Réforme de la gouvernance : ce que le FMI attend concrètement du Congo

L’arrangement financier promis suspendu au respect de toutes les politiques de l’institution financière en la matière

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Pointe-Noire, capitale économique du Congo.

Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté les autorités à entreprendre des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance pour traduire en action la rupture avec les politiques et pratiques du passé proclamée par le gouvernement.

Dans un communiqué rendu public le 19 avril et dont nous avons souligné les grandes lignes, la mission qui a indiqué ces exigences de gouvernance, soulignant l’intention du gouvernement de publier une étude sur la gouvernance pour guider les futures réformes dans la gouvernance, la transparence, et la gestion des finances publiques.

Selon la mission, qui a séjourné du 3 au 18 avril à Brazzaville, les autorités congolaises ont aussi manifesté leur intention « de créer un organe indépendant de lutte contre la corruption avec tous les pouvoirs d’investigation et un système de déclaration du patrimoine pour les hauts responsables, et de renforcer le contrôle des grands projets d’infrastructure et des entreprises publiques, notamment celles du secteur pétrolier ».

Conduite par Abdoul Aziz Wan, l’équipe du FMI a également relevé les décisions des autorités « de rendre pleinement compte au Parlement et à la population sur la gestion des ressources naturelles et des grands travaux au cours des dernières années », ajoutant qu’une participation forte de la société civile sera cruciale pour le succès des réformes de la gouvernance.

Dans un langage diplomatique, les représentants de l’institution de Bretton woods ont salué « les efforts des autorités pour améliorer la transparence du secteur pétrolier en vue d’accroître de manière significative la part de l’Etat dans les ressources naturelles de la nation ».

A ce propos, ils ont estimé que la première étape sera de développer la capacité de l’État à réconcilier systématiquement toutes ses transactions relatives aux ressources naturelles.

Autre exigence formulée et pas des moindres : donner à toutes les entreprises exploitant les ressources naturelles un délai pour déclarer tous droits dont elles pourraient se prévaloir sur la part du gouvernement dans ces ressources.

Si la tâche parait impossible à réaliser, l’équipe du FMI a assuré que les autorités vont continuer à travailler dans les prochaines semaines sur la mise en œuvre de leur stratégie exhaustive pour restaurer la viabilité de la dette et assurer le financement total du programme ».

Elle a ainsi rappelé que ce n’est qu’une fois établie le respect de toutes les politiques du FMI en la matière qu’un arrangement financier pour soutenir le programme économique du Congo sera proposé à l’examen du Conseil d’administration du FMI. La balle serait donc du côté des autorités congolaises.

Adrien Thyg

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