RD Congo. Août 1998 et septembre 2022 : Ces étranges parallèles…

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TRIBUNE. 1. Tout commença par le double visage et la double obédience de nombreux officiels du gouvernement et des officiers de FARDC qui prétendaient œuvrer sous la bannière congolaise mais qui en réalité étaient constamment en pleine intelligence avec Kigali.

La situation n’ayant jamais changé concernant des infiltrations massives de cette armée, des rumeurs persistantes courent cette semaine sur des voix discordantes d’une bonne partie de la haute hiérarchie des FARDC qui aura déjà tourné le dos à son Commandant suprême pour travailler en intelligence avec le camp ennemi.

2. Lors de la prise de pouvoir par Laurent-Désiré Kabila en mai 1997, beaucoup de congolais dont moi-même étaient sceptiques vis-à-vis des agendas cachés de ses alliés étrangers avec qui il avait signé seul ( sans l’aval du peuple congolais) des alliances contreproductives à l’intérêt national. Notre scepticisme se trouvera fondé lorsque une année plus tard nous assisterons une année au départ massif vers Kigali en juillet 1998 de hauts dignitaires de l’AFDL, pourtant détenteurs de passeport congolais et occupant de hauts postes au gouvernement congolais et au sein de l’armée nationale.

En 2019, nous avons été nombreux à sonner l’alarme sur la dangerosité du deal contre-nature que le nouveau président Tshisekedi venait de signer avec Joseph Kabila compris par tous les analystes comme cheval de Troie de Kigali.

L’histoire finira par nous donner raison car le même phénomène de transhumance semble s’observer cette semaine en cours avec le départ de Kinshasa des officiers de haut rang des FARDC qui, via un vol par l’Ouganda, ont rejoint les M23 à Bunagana.

3. Contrairement au 2 août 1998 où une opération aéroportée avait quitté Goma pour Moanda où débarquèrent des bataillons entiers mélangés de militaires rwandais et congolais, cette fois-ci cette opération n’aura plus lieu comme jadis pour la simple raison que des pelotons des militaires ennemis sont déjà présents en grand nombre et dans la capitale congolaise et autour de la capitale.

Ils ont tout simplement modifié leur stratégie de conquête. Arrivée depuis 2003 par vagues successives via les opérations de brassage et de mixage militaire puis en 2017 sous la casquette des éleveurs de vaches, cette dernière opération d’infiltration militaire se révèlera trop voyante et soulèvera une grande vague d’indignation. Les vaches auraient dès lors disparu de la circulation et il a été mise en place une autre stratégie de conquête et d’occupation par achat ( avec la complicité des officiels congolais) de milliers d’hectares de terre dans le Bandundu, au Kongo Central et au Congo Brazzaville voisin pour pouvoir “encercler” la capitale kinoise, le siège du pouvoir congolais en vue de la prendre comme un fruit mûr au jour J.

Dans ces terres achetées ou durant leur clandestinité tant dans des villages que dans des agglomérations, ces infiltrés y ont entre-temps pris femmes et acheté des complicités locales pour pouvoir se camoufler et y signer des contrats sociaux par alliances matrimoniales. Mélangés aux autochtones par l’achat de leur terre et de leurs filles, ils envisagent ainsi pouvoir s’implanter dans la durée tout comme ils croient par là mieux se camoufler dans la masse, attendant l’ordre d’en haut pour passer à l’assaut final.

4. Quand l’opération fut lancée en 1998 sous la bannière de Rassemblement Congolais pour la Démocratie ( RCD) – une création Rwandaise avec cap sur Kinshasa-, les colonnes des militaires progressaient facilement vers la capitale sans avoir pris en compte la donne de la résistance congolaise qui avait entrepris la chasse à l’homme pour dénicher les infiltrés.

Les nombreuses images qui inondent la toile cette semaine en cours avec la chasse aux mercenaires déguisés en fous, aux caches d’armes automatiques et des fusils d’assaut aux bordures d’aéroport ou encore la mise à nu de ces habitations servant de cachettes à des escadrons de la mort en pleine ville de Kinshasa sont la preuve du réveil de la vigilance des kinois qui ont pris la situation en main pour traquer l’ennemi sur leur territoire. Là où l’armée et la police ont failli, la résistance populaire se mobilise et se montre déjà intraitable et imprenable.

5. Le point focal commun de la marche des colonnes militaires rwandaises vers Kinshasa en 1998 tout comme en 2022 concerne directement le renversement du pouvoir à Kinshasa pour prendre contrôle de tout le pays de Lumumba.

En 1998 Goma ne les intéressait plus. Ils voulaient tout le Congo. En 2022, Bunagana ne leur suffit plus, ils veulent contrôler tout le territoire national en renversant le président en place. L’histoire nous enseigne hélas qu’ils réussiront à éliminer Mzee Kabila. Pour l’instant aucun congolais ne sait dire si le crime est en voie de se répéter en 2022…

Je conclus ce post par cet adage congolais: “ Omoni ndoki, belela “. Comprenne qui pourra!

Par Germain Nzinga

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