RDC : L’APRÈS ADDIS-ABEBA

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Le Président Félix Tshisekedi

PARLONS-EN. Le mini-sommet d’Addis-Abeba du 16 février 2024 a été significatif quant à l’apparition de deux pôles de pouvoir qui se sont dessinés là-bas.

De fait il ne s’est pas agi d’un tête-à-tête Tshisekedi – Kagame. C’est plus que ça : l’on a vu en filigrane le début manifeste d’une confrontation entre deux blocs guidés respectivement par le tandem de Tshisekedi avec un Cyril Ramaphosa, l’égérie du BRICS et celui de Kagame et João Lourenço, les deux lieutenants très courtisés de l’OTAN. La guerre du Congo semble prendre une nouvelle tournure.

Ce mini-sommet qui a, entre autres, évoqué le retour à un dialogue constructif et réconciliateur entre la RDC et le Rwanda, la cessation immédiate des hostilités, ⁠le retrait immédiat du M23 des zones occupées et ⁠le lancement du processus de cantonnement de ce mouvement a très tôt perdu toute sa raison d’être de par la suite qu’ont prise les événements.

En effet, le bombardement de l’aéroport de Goma au lendemain même du mini-sommet et la décision de Pretoria d’envoyer 2900 militaires pour renforcer les troupes de la SADC déjà déployées en RDC constituent deux facteurs explosifs qui risquent de faire monter l’escalade de violences et de légitimer l’internationalisation de la longue guerre du Congo.

À l’étape actuelle, les autorités congolaises sont appelées à intégrer cette dimension transcontinentale que revêt ouvertement la crise congolaise et éviter de tomber dans le piège de l’OTAN qui veut pousser la RDC dans l’option d’une guerre totale et envisager transporter sur le territoire congolais le déroulement de ce qu’elle croit être son règlement de compte contre les initiatives émancipatrices de BRICS.

Autre chose à conjecturer : maintenant que la présence des forces otaniennes n’est plus à discuter dans le rang des opérations militaires rwandaises, la crise du Congo pourra bien forcer le gouvernement congolais, du moins s’il en a encore les couilles, de retourner les alliances en se rapprochant un peu plus de BRICS et de la Russie.

L’après Addis-Abeba pourra se révéler riche en rebondissements.

Par Germain Nzinga

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