Des mots du président abbé Fulbert Youlou et du destin national du Congo/Brazzaville dans le concert des Nations (1917-1972)*

Même là-haut l’abbé Fulbert YOULOU reste très attentif à l’actualité mondiale, en particulier, à celle ayant trait au devenir de son pays d’origine, le Congo/Brazzaville et à l’Afrique en général. Convaincu de la pertinence des observations ou/et des analyses du président Abbé Fulbert YOULOU, le Journal du Muuntu, par le truchement de son directeur de publication taata Nduenga s’est rapproché en âme et conscience, comme par le passé, de Taata YOULOU, à l’effet de connaître ou de l’interroger sur cette actualité, en l’occurrence sur celle du Congo/Brazzaville qui, depuis la dernière élection présidentielle et la mort inopinée d’un des candidats, en la personne de Guy Brice Parfait KOLELAS, s’avère être et ce, à la fois, grave et brûlante. LE J.M. : Bonjour vénéré père abbé ! Comment allez-vous là-haut ? Le climat socio-politique est malsain au Congo/Brazzaville et manque cruellement, de surcroît, de hauts dignitaires, comme vous l’avez été jadis, alors que pourriez-vous nous dire à ce propos ? A.F.Y. : [ Et vous jeune homme que vous êtes comment-allez-vous ? Quant à moi, je vais bien et fort heureux de là où je suis, étant à l’abri, comme vous pouvez l’imaginer, des contraintes physiques ou existentielles propres à l’être humain ] [A part ça],…..Je ne peux plus me taire devant les récits que me font chaque jour les malheureux qui fuient la dictature de mes ennemis…L’Afrique a désormais son fleuve de sang, et ici comme là-bas les persécuteurs terrorisent au nom de la même idéologie monstrueuse. Pourtant le “ Monde libre” en doute et il se trouve même des gens de bonne foi pour imaginer un dialogue avec elle : c’est trahir les tyrannisés, les réduire à la passivité. Abbé F.Y. in “ J’accuse la Chine” Edition de la Table Ronde, 1966, P.13. L’infernale machination qui a poussé l’Homme blanc à douter de la valeur de son entreprise en Afrique qui, comme toute oeuvre humaine, comporte ses grandeurs et ses seervitudes, découvre, aujourd’hui, son véritable visage qui est celui d’un impérialisme cent fois plus détestable que le colonialisme. C’est la race noire tout entière qui est menacée d’extermination sous l’occupation….A Brazzaville, de curieux savants étudient scientifiquement sur le corps de cobayes bantous les limites de résistance de l’Homme noir…voilà pourquoi je me décide à témoigner. Abbé F.Y. In “J’accuse la Chine” Op.cit P.12. LE J.M. : Puisque vous parlez de Brazzaville, vénéré père abbé, je vous informe que Brazzaville n’est plus celle dont vous disiez, en votre temps, être le symbole de l’indépendance et de la liberté voire de la résistance. Qu’en pensez-vous père abbé ? A.F.Y. : L’hospitalité fraternelle que mon peuple a généreusement offerte à l’homme qui, en accord et avec l’aide du Monde libre, a fait de Brazzaville le symbole de la résistance à la capitulation, confère au représentant légitime de ce peuple congolais un devoir sacré : celui de continuer le combat engagé le 18 août 1940 pour la défense du Monde libre. Ce jour-là, en effet, le peuple congolais, qui n’était pas directement concerné par la guerre comme il l’est hélas ! Aujourd’hui, accueillait un bataillon de Français libres commandé par le capitaine Delange entouré du médecin Sice, de l’aviateur Carretier venus apporter au peuple bantou le message de liberté de mon frère africain Eboué. Pendant des mois, Brazzaville a représenté pour la France, l’Europe et le Monde libre, l’espérance des armes, mais aussi de l’honneur et de la justice puisque ce sont des rives de notre Congo que devaient déferler les vagues si souvent détournées de la décolonisation. Pendant des mois, l’un des plus “fabuleux” acteurs de la dernière guerre mondiale allait, de cette terre qui fut très certainement le berceau de l’homme, modeler sa légende, celle de ses compagnons, qui, à force d’opiniâtreté, d’intransigeance, s’identifièrent à la France, mère de toutes libertés. Pouvions-nous alors, dans l’euphorie de la lutte, dans l’allégresse de la victoire ensuite, imaginer que Brazza symbole d’indépendance et de liberté, tomberait, dans l’indiférence des amis d’hier, aux mains du plus abominable des colonialismes. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.11. LE J.M. : Eh oui vénéré père abbé cette France dont vous nous parlez reste pourtant passive, inerte face à la barbarie que connaît le Congo/Brazzaville et d’autres nations africaines du monde francophone. A.F.Y. : Hommes blancs, avez-vous bien réfléchi que vous êtes responsables de l’idée que nous nous faisons de la civilisation et que tout abandon du spirituel, toute mystification intellectuelle que vous tolérez est une erreur chance de plus pour la subversion du mal qui nous menace. Chez nous, quand un piroguier tombe dans le Congo, instinctivement il lutte contre le courant, car il sent que s’il se laisser aller là où le flot le charrie, il est perdu. Le “sens de l’Histoire”, c’est un peu l’affaire du piroguier et il me paraît aberrant que des hommes intelligents, cultivés se placent au milieu des rapides qui les emportent vers l’univers totalitaire et athée. Voilà qui nous mène loin du Congo et de ses drames. Eh bien ! Non, car j’ai la conviction que les ennemis de la civilisdation préparent, de mon Congo occupé par les barbares, non seulement l’investissement de l’Afrique, mais celui des esprits, des coeurs et des âmes. Il faut que mon exil, mes épreuves, celles de mon peuple éclairent les Français, les Européens, les Américains et tous les hommes libres. Il fallait peut-être cette extrémité pour que je confie à la feuille blanche [ Et à vous en tant que directeur de publication du Journal du Muuntu], mes angoisses et mes certitudes, mes larmes et mes colères. Ce rideau de fer, ce fleuve de sang, qui s’est abattu entre les deux Congos concerne tous les hommes de bonne volonté. A.F.Y. In “ J’accuse la Chine” Op cit P.46. LE J.M. : Mais vénéré père abbé, ne serait-il pas préférable de……. A.F.Y. : Avec tout le respect que j’ai pour vous jeune homme, je vous remercie de bien vouloir me laisser aller au bout de ma réflexion, Et je vous enn serai
Congo. Discours prononcé le 15 août 1960 par le Président de la République, l’abbé Fulbert Youlou

15 Août 1960 – 15 Août 2020: Commémoration des 60 ans de l’Indépendance de la République du Congo. Ci-dessous, le Discours prononcé le 15 AOÛT 1960 par le Président de la République, l’Abbé FULBERT YOULOU: Monsieur le Représentant du Président de la Communanuté, Excellences, Mes Chers Compatriotes, Mesdames et Messieurs, A quelques pas d’ici, dans ce stade auquel notre reconnaissance émue a donné le nom d’un grand Français de race Noire, le Gouverneur Général Félix Eboué dont nous avons honoré hier la mémoire, dans le stade Eboué dont nous voici près de deux ans, le Général Charles de Gaulle exposait aux populations congolaises sa conception de la Communauté franco-africaine destinée à transformer le régime désuet de la colonisation en un régime de coopération fraternelle et d’entraide.A son appel, nous avons tous répondu d’une manière unanime par le « Oui » massif du référendum du 28 septembre 1958. Le 28 novembre de la même année, l’Assemblée territoriale proclamait que l’ancien territoire du Moyen-Congo devenait la République du Congo. Le 28 juillet 1959, l’Assemblée nationale a ratifié les accords passés avec la République Française par lesquels nous avons accédé cette nuit même à l’indépendance. Cette indépendance de la République du Congo, mes chers concitoyens, je la proclame solennellement et universellement, en présence du Représentant personnel du Général de Gaulle, Président de la Communauté ; nous sommes ici tous associés, en cette heure historique, à la réalisation du vœu unanime, du désir le plus cher de tout notre peuple.Vous allez manifester à juste titre votre allégresse, car il est bien vrai que nous vivons un jour faste et ce 15 août 1960 doit être consacré à la joie. Mais cette journée doit être aussi un moment de réflexion, car elle marque une étape essentielle de la vie de notre Etat. Mes amis, nous atteignons aujourd’hui notre majorité. Nous sommes comme le jeune homme qui est devenu adulte ; il acquiert la liberté de se diriger seul, comme il l’entend, comme il le désire, il reçoit de ses parents une dot pour l’aider à démarrer dans la vie et dont il dépendra de lui qu’il l’utilise sagement, la fasse fructifier ou la dissipe. Notre dot à nous, mes amis, c’est d’abord le fruit de plus de 75 ans d’amitié et de vie en commun avec la France. Ce sont les grands travaux qu’elle a édifiés sur notre sol, c’est la connaissance de la langue française que vous avez et qui vous permet de vous faire comprendre dans le monde ; c’est une façon commune et identique de peser les valeurs humaines, de respecter le travail et le bien d’autrui, de vous aimer les uns les autres. C’est aussi l’union qui s’est forgée entre nous Congolais de toutes races de Brazzaville à Impfondo, Ouesso et Fort-Rousset, de Djambala à Dolisie, à Mossendjo et Pointe-Noire. C’est enfin l’amitié qui nous lie à ceux que je peux appeler nos parents, aux Français de France ou qui se sont installés à demeure chez nous, nous ont aidé de leurs conseils, y ont fondé des entreprises et nous ont apporté une richesse nouvelle. Sans doute des heurts isolés, individuels ont-ils pu se produire ici et là, mais n’en est-il pas ainsi dans les familles les plus unies. Bien au contraire, nous avons toujours rendu justice à l’esprit de compréhension et de mesure de nos concitoyens d’adoption que sont devenus les Français du Congo. D’ailleurs nombre d’entre vous, qui m’écoutez en ce moment, laisserez parmi nous le souvenir de véritables amis dont le nom demeurera dans nos mémoires, comme parmi vos prédécesseurs il en est beaucoup dont nous gardons fidèlement l’image au fond de nous-mêmes. Surtout nous garderons précieusement le message que nous a apporté l’homme qui pour nous symbolise de manière si prestigieuse la France et la Communauté. Le Général de Gaulle a su apporter à l’Afrique la liberté, l’indépendance, dans l’amitié, la fraternité et l’union. Qu’il en soit à jamais remercié.Cet apport essentiel que je qualifierai de vital se superpose à notre fond propre auquel nous devons proclamer notre fierté d’appartenir. Voilà, Messieurs, ce qu’est le Congo, ce qu’il doit être : une synthèse harmonieuse de deux civilisations dont l’une plonge ses racines dans cette Afrique éternelle, massive, mais cependant si diverse, pays des grandes savanes, des profondes forêts, des fleuves immenses qui fait que nous demeurons proche des sources mêmes de notre vie et dont l’autre est la civilisation française, elle-même issue de ses apports si divers d’où est sortie la France moderne. C’est pourquoi il nous est permis de dire que de nous aussi sortira une civilisation originale digne de notre essence propre et de notre apport occidental tous deux intimement mêlés et transformés. Voilà donc la dot que notre peuple, si vieux et si jeune tout à la fois, a reçue en partage au moment où s’ouvre pour lui une carrière nouvelle. Sachons en être dignes, sachons l’utiliser au mieux, faisons que notre jeunesse réalise les promesses de notre passé. Ces jeunes, toujours plus nombreux, dont la montée croissante doit être soulignée et qui constituent notre future richesse, se pressent dans nos écoles, chaque année insuffisantes, se présentent toujours plus nombreux aux examens, aux concours, aspirent aux grandes écoles. Je vois bientôt le temps où le centre d’études supérieures qu’il a fallu créer ici pour eux se transformera peu à peu en une véritable université, dont la valeur rehaussera encore le renom de Brazzaville, donc du Congo. Le Service Civique de la Jeunesse dont vous allez voir défiler les futurs cadres est encore une preuve de l’intérêt que prend notre jeunesse aux taches de demain. Voilà d’autres raisons que nous avons d’espérer que notre Congo deviendra vite un pays toujours plus évolué, plus prospère, plus heureux. Mais pour cela, mes chers amis, sachons converser et faire fructifier cette dot que nous avons trouvée dans notre berceau. Maintenons ce potentiel, qui peut être inépuisable, d’entente et d’union. C’est un capital inestimable, ne le gaspillons pas. Tout enfant qui grandit est sujet aux maladies, puis s’affermit,
La lettre du Président Abbé Fulbert Youlou aux patriotes du Congo/Brazzaville et de la diaspora

MES TRES CHERS COMPATRIOTES ! Courage, Confiance & Persévérance ! [J’ai l’immense plaisir de vous écrire et surtout de vous entretenir sur le destin de notre Nation qui connaît depuis de nombreuses années un climat malsain et fort ténébreux. L’heure est grave et il n’est plus question de tergiverser] & [je vous remercie de bien vouloir m’écouter] [En effet je n’ai cessé de le dire et tiens à vous le rappeler aujourd’hui que] « Il n’est plus possible de ne pas vous rendre compte que le pays s’est engagé sur une très mauvaise piste, et l’on se demande quelle sera l’issue. C’est la misère, c’est le désordre qui s’est d’ailleurs déjà installé, c’est l’anarchie qui règne actuellement, c’est le manque d’autorité dont nous avons la preuve tous les jours. Tout cela ne préoccupe nullement ce traître de la nation, l’avenir de ses enfants étant assuré. Jeunesse congolaise, dans tous les pays, la jeunesse se met avant tout au service du peuple. C’est-à-dire qu’il doit être exclu qu’elle devienne l’instrument servile et aveugle des ambitions personnelles d’un homme ou d’un groupe d’hommes ; d’un groupe d’hommes sans perspectives et sans idéal. D’un groupe d’hommes uniquement animés d’intentions macabres… Vous vous trouvez devant une situation nouvelle qui est suscitée par un ensemble de problèmes nouveaux. Pour chacun de vous, il doit s’agir que vous êtes citoyens congolais avant tout et que chacun de vous doit se poser la question de savoir quelle contribution il peut apporter au salut du Congo. Nous voulons dire que chacun de vous doit se sentir mobilisé pour la meilleure des causes, le salut national. L’équipe gouvernementale, aujourd’hui en place, exploite la jeunesse à des fins personnelles…Les intentions des responsables congolais n’échappent à personne. C’est si vrai que certains d’entre eux veulent déjà fuir. Ils veulent fuir pour éviter le châtiment du peuple. Nous avons dit : à chacun son tour. Nous avons insinué que celui qui se sert de l’épée périra par l’épée, car le verdict du peuple est parfois sans équivoque et sans miséricorde. Pourquoi ont-ils l’intention de fuir ? C’est parce qu’ils ont la conscience lourde, sachant qu’il est criminel de mobiliser des gosses pour des ambitions personnelles, démesurées et sinistres… PEUPLE CONGOLAIS, SOLDATS, GENDARMES, AGENTS DE POLICE, JEUNESSE, conjuguons tous nos efforts, faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver notre pays qui est en train de se perdre, s’il ne l’est déjà. » F. YOULOU dans « J’ACCUSE LA CHINE » TABLE RONDE 1966. P.204. [Je reviendrai vers vous d’ici peu pour vous accompagner et certainement au moment de la libération du pays qui s’annonce ou se profile à l’horizon et soyez prêts.] « Qu’on ne vous trompe plus. La victoire est de votre côté. Toutes les démonstrations des dirigeants fascistes à la solde de l’étranger sont vaines et sont d’avance vouées à l’échec. C’est pourquoi je vous redis : Courage, Confiance et persévérance. » A. F. Y. depuis la Maison ancestrale du Souvenir, de l’Espoir, de la Conscience Nationale & Muntuïste. MBEMBA YA MBEMBA
Des mots, de la conscience africaine et occidentale face au colonialisme chinois : la vision du prophète abbé Fulbert Youlou

TRIBUNE. L’abbé Fulbert Youlou premier Président du Congo-Brazzaville de 1959 à 1963, est certainement l’unique dirigeant congolais dont les déclarations verbales et surtout les écrits ont eu, une portée prophétique. Comme un prophète, l’abbé Fulbert YOULOU est le seul président congolais ayant fait une parfaite analyse du fait politique en Afrique, les années soixante durant, en prévenant ses contemporains sur les maux, les contradictions que celui-ci générerait inéluctablement sur le destin de l’Afrique. Il a été combattu, harcelé, contraint à la démission et à l’exil. Mais l’homme est resté digne, lucide en annonçant tristement, ici et là, les temps difficiles que connaitrait l’Afrique des temps nouveaux. C’est à ce titre par exemple que, l’abbé Fulbert YOULOU a été le seul président africain à avoir compris et ce, avec beaucoup de lucidité les manoeuvres politiques du dragon chinois avec sa doctrine communiste laquelle, en séduisant certains intellectuels africains, et non des moindres, visait à s’implanter durablement sur le sol africain en affaiblissant les autochtones par une exploitation des richesses méticuleusement organisée. Comme un prophète ou un visionnaire des temps modernes digne de son rang, l’abbé Fulbert YOULOU avait et ce, avec justesse, analysé et prédit, le déferlement en Afrique du dragon chinois avec ses mirages du socialisme ou communisme, lesquels, en réalité cachaient une forme de colonialisme qu’il désignera lui-même, par l’expression “ le colonialisme chinois” Ainsi, pour l’Abbé Fulbert YOULOU, “ C’est à l’Egypte de M. Nasser que revient le triste privilège d’avoir, en 1956, accueilli le premier diplomate chinois en Afrique. Jusqu’à cette date, la Chine communiste s’était contentée de se servir de l’Asie comme banc d’essai. Sa présence dans le Sud-Est asiatique et sur les pourtours de l’océan Indien lui permettait d’établir les relais qui allaient lui faciliter, à partir de “minorités”, d’asseoir son influence en Extrême-Orient, au Moyen-Orient et vers cette Afrique orientale, objectif premier des stratèges révolutionnaires pour la conquête de l’Afrique.” [ YOULOU F. in “J’accuse la Chine” La Table Ronde 1966. P.25.] En son temps, lorsque certains dirigeants africains comme M. Nasser verront d’un bon oeil l’avènement du dragon chinois sur le sol africain en y voyant, en l’occurrence, un atout d’émancipation politique et économique, l’abbé Fulbert YOULOU sera parmi ces hautes personnalités politiques africaines qui y verront, bien au contraire, un danger, un nième risque sérieux tendant au freinage voire à une forme d’étouffement des politiques africaines axées vers le développement, l’émancipation et le progrès social. Ainsi, selon son entendement, “On ne civilise pas une doctrine aussi inhumaine que le communisme par des réceptions diplomatiques et je mets au défi n’importe quel diplomate occidental de m’apporter la preuve qu’il a influé sur une seule décision des communistes. Ceci étant vrai pour la Russie, puissance européenne, l’est encore bien davantage pour la Chine, puissance asiatique. Seul le poids des armes, des richesses, des ententes politiques, économiques et militaires du Monde libre peut faire reculer ou hésiter les communistes.” [ F. YOULOU in “J’accuse la Chine” P.26.] Homme clairvoyant, quant à la portée de ses analyses sur l’évolution du monde tel qu’il était perçue notamment par des puissances occidentales, l’abbé F. YOULOU saura trouver des mots percutants pour attirer leur attention en écrivant : “ Certains ont souri quand, président du Congo-Brazzaville, je faisais précéder chacune de mes déclarations importantes de ce “Nous chrétiens”. Ce n’était pas seulement une profession de foi, mais une position politique. Je dis aujourd’hui à ce monde insensible aux souffrances des persécutés, que, nous, les chrétiens africains, nous détenons la vérité vivante et quand Soeur Marie-Clémentine Anwarite de la congrégation de la Sainte Famille de M’Bowabaka préfère le martyre volontaire à la souillure, elle rejoint le martyre de sainte Blandine. Me sera-t-il permis d’écrire, au nom de la croix que porte l’Afrique, que le ferment marxiste ronge bien profondément la chrétienté européenne pour certain Père de l’Eglise en arrive à penser et à écrire que “ dépuillée de certaines structures historiques, de cadres sociaux, politiques, économiques périmés, l’Eglise trouverait sa voie de progrès dans l’ordre matérialiste”… A tous les prêtres d’Occident, au nom de nos martyrs d’Afrique, j’adresse un avertissement tragique. On nous trompe, on nous abuse en préférant l’intelligence au sentiment. Descartes contre Pascal, vous commentez une faute contre l’esprit. Le clergé africain, ses pasteurs, ses évêques, ses misionnaires qui représentent spirituellement ce Tiers Monde si souvent évoqué pour justifier l’hérésie progressiste, se dresse, unanime, pour dénoncer l’illusion d’un quelconque modus vivendi avec l’univers rouge. N’attendez pas que les millions de croyants africains aient subi le sort des prêtres, des religieuses, des catéchistes, des églises, des écoles, des temples de la Chine pour confesser votre erreur généreuse…De l’assaut donné à l’Afrique, assaut auquel elle résiste de toute sa foi, ou l’étoile ou la croix triomphera…Il n’y a pas d’autre alternative ! Cela est également vrai dans l’affrontement auquel se livrent Etats communistes et démocratiques, mais attention ! Le sabre et le poison sont plus redoutables que le sabre seul brandi par l’Occident.” [ F. YOULOU in “ J’accuse la Chine” Opcit P.28. Eh oui ! A l’ocassion du quarante-huitième anniversaire de la mort du président-abbé Fulbert YOULOU survenue le 5 mai 1972, à Madrid en Espagne, ses écrits, se révèlent être bien plus qu’un avertissement. Ils sonnent, en toute profondeur, la déroute des nations occidentales qui, longtemps durant, ont cru, mais ce, à tort, être éternellement les maîtres du monde. Mais les épidémies comme le coronavirus, en l’occurrence le covid-19 ont montré leur fragilité voire leur vulnérabilité. C’est ainsi que, les coopérations entre nations basées sur des principes d’égalité, d’équité, de justice sociale, du respect des peuples et de leur liberté de disposer eux-mêmes de leur destin, les invitent inexorablement, plus que jamais, comme le souhaitait très vivement le vénéré abbé Fulbert YOULOU, à être plus justes, plus consensuelles et donc, plus vraies qu’elles ne l’ont été par le passé et ce, pour le bien de l’humanité tout entière. J’AI DIT ! MBEMBA YA MBEMBA
Combat pour la liberté avec l’Abbe Fulbert Youlou

TRIBUNE. À l’occasion de son quarante cinquième anniversaire de son départ sur terre l’Abbe Fulbert Youlou vivant dans la conscience des patriotes crie au courage et au combat pour la liberté et la démocratie de la nation congolaise (05/05/1972-05/05/2017) [Mes Chers Compatriotes, Combattants de la Liberté et Amis des Hommes, de la Démocratie et de la Nation Congolaise] Je m’élève ici contre toutes ces atrocités contre tous ces actes ignominieux exécrables [notamment ceux commis dans le Pool qui indéfiniment souffre le martyre d’un régime totalitaire qui est aux abois] que les traîtres du peuple congolais ont perpétrés, en toute conscience, contre leurs frères. J’abhorre toutes ces pratiques ignobles dont souffrent continuellement les citoyens congolais qu’on traîne de force dans la boue…. [de l’autorit’OYOïsme] … En tout cas, tout le peuple congolais de Brazzaville vit une situation qu’il n’a jamais connue dans son histoire. C’est pourquoi [en esprit, en âme et conscience] je prendrai mes responsabilités jusqu’au bout… … Le peuple congolais n’est pas dupe des manœuvres des hommes au pouvoir à la remorque des impérialistes…[étrangers] Le peuple connaît maintenant mieux ce régime des tortures, ainsi que ces sinistres dirigeants qui se maintiennent au pouvoir par la terreur. Le peuple congolais tout entier n’ignore pas que les bourreaux de Brazzaville cherchent tout simplement à détourner son attention sur les crimes dont les valets… [Du Parti de l’étranger] se rendent coupables de jour en jour. Le territoire national abrite des dépôts d’armes destinées à semer le désordre, la mort et la désolation dans les pays voisins notamment au Congo-Léopoldville. La preuve éloquente est cet important dépôt d’armes appartenant aux rebelles, découvert en pleine ville de Brazzaville…Bien sûr, il en existe d’autres plus impressionnants, plus meurtriers dans le Nord du pays. Ces derniers jours en effet, d’importantes concentrations de spécialistes…[étrangers] de la subversion sont fréquemment signalées à la frontière du Congo-Brazzaville et du Cameroun. … En même temps, de curieuses incursions des [étrangers] sont souvent signalées aux frontières du Congo-Brazzaville avec le Gabon et la République Centre Africaine. Comme on le voit bien, le Congo-Brazzaville, hier pacifique, est devenu en très peu de temps une dangereuse tête de pont…en pleine Afrique centrale, en plein monde bantou dont la mentalité n’a rien à voir avec cette idéologie. … Il n’y a plus de doute et les observateurs les plus avertis s’accordent à admettre que le régime de Brazzaville est un pistolet automatique braqué sur le cœur du continent africain tout entier. C’est pourquoi, ceux qui mènent les destinées des peuples africains doivent prendre conscience de ce grave danger et savoir y faire face. Bien sûr, la première victime de ce régime d’importation est bien le peuple congolais qui, déjà, saigne abondamment. Cette gangrène [communo-sassouïste] installée à Brazzaville paraît particulièrement contagieuse. Quant au peuple du Congo-Brazzaville, je suis dès lors à votre disposition [en esprit, en âme et conscience], je répondrai [spirituellement] présent à votre appel. Mais encore une fois, soyez assurés que de nombreuses sympathies des pays frères d’Afrique et du monde entier vous sont acquises. Vous vaincrez dans cette lutte opiniâtre de libération nationale que vous menez si efficacement. Qu’on ne vous trompe plus. La victoire est de votre côté. Toutes les démonstrations des dirigeants fascistes à la solde de l’étranger sont vaines et sont d’avance vouées à l’échec. C’est pourquoi je vous redis : Courage, confiance et persévérance. [Eh oui !] Le courage doit caractériser une jeunesse désintéressée et consciente, respectueuse des valeurs fondamentales du pays. A tout moment, elle doit être le moteur déterminant de toutes les décisions capitales et de toutes démarches, comme aussi elle doit en être le ferment. Ce que notre jeunesse n’a pas le droit d’oublier, c’est que ceux qui sont assassinés de jour et de nuit sont nos parents et nos amis. Peuple congolais, soldats, gendarmes, agents de police, jeunesse, conjuguons tous nos efforts, faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver notre pays qui est en train de se perdre, s’il ne l’est déjà. Abbé Fulbert YOULOU in « J’accuse la Chine » La Table Ronde 1966 P.204-2017. RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU Coordonnateur général du Cercle KI-MBANZA ou des AMIS DE LA NATION CONGOLAISE (A.N.C.)