R.D Congo. Laurent Desiré Kabila in memoriam confidences inédites

OPINION. C’est de manière tout à fait fortuite que j’ai rencontré madame Olive A., veuve du milliardaire nigérian Moshood Abiola, décédé dans les geôles, sous le règne du dictateur Sani Abacha.

C’était en mai 2007, à l’hôtel Saphir (Brazzaville). Alors que j’avais rendez-vous avec un vieil ami au centre-ville de la capitale congolaise, j’ai eu la chance de faire sa connaissance. Ma chance d’être parfois au bon endroit et au meilleur moment, et de rencontrer des personnes ressources de qualité.

Au premier contact avec Olive Abiola, son accoutrement fait penser aux épouses des « Igwés « , ces chefs traditionnels vénérés dans les films nigérians.

Je n’éprouve donc aucune peine à l’identifier comme une nigériane. D’autant qu’elle parle parfaitement yoruba et anglais avec ses compatriotes en service à la chancellerie du Nigéria à Brazzaville. Une de ses proches me souffle à l’oreille qu’elle fut une amante de feu le président Kabila, juste après le décès de son époux Moshood Abiola. Et qu’elle serait venue au Congo pour rencontrer les plus hautes autorités du pays, notamment pour plaider la cause d’un grand homme politique congolais (ndlr, il est décédé récemment à Brazzaville). Ce dernier, tombé en disgrâce, s’était retiré à la Synagogue Chuch of Nations du pasteur TB Joshua, à Lagos…

Autant d’informations croustillantes qui réveillent tous mes sens de journaliste. Quelle aubaine ! Je vais devoir en savoir davantage sur le tombeur de feu le Maréchal Mobutu. Les micmacs du landerneau politique national aussi.

Comme le dit un proverbe bantou, « si tu veux savoir ce qu’une personne a dans son coeur, invite la à prendre un verre ou à partager un repas « . Je saisis donc la balle au bond et l’invite à mon domicile pour un dîner préparé aux fins gourmets nigérians : Egutsi et Okro sont au menu. Ma défunte épouse avait appris à les cuisiner pendant son séjour au Bénin. O.A se lie d’ailleurs d’amitié avec elle, et finit par me livrer de précieuses informations sur le décès de Kabila. Lequel vivait en couple avec elle au palais de Marbre, à Kinshasa. Jusqu’à son départ précipité du Congo, elle ne sait pas que je suis journaliste. La chance d’être parfois au bon endroit et au meilleur moment.

Plus de 12 ans après, j’ai décidé de livrer, peut-être pas au détail près, les confidences que O.A m’a faites sur l’assassinat de Mzée Laurent Desiré Kabila, le 16 janvier 2002. Le reste, au détail près, pourrait être publié dans « Mes mémoires de journaliste », si Dieu le veut.

RENCONTRE AVEC MZÉE KABILA…

 » …j’ai fait la connaissance de Kabila pendant l’avancée de ses troupes vers Kinshasa. Mon époux l’avait matériellement et financièrement soutenu dès les premiers instants du déclenchement de la rébellion à l’Est du Congo. Pendant la période d’emprisonnement de mon époux par les régimes de Babaginda et de Abacha, pour des raisons politiques, j’ai sollicité l’intervention de tous les présidents africains (Mugabe, Kérékou, Biya, Ayedema, Bongo, Dos Santos, Kagamé, Bédié…).

…AVEC SASSOU, SOUS LE RÉGIME DE PASCAL LISSOUBA

« Au Congo Brazzaville, Lissouba, alors président de la République, avait refusé de me recevoir. Et c’est plutôt Sassou qui m’a reçue à Oyo, avant de me recommander auprès de Mathieu Kérékou. Il (Sassou) nous avait tant soutenus dans ce dossier, puisque j’ai pu enfin voir mon mari quelques jours avant sa mort en prison… »

MON EXIL AUX USA, PUIS À KINSHASA

« Veuve d’un homme qui hantait le sommeil de Sani Abacha, j’ai donc dû m’exiler. Et c’est comme cela que je suis devenue une amante de Laurent Desiré Kabila (ndlr, il en avait plusieurs). Le reste est une vie tranquille que je mène au Palais presidentiel à Kinshasa… »

CONFIDENCES D’UN DÉTECTIVE PRIVÉ QUI PRÉDISAIT L’ASSASSINAT DE KABILA POUR NON RESPECT DES CLAUSES CONTRACTUELLES SIGNÉES AVEC DES MAJORS. ..

« Un jour, pendant que le président ingurgitait sa bière Tembo, j’ai reçu un coup de fil d’un certain Eric L., détective privé que j’avais engagé pendant les dures moments de prison de mon mari (Moshood Abiola). Éric me demandait de quitter le palais présidentiel dans les jours qui suivent. Car, insistait-il, il y avait un complot visant à assassiner Kabila. Qui lui en voulait autant? Lui ai-je alors demandé par téléphone. Je ne puis t’en dire davantage. Le complot est ourdi par une grande société américaine, me précisa Eric. Et pour cause, Kabila avait trouvé léonins les termes contractuels d’un énorme contrat qu’il avait signé pendant l’avancée de ses troupes vers Kinshasa. Sans perdre haleine, j’ai tout dit au président, qui a banalisé cette information, sous le fallacieux prétexte que les occidentaux jouaient à l’intimidation pour le faire reculer. « J’aime mon pays et préfère mourir pour mon pays! », m’a-t-il répondu à brûle pourpoint… »

DÉPART DU PALAIS PRÉSIDENTIEL QUELQUES JOURS AVANT LE 16 JANVIER 2001

« Je me suis donc faite toute petite, confie O.A., jusqu’au jour où j’ai décidé de trouver refuge à Brazzaville, à cause de Tshala Muana, qui ne cessait de manifester des scènes de jalousie à mon égard… ». La suite est connue, puisque Laurent Desiré Kabila est assassiné quelques jours après par Rachidi, son garde du corps… »

Par Alphonse Ndongo (Fb)

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