RDC : l’ivresse du pouvoir…

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OPINION. Contrairement au mensonge que propagent les réseaux sociaux, aucun véhicule transportant la nièce du président Félix Tshisekedi ne roulait en sens inverse. Pour ceux qui connaissent la route de Kingabwa où s’est passée l’altercation, il n’existe pas de boulevard avec deux bandes aller et deux autres retour.

L’incident est plutôt survenu dans un embouteillage où le cortège du vice-président de l’Assemblée nationale tenait à ce que priorité lui soit donnée. Ordre fut intimé à tout véhicule de le faire passer jusqu’à ce qu’ils arrivent au niveau de la voiture avec gardes du corps qui transportait la nièce de Fatshi. Les gardes de Kabund ont forcé la portière tout en désarmant l’un des éléments de la Garde Républicaine qui veillait sur la sécurité du parent du président. On l’a fait descendre manu militari et l’arme lui a été arrachée malgré ses supplications.

Cette humiliation sera mal digérée par les Bana Mura qui enverront une escouade de 4 jeeps à la résidence de Kabund avec tous les résultats de vandalisme que l’on sait.

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Beaucoup de zones d’ombre tout de même dans ce dossier?

– Que compte gagner le camp de Kabund en diabolisant la famille de son chef et en lui attribuant faussement toute la responsabilité de l’incident?

– Pourquoi le président intérimaire de l’UDPS n’a-t-il pas stoppé sa garde qui violentait un militaire commis à la sécurité de la famille du président de la République qui se veut son chef hiérarchique direct?

-Qui a pris la grave décision d’envoyer dans la suite la GR vandaliser le domicile d’un Premier vice-president de la chambre basse du Parlement ?

– Est-ce la hiérarchie militaire de la GR? Dans la vidéo de l’arrivée de Kabund au lieu de crime, l’on entend cette phrase : “ c’est Tshisekedi qui a envoyé ces militaires!”. D’autres disent : « c’est la famille de Tshisekedi ».

Qu’est-ce qui se passe au sommet de l’Etat congolais? Comment un tel gangstérisme d’une autre époque révolue peut-il encore être orchestré par des autorités du pays, prêtes à se dévorer les unes et les autres sur la place publique?

Outre l’expression d’un climat on ne peut plus délétère entre différents barons du régime derrière l’incident d’hier, on comprend désormais plus clairement l’actualité politique congolaise d’après laquelle autant les conseillers présidentiels que les dirigeants du parti au pouvoir ont tous perdu la notion de limites de leurs compétences constitutionnelles. Ils se comportent en véritables délinquants et ne s’en cachent même plus. Les tirs nourris de militaires à Kingabwa et la panique générale des habitants qui commençaient à fuir leur domicile est la goutte de trop de ce régime lézardé de l’intérieur et dont la puanteur commence à intoxiquer la vie de tout un peuple.

Comme nous avons eu à le constater au crépuscule des régimes de Mobutu et de Joseph Kabila, on est en face des dirigeants imbus d’eux-mêmes, ivres du pouvoir et prêts à toutes les dérives pour affirmer leur autorité. Une espèce de jungle politique où seule la loi du plus fort compte. L’inquiétude des congolais devient encore plus épaisse quand de telles autorités ont déjà commencé à tripatouiller la CENI pour se projeter dans les cinq ans à venir.

Par Germain Nzinga

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