Maroc, le phénomène des cafés, une homosexualité refoulée ?

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LIBRES PROPOS. Le phénomène des terrasses des cafés au Maroc est très surprenant et mystérieux. Quand j’étais jeune, je pensais que ce phénomène était universel, jusqu’au jour où je me suis retrouvé dans des pays où les terrasses de café sont totalement absentes. Dans les pays où on les trouve, d’une part elles sont peu nombreuses, et d’autre part, les clients, à l’occasion et non quotidiennement, femmes et hommes, sirotent le café et au bout de trente minutes et rapidement ils se rendent à leurs occupations.

Un autre phénomène assez choquant au Maroc, est que je ne vois aux terrasses des cafés que des hommes assis entre eux autour de tables, par deux, trois ou plus, heureux et joyeux.

Dans la plupart des cas, les hommes se réunissent dans les cafés presque quotidiennement, voire deux fois par jour, le matin et l’après-midi, et ils se rencontrent avec plaisir et on dirait un rendez-vous romantique. La joie que ces hommes éprouvent lors de leurs rencontres est semblable à la joie de la retrouvaille des amoureux qui ne se lassent pas pendant des heures et des heures chaque jour, y compris les week-ends.

Malheureusement ces longues heures que ces messieurs savourent entre eux, sont au détriment du temps volé à leurs femmes et à leurs enfants.

Après leurs joyeuses rencontres, ces hommes laissent leur joie dans les cafés et rentrent chez eux mécontents comme s’ils rentrent dans une prison, se plaignant de leurs femmes et de leurs enfants, comme s’ils regrettent d’avoir quitté leurs amants. Cette réalité, je l’apprends amèrement de la bouche des femmes, des enfants et des adolescents qui me consultent.

Face à ce phénomène de terrasses des cafés, je me pose beaucoup de questions :

  • S’agit-il d’une addiction au bonheur éprouvé uniquement entre hommes ?
  • S’agit-il de l’ignorance de leur responsabilité de pères et de maris,  ou bien une sorte de fuite de la maison?
  • S’agit-il d’une détresse conjugale?
  • S’agit-il d’une addiction de la vie célibataire ou bien d’un regret du mariage ?
  • S’agit-il d’une préférence de la compagnie des hommes au lieu des femmes ?

Si on revenait à la psychanalyse, peut-être Freud aurait-il dit qu’il s’agissait d’une homosexualité refoulée ?

Docteur Jaouad-MABROUKI

Psychiatre, psychanalyste de la société arabe.

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