main stratégiques. Deux visions. Deux trajectoires. Deux Afriques qui se regardent sans vraiment se comprendre. Le sommet d’Addis-Abeba met à nu cette schizophrénie continentale : on crie souveraineté le matin, on quémande de l’influence l’après-midi. On rêve d’autonomie, mais on court après les postes internationaux. On veut être libre, tout en cherchant l’approbation des grandes capitales. La vérité est cruelle : l’Afrique aime les grands discours, mais trébuche souvent sur leur mise en œuvre. Oui, l’autonomie économique peut cohabiter avec une présence forte dans les institutions mondiales. Oui, la souveraineté politique n’exclut pas la diplomatie. Mais encore faut-il une cohérence, une stratégie, une colonne vertébrale. À Addis-Abeba, Sonko a montré les muscles. Macky Sall agite les réseaux. Le continent, lui, attend toujours des résultats concrets. Reste la question, brutale, presque obscène : l’Afrique saura-t-elle enfin transformer ses sommets en leviers, ses slogans en politiques publiques, ses ambitions en réalités mesurables ? Ou continuera-t-elle à tourner en rond dans ses propres conférences, prisonnière de ses contradictions, pendant que le reste du monde avance ? À ce rythme, Addis-Abeba risque de rester ce qu’elle est trop souvent : un grand théâtre où l’on joue à la puissance, pendant que les peuples, eux, attendent encore le premier acte du vrai changement. Par Malick BA Journaliste

« Le deuxième Sommet Africain sur le Climat à Addis est l’occasion d’appuyer sur l’accélérateur », déclare la Fondation Mo Ibrahim, qui publie une  analyse  sur les progrès réalisés depuis le premier Sommet de Nairobi  

« Le deuxième Sommet Africain sur le Climat à Addis est l’occasion d’appuyer sur l’accélérateur », déclare la Fondation Mo Ibrahim, qui publie une  analyse  sur les progrès réalisés depuis le premier Sommet de Nairobi  

En amont du deuxième Sommet africain sur le climat (5-10 septembre), la Fondation Mo Ibrahim publie une  note d’analyse  : De Nairobi à Addis-Abeba : bilan de la Déclaration de Nairobi 2023 à la veille du deuxième Sommet africain sur le climat. Cette note évalue les progrès accomplis depuis la Déclaration de Nairobi adoptée en septembre 2023 lors du premier Sommet africain sur le climat.  Dans sa note, la Fondation souligne que, malgré des avancées importantes au cours des deux dernières années, beaucoup reste à faire : plus de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’énergie sur le continent, et l’industrialisation verte de l’Afrique demeure largement inachevée. La nécessité de concilier action climatique et objectifs de développement en Afrique est un impératif clairement énoncé dans la Déclaration de Nairobi. La Fondation souligne que ceci repose sur quatre priorités, dont  cette analyse évalue les progrès depuis Nairobi :  L’analyse de la fondation souligne  que, malgré certains progrès, des efforts importants restent nécessaires pour concrétiser la Déclaration de Nairobi. L’ACS2 est l’ occasion  de consolider et affirmer une position commune africaine sur le sujet climat , tout en mettant davantage l’accent sur la mise en œuvre des engagements ainsi définis.   A cet égard, Mo Ibrahim, Fondateur et Président de la Fondation Mo Ibrahim a souligné « Nairobi a marqué une étape décisive : l’Afrique a affirmé sa capacité à définir et conduire son propre agenda climatique. Mais comme le montre notre analyse, les progrès sont encore trop lents. Le deuxième Sommet africain sur le climat à Addis doit permettre d’accélérer et de concrétiser la vision portée par nos dirigeants il y a deux ans. Nous n’ avons pas les moyens de multiplier les ssommets sans effets. Nous devons  garantir la mise en oeuvre des engagement pris. Nous devons realiser  notre immense potentiel vert. Nous devons surtout  concilier  impératifs climatiques et  développement de nos populations. »  La Fondation sera présente à Addis-Abeba lors de l’ACS2 et travaillera avec les acteurs présents   pour plaider en faveur de progrès continus sur ces priorités. Lire la note de recherche de la Fondation (en anglais) ici  

Promouvoir des solutions et accélérer les actions concrètes en faveur du climat : début de la Semaine du Climat à Addis-Abeba

Promouvoir des solutions et accélérer les actions concrètes en faveur du climat : début de la Semaine du Climat à Addis-Abeba

Aujourd’hui marque le début de la Semaine du climat, un événement phare des Nations Unies visant à promouvoir des solutions climatiques concrètes et à faire avancer les questions climatiques cruciales, en amont de la COP 30, la conférence mondiale sur le climat qui se tiendra au Brésil en novembre prochain.  La Semaine du climat réunira des gouvernements, des financiers, notamment des banques de développement, des entreprises, la société civile et des peuples autochtones, afin d’accélérer la mise en œuvre des engagements et des actions climatiques sur le terrain, dans les pays africains et dans le monde entier.  Organisée par ONU Climat et accueillie par la République fédérale démocratique d’Éthiopie, la Semaine du climat alimentera le deuxième Sommet africain sur le climat qui se tiendra la semaine prochaine, un rendez-vous majeur pour les nations africaines avant la COP 30 à Belém, au Brésil. « Nous sommes à un moment crucial dans le parcours climatique mondial. La Semaine du climat à Addis-Abeba est l’occasion de partager et de développer des solutions concrètes, et de contribuer à diffuser les avantages réels de l’action climatique à un plus grand nombre de personnes en Afrique et dans le monde entier : des économies plus résilientes, plus d’emplois, une meilleure santé et une meilleure qualité de vie, une énergie propre plus sûre et plus abordable pour tous », a déclaré Simon Stiell, secrétaire exécutif d’ONU Climat.  « Les Semaines du climat visent à relier le processus international sur le climat à la vie quotidienne des gens et aux économies réelles. Au cœur de notre programme se trouve le Forum de mise en œuvre (3-4 septembre), qui rassemble les négociateurs et les responsables de la mise en œuvre au sein des gouvernements, des financiers, des entreprises, de la société civile et des peuples autochtones », a déclaré Noura Hamladji, secrétaire exécutive adjointe d’ONU Climat.  Axés sur l’investissement et la collaboration, les nouveaux laboratoires de mise en œuvre se concentreront sur les principaux défis et opportunités, notamment le financement de l’adaptation, le renforcement des partenariats entre les secteurs public et privé, l’intensification des actions climatiques liées à l’agriculture, aux forêts et à l’alimentation, et l’autonomisation des communautés, entre autres. Un tremplin pour le Sommet africain sur le climat et la COP30 La Semaine du climat a une portée mondiale, mais ses solutions sont étroitement liées à l’Agenda 2063, la vision africaine pour une croissance inclusive, durable et résiliente. La Semaine du climat à Addis-Abeba a été délibérément programmée juste avant le Sommet africain sur le climat 2 (ACS2), qui se tiendra à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 8 au 10 septembre 2025. Ce sommet marque un moment crucial pour le leadership climatique du continent, où les dirigeants africains feront avancer les travaux sur le financement climatique, l’adaptation, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la croissance verte et l’autonomisation des communautés, en prévision de la COP 30.  La ministre éthiopienne de la Planification et du Développement, Fitsum Assefa, a déclaré : « Cet alignement stratégique garantit que les priorités climatiques de l’Afrique ne restent pas des aspirations régionales, mais soient élevées au rang d’agenda mondial. Ce que nous construirons à Addis-Abeba grâce au Sommet africain sur le climat 2 et à la Semaine du climat 2 renforcera la mise en œuvre, débloquera des financements et préparera le terrain pour la COP 30 et au-delà. Ensemble, ces moments démontrent que les solutions climatiques doivent être ancrées localement tout en ayant une résonance mondiale si nous voulons construire un avenir durable pour tous. »  « En reliant stratégiquement la Semaine du climat, la Conférence sur les changements climatiques et le développement en Afrique et le deuxième Sommet africain sur le climat, nous établissons une plateforme unifiée qui transforme le dialogue en solutions climatiques pratiques et évolutives et en financements, favorisant ainsi un continent résilient et vert », a déclaré Mosses Vilakati, commissaire à l’agriculture, au développement rural, à l’économie bleue et à l’environnement durable de la Commission de l’Union africaine.  Les principaux résultats de la Semaine du climat, y compris les déclarations officielles liées au Sommet africain sur le climat de l’ONU et du gouvernement éthiopien, seront communiqués dans l’après-midi du jeudi 4 septembre (heure d’Addis-Abeba) en anglais, en arabe et en français, et publiés sur le site web de la CCNUCC : www.unfccc.int/fr   La cérémonie d’ouverture et le début du Forum sur la mise en œuvre (3 septembre, 9h30 EAT) seront retransmis en direct en anglais, français et arabe, avec les intervenants suivants : La cérémonie de clôture (4 septembre, 16h00 EAT) sera retransmise en direct en anglais, français et arabe.

Sommet de l’UA : la RDC et le Soudan au coeur des discussions à Addis-Abeba

Sommet de l’UA : la RDC et le Soudan au coeur des discussions à Addis-Abeba

À l’entame du 38e sommet annuel de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le chef de l’ONU a appelé, samedi, à mettre fin à la flambée des combats en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan, deux conflits qui font selon lui peser une menace imminente sur la stabilité de tout le continent africain. Le rendez-vous annuel de l’UA, qui rassemblait ce weekend les chefs d’États et de gouvernement des 55 pays de l’organisation panafricaine pour une durée de deux jours dans la capitale éthiopienne, s’est ouvert alors que les combats respectifs en RDC et au Soudan sont en pleine recrudescence. Dans un discours prononcé lors de la première journée, au cours de laquelle les rênes de la présidence tournante de l’UA ont été confiées au président angolais, Joao Lourenço, pour une durée d’un an, le Secrétaire général de l’ONU n’a pas mâché ses mots quant à l’urgence de la crise en RDC. « Le peuple congolais subit – une fois de plus – un cycle brutal de violence », a déclaré António Guterres au siège de l’organisation. Depuis le début de l’année, les rebelles du Mouvement du 23 mars, soutenus par les forces rwandaises, ont réalisé une percée face à l’armée régulière du gouvernement de Kinshasa dans la région du lac Kivu, à l’est de la RDC. Après Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, tombé entre les mains du M23 à la fin du mois de janvier, le groupe armé gagne désormais du terrain dans la province voisine du Sud-Kivu, en direction de son chef-lieu Bukavu. « Les combats qui font rage dans le Sud-Kivu, en raison de la poursuite de l’offensive du M23, menacent de précipiter toute la région dans le gouffre », s’est inquiété M. Guterres. Éviter l’escalade régionale L’implication du Kigali fait craindre une expansion du conflit au niveau régional, de même que le récent durcissement de ton entre le Rwanda et l’Afrique du Sud, l’un des principaux fournisseurs de contingents de la Mission de la Communauté de développement d’Afrique australe en RDC (SAMIDRC), qui est déployée dans l’est du pays aux côtés de la Mission de maintien de la paix de l’ONU (MONUSCO). « L’escalade régionale doit être évitée à tout prix », a insisté le Secrétaire général à Addis-Abeba. Tout en appelant au respect de l’intégrité territoriale de la RDC, M. Guterres a estimé que seul le dialogue permettrait de sortir de l’impasse actuelle. Relance des processus de Luanda et de Nairobi Lors d’une conférence de presse dans la foulée de son discours, M. Guterres a rappelé l’importance des conclusions du sommet conjoint de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), organisé le 8 février en Tanzanie. A cette occasion, les membres des deux groupes régionaux ont appelé à un cessez-le-feu immédiat en RDC et à la relance des efforts régionaux fondés sur de processus de Luanda, principal cadre de négociation entre Kinshasa et Kigali, et le processus Nairobi, centré sur la résolution du conflit à l’intérieur de la RDC. Le chef de l’ONU a également indiqué qu’il avait participé, vendredi, à une session extraordinaire du Conseil de paix et de sécurité de l’UA dans la capitale éthiopienne. « Nous nous sommes concentrés sur les crises au Soudan et en République démocratique du Congo », a-t-il confié. Escalade au Soudan M. Guterres a par ailleurs déploré la flambée de violence actuelle au Soudan, où, depuis avril 2023, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) sont en guerre contre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane, au pouvoir de facto suite au putsch d’octobre 2021 dans le pays. « Le Soudan est en train de se déchirer sous nos yeux et connaît aujourd’hui la plus grande crise de déplacement et de famine au monde », a rappelé le Secrétaire général lors de son discours. Près de deux ans de guerre civile dans cette nation du nord-est de l’Afrique ont fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, dont plus 3,5 millions qui ont franchi les frontières avec les pays voisins. Le Soudan est également devenu le seul pays au monde à être officiellement frappé de famine. Appel à une trêve pour le Ramadan À l’approche du mois sacré du Ramadan, M. Guterres a appelé à une cessation immédiate des hostilités. Il a également demandé à la communauté internationale de s’unir pour mettre fin à l’afflux d’armes et au financement des combats. Rentrant dans le détail des maux traversés par le pays lors de sa conférence de presse, le chef de l’ONU a déploré les rapports quotidiens « horribles » faisant état de meurtres de civils, de violations des droits de l’homme et de violences sexuelles. « Les discours de haine et les attaques à motivation ethnique sont en hausse », a-t-il ajouté. « Et l’économie est en chute libre ». M. Guterres s’est également inquiété du fait que l’augmentation du flux d’armes et des combats déstabilisent l’ensemble de la région. « Le peuple soudanais a besoin d’une voie claire pour sortir de ce cauchemar », a-t-il déclaré. « Et le monde a besoin d’un Soudan stable et pacifique ». ONU

L’Alliance des Créatifs Africains lancée au Forum Urbain Africain à Addis-Abeba

L’Alliance des Créatifs Africains lancée au Forum Urbain Africain à Addis-Abeba

En alignement avec l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, « L’Afrique que nous voulons », l’Alliance des Créatifs Africains (ACA) est prête à devenir un catalyseur clé pour transformer l’Afrique en une puissance mondiale en exploitant l’immense potentiel des secteurs culturels et créatifs du continent. Cette alliance révolutionnaire permettra aux entrepreneurs culturels et créatifs de contribuer pleinement aux objectifs de développement et d’intégration de l’Afrique. L’ACA, en collaboration avec un consortium diversifié de partenaires, incluant l’Union Africaine, ONU-Habitat, MoTIV Africa, Inuka Ongoza Africa, Artisans of Innovation, British Council, AfriLabs, Save the Children, Innovation Village et d’autres, a officiellement été lancée lors du premier Forum Urbain Africain. Cet événement historique représente une avancée significative dans l’exploitation du pouvoir des industries créatives africaines pour atteindre la croissance socio-économique et renforcer l’unité continentale. Le Forum Urbain Africain (FUA), établi par la Commission de l’Union Africaine et ses États membres lors de la Quatrième Session Ordinaire du Comité Technique Spécialisé sur la Fonction Publique, le Gouvernement Local, le Développement Urbain et la Décentralisation (AU-STC No.8) tenue au Caire, en Égypte, en août 2022, a abordé les défis et les opportunités présentés par l’urbanisation rapide en Afrique. Le FUA sert de plateforme continentale visant à favoriser une approche inclusive et holistique pour libérer le potentiel de l’urbanisation à travers l’Afrique. Le contexte urbain est important à considérer comme un outil dans le cadre du développement de l’Industrie Culturelle et Créative en raison de la fonction catalytique de la densité de l’Industrie Culturelle et Créative, si elle est exploitée à travers des clusters, incubateurs et hubs de soutien, optimisant les coûts, les connaissances et l’expertise. L’écosystème plus large en termes de politique et d’autres secteurs est également présent et à portée de main. L’Économie Créative en Afrique est un moteur dynamique mais sous-exploité de la croissance du PIB et de l’emploi, avec un énorme potentiel pour stimuler la transformation socio-économique du continent. L’impact mondial des industries culturelles et créatives génère des revenus annuels de près de 2,3 milliards de dollars US (environ 7 dollars par personne aux États-Unis) et crée près de 30 millions d’emplois dans le monde, dont une part importante est occupée par des jeunes âgés de 15 à 29 ans (UNESCO, CNUCED). Les secteurs culturels et créatifs au sens large représentent 3,1% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial et 6,2% de tous les emplois (UNESCO). Les estimations de l’OIT montrent que l’ensemble des industries culturelles et créatives représentait 1,4% de l’emploi mondial, soit 46,2 millions d’emplois en 2019. Le même rapport indique qu’en 2019, l’Asie et le Pacifique représentaient la plus grande part de l’emploi mondial dans les médias et la culture, soit 52%, tandis que l’Afrique en représente 9%. Les données et recherches mondiales soulignent le potentiel transformateur de l’économie créative pour stimuler les gains à l’exportation et créer des opportunités d’emploi. Les mêmes opportunités s’appliquent pour la jeunesse africaine et l’accélération du développement socio-économique. Cependant, une attention orchestrée doit être appliquée pour parvenir à activer les économies créatives à travers le continent. Rita Ngenzi, Directrice Fondatrice de l’Alliance des Créatifs Africains, a souligné le besoin critique d’un effort coordonné pour construire des écosystèmes robustes d’Industries Culturelles et Créatives (ICC) à travers l’Afrique. «Bien que nous ayons des poches dynamiques de réseaux et d’événements ICC à travers le continent, un écosystème unifié à l’échelle continentale reste insaisissable. L’ACA comblera cette lacune en s’appuyant sur les meilleures pratiques de toute l’Afrique, en facilitant le transfert de connaissances et en favorisant la collaboration nécessaire pour faire avancer la renaissance culturelle et créative de l’Afrique», a déclaré Ngenzi. Le lancement de l’ACA marque une étape importante dans l’exploitation du pouvoir des secteurs créatifs et culturels de l’Afrique pour les objectifs de développement et d’intégration. Dans le processus d’exploitation du pouvoir de l’industrie créative et culturelle de l’Afrique pour les objectifs de développement et d’intégration, il est important de comprendre ce que cela signifie et de sensibiliser sur la manière dont les industries culturelles et créatives peuvent être le mieux intégrées dans divers programmes et politiques. Cela doit être fait d’une manière qui assure le développement intrinsèque des secteurs culturels et créatifs, tout en obtenant des résultats dans d’autres secteurs et domaines de développement. Citations des partenaires «En nous appuyant sur nos expériences avec MOTIV et en nous associant à des initiatives similaires à travers le continent, l’Alliance Créative Africaine est une coalition ambitieuse visant à libérer le vaste potentiel de l’économie créative de l’Afrique. D’ici 2050, une personne sur quatre sera africaine, faisant de notre continent un marché de croissance clé. Avec plus de 70% de la population dépendant de l’économie informelle et confrontée à un défi massif de création d’emplois, l’avenir de l’Afrique réside dans son potentiel humain inexploité.» – CK Japheth, Fondateur & Chef d’équipe de MoTIV Africa «Chez AfriLabs, nous croyons au pouvoir de la collaboration et de l’innovation pour libérer le potentiel des industries créatives de l’Afrique. L’Alliance des Créatifs Africains est une étape audacieuse vers la création d’un écosystème unifié qui donnera du pouvoir aux créatifs à travers le continent. En connectant les hubs, les entrepreneurs et les décideurs politiques, nous pouvons nous assurer que le talent créatif de l’Afrique prospère et contribue significativement au développement socio-économique de notre continent.» – Anna Ekeledo, Directrice Exécutive d’AfriLabs L’activation des économies créatives ne devrait pas être une science rocket. Cependant, c’est complexe en raison de plusieurs obstacles où la perception d’une division entre culture et économie crée un énorme fossé et constitue le plus grand blocage qui est dans l’esprit des gens. Nous devons connaître nos éléments, les orchestrer, les appliquer, sensibiliser. Nous devons maîtriser la collaboration pour y arriver et nous libérer des agendas cloisonnés. – Johanna Kouzmine-Karavaïeff, experte en Industrie Culturelle & Créative, Partenaire Fondatrice d’Artisans of Innovation. AMA

Des dirigeants régionaux et internationaux du secteur privé, des gouvernements et du monde universitaire sont réunis à Addis-Abeba pour s’attaquer aux obstacles qui empêchent l’Afrique de fabriquer ses propres médicaments et vaccins

Une centaine de dirigeants du continent africain et d’autres régions, notamment des États-Unis et d’Europe, sont réunis, aujourd’hui et demain (lundi 25 et mardi 2, Dnr) à Addis-Abeba, pour une conférence axée sur la résolution des principaux défis en matière d’innovation et de transfert de technologie afin de renforcer le secteur pharmaceutique en Afrique. Les thèmes abordés vont de la sécurité de l’approvisionnement régional aux lacunes technologiques dans le développement du secteur privé et la recherche et développement du secteur public, en passant par la quête d’un juste équilibre entre les droits de propriété intellectuelle et l’accès pendant et après les pandémies. Les panélistes examinent également de nouveaux modèles de financement pour stimuler l’investissement dans le secteur. « Cette conférence est la première du genre en Afrique à examiner les obstacles à la fabrication et à la production nationales de produits de santé essentiels pour le continent », a déclaré Padmashree Gehl Sampath, la directrice générale de la nouvelle Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique (APTF). Présentant la vision de l’APTF, Mme Gehl Sampath a déclaré que l’agence souhaitait « une industrie pharmaceutique africaine dynamique, capable de fabriquer des produits pharmaceutiques et d’innover en la matière en Afrique, pour le peuple africain ». Elle a ajouté que la fondation aspirait à « passer de 400 sociétés à au moins 800 sociétés pharmaceutiques dans la région d’ici à 2040 ». Les débats des sept sessions, qui se déroulent aujourd’hui et demain, sont ouverts par des discours liminaires de Mekdas Daba Feyssa, ministre éthiopien de la Santé, Monique Nsanzabaganwe, présidente de la Commission de l’Union africaine, Ahmed Ogwell Ouma, directeur général adjoint d’Africa CDC, Edward Kwakwa, sous-directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, Michel Sidibé, envoyé spécial de l’Union africaine auprès de l’Agence africaine de médicaments, et Oyebanji Oyelaran-Oyeyinka, conseiller spécial principal du président de la Banque africaine de développement. Le premier jour a débuté par la diffusion d’enregistrements vidéo d’allocutions de bienvenue de la part du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, de la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, et du président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina(le lien est externe), apportant leur soutien aux discussions. « L’accès aux produits de santé est une composante essentielle de la couverture sanitaire universelle et de la sécurité sanitaire, a souligné le Dr. Tedros de l’OMS. Merci pour votre engagement en faveur d’un secteur pharmaceutique plus fort sur le continent ». « De multiples étoiles s’alignent dans le paysage mondial afin que le continent attire des investissements nationaux et internationaux pour construire des chaînes de valeur et une base manufacturière solide dans ce secteur », a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala. Les entreprises devraient essayer de prendre une longueur d’avance… établir des partenariats et travailler sur des licences volontaires… [qui] s’accompagnent d’un véritable transfert de technologie. L’APTF a un rôle important à jouer dans tout cela ». L’Afrique importe plus de 70 % de ses besoins en matière de santé, ce qui représente un coût annuel de près de 14 milliards de dollars. Le continent ne mène que 2 % de la recherche mondiale sur les nouvelles infections, bien qu’il supporte un quart du fardeau mondial des maladies. Pour inverser cette tendance, l’Afrique devra, entre autres mesures nécessaires, surmonter les obstacles à l’accès aux technologies dans les secteurs public et privé du continent. Parmi les organisations présentes à la conférence figurent la Fondation Science pour l’Afrique, la Communauté des brevets sur les médicaments, le National Vaccine Institute du Ghana, l’African Vaccine Manufacturing Initiative, les Partenariats pour la fabrication de vaccins en Afrique, l’initiative Médicaments contre les maladies négligées, le Centre d’excellence africain pour la génomique des maladies infectieuses, l’institut de recherche sur les virus de l’Ouganda, le Regionalized Vaccine Manufacturing Collaborative, la Zone de libre-échange continentale africaine, Unitaid et la Fédération internationale des fabricants et associations pharmaceutiques. Des cadres dirigeants de sociétés africaines pharmaceutiques, biotechnologiques et de vaccins, ainsi que des universitaires de renommée mondiale, participent également à la conférence. « L’Afrique doit changer son environnement technologique […] et construire un écosystème de recherche et développement pharmaceutique et biomédical capable de soutenir des industries pharmaceutiques locales de classe mondiale », a appelé Akinwumi Adesina. « Nous étions convaincus que cela ne pourrait se faire qu’avec une institution dédiée, œuvrant à promouvoir le changement et à faciliter l’accès à la technologie. C’est pourquoi la Banque africaine de développement a créé l’APTF avec le soutien de l’Union africaine », a-t-il expliqué.  Créée en 2022 en tant qu’agence régionale indépendante, l’APTF s’efforce d’améliorer l’accès de l’Afrique aux technologies nécessaires à la découverte, au développement et à la fabrication de médicaments, de vaccins et de diagnostics. La Fondation aide les entreprises africaines à s’engager dans des transactions technologiques, à commercialiser la propriété intellectuelle et à diversifier les porteuilles de produits, les instituts de recherche à devenir des centres d’excellence et les gouvernements à façonner des marchés de produits sains, entre autres initiatives. Devex, une plateforme médiatique pour la communauté mondiale du développement, a récemment désigné la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique comme l’une des 24 agences à suivre dans le monde en 2024. « L’APTF va changer la donne, a affirmé Oyebanji Oyelaran-Oyeyinka, conseiller spécial principal du président de la Banque africaine de développement. Son objectif est de changer la manière dont les entreprises internationales établissent des relations et des partenariats avec les entreprises africaines. La Fondation facilitera l’entrée dans la région et éliminera les barrières structurelles, réglementaires et institutionnelles de manière à accélérer les projets de production nationale en collaboration. » La conférence internationale sur l’innovation, la propriété intellectuelle et le transfert de technologie dans le secteur pharmaceutique en Afrique est soutenue par le ministère allemand de la Coopération et du Développement. 

Le sommet spécial sur la RDC ouvert ce vendredi à Addis-Abeba

Le sommet spécial sur la RDC ouvert ce vendredi à Addis-Abeba

C’est dans la salle Julius Nyerere au siège de l’Union Africaine que le sommet spécial de la Communauté de l’Afrique de l’Est ( CAE/EAC) élargi à l’Angola s’est ouvert ce vendredi matin. Les présidents William Rutto (Kenya), Joâo Lourenço (Angola), Paul Kagame (Rwanda), Evariste ndayishimiye (Burundi), Suluhu Hassan (Tanzanie) , Felix Tshisekedi (RDC) ont répondu présent à ce rendez-vous, seuls les présidents Yoweri Museveni (Ouganda) et Salva Kir (Soudan du Sud) sont représentés au niveau ministériel. A la séance publique d’ouverture, seulement deux Chefs d’Etat ont pris la parole : Joao Lourenço, médiateur désigné de l’UA et Evariste Ndayishimiye, le président en exercice de la CAE/EAC ayant présidé le dernier sommet extraordinaire de cette institution sous-régionale le 4 février dernier à Bujumbura. Dans son allocution, le président angolais a déploré la détérioration de la situation sécuritaire sur terrain à la suite du refus des troupes terroristes du M23 appuyées par le Rwanda de se retirer des zones occupées comme l’exigeait le sommet de Luanda . Pour lui, la discussion de ce vendredi devrait tourner autour « de la détermination des zones de cantonnement des troupes du M23, la préparation de ces zones de cantonnement et le financement de ces opérations. » Pour sa part , le président Evariste Ndayishimiye, tout en déplorant la reprise des combats et hostilités par le M23 , ce qui a entraîné la légitimite réaction foudroyante des FARDC, a exhorté ses pairs à trouver une solution définitive à cette situation. Le président en exercice de la CAE/EAC a reconnu « la crise de confiance d’une certaine opinion congolaise envers la force sous régionale. » Le président Ndayishimiye explique la détérioration de la situation sur terrain par le non respect des engagements par le M23 et le manque d’un mécanisme de suivi et évaluation. Pour lui, la réunion de ce jour doit  » étudier un mécanisme efficace chargé du suivi et évaluation des décisions et résolutions, structure dont toutes les parties prenantes devraient faire partie « . Cet ordre du jour n’a pas suscité de réaction des autres chefs d’Etat pendant la petite séance publique d’ouverture mais les chefs d’Etat ont poursuivi les vraies discussions à huis clos , dans un format 1+4 , c’est à dire un Chef de l’Etat et 4 accompagnateurs . Côté Rdc, le Président Félix Tshisekedi est accompagné du VPM Christophe Lutundula, de la dircaba Nicole Bwatshia, du Haut Représentant Chargé du suivi des processus de Luanda et Nairobi, Serge Tshibangu, et du Ministre de la communication et médias Patrick Muyaya. Le communiqué final de ce sommet est très attendu.

Les ennemis du Maroc se prennent une belle claque raisonnante à Addis-Abeba lors du 34ème Sommet de l’Union Africaine

Les ennemis du Maroc se prennent une belle claque raisonnante à Addis-Abeba lors du 34ème Sommet de l’Union Africaine

TRIBUNE. La 34ème Session ordinaire de l’Assemblée des Chefs d’État et de Gouvernements de l’Union Africaine (UA) s’est ouverte à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 06 février 2021 et a vu le Président de la République Démocratique du Congo, Monsieur Félix Tshisekedi,en prendre la Présidence annuelle tournante. Quant à la puissante Commission des Affaires Politiques, Paix et Sécurité, c’est désormais le Nigérian Bankole Adeoye qui aura la charge de jeter dans une poubelle les manœuvres de son prédécesseur, l’Algérien Smaïl Chergui, et de mettre ce Département, aux missions cruciales, au diapason des enjeux du continent. Et sans surprise, le Tchadien Moussa Faki Mahamat a été reconduit à la tête de la Commission de l’UA pour un nouveau mandat de quatre ans suite à un vote de confiance historique et écrasant. Lors de son intervention, faite lors de l’ouverture du Sommet Africain, leMinistre marocain des Affaires Etrangères et de la Coopération Africaine a mis a nu les manoeuvres du régime militaire algérien et de ses acolytes polisariens qui s’entêtent à faire perdurer le conflit artificiel pour déstabiliser le Royaume du Maroc et la région. Il a, par ailleurs, rappelé, que le Maroc, fort de ses appuis à l’échelon mondial, dont celui de la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, est l’unique solution au conflit imposé par les caporaux algérienset doit passer impérativement par l’autonomie sous la souveraineté marocaine. On signalera que pour couronner le tout et signifier sa position, les Etats-Unis d’Amérique viennent d’enfoncer le clou en déconseillant à ses citoyens de se rendre en Algérie pour cause de terrorisme. On notera que ce pays a été relevé au niveau 4 au classement des risques terroristes, c’est à dire le niveau le plus élevé à l’échelle mondiale du terrorisme. C’est tout vous dire ! Les dirigeants algériens se sont et se donnent toujours une importance qu’ils n’ont jamais eu et pensent être le centre du monde et que tout doit passer par eux. Ils ne se rendent même pas compte qu’ils ne sont que la risée du monde et que toutes leurs institutions sont affaiblies pour ne pas dire inexistantes. L’Algérie n’a jamais, d’ailleurs, constitué un Etat et a toujours été dirigée par une bande mercenaires. Au fait, les caporaux algériens devraient s’attendre, le 22 février 2021, à une déferlante pour le second anniversaire du Hirak au cours de laquelle les manifestants dénonceront une crise économique sans précédent, un Président absent et des escrocs-terroristes du polisario qui vivent mieux que le peuple algérien. S’agissant de la pseudo campagne de vaccination contre la pandémie du COVID’19, le régime algérien a bien annoncé avoir reçu 550 000 doses du vaccin russe Spoutnik et 50 000 doses du vaccin anglo-suédois AstraZeneka/Oxford, soit 03 cartons de vaccins ce qui est juste suffisant pour vacciner les sous fifres et leurs amis puisque les caporaux algériens ont déjà été vaccinés depuis belle lurette, quant au peuple algérien il peut attendre. Une campagne de vaccination qui ressemble à s’y méprendre à une débâcle comme le fut la bataille de la Bérézina. Farid Mnebhi.