RDC/France. Pourquoi Fally Ipupa a gagné face aux « combattants » ?

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PARLONS-EN. L’artiste congolais Fally Ipupa a triomphé ce samedi 25 novembre sur la scène de Paris La Défense Arena. Le verdict des fans, de la presse et des observateurs intéressés est sans appel. Du côté du mouvement des « combattants », qui avaient promis de perturber l’évènement, l’heure est à la débandade doublée d’affliction. Ils n’ont même pas eu le temps de se mouvoir et d’agir aux abords de la mythique salle de spectacle parisienne, comme ce fut le cas en 2020 lors du concert du même Fally Ipupa à Bercy.

Le déploiement des forces de l’ordre était tel que les « combattants » ont préféré se fondre dans la masse, ruminant avec l’énergie du désespoir leur colère. Sans crainte d’être contredit, on peut affirmer que Fally Ipupa a remporté le bras de fer qui l’opposait à ces compatriotes énervés.

Comment comprendre ce revers des « combattants », qui avaient pourtant réussi à faire parler d’eux lors du concert de Fally Ipupa à Bercy, en 2020 ?

La réponse se résume en ces quelques mots : absence de stratégie, pour ne pas dire de sérieux et d’intelligence.

Il y a un livre de stratégie que j’aime bien et qui s’intitule « L’Art de la guerre », l’intemporelle œuvre d’esprit du général et stratège militaire chinois Sun Tzu. Écrit au Ve siècle avant Jésus-Christ, il est considéré comme le premier livre de stratégie au monde. Bien qu’il soit très vieux, toutes les idées développées dans cet ouvrage restent d’actualité. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ce classique de la littérature asiatique est devenu un MUST en matière de stratégie chez les militaires et les chefs d’entreprises.

Dans son livre, Sun Tzu énumère cinq éléments pour remporter une bataille : la doctrine, le temps, l’espace, le commandement et la discipline. En d’autres termes, il faut être guidé par une philosophie, savoir agir au bon moment et au bon endroit, être un bon leader et maîtriser sa stratégie.

Quand on analyse la manière dont les « combattants » se sont comportés ces dernières années, on voit bien qu’ils ont manqué de tact et de stratégie. Ils ont fait prévaloir l’émotion et la déraison au détriment de la raison. Ils ont pensé qu’il suffisait de vociférer contre Fally pour remporter la bataille.

En fait, à la différence de ce que l’on a pu observer au début du mouvement en 2010, les « combattants » d’aujourd’hui ne sont guidés par aucune philosophie. Le boycottage des artistes ne repose sur rien; il s’apparente davantage à une opération de gesticulation inutile qu’à autre chose. Le leadership est tout aussi déphasé que la philosophie et la stratégie qui auraient dû guider les actions du mouvement, dont le sérieux et la discipline de la plupart des membres se passent de tout commentaire. Par conséquent, pas grand monde dans la diaspora congolaise ne se sent concerné par les gesticulations des « combattants ».

Sun Tzu nous enseigne que le plus important dans une guerre n’est pas d’enchaîner les victoires, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre. Les « combattants » auraient pu atteindre leur objectif sans nécessairement aller à l’affrontement avec Fally. Pour cela, il aurait suffi d’en faire un allié, de lui proposer de donner une tribune aux « combattants » pour s’exprimer sur leur combat et sur la situation en RD Congo. L’impact aurait été immédiat et les « combattants » se seraient tirés à bon compte. Mieux, on aurait parlé d’eux (positivement) en dehors de la «frontière» diasporique congolaise. Hélas !

La bataille a été perdue, et au risque de me répéter, l’heure de l’introspection a sonné pour le mouvement des « combattants ». Faute de quoi il disparaitra des radars et des esprits sans laisser de trace…

Par Patrick Mbeko

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