PSG : Le président Nasser devant la justice française

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Le procès-verbal de l’audition de Nasser Al-Khelaïfi dans l’affaire des barbouzeries du Paris-Saint-Germain révèle un président du club qatari se présentant comme distant et peu informé des affaires courantes, se déclarant victime d’un complot visant sa vie privée.

En mai dernier, les juges d’instruction ont longuement interrogé le ministre d’État du Qatar sur son rôle dans la condamnation à mort par contumace de Tayeb Benabderrahmane. Manifestement déstabilisé, Al-Khelaïfi, qui n’avait pas l’air préparé, s’est présenté le 13 mai 2024 devant les juges Vincent Lemonnier et Serge Tournaire.

Dans cette affaire complexe, où des policiers, d’anciens dirigeants et des habitués du club parisien sont mis en examen pour corruption, violation du secret professionnel et trafic d’influence, Al-Khelaïfi a endossé le rôle de victime, se constituant partie civile pour atteinte à sa vie privée. Mais ses réponses aux questions des magistrats révèlent un dirigeant dépassé par les événements.

Un président débordé

Al-Khelaïfi a affirmé : « Je ne suis pas souvent là ». Il a eu du mal à répondre aux questions des juges, comme sa date de prise de fonction au PSG (« Je pense que c’était en 2011 ») ou sa nomination à la tête de BeinSports (« Je dirais 2008-2009, peut-être »). Il a admis être rarement présent au PSG, expliquant que ses multiples responsabilités l’empêchent de gérer le club au quotidien. « Hier (le 12 mai, ndlr), pour la cérémonie de clôture de la saison de football, je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer. »

Une année éprouvante

L’année de Nasser Al-Khelaïfi a été marquée par de nombreuses difficultés : élimination en Ligue des champions, échec dans la prolongation de Kylian Mbappé, perquisition de son domicile en juillet 2023 et crainte d’une garde à vue pendant la visite d’État de l’émir à Paris. Devant les juges, il a semblé confus, attribuant la gestion du club à Jean-Claude Blanc, directeur général délégué du PSG de 2015 à 2021. « C’était bien lui qui était directeur général. Il avait tous les pouvoirs. »

Détachement et précautions

Le président du PSG a pris ses distances avec les personnes mises en examen, comme Malik Nait Liman et Jean-Martial Ribes, affirmant ne pas être à l’initiative de leurs embauches. Concernant le carré VIP du Parc des Princes, il a déclaré : « Ce n’est pas très bien organisé pour le carré. » Il a reconnu inviter des hommes d’affaires potentiels sponsors, mais a insisté ne pas contrôler tout.

Ignorance affichée

Al-Khelaïfi a nié connaître le ministre qatari du Travail, Dr Al Marri, impliqué dans le Qatargate. « Je ne le connais pas et je ne l’ai jamais rencontré de ma vie », a-t-il d’abord affirmé, avant de se raviser quelque peu.

Le cas Tayeb Benabderrahmane

Les juges ont aussi interrogé Al-Khelaïfi sur la plainte pour enlèvement, séquestration et tortures déposée contre lui par Tayeb Benabderrahmane, qui possède des documents compromettants pour Al-Khelaïfi. Ce dernier a nié toute relation avec Benabderrahmane.

Procédure qatarie

Les juges ont relevé des coïncidences troublantes : plusieurs membres de la famille Al-Khelaïfi apparaissent dans la procédure qatarie, dont Abdallah Ben Mohamed Al-Khelaïfi, chef de la sécurité. Nasser a minimisé ces liens familiaux, soulignant la taille de sa famille étendue.

Conclusion

Malgré ses dénégations et son apparent détachement, l’audition de Nasser Al-Khelaïfi a laissé entrevoir un dirigeant débordé, mal informé, et parfois contradictoire. Sa défense, appuyée par ses avocats, a cherché à jeter le doute sur la légalité de la procédure qatarie, ajoutant encore à la complexité de cette affaire.

Ya Willy.

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